Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Marcel Pagnol et Albert Dubout

par Charactorium · Albert Dubout (1905 — 1976) · Arts visuels · Spectacle · 4 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans l'atelier baigné de lumière méditerranéenne de Saint-Aunès, près de Montpellier, qu'un après-midi de l'été 1955 je retrouve mon vieux complice Albert Dubout. Sur sa table, la plume trempe encore dans l'encre de Chine, et un gros chat roux somnole entre les épreuves d'une affiche. Nous nous connaissons depuis les années où il a mis mon puisatier en couleurs sur les murs des cinémas, et je viens aujourd'hui le faire parler de ce Midi que nous aimons tous les deux. Il rit déjà, sachant que je ne le laisserai pas se cacher derrière ses foules.

Albert, quand j'entre chez toi je vois ces feuilles noires de monde. Comment diable arrives-tu à peupler un stade entier de silhouettes minuscules ?

Tu me connais, Marcel, c'est une manie plus qu'un métier. L'après-midi, je m'assois avec ma plume et mon encre de Chine, et je pose une petite bonne femme, puis un petit bonhomme, puis cent autres, et chacun doit avoir sa tête, son geste, sa querelle. Un stade, une plage, une gare : je les remplis un par un, comme si je devais connaître chaque figure. On me dit qu'il faut une loupe pour tout voir — tant mieux, il y a des histoires cachées dans les coins pour ceux qui cherchent. Toi qui construis tes films plan par plan, tu sais ce que c'est : la foule, ce n'est pas une tache grise, c'est mille solitudes que je mets côte à côte.

La foule, ce n'est pas une tache grise, c'est mille solitudes que je mets côte à côte.

Ce gros matou qui dort sur tes épreuves, il te suit partout. Dis-moi, comment tes chats sont-ils devenus ta marque de fabrique ?

Regarde-le, l'animal, il se moque de nous ! Mes chats sont venus tout seuls sur mes feuilles, gros, ronds, gourmands, un peu voyous. Le soir, quand j'achève une illustration à la lampe, il y en a toujours un qui rôde autour de ma table, et je finis par le dessiner sans même y penser. Les gens les ont adorés — on les met sur des cartes postales, des calendriers, ils entrent dans les maisons plus vite que moi. Je crois qu'un chat gourmand, ça fait rire parce que chacun en a un pareil chez soi. Ils sont devenus mes ambassadeurs : ils voyagent, ils vendent, ils charment, pendant que moi je reste tranquille dans mon Midi.

Un chat gourmand fait rire parce que chacun en a un pareil chez soi.

Souviens-toi de 1940, quand tu as dessiné l'affiche de La Fille du puisatier. Qu'as-tu cherché à mettre de mon Midi sur ce mur de cinéma ?

Ah, celle-là, Marcel, je l'ai faite avec plaisir ! Quand tu m'as confié tes films, je n'ai pas voulu faire joli, j'ai voulu faire vrai à ma façon — c'est-à-dire un peu exagéré. J'ai forcé les nez, les épaules, le soleil, pour qu'on sente la Provence rien qu'en passant devant le cinéma. Une affiche, ça doit arrêter le passant en une seconde, comme une gifle rigolarde. Ton puisatier et ta jeune fille, je les ai croqués caricaturaux et tendres à la fois, parce que c'est comme ça que tu écris tes gens. Nos deux Midi se ressemblaient : le tien parle, le mien grouille, mais c'est la même terre qui rit et qui pleure.

Une affiche doit arrêter le passant en une seconde, comme une gifle rigolarde.

Il y a ce couple que tout le monde connaît : le petit mari maigrichon et l'épouse géante. D'où t'est venue cette drôlerie conjugale, mon ami ?

C'est mon petit théâtre à moi, celui qui a fait rire tant de lecteurs dans la presse. J'ai mis face à face un pauvre bougre maigre comme un clou et une épouse énorme, tonitruante, qui mène tout. Le comique naît du contraste, tu le sais mieux que personne, toi qui fais dialoguer un Marius et un César. Chaque semaine, ce couple m'offrait un gag nouveau : la dispute, le repas, le lit trop petit, la promenade. Les gens s'y reconnaissaient, ils riaient d'eux-mêmes sans se fâcher, et c'est ça qui me plaisait. Je ne me moque jamais méchamment ; mon petit mari, au fond, je l'aime bien, avec son air résigné et sa moustache qui tombe.

