Interview imaginaire

Les enfants interrogent Aboû Nouwâs

par Charactorium · Aboû Nouwâs (756 — 814) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Aboû Nouwâs
Wikimedia Commons, Public domain — Kahlil Gibran

Deux jeunes visiteurs de douze ans arrivent dans un jardin au bord du Tigre, un matin de printemps. Un vieux poète les attend près d'une fontaine, un sourire malicieux aux lèvres. Il leur fait signe de s'asseoir tout près de lui.

Vous êtes né où, et vos parents parlaient quelle langue à la maison ?

Tu sais, mon enfant, je suis né vers 756 à Ahvaz, une ville de Perse pleine de soleil et de dattiers. Mon père était arabe, ma mère persane. Alors imagine deux musiques dans une même maison, deux façons de raconter le monde. J'ai grandi entre elles. Les Persans savaient chanter le vin, l'amour, les jardins. Les Arabes avaient une langue magnifique, précise comme une lame. Moi, tout petit, j'écoutais les deux. Et un jour j'ai compris que je pouvais les marier dans un seul poème. C'est ça, ma chance : je n'ai pas eu à choisir. J'ai pris le meilleur de mes deux familles.

Je n'ai pas eu à choisir : j'ai pris le meilleur de mes deux familles.

Et vous avez appris à faire des poèmes comment, quand vous étiez jeune ?

Ah, ça, ce fut un long travail ! J'ai quitté ma ville pour aller étudier à Bassora, puis à Kufa, deux grandes cités d'Irak. Imagine des maîtres très sévères qui te font apprendre par cœur des milliers de vers du désert. On m'a enseigné la grammaire, le rythme, chaque mot pesé comme de l'or. C'était dur, mais sans ces règles, on ne peut rien casser ! Car après, moi, j'ai voulu autre chose. Les anciens chantaient les tentes et les chameaux du désert. Moi, je voulais chanter la ville, les rues, les tavernes. On appelait ça la poésie Mudûn, la poésie urbaine. Pour désobéir bien, il faut d'abord tout connaître.

Pour désobéir bien, il faut d'abord tout connaître.

C'était comment, Bagdad, la nuit, à votre époque ?

Oh, Bagdad la nuit, c'était une merveille ! Imagine une ville immense, presque un million d'habitants, la plus grande du monde connu. Pas un seul bruit de moteur, bien sûr : juste le pas des chevaux, l'eau du Tigre qui coule, et au loin une musique de luth. Le luth, mon enfant, c'est le 'ûd, un instrument à cordes en forme de poire. Le soir, je sortais dans les jardins au bord du fleuve. On récitait des vers à la lueur de la lune. On riait, on chantait. Dans cette ville vivaient ensemble des musulmans, des chrétiens et des juifs. Chacun avait sa foi, et le soir, on partageait la même joie.

Et vous mangiez quoi, vous buviez quoi pendant ces soirées ?

On mangeait bien, tu sais ! Du pain de froment tout chaud, des ragoûts d'agneau aux épices, des figues, des grenades, des dattes sucrées. C'était l'âge d'or de la cuisine à Bagdad. Et puis, oui, je buvais du vin, même si ma religion l'interdisait. Il y avait aussi le nabîdh, une boisson faite avec des dattes fermentées. Un jour, j'ai même écrit un poème pour remercier un marchand de vin chrétien qui me gardait ses meilleures amphores ! Une amphore, c'est une grande jarre en terre cuite. Ce marchand et moi, on ne priait pas le même Dieu. Mais on aimait la même chose : partager un bon moment entre amis.

Pourquoi vous écriviez tout le temps des poèmes sur le vin ?

Parce que personne n'osait le faire vraiment ! Avant moi, on chantait le désert, les batailles, les héros. Moi, j'ai écrit plus de quatre cents poèmes sur le vin, la coupe, l'ivresse. On appelle ça les Khamriyyât, les poèmes bachiques, c'est-à-dire les poèmes du vin. Imagine que tu prennes un sujet dont tout le monde a un peu honte, et que tu en fasses la chose la plus belle du monde. C'est ça que j'ai fait. J'ai mis la taverne dans la grande poésie ! Certains étaient scandalisés, bien sûr. Mais moi, je pensais qu'un poète doit parler de la vraie vie des gens, pas seulement des rois et des combats.

