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Les « courses » du repas élisabéthain (premier service, second service et banquet)
À la table anglaise du temps de Shakespeare, on ne sépare pas entrée, plat et dessert. On dresse des « courses » : un premier service où pottages, viandes bouillies et pâtés arrivent ensemble sur la table, un second service de rôtis et de mets plus fins, puis le « banquet » — un service à part, sucré et parfumé, fait de massepains, de fruits confits et de vins épicés que l'on grignote en se levant de table. Le doux et le salé s'y mêlent sans gêne : on sucre la viande, on épice le vin, et l'on tient ce mélange pour le comble du raffinement.
Signature : Le sack et les épices douces (cannelle, macis, muscade) avec les raisins de Corinthe
Deux signatures jumelles courent dans toute la cuisine de ce temps : le sack (vin blanc liquoreux d'Espagne et des Canaries, le vin chéri de Falstaff), et le trio d'épices douces — cannelle, macis, muscade — relevé de raisins de Corinthe et d'un trait de verjus. C'est cette douceur épicée, posée jusque sur la viande, qui donne sa couleur à la table anglaise de la Renaissance.

William Shakespeare à table

1564 — 1616

4 recettes d’époque