Interview imaginaire avec Donna Strickland
par Charactorium · Donna Strickland (1959 — ?) · Sciences · 5 min de lecture
Deux élèves de 12 ans, en classe découverte, ont la chance de rencontrer une vraie physicienne, prix Nobel. Intimidés mais curieux, ils s'installent près d'une grande table de laboratoire. Donna Strickland leur sourit et les invite à poser toutes leurs questions.
—Vous aviez quel âge quand vous êtes partie étudier les lasers loin de chez vous ?
Tu sais, j'étais une jeune femme du Canada, née à Guelph. En 1983, je suis partie aux États-Unis, à l'Université de Rochester. Imagine une étudiante qui quitte son pays, son Ontario tranquille, pour entrer dans un grand laboratoire d'optique. J'avais peur, oui, mais j'étais surtout émerveillée. Là-bas, j'ai rejoint l'équipe d'un professeur, Gérard Mourou. Il dirigeait ma thèse, ce long travail de recherche qu'on fait pendant des années pour découvrir quelque chose de neuf. Je passais mes journées entourée de miroirs et de faisceaux de lumière. Et c'est dans ce labo qu'une petite idée allait tout changer.
J'avais peur, oui, mais j'étais surtout émerveillée.
—C'était quoi votre idée géniale avec les lasers ? Expliquez-nous simplement.
Imagine que tu veux pousser très fort sur une lumière, mais que si tu la concentres trop, elle casse tout, même la machine. C'était notre problème en 1985. Alors avec Gérard Mourou, on a trouvé une astuce. On étirait l'impulsion de lumière dans le temps, comme on étire un élastique. Une fois étirée, elle est moins violente : on peut l'amplifier sans rien abîmer. Puis on la recomprime d'un coup. Boum, une lumière ultra-puissante et ultra-courte ! On a appelé ça l'amplification par dérive de fréquence. C'est devenu un des articles les plus cités de toute la physique des lasers.
On étirait la lumière comme un élastique, pour ne rien casser.
—Ça ressemblait à quoi, votre laboratoire ? Il y avait quoi sur la table ?
Oh, ce n'était pas une table comme celle de ta cuisine ! C'était un grand banc très lourd, posé sur des coussins d'air. Pourquoi ? Parce que la moindre vibration, même un camion qui passe dehors, peut décaler les faisceaux. On voulait un calme absolu. Dessus, il y avait des miroirs, et surtout un réseau de diffraction : une plaque gravée de minuscules rainures qui séparent les couleurs de la lumière, un peu comme un prisme très précis. Et on portait toujours des lunettes de protection spéciales. Un faisceau laser dans l'œil, mon enfant, ça ne pardonne pas. La sécurité, dans un labo, ça passe avant tout.
—C'est vrai que votre découverte de doctorante vous a fait gagner le Nobel ?
Oui, et c'est ça qui est rare et beau. L'article fondateur de 1985, celui qui a tout lancé, venait directement de ma thèse de doctorante. Une étudiante, tu vois, pas une vieille savante installée. Et en 2018, j'ai partagé le prix Nobel avec Gérard Mourou, qui avait été mon directeur de thèse. Recevoir le plus grand prix de physique avec son ancien maître, à partir de son propre travail d'élève, c'est presque inédit dans l'histoire des sciences. Ça veut dire une chose simple : même quand on est jeune et qu'on débute, on peut découvrir quelque chose qui change le monde.
Même jeune et débutante, on peut découvrir une chose qui change le monde.
—À quoi ça sert vraiment, votre laser, dans la vie des gens normaux ?
Tu connais peut-être quelqu'un qui ne voyait pas bien et qui a été opéré des yeux. Cette opération s'appelle le LASIK. Eh bien, elle utilise des lasers ultra-courts, ceux que notre technique a rendus possibles. Le faisceau remodèle la cornée, la petite fenêtre transparente devant l'œil, pour corriger la vue. Plus tard, à l'Université de Waterloo, j'ai continué à travailler sur des lasers pour soigner la rétine et la cornée. Imagine : une lumière si précise et si brève qu'elle peut sculpter un tissu vivant sans brûler autour. Des millions de personnes voient mieux aujourd'hui grâce à ce principe. Ça me touche beaucoup.

