Interview imaginaire

Les enfants interrogent Ahmed Ben Bella

par Charactorium · Ahmed Ben Bella (1916 — 2012) · Politique · Militaire · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Ahmed Ben Bella
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Digheche

Deux élèves de 5e sont en classe découverte. Ce matin-là, on leur a permis de rencontrer un vieux monsieur au regard vif : Ahmed Ben Bella, le tout premier président de l'Algérie. Il les fait asseoir près de lui et sourit, touché que des enfants viennent l'écouter.

C'est vrai que vous étiez soldat français avant de combattre la France ?

Oui, mon enfant, et c'est une histoire étrange. Jeune homme, j'ai porté l'uniforme français pendant la Seconde Guerre mondiale. Imagine une montagne d'Italie, le Monte Cassino, en 1944 : le froid, les obus, la peur au ventre. Je me suis battu avec courage, et on m'a accroché une médaille militaire sur la poitrine. Un grand général me l'a remise en main propre. Tu vois le paradoxe ? La France m'honorait comme un héros. Et pourtant, chez moi, mon peuple n'avait pas les mêmes droits que les colons. Cette médaille, je l'ai gardée longtemps comme une question qui me brûlait le cœur.

La France m'honorait comme un héros, mais mon peuple n'était pas libre.

Qu'est-ce qui vous a fait changer et vouloir vous battre contre la France ?

Il y a une date que je n'oublierai jamais : 1945. La guerre venait de finir, tout le monde fêtait la paix. Mais dans des villes comme Sétif et Guelma, l'armée a tiré sur des Algériens qui réclamaient simplement plus de justice. Des milliers sont morts. Imagine que tu rentres de l'école, joyeux, et qu'on frappe ta famille sans raison. Ce jour-là, quelque chose s'est cassé en moi. J'ai compris qu'on ne me donnerait jamais la liberté : il faudrait la prendre. Ma médaille de soldat ne pesait plus rien à côté de ce chagrin.

On ne me donnerait jamais la liberté : il faudrait la prendre.

C'est vrai que vous avez braqué une poste comme un bandit ?

Ha ! On raconte ça, oui, et c'est vrai. En 1949, à Oran, une grande ville au bord de la mer, nous avons attaqué la poste. Mais nous n'étions pas des voleurs, tu sais. Nous dirigions une organisation secrète pour préparer la lutte, l'OS, c'est-à-dire l'Organisation spéciale. Il fallait de l'argent pour acheter des fusils, et nous n'en avions pas. Alors nous avons pris celui de l'État qui nous opprimait. Imagine devoir agir dans l'ombre, le cœur battant, en sachant qu'être pris veut dire la prison. Ce n'était pas un jeu : c'était le début d'un combat.

Nous n'étions pas des voleurs : nous préparions la liberté d'un peuple.

Et l'histoire où vous vous êtes évadé de prison, c'est vrai ?

Oui, et j'en souris encore ! Après le coup d'Oran, on m'a jeté en prison, à Blida. Imagine une petite cellule, des barreaux de fer épais à la fenêtre, et le silence des nuits. Patiemment, en cachette, j'ai scié ces barreaux, un peu chaque nuit, en priant que personne n'entende. Et une nuit, je me suis glissé dehors, libre. Après ça, dans tout le pays, les gens parlaient de moi comme d'une légende. Mais tu sais, je n'étais qu'un homme têtu qui refusait sa cage. Le courage, ce n'est pas ne pas avoir peur : c'est agir malgré la peur.

Le courage, ce n'est pas ne pas avoir peur : c'est agir malgré la peur.

Comment on vous a attrapé après ? On m'a parlé d'un avion.

Ah, cette histoire d'avion... En 1956, je volais entre le Maroc et la Tunisie avec quatre camarades, tous chefs de notre mouvement, le FLN, le Front de libération nationale. En plein ciel, l'armée française a forcé notre avion à se poser en France. On raconte que ce fut l'un des tout premiers détournements d'avion de l'Histoire. Imagine : tu montes tranquillement, et tu atterris prisonnier dans un autre pays. J'ai passé près de six ans enfermé, à la prison de la Santé, à Paris. Six ans à attendre, à lire, à espérer. Ma vraie maison, longtemps, ce fut une cellule.

