Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Christophe Colomb

par Charactorium · Christophe Colomb (1451 — 1506) · Exploration · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans une demeure de Séville, en cet automne 1505, que Bartolomé de Las Casas retrouve l'amiral vieillissant, accablé de goutte et de procès. Sur la table traînent les feuillets du Journal de bord que le jeune clerc a entrepris de recopier, à la lueur tremblante d'une chandelle. Les deux hommes se connaissent par les Indes : le père de Bartolomé a navigué lors du deuxième voyage, et lui-même a foulé Hispaniola. Il vient écouter, plume en main, celui que l'Espagne commence déjà à oublier.

Amiral, en recopiant votre Journal, j'ai lu deux comptes de lieues pour les mêmes jours. Pourquoi teniez-vous ainsi double mesure ?

Tu as l'œil juste, Bartolomé, et tu touches là un secret que peu connaissent. Après trois semaines sans terre, mes hommes murmuraient déjà la révolte ; ils me croyaient fou de pousser toujours vers l'ouest. Alors je tenais deux comptes : l'un véritable, pour moi seul, avec les lieues réellement parcourues ; l'autre, plus court, que je leur montrais. Je voulais qu'ils se croient moins loin de la Castille qu'ils ne l'étaient, pour qu'ils gardent l'espoir du retour. Ce n'était point mensonge de marchand, mais charité de capitaine. Un équipage qui désespère se mutine ; un équipage rassuré obéit. Quand enfin la terre parut, ils oublièrent leurs craintes — et moi, je sus que Dieu avait béni ma ruse.

Ce n'était point mensonge de marchand, mais charité de capitaine.

On dit que c'est un homme de vigie, sur la Pinta, qui cria la terre le premier. Pourquoi alors avoir réclamé la récompense des Rois ?

Je sais ce que l'on raconte du marin Rodrigo de Triana, et je ne nierai pas qu'il cria depuis la Pinta en cette nuit du 12 octobre 1492. Mais bien avant lui, la veille au soir, j'avais vu une lumière sur l'horizon, une flamme qui montait et descendait comme une chandelle qu'on lève. Je la montrai à deux de mes gens. Cette lueur, c'était le premier signe de la terre, et c'est moi qui l'ai aperçue. La récompense promise par les Rois Catholiques revenait donc à celui qui, le premier, avait su lire le présage. Tu me jugeras peut-être dur, Bartolomé ; mais celui qui a porté tout le poids du voyage a bien le droit d'en porter aussi l'honneur.

Une lumière sur l'horizon, une flamme qui montait et descendait comme une chandelle qu'on lève.

Vous qui n'aviez ni côte ni repère, comment teniez-vous votre route sur cette immense mer Océane, jour après jour ?

On navigue d'abord par la science, ensuite par l'instinct du marin. Chaque demi-heure, un mousse retournait le sablier et chantait l'heure ; ainsi je comptais le temps. À midi, je relevais la hauteur du soleil avec l'astrolabe pour connaître ma latitude, et la nuit, je guettais l'étoile polaire. Mais mon vrai maître, c'était la boussole — encore m'inquiéta-t-elle fort, car au large l'aiguille se mit à varier, à fuir le nord vrai, chose que nul pilote n'avait notée avant moi. Tout cela, je le portais chaque soir dans mon Journal : les lieues, les vents, la couleur de l'eau, les oiseaux. Naviguer à l'estime, c'est cela, Bartolomé : assembler mille petits signes pour deviner où Dieu vous mène quand aucune carte ne dit plus rien.

Naviguer à l'estime, c'est assembler mille petits signes pour deviner où Dieu vous mène.

Toi qui as connu nos navires, dis-moi : comment vivait l'équipage durant ces longues semaines, sur des coques si étroites ?

Rude vie, et tu l'as vue de tes yeux aux Indes. Les hommes dormaient à même le pont ou sous le gaillard, serrés comme harengs, par quarts de quatre heures, l'un veillant pendant que l'autre sommeillait. La nourriture était maigre et monotone : la galleta, ce biscuit deux fois cuit qu'il fallait cogner pour en chasser les charançons, du lard salé, des pois chiches, du fromage, un peu d'huile et d'ail. L'eau croupissait vite dans les tonneaux ; on la coupait de vin. Au lever du soleil, les marins récitaient leurs prières et chantaient le Salve Regina. Moi, dans ma chambre de poupe, j'avais ma table, mes cartes, mes instruments. C'était peu, mais c'était un royaume sur l'eau. Qui n'a pas vécu ces quarts ne sait rien de ce que coûte une découverte.

C'était peu, mais c'était un royaume sur l'eau.
Portrait of a Man, Said to be Christopher Columbus (born about 1446, died 1506) title QS:P1476,en:"Portrait of a Man, Said to be Christopher Columbus (born about 1446, died 1506) "label QS:Len,"Portr
Portrait of a Man, Said to be Christopher Columbus (born about 1446, died 1506) title QS:P1476,en:"Portrait of a Man, Said to be Christopher Columbus (born about 1446, died 1506) "label QS:Len,"PortrWikimedia Commons, Public domain — Sebastiano del Piombo

On m'a conté qu'en Jamaïque, affamés et abandonnés, vous avez plié les Indiens à votre volonté par le ciel lui-même. Est-ce vrai ?

