Les enfants interrogent Anousheh Ansari
par Charactorium · Anousheh Ansari (1966 — ?) · Exploration · Technologie · Société · 4 min de lecture

Deux élèves de cinquième, en classe découverte au planétarium, ont préparé leurs questions toute la semaine. Devant eux, une femme souriante qui, un jour de 2006, a quitté la Terre. Elle s'installe et leur dit d'y aller sans timidité.
—Vous étiez comment, petite fille, dans votre ville en Iran ?
Tu sais, je suis née à Mashhad, une grande ville d'Iran, en 1966. Le soir, je m'allongeais sur le dos dans la cour de notre maison. Et je regardais les étoiles. Imagine un ciel immense, sans lumière autour, juste des milliers de points qui brillent. Je rêvais de les toucher un jour. Autour de moi, personne ne me disait que c'était possible pour une petite fille de Mashhad. Alors je gardais ce rêve pour moi, comme un secret précieux. Je ne savais pas encore que ce secret allait guider toute ma vie.
Je gardais mon rêve d'étoiles comme un secret précieux.
—Ça a fait quoi de devoir quitter votre pays ?
C'était difficile, mon enfant. En 1979, il y a eu une grande révolution en Iran, tout a changé. Quelques années après, ma famille a fait ses valises pour partir vivre aux États-Unis. Imagine : tu arrives dans un pays où tu ne parles pas bien la langue, où tout est nouveau, les rues, les odeurs, les visages. On s'est installés à Plano, une ville près de Dallas, au Texas. J'avais peur, mais aussi une énergie folle. Quand tu perds ton pays, tu apprends une chose : ton rêve, lui, tu peux l'emporter partout. Personne ne peut te le prendre.
Ton pays, on peut te le prendre. Ton rêve, jamais.
—Comment on devient assez riche pour aller dans l'espace ?
Ah, ce n'est pas tombé du ciel, justement ! En 1993, avec mon mari et mon beau-frère, j'ai créé une entreprise, Telecom Technologies. On fabriquait des appareils pour faire communiquer les gens à distance, par téléphone. On a travaillé très, très dur, des journées sans fin. Et puis un jour, en 2000, on a vendu cette entreprise pour 750 millions de dollars. Une somme énorme, tu imagines ? Mais l'argent n'était pas le but. Pour moi, c'était une clé. Une clé pour ouvrir la porte des étoiles dont je rêvais dans ma cour, petite fille à Mashhad.
L'argent n'était pas le but. C'était une clé pour les étoiles.
—C'est quoi ce prix qui porte votre nom de famille ?
Bonne question ! Avec ma famille, on a décidé d'aider une grande idée. On a financé un concours, l'Ansari X Prize : 10 millions de dollars promis à la première équipe capable de construire un vaisseau privé qui monte dans l'espace et revient. Pas un engin de gouvernement, non — un engin fait par des gens ordinaires, des ingénieurs passionnés. En 2004, un petit vaisseau appelé SpaceShipOne a gagné. C'était le début de ce qu'on appelle le NewSpace : l'espace ouvert à tous, plus seulement aux grandes agences. On a allumé une étincelle. Et cette étincelle brûle encore aujourd'hui.
On voulait ouvrir l'espace à tous, pas seulement aux gouvernements.
—Vous avez eu votre place dans la fusée comment ?
Par un coup du destin, presque ! Au départ, ce n'était pas moi qui devais partir, mais un monsieur japonais, Daisuke Enomoto. Moi, je m'entraînais comme remplaçante, au cas où. Et puis, quelques semaines avant le départ, il est tombé malade et n'a pas pu voler. On m'a dit : « C'est à toi. » Mon cœur a bondi ! J'avais payé environ 20 millions de dollars pour ce voyage. Et le grand jour, j'ai décollé du cosmodrome de Baïkonour, au Kazakhstan, à bord du Soyouz TMA-9. Le même endroit d'où Gagarine, le tout premier homme dans l'espace, était parti en 1961.
Je m'entraînais au cas où. Et le « au cas où » est arrivé.