Tu montes tranquillement dans un avion, et tu atterris prisonnier.
Mohamed Ahmed Ben Bella, sem data
Mohamed Ahmed Ben Bella, sem dataWikimedia Commons, Public domain — UnknownUnknown

Quand l'Algérie est devenue libre, c'était quoi votre plus grand rêve ?

Mon rêve, mon enfant, c'était que la terre revienne à ceux qui la travaillent. Sous la colonisation, les grandes fermes appartenaient aux colons. Alors, devenu président en 1963, j'ai lancé l'autogestion : ce mot veut dire que les paysans et les ouvriers gèrent eux-mêmes leur ferme, ensemble, sans patron au-dessus. J'allais souvent les visiter dans les champs, serrer des mains, écouter. Imagine des gens qui, pour la première fois, sont maîtres de leur travail et de leur pain. Pour moi, ça, c'était ça la vraie indépendance. Pas seulement un drapeau : de la dignité dans le quotidien.

L'indépendance, ce n'est pas seulement un drapeau : c'est du pain gagné librement.

Ça sentait quoi, votre vie de président ? Vous mangiez quoi ?

Tu sais, je vivais simplement, même au palais d'Alger. Le matin, je lisais les journaux très tôt, puis je recevais des gens toute la journée. À table, rien de luxueux : du couscous, du mouton, des dattes, et surtout le thé à la menthe, parfumé et brûlant. Musulman, je respectais le jeûne du ramadan comme tout le monde. Selon les jours, je portais le costume à l'occidentale, ou bien le burnous, ce grand manteau de laine à capuchon de chez nous. Ainsi je disais deux choses à la fois : nous sommes modernes, et nous restons fièrement algériens.

Nous sommes modernes, et nous restons fièrement algériens.
Ahmed Ben Bella and Carlos Menem
Ahmed Ben Bella and Carlos MenemWikimedia Commons, CC BY 2.0 — Víctor Bugge

Pourquoi vous vouliez aider les autres pays pauvres partout dans le monde ?

Parce qu'un peuple libre, seul, ça ne suffit pas. À mon époque, le monde était coupé en deux grands camps qui se méfiaient l'un de l'autre. Nous, on a choisi une autre voie : le non-alignement, c'est-à-dire refuser de se ranger derrière l'un des deux. J'ai fait d'Alger une maison ouverte pour tous ceux qui luttaient : les Africains, les Cubains, tous les peuples du tiers-monde, ces pays pauvres qui cherchaient leur chemin. Imagine une ville où arrivent des combattants de la liberté du monde entier. Je le disais souvent : la solidarité entre nos peuples était notre seul vrai avenir.

Un peuple libre tout seul, ça ne suffit pas.

Ça fait quoi quand c'est votre ami qui vous trahit ?

C'est la blessure la plus profonde, mon enfant. En 1965, un homme qui avait combattu à mes côtés, Houari Boumédiène, a pris le pouvoir par la force et m'a fait arrêter. Un compagnon d'armes, tu comprends ? Quelqu'un avec qui j'avais partagé le danger. On m'a enfermé, puis gardé en résidence surveillée près de quinze ans. Quinze ans de silence, où l'on voulait m'effacer, comme si je n'avais jamais existé. Imagine qu'on te confisque ta voix, ta liberté, tes années. J'ai tenu bon en gardant mes idées vivantes dans ma tête. On peut enfermer un homme, mais pas ses convictions.

On peut enfermer un homme, mais pas ses convictions.

Après tout ça, si on vous demandait, vous regrettez d'avoir tout donné ?

Non, jamais. Regarde : je suis sorti de prison en 1980, je suis parti en exil loin de chez moi, et je ne suis rentré en Algérie qu'en 1990, vieux mais debout. J'ai perdu des années, des amis, des combats. Mais mon pays, lui, est libre, et c'est cela qui compte. Toi qui m'écoutes, retiens ceci : les choses qui valent la peine demandent souvent qu'on souffre pour elles. On ne construit pas une nation en un jour, ni sans larmes. Si je devais tout recommencer, je reprendrais le même chemin, avec la même flamme au cœur.

Les choses qui valent la peine demandent souvent qu'on souffre pour elles.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ahmed Ben Bella. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.