C'est la pure vérité, et ce fut l'une des heures les plus sombres de ma vie. Lors de mon dernier voyage, mes navires rongés par les vers s'échouèrent en Jamaïque. Nous étions là, sans secours, et les Taïnos, lassés de nous nourrir, cessèrent de nous porter vivres. La famine nous menaçait. Or je possédais les tables astronomiques de l'Allemand Regiomontanus, et j'y lus qu'une éclipse de lune devait survenir. Je fis donc venir leurs chefs et leur annonçai que mon Dieu, courroucé de leur refus, allait voiler la lune en signe de colère. Le soir venu, la lune rougit et s'éteignit. Saisis d'épouvante, ils me supplièrent et reprirent aussitôt le ravitaillement. Le ciel, ce soir-là, fut mon plus fidèle allié.

Mon Dieu, courroucé de leur refus, allait voiler la lune en signe de colère.

Aux Capitulations de Santa Fe, les Rois vous firent Amiral et vice-roi à vie. Comment êtes-vous donc rentré chargé de chaînes ?

Ne remue pas cette plaie sans précaution, Bartolomé, car elle saigne encore. Aux Capitulations de Santa Fe, en 1492, les Rois Catholiques m'avaient juré le titre d'Amiral de la mer Océane, vice-roi et gouverneur de toutes les terres que je découvrirais. Et moi, fidèle, je leur ai donné un monde. Pourtant, lors de mon troisième voyage, alors que j'avais enfin touché la terre ferme aux côtes de Venezuela, on m'accusa de mal gouverner Hispaniola. Le gouverneur Bobadilla, dépêché par la cour, me fit jeter aux fers comme un criminel et me renvoya ainsi en Espagne, en 1500. Un amiral enchaîné dans la cale ! On me délivra, certes, mais jamais on ne me rendit pleinement mes titres. Voilà comment l'Espagne récompense ceux qui lui donnent des empires.

Je leur ai donné un monde, et l'on m'a rendu des chaînes.
Sir Antonio Moro's portrait of Christopher Columbus LCCN2003665045
Sir Antonio Moro's portrait of Christopher Columbus LCCN2003665045Wikimedia Commons, Public domain — Popular Graphic Arts

Cette disgrâce, Amiral, l'avez-vous ressentie comme une injustice des hommes, ou comme une épreuve voulue par Dieu ?

Les deux à la fois, et c'est ce qui me ronge. L'injustice des hommes, je la vois clairement : des envieux, des accusateurs sans honneur, un Bobadilla trop pressé de prendre ma place. Ils m'ont dépouillé de ce qui m'avait été promis par contrat et par serment royal. Mais quand je prie, la nuit, je pense aussi que Dieu m'éprouve comme il éprouva Job. Peut-être ai-je trop aimé l'or, les titres, la gloire de mon nom. Peut-être ai-je été dur envers les colons et les Indiens — toi qui connais Hispaniola, tu sais combien la terre y est cruelle aux faibles. Je porte ces deux pensées comme deux fardeaux. Mais je mourrai en réclamant mon dû, car un serment de roi vaut plus que la vie d'un homme.

Je mourrai en réclamant mon dû, car un serment de roi vaut plus que la vie d'un homme.

Vous compilez ces temps-ci un Livre des Prophéties. Vos voyages furent-ils donc à vos yeux une mission que le Ciel vous confiait ?

Plus que tu ne le crois, Bartolomé. Mon Livre des Prophéties, où je rassemble les Écritures et les paroles des saints, le prouve : je n'ai pas navigué pour le seul or des marchands. Dieu m'a choisi pour porter sa lumière aux peuples qui ne le connaissaient point, et pour préparer, avec les richesses des Indes, la reconquête du Saint-Sépulcre de Jérusalem. Mon nom même, Christophe, signifie « porteur du Christ » — crois-tu que ce soit un hasard ? Quand on m'a jeté aux fers, quand la tempête a failli m'engloutir, j'ai tenu bon parce que je savais accomplir un dessein plus haut que moi. Les hommes ont vu un marchand cherchant des épices ; moi, j'ai obéi à une voix.

Mon nom même, Christophe, signifie « porteur du Christ » — crois-tu que ce soit un hasard ?

Une dernière question, Amiral. Ces terres immenses où nous sommes allés : êtes-vous toujours certain qu'il s'agit bien des Indes d'Asie ?

Certain, Bartolomé, aussi certain que je le fus le premier jour. J'ai atteint le rivage de l'Asie, les confins du Grand Khan, les portes du Cathay et de Cipango que décrivait Marco Polo. Les îles ne sont que les avant-postes d'un continent immense — j'ai même écrit aux Rois que la terre n'était point tout à fait ronde, mais comme une poire, et que j'avais navigué vers sa pointe, vers le Paradis terrestre. Certains jeunes pilotes murmurent qu'il s'agirait d'un monde nouveau, inconnu des Anciens. Sottises ! Ptolémée et l'Écriture ne sauraient se tromper à ce point. Je mourrai persuadé d'avoir ouvert à la Castille la route de l'Orient. Que d'autres, après moi, prétendent le contraire : ils n'ont pas senti ces vents sous leurs voiles.

Je mourrai persuadé d'avoir ouvert à la Castille la route de l'Orient.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Christophe Colomb. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.