—C'était fatigant, l'entraînement, avant de partir ?
Oh oui, très ! Pendant six mois, j'ai vécu en Russie, à la Cité des Étoiles, une petite ville cachée dans les forêts près de Moscou. Là-bas, on m'a tout appris. Enfiler une combinaison spéciale, la Sokol, une combinaison orange qui te protège pendant le vol. Vérifier qu'elle ne laisse passer aucun air. M'asseoir dans un faux vaisseau, un simulateur, et répéter mille fois les mêmes gestes. Imagine apprendre à survivre si ta capsule tombe dans un lac gelé ! C'était dur pour mon corps et ma tête. Mais chaque matin, je pensais aux étoiles, et la fatigue disparaissait.
Chaque matin je pensais aux étoiles, et la fatigue disparaissait.
—Ça se passait comment, une journée là-haut ?
C'était un monde à l'envers, tu ne peux pas imaginer ! Le réveil sonnait à 6 heures du matin. Je sortais de mon sac de couchage, accroché au mur pour ne pas flotter partout comme une bulle pendant mon sommeil. Pour me laver ? Pas de douche ! Des lingettes humides, et une brosse à dents. Le plus drôle : l'eau ne coule pas, elle se transforme en petites boules rondes qui s'envolent dans les airs. Tu dois presque les attraper à la bouche ! Chaque geste tout simple devenait une petite aventure. Même se laver les dents, c'était magique.
Là-haut, même se laver les dents devenait une aventure.

—Vous faisiez quoi comme expériences dans la station ?
Je n'étais pas juste une visiteuse, tu sais. J'avais un vrai travail de scientifique ! Je m'occupais de petites boîtes fermées contenant des cellules souches — ce sont de minuscules cellules du corps, si petites qu'on ne les voit qu'au microscope. Les chercheurs voulaient comprendre comment elles se comportent quand il n'y a plus de poids, en microgravité. La microgravité, c'est cet état où tout flotte, parce qu'on tombe sans fin autour de la Terre. Les premiers jours, j'avais un peu le mal de l'espace, la tête qui tourne. Mais j'ai fait tout mon programme, jusqu'au bout.
Je n'étais pas une visiteuse : j'avais un vrai travail de scientifique.
—C'est vrai que vous écriviez un journal depuis l'espace ?
Oui, et j'en suis très fière ! Chaque jour, depuis la station, j'écrivais des petits textes que des millions de gens sur Terre pouvaient lire. Et devine quoi : je les écrivais dans trois langues, en persan, en français et en anglais ! Je racontais ce que je voyais, ce que je ressentais. Avant moi, personne n'avait fait ça en direct depuis l'espace, comme une personne ordinaire qui partage son émerveillement. Je voulais que chaque enfant, chaque famille, ait l'impression de voyager avec moi. Les mots, c'était mon cadeau à la Terre, offert depuis là-haut.
Mes mots, c'était mon cadeau à la Terre, offert depuis là-haut.
—Ça change quoi de voir la Terre de tout là-haut ?
Ça change tout, mon enfant. Tout. Quand tu regardes notre planète par le hublot, tu ne vois aucune ligne, aucune frontière entre les pays. J'ai écrit dans mon journal : « all borders disappear » — toutes les frontières disparaissent. Juste une belle boule bleue que nous partageons tous. J'avais emporté un petit drapeau iranien, pour ma ville de Mashhad, pour toutes les filles qui rêvent en regardant le ciel. Mon message, il est simple : ne laisse personne te dire qu'un rêve est trop grand pour toi. Moi, la petite fille de la cour, j'ai touché mes étoiles.
Ne laisse jamais personne te dire qu'un rêve est trop grand pour toi.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Anousheh Ansari. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


