Yves Klein(1928 — 1962)

Yves Klein

France

6 min de lecture

Arts visuelsArtisteXXe siècleFrance de l'après-guerre et des avant-gardes du milieu du XXe siècle, marquée par le Nouveau Réalisme et l'art conceptuel naissant.

Yves Klein (1928-1962) est un artiste plasticien français, figure majeure du Nouveau Réalisme. Pionnier du monochrome, il est célèbre pour son bleu outremer breveté (IKB) et ses anthropométries réalisées avec des modèles vivants comme « pinceaux ».

Questions fréquentes

Yves Klein (1928-1962) est un artiste français, figure majeure du Nouveau Réalisme. Ce qu'il faut retenir, c'est qu'il a poussé la peinture jusqu'à son extrême limite en réduisant la toile à une seule couleur, le monochrome. Son bleu outremer breveté, l'International Klein Blue (IKB), est devenu sa signature. Ce qui rend son œuvre décisive, c'est moins la technique que la dimension conceptuelle : pour lui, le bleu n'était pas une couleur mais un accès à l'immatériel, à une « sensibilité picturale » pure.

Citations célèbres

« Mes tableaux ne sont que les cendres de mon art.»

Faits marquants

  • Né le 28 avril 1928 à Nice et mort le 6 juin 1962 à Paris.
  • Dépose en 1960 le brevet de l'International Klein Blue (IKB), un bleu outremer profond devenu sa signature.
  • Réalise à partir de 1960 ses Anthropométries, où des modèles enduits de peinture impriment leur corps sur la toile.
  • Cofondateur en 1960 du mouvement du Nouveau Réalisme avec le critique Pierre Restany.
  • Présente en 1958 l'exposition « Le Vide » à la galerie Iris Clert à Paris.

Œuvres & réalisations

Monochromes bleus (époque bleue) (1957)

Série de tableaux d'un bleu outremer uniforme qui imposa le monochrome comme proposition artistique radicale.

Le Vide (La Spécialisation de la sensibilité…) (1958)

Exposition d'une galerie totalement vide et repeinte en blanc, invitant à percevoir une « sensibilité picturale immatérielle ».

International Klein Blue (IKB) (1960)

Mise au point et dépôt d'un bleu outremer breveté, devenu la marque de fabrique de l'artiste.

Le Saut dans le vide (1960)

Photomontage iconique montrant Klein s'élançant d'un mur, manifeste visuel de sa quête du vide et de la liberté.

Anthropométries de l'époque bleue (1960)

Empreintes de corps de modèles enduits de bleu, réalisées en performance publique avec orchestre.

Reliefs éponges (1959)

Sculptures d'éponges naturelles imprégnées de bleu IKB, fixées sur des panneaux.

Peintures de feu (1961)

Œuvres réalisées au chalumeau, où la trace du feu devient le geste pictural.

Symphonie Monoton-Silence (1949)

Composition d'un seul accord tenu suivi d'un long silence, conçue pour accompagner ses performances bleues.

Anecdotes

En 1960, Yves Klein dépose un brevet pour sa couleur fétiche, un bleu outremer profond qu'il baptise « International Klein Blue » (IKB). Il avait mis au point avec un marchand de couleurs un liant spécial permettant de conserver l'intensité éclatante du pigment, qui d'ordinaire ternit quand on le mélange.

Pour ses « Anthropométries », Klein enduisait des modèles nus de peinture bleue et les faisait s'appliquer sur de grandes toiles, transformant leurs corps en « pinceaux vivants ». Lors d'une séance publique en 1960, il dirigeait l'opération en smoking pendant qu'un orchestre jouait sa « Symphonie Monoton-Silence ».

En 1960, une célèbre photographie le montre s'élançant dans le vide depuis le rebord d'un mur, bras écartés. Ce « Saut dans le vide » est en réalité un photomontage soigneusement orchestré : des amis judokas tenaient une bâche pour amortir sa chute, effacée ensuite sur l'image.

Passionné de judo, Klein partit étudier cet art au Japon en 1952-1953 et y décrocha la ceinture noire 4e dan, un niveau alors exceptionnel pour un Européen. Il écrivit même un manuel technique, « Les Fondements du judo ».

Yves Klein mourut d'une crise cardiaque en 1962 à seulement 34 ans, peu après avoir vu une projection du film « Mondo Cane » qui se moquait de ses anthropométries. Sa carrière artistique n'avait duré qu'environ huit ans.

Sources primaires

Le dépassement de la problématique de l'art (manifeste) (1959)
Mes tableaux ne sont que la cendre de mon art. Le bleu n'a pas de dimensions, il est hors dimension, tandis que les autres couleurs en ont.
Le vrai devient réalité (texte d'Yves Klein) (1960)
Le peintre n'a plus qu'à créer une seule œuvre : la liberté toujours en train de se réaliser.
Chelsea Hotel Manifesto (1961)
À cause de la couleur bleue à elle seule, j'en suis venu peu à peu à connaître l'immatérialisation de l'espace.

Lieux clés

Nice

Ville natale d'Yves Klein, où il grandit dans une famille d'artistes et amorça ses premières réflexions sur la couleur et le ciel bleu.

Paris

Centre de la carrière de Klein : galeries Iris Clert et Colette Allendy, fondation du Nouveau Réalisme. Il y meurt en 1962.

Tokyo

Klein y séjourna en 1952-1953 à l'institut Kodokan pour étudier le judo et y obtint sa ceinture noire 4e dan.

Krefeld (Museum Haus Lange)

Ville allemande où Klein présenta en 1961 une importante rétrospective réunissant monochromes, éponges et environnements immatériels.

Milan (Galleria Apollinaire)

Lieu de l'exposition « Proposition monochrome, époque bleue » en 1957, qui révéla au public ses tableaux bleus identiques.

Voir aussi