Pottage d'orge aux poireaux et herbes
Un brouet réconfortant où l'orge perlé épaissit un bouillon de volaille parfumé aux poireaux, à l'oignon et à une botte d'herbes du jardin. Nourrissant, doux et vert, c'est le plat-socle de la maisonnée anglaise.
Un brouet réconfortant où l'orge perlé épaissit un bouillon de volaille parfumé aux poireaux, à l'oignon et à une botte d'herbes du jardin. Nourrissant, doux et vert, c'est le plat-socle de la maisonnée anglaise.
Çà, approche, et ne fais point le fier devant si humble écuelle : c'est de ce brouet que se nourrit l'Angleterre, du laboureur jusqu'au comédien affamé après trois actes. Ma mère le faisait épaissir d'orge perlé jusqu'à ce que la cuillère y tînt droite, et le verdissait d'une poignée de persil, de sauge et d'hysope cueillis au pied du mur. Souffle dessus, car il sort brûlant du chaudron, et sache qu'un ventre ainsi garni vaut mieux qu'une bourse pleine pour affronter la pluie de Londres.
- •Orge mondé — deux poignées (céréale qui lie et épaissit)
- •Poireaux — quelques-uns (légume-base)
- •Oignon — un (aromate)
- •Bouillon de volaille ou de bœuf — un grand pot (liquide de cuisson)
- •Herbes du jardin (persil, thym, sauge, hysope) — une botte (parfum vert)
- •Sel — à discrétion (assaisonnement)
- •Beurre — une noix (rondeur)
Pottage d'orge aux poireaux et herbes
Un brouet réconfortant où l'orge perlé épaissit un bouillon de volaille parfumé aux poireaux, à l'oignon et à une botte d'herbes du jardin. Nourrissant, doux et vert, c'est le plat-socle de la maisonnée anglaise.
Pourquoi ce plat ? Fils d'un gantier de Stratford, élevé dans une maison de classe moyenne, Shakespeare a grandi à la cuillère de pottage : ce brouet épais d'orge et d'herbes mijoté dans le bouillon était le socle du repas quotidien anglais, du matin laborieux au souper modeste, à Stratford comme dans les pensions de Londres.
Çà, approche, et ne fais point le fier devant si humble écuelle : c'est de ce brouet que se nourrit l'Angleterre, du laboureur jusqu'au comédien affamé après trois actes. Ma mère le faisait épaissir d'orge perlé jusqu'à ce que la cuillère y tînt droite, et le verdissait d'une poignée de persil, de sauge et d'hysope cueillis au pied du mur. Souffle dessus, car il sort brûlant du chaudron, et sache qu'un ventre ainsi garni vaut mieux qu'une bourse pleine pour affronter la pluie de Londres.
Ingrédients (version d’époque)
- Orge mondé — deux poignées (céréale qui lie et épaissit)
- Poireaux — quelques-uns (légume-base)
- Oignon — un (aromate)
- Bouillon de volaille ou de bœuf — un grand pot (liquide de cuisson)
- Herbes du jardin (persil, thym, sauge, hysope) — une botte (parfum vert)
- Sel — à discrétion (assaisonnement)
- Beurre — une noix (rondeur)
Ingrédients
- Orge perlé — 150 g (céréale qui lie et épaissit)
- Poireaux — 2 moyens (légume-base)
- Oignon — 1 (aromate)
- Bouillon de volaille — 1,2 L (liquide de cuisson)
- Persil, thym, sauge, hysope (ou à défaut sarriette) — 1 petite botte (parfum vert)
- Beurre — 30 g (rondeur)
- Sel et poivre — à goût (assaisonnement)
Préparation
- Rincer l'orge perlé à l'eau froide.
- Émincer finement les poireaux et l'oignon, les faire fondre dans le beurre sans coloration.
- Ajouter l'orge, le bouillon et le thym, porter à frémissement.
- Laisser mijoter 45 min à couvert, jusqu'à ce que l'orge soit tendre et le brouet épais.
- En fin de cuisson, incorporer le persil et la sauge ciselés, rectifier en sel, servir bien chaud.
Comment on faisait : Le pottage cuisait des heures dans un chaudron suspendu au-dessus de l'âtre, jamais vraiment vidé : on y ajoutait chaque jour herbes, céréales (orge, avoine) et restes. Plus la maison était modeste, plus la part de céréales remplaçait la viande.
Le twist contemporain : Une râpée de vieux cheddar fondue au-dessus et quelques croûtons de pain rassis pour rappeler le « manchet » trempé dans l'écuelle.
Sources : Thomas Dawson, The Good Huswifes Jewell (1585-1596) · C. Anne Wilson, Food and Drink in Britain (1973)
William Shakespeare · Charactorium


