Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Charles de Gaulle et Ahmed Ben Bella

par Charactorium · Ahmed Ben Bella (1916 — 2012) · Politique · Militaire · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Ahmed Ben Bella
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Digheche

C'est sur une terrasse d'un domaine discret, quelque part entre Alger et l'exil, qu'un général de Gaulle vieillissant retrouve Ahmed Ben Bella. La lumière rase de fin d'après-midi tombe sur un plateau de thé à la menthe qui fume encore. Ces deux-là se sont croisés bien avant de se combattre : l'un décora l'autre pour sa bravoure, puis ouvrit la porte de l'indépendance qui les sépara. Le vieux Français est venu, sans caméras, poser à cet adversaire respecté les questions qu'il n'a jamais pu formuler à la table des négociations.

Ben Bella, je me souviens vous avoir remis la médaille militaire après le mont Cassino. Comment le soldat de la France est-il devenu son ennemi ?

Vous me l'avez épinglée vous-même, mon Général, et je ne l'ai jamais reniée — c'était le courage d'un homme, pas l'allégeance d'un peuple. À Monte Cassino, en 1944, je me suis battu pour une liberté qu'on nous promettait et qu'on nous refusait ensuite chez nous. Le paradoxe, il est là : la France m'a appris à porter les armes, puis a fait mine de s'étonner que je les retourne contre l'injustice coloniale. Quand on décore un homme pour sa dignité, il faut s'attendre à ce qu'il la réclame pour les siens. Les massacres de Sétif, la même année 1945, ont achevé de m'ouvrir les yeux. On m'avait honoré comme Français ; je restais, pour l'administration, un indigène.

La France m'a appris à porter les armes, puis s'est étonnée que je les retourne contre l'injustice.

On m'a raconté le hold-up de la poste d'Oran, puis votre évasion de Blida. Étiez-vous un chef politique ou un hors-la-loi ?

Un peuple qu'on prive de tribune n'a que l'action pour parler, mon Général. En 1949, l'Organisation spéciale manquait de tout : nous avons pris l'argent là où il servait l'oppression, dans une poste, pour armer une cause. On m'a traité de bandit ; l'Histoire tranchera. Et quand j'ai scié les barreaux de Blida pour m'évader, je n'ai pas fui la justice — j'ai fui une justice qui n'était pas la nôtre. Vous, homme de l'appel de Londres, vous savez mieux que quiconque qu'un rebelle vu d'un côté est un patriote vu de l'autre. Ce n'est pas le crime qui définit un homme, c'est ce pour quoi il le risque. Je risquais l'Algérie.

Un rebelle vu d'un côté est un patriote vu de l'autre — vous le savez mieux que personne.

Vous avez cofondé le FLN en 1954, l'année où tout s'est embrasé. Aviez-vous mesuré le prix de sang que vous engagiez ?

On ne déclenche pas une guerre de libération le cœur léger, Général. Le 1er novembre 1954, nous étions une poignée de « chefs historiques » face à une armée immense. Nous savions le prix : nos propres vies d'abord, puis celles de centaines de milliers de nos frères. Mais quel était le choix ? Attendre encore un siècle une citoyenneté qu'on nous distribuait au compte-gouttes ? La proclamation était claire : l'indépendance par la restauration d'un État souverain, démocratique et social. Nous ne haïssions pas le peuple français ; nous refusions le système colonial. Vous-même avez fini par comprendre qu'aucune force ne retiendrait une nation décidée à naître. Le sang versé, je le porte encore. Mais l'esclavage prolongé eût coûté davantage.

Nous ne haïssions pas le peuple français ; nous refusions le système colonial.

Devenu président en 1963, vous avez redistribué les terres des colons. N'était-ce pas dilapider une richesse que la France avait bâtie ?

Bâtie par qui, Général ? Par les bras des fellahs algériens sur des terres qui étaient les leurs. L'autogestion, ce n'était pas dilapider, c'était rendre. Quand les colons sont partis en 1962, des domaines entiers restaient à l'abandon ; j'ai confié ces fermes à des comités d'ouvriers et de paysans, et je passais mes après-midi à les visiter, pour que la révolution ne reste pas un mot dans un journal. La Charte d'Alger, en 1964, en a fait notre doctrine : une voie socialiste, populaire, adaptée à nous. Cela fut imparfait, brouillon parfois, je le concède. Mais un homme qui laboure enfin sa propre terre se tient droit autrement. Rendre la dignité vaut bien quelques rendements perdus.

L'autogestion, ce n'était pas dilapider, c'était rendre.

Vous avez fait d'Alger une capitale des révoltes du tiers-monde, accueillant Cuba et les Africains. Ne craigniez-vous pas de devenir le pion de Moscou ?

Ni pion de Moscou, ni vassal de Washington, Général — c'est tout le sens du non-alignement. Nous avions payé notre liberté trop cher pour la brader à un nouveau maître. Faire d'Alger un foyer des mouvements de libération, soutenir Cuba, le panafricanisme, c'était rester fidèle à ce que nous avions vécu : aucun peuple n'est vraiment libre tant que d'autres restent en chaînes. Vous cherchez, vous, la grandeur de la France entre les deux blocs ; je cherchais la dignité du Tiers-monde dans le même interstice. Nos routes divergent, mais l'idée est cousine. L'unité du Maghreb, la solidarité des peuples pauvres : je n'ai jamais cessé d'y croire, même plus tard, dans la solitude de l'exil.