Le comique naît du contraste : un pauvre bougre maigre comme un clou et une épouse tonitruante.
Albert Dubout (signature)
Albert Dubout (signature)Wikimedia Commons, Public domain — Albert Dubout

Nous voici dans ton Languedoc, entre marché et bord de mer. Qu'est-ce que cette terre du Midi t'apporte que Paris ne t'a jamais donné ?

Paris, j'y suis monté dans les années vingt pour me faire connaître, et j'y ai publié mes premiers dessins. Mais mon cœur est resté ici, entre Montpellier et le littoral. Le marché provençal, la corrida, les plages de Palavas avec son petit train, tout ça grouille déjà tout seul, je n'ai qu'à regarder et à croquer. La lumière du matin sur la Méditerranée me donne mes scènes de banquet, mes foules du dimanche. J'ai besoin de ce vacarme joyeux, de ces gens qui parlent fort et mangent bien. À Paris, on fait carrière ; ici, on fait sa vie. C'est pour ça que j'ai planté mon atelier au soleil, loin des salons, avec mes chats et mon encre.

À Paris, on fait carrière ; ici, on fait sa vie.

Reviens à ta plume, Albert. Dis-moi vraiment : ce fourmillement infini, n'est-ce pas parfois une torture pour la main et pour l'œil ?

Une torture ? Peut-être, mais une torture dont je ne me passerais pas. Ma plume trace des milliers de silhouettes, et à la fin de la journée j'ai les doigts tachés d'encre de Chine jusqu'à l'os. L'œil fatigue, la main tremble un peu, mais il y a un plaisir presque enfantin à savoir qu'aucun de mes petits personnages ne ressemble à son voisin. Je m'y perds volontiers des heures durant. Vois-tu, Marcel, remplir une feuille comme on remplit une place de village un jour de fête, c'est ma manière à moi de ne jamais me sentir seul devant la page. Chaque figure me tient compagnie le temps que je la dessine.

Remplir une feuille comme une place de village un jour de fête : ma manière de ne jamais me sentir seul.
Allée Albert Dubout - Vaux-en-Beaujolais (FR69) - 2022-10-31 - 1
Allée Albert Dubout - Vaux-en-Beaujolais (FR69) - 2022-10-31 - 1Wikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Chabe01

Entre illustrer mes livres et dessiner mes affiches, y a-t-il un travail qui te ressemble davantage, toi qui aimes tant le foisonnement ?

Les deux me vont, mais ils ne demandent pas le même souffle. Une affiche, c'est un cri : une seule image forte, un trait qui frappe, le Midi ramassé en un coup d'œil. Un livre, c'est une longue conversation : là, je peux étaler mon foisonnement page après page, comme dans ce Don Quichotte que j'ai illustré en 1938 et qui reste un de mes bonheurs. Quand j'accompagne tes récits provençaux, je prolonge tes phrases en dessins, je mets des visages sur tes mots. J'aime passer du cri au murmure, de l'affiche qui hurle sur un mur au livre qu'on ouvre au coin du feu. C'est le même Dubout, mais qui respire à deux rythmes.

Une affiche, c'est un cri ; un livre, c'est une longue conversation.

On m'a dit qu'un jour on garderait tes dessins de plages et de corridas comme un trésor du Midi. Toi, qu'espères-tu laisser à cette terre ?

Oh, je ne me fais pas de grandes idées là-dessus, tu me connais, je suis un homme discret du Sud. Ce que j'aimerais, c'est qu'on garde le rire et la tendresse que j'ai mis dans ces plages, ces marchés, ces arènes. J'ai croqué le petit train de Palavas, les baigneurs entassés, les taureaux et les badauds, parce que j'aime ces gens et cette lumière. Si mes feuilles font sourire les enfants d'ici longtemps après moi, ce sera bien assez. Toi tu laisses des voix, moi je laisse des foules dessinées : au fond, nous racontons le même peuple méridional, celui qui parle avec les mains et vit dehors, au soleil, en criant et en riant.

Toi tu laisses des voix, moi je laisse des foules dessinées : le même peuple méridional.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Albert Dubout. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.