Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Annie Smith Peck

par Charactorium · Annie Smith Peck (1850 — 1935) · Exploration · Sport · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Annie Smith Peck
Wikimedia Commons, Public domain — Inconnu

New York, hiver 1932. Annie Smith Peck, quatre-vingt-deux ans, reçoit dans un modeste appartement meublé encombré de cartes andines et de coupures de presse jaunies. Sur la table, un vieux baromètre altimétrique et un fanion brodé attendent, témoins muets d'une vie passée à défier la gravité et les convenances.

Avant les sommets, il y eut les livres. Comment une professeure de latin devient-elle alpiniste ?

On oublie toujours cette part de moi. J'ai été l'une des premières femmes reçues à l'université du Michigan, à Ann Arbor, en 1878, puis j'ai franchi la Méditerranée pour l'École américaine d'études classiques à Athènes. J'enseignais le latin à Purdue, je récitais Virgile, et l'on me trouvait à ma place — assise. Mais un esprit qui a goûté à l'émancipation dans les textes anciens supporte mal qu'on lui interdise le reste du monde. Les Grecs plaçaient leurs dieux sur l'Olympe ; moi, j'ai voulu monter voir. La rigueur d'une déclinaison et celle d'une cordée ne sont pas si différentes : l'une comme l'autre ne pardonnent aucune approximation.

La rigueur d'une déclinaison et celle d'une cordée ne pardonnent aucune approximation.

En 1895, ce n'est pas votre ascension du Cervin qui fit scandale, mais votre tenue. Pourquoi ?

Le Cervin, en 1895 — une paroi que les hommes eux-mêmes redoutaient. J'y suis montée en knickerbockers, cette culotte bouffante resserrée sous le genou, et croyez-moi, ce ne sont pas les crevasses qui ont fait crier les journaux, mais mes jambes visibles. Des caricaturistes m'ont dessinée grotesque. Qu'ils s'amusent. Une longue jupe sur la glace, c'est une invitation à la chute et à la mort ; je l'ai dit et redit à qui voulait l'entendre. La sécurité en montagne ne souffre aucune fausse pudeur. J'ai porté ce pantalon comme d'autres portent un drapeau, et je ne m'en suis jamais excusée.

Ce ne sont pas les crevasses qui ont fait crier les journaux, mais mes jambes visibles.

Vous souvenez-vous du 2 septembre 1908, au sommet nord du Huascarán ?

Comment l'oublier. J'avais cinquante-huit ans — l'âge où l'on m'aurait voulue au coin du feu — et derrière moi plus d'une décennie d'échecs sur cette montagne, depuis ma première tentative de 1897. Le 2 septembre 1908, avec mes guides suisses, j'ai atteint le sommet nord, près de six mille six cents mètres de vent et de glace, le record d'altitude de tout l'hémisphère occidental. Le panorama défiait la parole : une mer de pics et de glaciers jusqu'à l'horizon. Je l'ai raconté ensuite dans A Search for the Apex of America. Après tant d'années d'efforts et d'épreuves, le sommet était enfin nôtre.

J'avais cinquante-huit ans — l'âge où l'on m'aurait voulue au coin du feu.

Votre rivale Fanny Bullock Workman contesta vos mesures. Comment l'avez-vous vécu ?

Ah, madame Workman. Elle refusait de croire que mon Huascarán dépassât son Pinnacle Peak d'Inde, et elle a dépensé une fortune à financer une expédition de géodésie française pour venir mesurer ma montagne et rabaisser mon chiffre. Songez-y : deux femmes se disputant un record d'altitude avec des théodolites et des baromètres, comme les messieurs se disputent les leurs ! Mon vieux baromètre altimétrique n'était pas un instrument parfait, je le concède — mais la querelle elle-même était une victoire. Nous prouvions qu'une femme pouvait avoir de l'ambition, et même de la vanité, exactement comme un homme. Nul ne songe à en priver ces messieurs.

La querelle elle-même était une victoire : nous prouvions qu'une femme pouvait avoir de l'ambition.

En 1911, au sommet du Coropuna, vous avez planté autre chose qu'un simple fanion. Que signifiait ce geste ?

Au sommet du Coropuna, en 1911, à plus de six mille mètres, j'ai déroulé un petit fanion brodé de trois mots : Votes for Women. Le vent des Andes l'a saisi, et l'image a fait le tour de la presse du monde. Je l'avais promis dans une lettre à la grande association pour le suffrage : ce que j'accomplissais sur ces hauteurs, je l'accomplissais en tant que femme, pour toutes celles qui viendraient après moi. Nul sommet ne devait être jugé trop élevé pour notre ambition. À soixante et un ans, je grimpais encore — non plus seulement pour un record, mais pour une cause.

