La carte de William Shakespeare
Chewets de mouton aux raisins de Corinthe et épices douces
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Second service — petits pâtés en croûte (« coffins »)

Chewets de mouton aux raisins de Corinthe et épices douces

FestifReconstitution🧂 🍯 🌶️moyen1 h 15
Second service — petits pâtés en croûte (« coffins »)

Chewets de mouton aux raisins de Corinthe et épices douces

Pourquoi ce plat ? À Londres, le Globe et les tavernes de Southwark débordaient de petits pâtés vendus pour quelques pence ; et lors des fêtes et noces à Stratford, ces chewets dorés, où la viande se mêle au sucre et aux épices, étaient le mets festif par excellence. Shakespeare les nomme lui-même dans ses pièces.

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Second service — petits pâtés en croûte (« coffins »)

De petits pâtés individuels en croûte (les « coffins ») garnis de mouton haché, de graisse, de raisins de Corinthe et de dattes, relevés de cannelle, macis et muscade, avec un trait de verjus. Doux, épicé et salé à la fois : le goût même de la fête élisabéthaine.

Tiens, voici un mets qui sied aux jours de liesse, et que j'ai vu engloutir par charretées du côté de Southwark, entre deux pièces ! On hache le mouton menu, on le marie aux raisins de Corinthe et à la datte, puis on le poivre de cannelle et de macis jusqu'à ce que le salé et le sucré se disputent ta langue. Enferme le tout dans sa croûte — le « coffin », ainsi la nomme-t-on, n'aie point peur du mot — et fais-le dorer. Un trait de verjus pour réveiller le palais, et tu tiens là de quoi régaler une noce.
— William Shakespeare
Ingrédients
  • •Épaule de mouton — une bonne pièce (viande)
  • •Graisse de rognon (suet) — une part (moelleux et liant)
  • •Raisins de Corinthe — une poignée (douceur)
  • •Dattes — quelques-unes (douceur fruitée)
  • •Cannelle, macis, muscade — à discrétion (épices douces)
  • •Verjus — un trait (pointe acidulée)
  • •Sucre — une cuillerée (douceur)
  • •Pâte (farine, eau, saindoux) — de quoi former les coffins (croûte)
Comment on faisait : Le « coffin » désignait simplement la coque de pâte épaisse, souvent dure, qui servait de moule et de plat à la fois — on ne la mangeait pas toujours. Mêler viande, fruits secs et sucre était la norme festive, héritée des épices coûteuses rapportées d'Orient.
Sources : A. W., A Book of Cookrye (1591) · Gervase Markham, The English Huswife (1615) · Peter Brears, Cooking and Dining in Tudor and Early Stuart England (2015)

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