Ni pion de Moscou, ni vassal de Washington : nous avions payé notre liberté trop cher.
Mohamed Ahmed Ben Bella, sem data
Mohamed Ahmed Ben Bella, sem dataWikimedia Commons, Public domain — UnknownUnknown

Vous et moi avons négocié la séparation à Évian. Avec le recul, la France et l'Algérie pouvaient-elles rester liées autrement ?

Les accords d'Évian, en mars 1962, ont clos une guerre atroce ; pour cela, Général, je vous ai toujours reconnu du courage — celui de dire non à une Algérie française devenue impossible. Pouvions-nous rester liés autrement ? Oui, mais pas dans la sujétion. Deux nations libres peuvent coopérer ; une nation et sa colonie, jamais. J'ai rêvé d'une amitié entre nos peuples, débarrassée du mépris. La langue, l'histoire, tant de sang mêlé nous rapprochent malgré tout. Mais il fallait d'abord l'égalité, la reconnaissance pleine. Vous avez eu la lucidité de lâcher ce qui ne se tenait plus ; j'ai eu l'audace de saisir ce qui se levait. Entre nous, ce fut un affrontement d'hommes d'État, non de haines.

Deux nations libres peuvent coopérer ; une nation et sa colonie, jamais.

On murmure des tensions avec votre bras droit, le colonel Boumédiène. Un chef qui a fait la révolution peut-il vraiment redouter les siens ?

La révolution dévore parfois ses fils, Général — vous connaissez cette vieille loi. J'ai gouverné d'un style très personnel, seul souvent, tard dans la nuit, entouré de fidélités que je croyais solides. Mais concentrer le pouvoir, c'est aussi désigner ceux qui voudront vous le prendre. Le compagnon d'armes d'hier peut devenir l'homme qui referme la porte. Je ne vous parlerai pas d'amertume — un révolutionnaire ne pleure pas sur ses arrières. Seulement, celui qui a scié les barreaux de Blida sait reconnaître l'ombre d'une prison qui se prépare. J'ai mené des hommes durs dans une guerre dure ; il serait naïf de croire qu'on range ces caractères comme des fusils, une fois la paix venue.

La révolution dévore parfois ses fils : vous connaissez cette vieille loi.
Ahmed Ben Bella and Carlos Menem
Ahmed Ben Bella and Carlos MenemWikimedia Commons, CC BY 2.0 — Víctor Bugge

Si un jour on vous écartait du pouvoir, garderiez-vous la foi dans cette Algérie que vous avez portée au monde ?

Un homme peut être renversé ; une idée, jamais, Général. Si l'on m'écarte, on m'enfermera peut-être, on me réduira au silence des résidences surveillées — j'ai connu assez de cellules pour ne plus les craindre. Mais l'Algérie que j'ai voulue ne tient pas dans un seul homme. Elle est dans ces paysans qui labourent enfin leur terre, dans cette jeunesse qui apprend à lire. Le parti unique nous a peut-être trop enfermés ; si l'exil me laissait un jour reprendre la parole, je réclamerais le pluralisme, la démocratie qu'on nous a fait attendre. On peut me retirer le pouvoir, non la conviction. Vous qui avez connu la traversée du désert, vous savez qu'un homme d'État revient toujours à sa vérité première.

Un homme peut être renversé ; une idée, jamais.

Entre le jeune footballeur de Marseille et le président révolutionnaire, quel fil relie ces deux Ahmed que je peine à réunir ?

Le même goût du jeu collectif, Général — cela vous fera peut-être sourire. Milieu de terrain, on m'a appris qu'aucun joueur ne gagne seul, qu'il faut lire le mouvement d'ensemble et servir les autres. La politique n'est pas si différente : on avance en équipe ou l'on perd. De Maghnia à Marseille, du terrain de football aux tranchées d'Italie, puis au maquis, un même homme cherchait sa place dans un ensemble plus grand que lui. J'ai gardé du sport le sens de l'effort partagé et le mépris des vedettes. Devenu chef, j'ai soutenu les stades, les clubs, la jeunesse qui court — car un peuple qui joue est un peuple qui respire. Le fil, mon Général, c'est cette idée : rien de grand ne se fait seul.

Aucun joueur ne gagne seul : la politique n'est pas si différente.

Vous mêliez le burnous des cérémonies au costume occidental. Pourquoi tant tenir à ce vêtement dans une Algérie que vous vouliez moderne ?

Parce que la modernité sans racines n'est qu'une imitation, Général. Le burnous, ce grand manteau de laine de nos pères, je le portais aux cérémonies non par folklore, mais pour dire au monde : nous entrons dans le siècle en restant nous-mêmes. Le costume pour recevoir vos diplomates, le burnous pour honorer mon peuple — les deux disaient la même Algérie, à la fois tournée vers l'avenir et fidèle à sa mémoire. La colonisation avait tout fait pour nous convaincre que notre culture était un retard. Je voulais prouver l'inverse. Un État neuf a besoin d'usines et d'écoles, oui, mais aussi de fierté. On ne bâtit rien de durable sur la honte de ce que l'on est.

Nous entrons dans le siècle en restant nous-mêmes.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ahmed Ben Bella. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.