William Turner(1832 — 1916)

William Turner

Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d'Irlande

5 min de lecture

Arts visuelsArtisteXIXe siècleAngleterre romantique de la première révolution industrielle, première moitié du XIXe siècle

Peintre et aquarelliste britannique, figure majeure du romantisme. Maître du paysage, il révolutionne la représentation de la lumière, de l'atmosphère et des éléments naturels, ouvrant la voie à l'impressionnisme.

Questions fréquentes

William Turner (1775-1851) est un peintre et aquarelliste britannique, figure centrale du romantisme. Ce qui le rend décisif, c'est sa révolution de la peinture de paysage : il abandonne la simple représentation des objets pour capturer la lumière, l'atmosphère et le mouvement. Ses toiles comme Pluie, vapeur et vitesse ou Le Téméraire annoncent directement l'impressionnisme. Pour comprendre cela, il faut se rappeler qu'il travaillait à une époque de profonds bouleversements industriels et qu'il fut l'un des premiers à peindre le train, symbole de modernité. Son legs de près de 300 peintures et 30 000 œuvres sur papier, le Turner Bequest, constitue le cœur des collections de la Tate Britain.

Faits marquants

  • Né en 1775 à Londres, admis à la Royal Academy dès 1789 à 14 ans
  • Devient membre titulaire de la Royal Academy en 1802
  • Peint « Pluie, vapeur et vitesse » (1844), évoquant le chemin de fer et la modernité industrielle
  • « Le Téméraire remorqué à son dernier mouillage » (1839), l'une de ses toiles les plus célèbres
  • Meurt en 1851 à Londres, léguant ses œuvres à la nation britannique

Œuvres & réalisations

Pêcheurs en mer (1796)

Première huile exposée par Turner, déjà marquée par le clair de lune et la maîtrise des effets d'eau et de nuit.

Le Naufrage (1805)

Grande marine dramatique qui établit sa réputation de peintre de la fureur des éléments.

Didon construisant Carthage (1815)

Paysage historique inspiré de Claude Lorrain, que Turner considérait comme son chef-d'œuvre et légua à la nation.

L'incendie des Chambres du Parlement (1835)

Série de tableaux représentant l'embrasement de Westminster, sommet de sa peinture de la lumière et du feu.

Le Téméraire remorqué à son dernier mouillage (1838)

Élégie au vieux navire de guerre traîné par un remorqueur à vapeur, allégorie du passage de la voile à la vapeur.

Tempête de neige en mer (1842)

Tourbillon presque abstrait de neige et d'écume, où la forme se dissout dans la lumière et le mouvement.

Pluie, vapeur et vitesse (1844)

Train surgissant d'une brume lumineuse, manifeste pictural de la révolution industrielle et précurseur de l'impressionnisme.

Anecdotes

Sur son lit de mort, en 1851, Turner aurait murmuré « Le Soleil est Dieu », résumant l'obsession de toute sa vie : capturer la lumière. Toute son œuvre fut une tentative de peindre l'éblouissement plutôt que les objets.

Pour peindre la tempête de neige dans 'Tempête de neige en mer' (1842), Turner aurait demandé à des marins de l'attacher au mât d'un bateau pendant quatre heures, afin d'observer la fureur des éléments de l'intérieur. L'anecdote, peut-être enjolivée par lui-même, dit tout de sa quête d'authenticité.

Lors des journées de « vernissage » à la Royal Academy, Turner arrivait avec des toiles presque vides et les achevait sur place, sous les yeux des visiteurs, ajoutant en quelques heures des touches éclatantes pour éclipser les tableaux voisins de ses rivaux.

À sa mort, Turner légua à la nation britannique près de 300 peintures et 30 000 œuvres sur papier, à condition qu'elles soient gardées ensemble. Ce « Turner Bequest » constitue aujourd'hui le cœur des collections de la Tate.

Discret sur sa vie privée, Turner utilisait parfois le pseudonyme de « Mr Booth » (le nom de sa logeuse et compagne) lorsqu'il séjournait à Chelsea, au point que ses voisins l'appelaient « l'amiral Booth » sans connaître sa véritable identité.

Sources primaires

Testament de J.M.W. Turner (Turner Bequest) (1851)
Turner lègue à la nation l'ensemble de ses œuvres finies, à condition qu'elles soient conservées et exposées ensemble dans un bâtiment dédié.
Modern Painters, John Ruskin (1843)
Ruskin défend Turner comme le plus grand des paysagistes, « celui qui, plus que tout autre, a su rendre la vérité de la nature, du ciel et de l'eau ».
Liber Studiorum, J.M.W. Turner (1807-1819)
Recueil de gravures classant les paysages en catégories (historique, pastoral, marin, architectural), conçu par Turner pour démontrer l'étendue du genre du paysage.

Lieux clés

Covent Garden, Londres

Quartier populaire où Turner naît en 1775, au-dessus de la boutique de barbier de son père.

Royal Academy of Arts, Londres

Institution où Turner étudie, expose chaque année et enseigne la perspective ; centre de toute sa carrière publique.

Venise

Ville-lumière sur l'eau qui inspire à Turner certaines de ses aquarelles et huiles les plus éthérées après ses voyages des années 1819-1840.

Chelsea, Londres

Quartier au bord de la Tamise où Turner vit ses dernières années sous le nom de « Mr Booth » et où il meurt en 1851.

Cathédrale Saint-Paul, Londres

Turner y est inhumé selon son souhait, aux côtés d'autres grands artistes britanniques.

Voir aussi