Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Anita Borg

par Charactorium · Anita Borg (1949 — 2003) · Technologie · Société · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Anita Borg
Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Hillary

Palo Alto, un matin de printemps à la fin des années 1990. Dans un bureau clair de Xerox PARC, une station de travail Unix ronronne encore, l'écran couvert de messages venus de fuseaux horaires lointains. Anita Borg pose sa tasse, écarte un badge de conférence resté sur la table, et accepte de raconter comment quelques lignes de code et beaucoup d'obstination ont commencé à changer la place des femmes dans les machines.

Comment est née Systers, en 1987 ?

Presque par accident, et pourtant j'y pense encore comme au geste le plus juste de ma vie. À l'époque, j'échangeais avec quelques collègues via ARPANET, à travers un modem qui crachait ses quelques kilobits par seconde dans la nuit. Nous n'étions qu'une poignée de femmes dans nos laboratoires, chacune persuadée d'être la seule à endurer certaines choses. Alors j'ai ouvert une simple liste de diffusion, réservée aux systers — mes sœurs en informatique. Le message d'accueil était modeste : un endroit pour communiquer, partager nos expériences, nous soutenir dans un domaine où nous étions encore trop peu nombreuses. En quelques mois, des femmes que je ne rencontrerais jamais m'écrivaient depuis l'Australie ou l'Allemagne. Une liste d'e-mails s'était muée en tissu vivant.

Chacune se croyait la seule à endurer certaines choses ; la liste leur a prouvé le contraire.

Qu'est-ce qui vous a surprise dans ce que Systers est devenu ?

Sa vitesse, et sa chaleur. Je m'attendais à un carnet d'adresses ; j'ai obtenu une communauté qui débattait, s'entraidait, parfois se disputait comme une vraie famille. Une ingénieure isolée dans une entreprise très masculine pouvait, en un message envoyé le soir depuis son terminal, recevoir au matin dix réponses de femmes qui avaient traversé la même épreuve. J'administrais tout cela depuis ma workstation, en Californie, en jonglant avec les fuseaux horaires : je répondais le matin aux Européennes, le soir aux Japonaises. Ce que j'ai compris là, c'est que la technologie ne rapproche pas seulement les ordinateurs — elle peut briser l'isolement des gens, à condition qu'on la conçoive pour cela.

Pourquoi avoir voulu, en 1994, réunir physiquement ces femmes dans une conférence ?

Parce qu'une liste d'e-mails, aussi précieuse soit-elle, ne remplace pas le fait de se regarder dans les yeux. Avec Telle Whitney, nous avons imaginé un rassemblement, et nous l'avons baptisé du nom de Grace Hopper, cette officière de marine qui avait popularisé le mot débogage et prouvé qu'une femme pouvait dompter les machines les plus intimidantes. La première édition n'a réuni qu'une cinquantaine de participantes. Je me souviens de ce silence, puis de ce brouhaha extraordinaire quand elles ont réalisé combien elles étaient nombreuses, enfin visibles les unes aux autres. Nous voulions leur offrir une tribune, un miroir grandeur nature. Je rêvais qu'un jour elles se compteraient par milliers.

Une liste d'e-mails ne remplace pas le fait de se regarder dans les yeux.

Que représentait pour vous le nom de Grace Hopper accolé à cet événement ?

Un héritage et une promesse. Grace Hopper appartenait à la génération de ces femmes qui avaient programmé les premiers calculateurs, dans des salles où les machines occupaient des pièces entières, puis que l'Histoire avait commencé à effacer. En donnant son nom à notre conférence, je voulais rappeler que les femmes n'étaient pas des nouvelles venues dans l'informatique : elles y étaient depuis l'origine. Le vocabulaire même que nous employons chaque jour — debugging, ce chasse-bug qu'elle a rendu célèbre — porte leur empreinte. Rendre hommage à Hopper, c'était refuser l'amnésie. On ne bâtit pas l'avenir d'une profession en oubliant celles qui l'ont inventée.

Vous parlez souvent de miroir. Que voulez-vous dire par là ?

Que la technologie finit toujours par ressembler à ceux qui la fabriquent. Si nous voulons qu'elle serve l'humanité, il faut que l'humanité entière participe à sa création — les femmes représentent la moitié du monde, elles doivent représenter la moitié de ceux qui construisent notre avenir numérique. Une technologie conçue par des équipes homogènes ne répondra qu'aux besoins d'une fraction de la société ; elle sera un miroir déformant. Je le répète dans chaque conférence : ce n'est pas d'abord une question de justice, c'est une question d'efficacité. Les équipes diverses produisent tout simplement de meilleures solutions. Une technologie pensée sans les femmes est une technologie incomplète.