Nul sommet ne devait être jugé trop élevé pour notre ambition.
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AnnieSmithPeckTradingCardWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Diriez-vous que la montagne fut pour vous une tribune politique ?

Elle le devint. Longtemps j'ai grimpé pour la beauté de la chose et pour la joie de vaincre. Mais un exploit qui n'est vu que comme une prouesse s'évanouit ; un exploit qui porte un mot demeure. Quand la presse américaine et européenne s'est emparée de mon fanion du Coropuna, j'ai compris qu'un piolet planté à six mille mètres pouvait servir la même cause que les défilés de nos suffragistes dans les rues de Washington. Les knickerbockers du Cervin, déjà, disaient la même chose : qu'une femme dispose de son corps, de ses jambes, de son courage. La montagne fut ma tribune parce qu'on ne pouvait m'y faire taire.

Un exploit qui n'est vu que comme une prouesse s'évanouit ; un exploit qui porte un mot demeure.

Vous parlez de Virgile et de crampons dans la même phrase. Cette double vie vous a-t-elle coûté ?

On m'a souvent sommée de choisir : le savoir ou l'audace, la salle de classe ou la cordillère. Comme si une femme ne pouvait tenir dans une main un texte grec et dans l'autre un piolet. J'ai refusé ce marché toute ma vie. Mon diplôme du Michigan et mes ascensions andines procèdent du même appétit : comprendre le monde de haut en bas, dans ses langues mortes comme dans ses reliefs vivants. Cela m'a coûté un foyer, une fortune, un repos — je n'ai jamais eu de résidence fixe, seulement des appartements meublés entre deux expéditions. Mais je préfère cent fois une vie sans toit à un esprit sous cloche.

Je préfère cent fois une vie sans toit à un esprit sous cloche.
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Annie-Smith-PeckWikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

À quatre-vingt-deux ans, vous survolez l'Amérique du Sud en avion. Qu'êtes-vous allée y chercher ?

Vous croyiez peut-être que j'avais raccroché mes crampons ? Ces mêmes Andes que j'avais gravies pouce par pouce, dans la glace et le souffle court, je les ai revues d'en haut, par le hublot d'un aéroplane. Du ciel, la grande cordillère m'est apparue comme l'épine dorsale ridée du continent, ses sommets étincelant de blanc — familiers, et pourtant d'une magnificence toute neuve. J'en ai tiré Flying Over South America, mon dernier livre. J'ai connu la corde de chanvre et le baromètre ; me voici passagère des machines volantes. Une curieuse ne refuse jamais un nouveau point de vue, fût-il à quatre-vingt-deux ans.

Du ciel, la cordillère m'est apparue comme l'épine dorsale ridée du continent.

Ces montagnes gravies à pied puis revues du ciel : qu'est-ce que ce changement de regard vous a appris ?

Qu'il n'existe jamais de dernière vérité sur une montagne. À pied, le Huascarán était une adversaire — chaque mètre arraché au prix de l'épuisement, chaque nuit sous une tente de coton battue par les vents. Vu du ciel, ce même sommet devenait presque tendre, une simple crête blanche parmi d'autres. J'ai passé une vie à mesurer les hauteurs avec mon baromètre, à me quereller sur des mètres ; l'avion m'a rappelé, avec une douce ironie, combien nos records sont minuscules face à l'immensité. Mais je ne regrette rien de mes querelles. C'est en se battant pour quelques mètres qu'on ouvre le ciel aux suivantes.

C'est en se battant pour quelques mètres qu'on ouvre le ciel aux suivantes.

Que répondez-vous, aujourd'hui encore, à ceux qui jugeaient une femme incapable de tels exploits ?

Je leur oppose mes sommets, tout simplement. On riait de mes knickerbockers au Cervin en 1895 ; on doutait de mes chiffres au Huascarán en 1908 ; on trouvait indécent qu'une vieille dame plante un fanion Votes for Women au Coropuna. Et pourtant, chaque fois, la montagne m'a donné raison, elle qui ne connaît ni le sexe ni l'âge de qui la gravit. Le corps d'une femme peut endurer le froid, l'altitude et la peur aussi bien que celui d'un homme — j'en suis la preuve vivante, à quatre-vingt-deux ans. Que l'on cesse de nous demander si nous en sommes capables. Nous l'avons déjà fait.

La montagne m'a donné raison, elle qui ne connaît ni le sexe ni l'âge de qui la gravit.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Annie Smith Peck. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.