J'ai mis la taverne dans la grande poésie.

C'est vrai que vous refusiez de cacher le vin derrière de jolies images ?

Exactement, tu as tout compris ! À l'époque, beaucoup de poètes parlaient du vin sans le nommer, avec des mots cachés, des symboles. Moi, ça m'agaçait. Dans un de mes poèmes les plus célèbres, j'ai écrit : « Verse-moi du vin et dis-moi que c'est du vin, ne me le cache pas sous des voiles d'allégorie. » Une allégorie, mon enfant, c'est quand on dit une chose pour en désigner une autre. Moi, je voulais appeler chaque chose par son nom. C'était ma manière d'être honnête. Un poème, ce n'est pas fait pour se déguiser. C'est fait pour dire tout haut ce que les autres n'osent pas.

Un poème est fait pour dire tout haut ce que les autres n'osent pas.

C'est vrai qu'un roi vous a envoyé en prison à cause de vos poèmes ?

Oui ! Et plusieurs fois, même ! Le calife, c'était le chef de tous les croyants, à la fois roi et guide religieux. Le mien s'appelait Haroun al-Rachid. Mes poèmes sur le vin le mettaient parfois très en colère, alors il me faisait jeter en prison. Mais tu sais quoi ? Quelques jours plus tard, il me faisait libérer ! Pourquoi ? Parce qu'il s'ennuyait sans moi. Il aimait trop mes vers et mes plaisanteries. Imagine un roi puissant qui te punit le lundi et te réclame le vendredi. C'était ma vie ! Dangereuse, mais jamais ennuyeuse. J'ai appris une chose : quand on fait rire un roi, il pardonne beaucoup.

Quand on fait rire un roi, il pardonne beaucoup.

Vous aviez peur quand vous récitiez un poème osé devant le calife ?

Le cœur me battait fort, je te l'avoue ! Dans un vieux livre, Al-Aghânî, le Livre des Chansons, on raconte qu'un jour j'ai récité devant le calife un poème si audacieux qu'il a ordonné de m'enfermer sur-le-champ. Et le lendemain, il me libérait, incapable de résister à mon talent. C'est délicat, tu sais, d'être le préféré d'un roi. Je devais aussi écrire pour le flatter, des poèmes de louange qu'on appelle le madîh. Mais souvent, je glissais une petite moquerie cachée dedans, tout doucement. Le secret, c'est de savoir jusqu'où aller. Trop peu, on t'oublie. Trop loin, on te punit. J'ai dansé toute ma vie sur ce fil.

À la fin de votre vie, vous avez vraiment changé, ou c'est juste une histoire ?

Ah, ça, mon enfant, même les savants se disputent encore là-dessus ! Vers la fin, j'ai écrit des poèmes très différents : des Zuhdiyyât, des poèmes de repentir et de prière. On y sent un homme qui regrette ses excès et se tourne vers Dieu. Après une vie à chanter le vin, quel contraste ! Alors, était-ce sincère ? Ou juste une belle mise en scène de vieux poète ? Honnêtement, je te laisse en juger. Un être humain n'est jamais tout d'une pièce. On peut aimer la fête à vingt ans et chercher le calme à cinquante. Les deux hommes, c'était moi. On a le droit de changer sans se trahir.

On a le droit de changer sans se trahir.

Ça vous fait quoi de savoir qu'on parle encore de vous, si longtemps après ?

Cela me touche beaucoup, plus que tu ne l'imagines. Vois-tu, je suis même devenu un personnage des Mille et Une Nuits, ces contes célèbres. J'y apparais comme le farceur espiègle du calife, celui qui se sort de tous les mauvais pas grâce à son esprit vif. Ce n'est pas tout à fait moi, mais j'aime bien ce portrait ! J'ai vécu dans une époque de troubles, entre guerres et changements de calife, et je suis mort à Bagdad vers 814. Et pourtant, mes vers, eux, ont traversé les siècles jusqu'à vous. C'est ça, la magie d'un poème : le corps s'en va, mais les mots restent vivants.

Le corps s'en va, mais les mots restent vivants.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Aboû Nouwâs. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.