—Vous saviez dès le début que ça allait soigner les yeux des gens ?
Non, pas du tout ! Et c'est ça qui est drôle. Quand on a inventé notre technique, on voulait juste comprendre la lumière, faire de belles expériences en physique. On ne pensait pas du tout aux hôpitaux. Ce n'est que des années plus tard que j'ai appris que nos travaux servaient à la chirurgie des yeux. J'ai été stupéfaite. Tu vois, en science, on cherche souvent par pure curiosité, sans savoir où ça mène. Et parfois, longtemps après, ça donne des outils qui changent des millions de vies. C'est pour ça qu'il faut laisser les chercheurs explorer, même quand on ne voit pas tout de suite à quoi ça sert.
On cherche par curiosité, et parfois ça change des millions de vies.
—Comment vous avez réagi quand on vous a appelée pour le prix Nobel ?
Ah, ça ! C'était tôt le matin, le téléphone sonne. Une voix m'annonce que j'ai le prix Nobel de physique. Et tu sais ce que j'ai pensé ? Que c'était peut-être une blague ! J'ai voulu d'abord vérifier que ce n'était pas une farce. Imagine ta tête si on t'annonçait un truc pareil au réveil. Je n'y croyais pas vraiment. J'étais une professeure tranquille à Waterloo, je faisais mes recherches dans mon coin, sans chercher les honneurs. Et soudain, le monde entier voulait me parler. Ma réaction toute simple, un peu décontractée, a fait sourire les gens partout. C'est resté très naturel chez moi.
On m'annonce le Nobel, et moi je vérifie d'abord que ce n'est pas une blague.

—C'est vrai qu'il n'y avait presque pas de femmes avant vous à gagner ce prix ?
Oui, et ça en dit long. En 2018, je suis devenue seulement la troisième femme de toute l'histoire à recevoir le Nobel de physique. La première, c'était Marie Curie, en 1903. La deuxième, Maria Goeppert Mayer, en 1963. Et après elle, plus rien pendant 55 ans ! Cinquante-cinq ans sans aucune femme. Imagine tout ce temps. Pourtant, des femmes faisaient de la grande science partout. Mais on ne les voyait pas, on ne les récompensait pas assez. Quand j'ai reçu ce prix, j'ai espéré une chose : que beaucoup de petites filles se disent qu'elles aussi, un jour, peuvent faire de la physique.
—On m'a dit que Wikipédia ne voulait pas de page sur vous avant. C'est vrai ?
Oui, et c'est une drôle d'histoire ! Avant mon Nobel, quelqu'un avait voulu créer une page sur moi dans cette grande encyclopédie en ligne. Mais on a refusé : les responsables trouvaient que je n'étais pas assez "connue", pas assez importante. Tu te rends compte ? Et puis, quelques mois plus tard, le Nobel arrive, et là, vite vite, on crée la page en urgence ! Ça montre une chose triste : les femmes scientifiques sont souvent oubliées, comme si on ne pensait pas à raconter leur travail. Moi, je faisais pourtant la même physique depuis des années. Rien n'avait changé chez moi, sauf le regard des autres.
Rien n'avait changé chez moi, sauf le regard des autres.
—Pourquoi vous n'étiez pas une grande professeure importante avec un gros titre ?
Bonne question, et elle a surpris beaucoup de monde après mon Nobel ! À l'Université de Waterloo, j'étais professeure associée, pas professeure titulaire, le grade le plus élevé. Les gens se demandaient pourquoi. La vérité ? Je n'avais tout simplement jamais demandé à monter plus haut. Ça ne m'intéressait pas, ces histoires de titres et de hiérarchies. Je préférais passer mon temps dans mon laboratoire, avec mes lasers et mes étudiants, à chercher des choses passionnantes. Tu sais, mon enfant, le plus important n'a jamais été d'avoir le plus beau titre sur ma porte. C'était de comprendre la lumière, et d'aimer ce que je faisais chaque jour.
Le plus important n'a jamais été le titre sur ma porte, mais d'aimer ce que je faisais.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Donna Strickland. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