La technologie finit toujours par ressembler à ceux qui la fabriquent.

En 1998, vous fixez un objectif de parité pour 2020. Pourquoi une date aussi précise ?

Parce qu'un idéal sans échéance reste un vœu pieux, et que les vœux pieux ne changent jamais les statistiques d'embauche. J'ai donc lancé ce chiffre : 50/50 en 2020, la parité femmes-hommes dans les métiers informatiques. Certains l'ont trouvé irréaliste ; c'était le but. Un objectif confortable n'oblige personne à agir. En le clamant dans les tables rondes, jusqu'au MIT, je forçais les entreprises à se demander où elles en étaient et ce qu'elles comptaient faire. C'est aussi la mission que j'ai donnée à l'Institut pour les femmes et la technologie : augmenter l'impact des femmes sur la technologie, et l'impact positif de la technologie sur la vie des femmes. Une boussole, pas une décoration.

Vous avez soutenu votre doctorat à plus de trente ans. Quel chemin vous y a menée ?

Un chemin sinueux, et j'y tiens. Avant de décrocher mon doctorat à l'Université de New York en 1981, j'avais déjà passé des années à travailler, notamment en Allemagne. J'étais plus âgée que la plupart de mes camarades, et femme, dans un milieu qui n'attendait ni l'un ni l'autre. Ma thèse portait sur les systèmes de mémoire des ordinateurs — comment les rendre plus rapides, plus efficaces. Un sujet très technique, très aride, où je me sentais chez moi. Mais avoir goûté l'inconfort d'être l'étrangère de service m'a marquée à jamais : j'ai su, dans ma chair, que la diversité n'était pas un luxe moral. C'était une nécessité pour qui veut vraiment innover.

J'ai su, dans ma chair, que la diversité n'était pas un luxe moral.

Avant de militer, vous étiez chercheuse. Que reste-t-il de la scientifique en vous ?

Tout, au fond. Chez Digital Equipment Corporation, à Maynard, j'ai passé des journées entières penchée sur ma station Unix à traquer les goulots d'étranglement dans la mémoire des machines. On y apprend une discipline précieuse : ne pas se contenter d'une intuition, mesurer, prouver. Quand plus tard j'ai affirmé que les équipes mixtes travaillaient mieux, je ne parlais pas en idéaliste — je m'appuyais sur des études, des chiffres, comme j'aurais analysé les performances d'un processeur. La militante n'a jamais trahi la chercheuse. J'ai simplement appliqué la même exigence de rigueur à une question que personne n'osait poser scientifiquement : que perd la technologie quand elle exclut la moitié de l'humanité ?

La maladie vous a frappée en 2002. Comment vivez-vous ce combat contre le temps ?

Avec l'urgence de celle qui sait le sablier percé. On m'a diagnostiqué un glioblastome, une tumeur du cerveau — cette ironie n'a pas manqué de me frapper, moi qui ai passé ma vie à réfléchir aux systèmes de mémoire. Je continue à travailler, à écrire, à répondre aux systers, tant que les mots me viennent encore. Non par héroïsme : par conviction. Chaque année perdue, c'est une génération de jeunes filles qui renonce à croire que ces machines sont aussi les leurs. Depuis ma maison de Sonoma, je regarde les collines et je me dis que l'important n'est pas de finir le travail, mais de m'assurer qu'il ne s'arrêtera pas avec moi.

L'important n'est pas de finir le travail, mais de m'assurer qu'il ne s'arrêtera pas avec moi.

Si vous imaginiez qu'on vous lise dans un siècle, que voudriez-vous transmettre ?

Que tout cela a commencé petit, et que c'est justement rassurant. Un modem grésillant, une liste d'e-mails baptisée Systers, une conférence de cinquante femmes intimidées dans une salle trop grande — voilà mes armes. Aucune n'était spectaculaire. Si je pouvais murmurer une chose à celles qui me liront, ce serait : ne méprisez pas les débuts modestes, et ne demandez jamais la permission d'exister dans un domaine qui vous appartient déjà. J'aime à croire que mon Institut vivra plus longtemps que moi, que d'autres reprendront le flambeau, peut-être avec des bourses, des réseaux, des outils que je n'imagine même pas. Que la technologie, enfin, ressemble à tout le monde. Ce serait, je crois, ma plus belle mémoire.

Ne demandez jamais la permission d'exister dans un domaine qui vous appartient déjà.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Anita Borg. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.