Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Freya Stark

par Charactorium · Freya Stark (1893 — 1993) · Exploration · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Asolo, une terrasse au-dessus des collines de Vénétie, par un après-midi de fin d'été. Dans la Casa Freia, les tapis persans et les lanternes de cuivre rapportés du Yémen voisinent avec des cartes annotées épinglées au mur. Freya Stark, menue, le regard vif sous une coiffure soignée, verse un thé noir très fort et accepte de revenir, pour nous, sur soixante ans de routes caravanières.

Comment tout a-t-il commencé : qu'êtes-vous allée chercher au Liban en 1927 ?

Je suis partie pour le Liban avec presque rien dans les poches et une seule idée fixe : apprendre l'arabe. On m'avait dit que des moines maronites, dans la montagne, enseignaient la langue sans façon. J'ai vécu là quelques mois d'une frugalité féroce — un lit dur, du pain, du thé, et des heures à recopier l'alphabet. Mais je savais déjà, confusément, que cette langue n'était pas un ornement de salon : c'était une clef. Mon vieux dictionnaire arabe-anglais ne m'a plus quittée. Quand vous saluez un homme dans sa propre langue, son visage change ; il vous offre son café, puis sa confiance, puis sa maison. Toutes les portes du Levant se sont ouvertes par ce petit livre corné et par ma maladresse à le prononcer.

Cette langue n'était pas un ornement de salon : c'était une clef.

Pourquoi adopter le voile et les vêtements locaux plutôt que la tenue d'une voyageuse anglaise ?

Parce qu'une étrangère en chapeau à large bord, dans un village conservateur, est un spectacle ; et un spectacle ne voit rien, on le regarde. J'emportais mes pantalons et ma chemise d'exploratrice, bien sûr, pour la marche et les terrains rocailleux. Mais quand j'arrivais chez l'habitant, je passais volontiers le voile et la robe longue. Ce n'était pas une mascarade : c'était une politesse, et une politesse paie toujours. Vêtue comme les femmes du lieu, je pouvais franchir le seuil des maisons interdites aux hommes de passage, m'asseoir avec les épouses, écouter ce que nul voyageur masculin n'entendrait jamais. On me prenait pour une excentrique inoffensive — c'est exactement ce qu'il faut être pour apprendre quelque chose.

Votre premier grand livre vous a menée dans les forteresses des Assassins. Que cherchiez-vous dans ces montagnes ?

En 1930, je suis montée dans l'Alborz, en Iran, vers les anciennes citadelles des Nizarites — ceux que l'Occident appelle les Assassins, par paresse et par frayeur. Trois jours durant, j'ai traversé un pays où, je crois, nulle Européenne n'avait posé le pied. J'ai écrit alors à ma mère : « I have been travelling for three days through a country where no European woman has gone before me. The villages are friendly and the mountains magnificent, though I confess the mules are less so. » Les mulets, voyez-vous, demeurent l'épreuve véritable de toute exploration. De ces semaines est né The Valleys of the Assassins, mon premier vrai livre, celui qui a fait de moi une écrivaine autant qu'une marcheuse.

Les mulets demeurent l'épreuve véritable de toute exploration.

Vous souvenez-vous de votre entrée dans le Hadhramaout, cette vallée que nul Occidental n'avait décrite ?

Le Hadhramaout, en 1934, fut le grand rêve de ma vie et faillit en être la fin. C'est un monde clos, verrouillé par le désert, où les vieilles routes des caravanes commandent encore le rythme des jours. J'y suis arrivée par Aden, le port colonial, puis vers l'intérieur, carnet et Leica en bandoulière, à photographier des villes de boue séchée hautes comme des cathédrales. Et puis la dysenterie m'a saisie, brutale, et l'on a dû m'évacuer en catastrophe. J'enrageais d'être emportée malade alors que tout restait à voir. Mais mes notes et mes clichés sont rentrés avec moi : le premier témoignage occidental sur cette civilisation antique. De cette fièvre est sorti The Southern Gates of Arabia.

Le Hadhramaout fut le grand rêve de ma vie et faillit en être la fin.

Qu'est-ce qui, dans cette Arabie du Sud, valait de risquer ainsi sa santé et sa vie ?

On me l'a souvent demandé, et je n'ai jamais su répondre sans paraître folle. Le Hadhramaout était une vallée fertile encaissée, berceau d'antiques familles marchandes, accessible seulement à qui consentait à en endurer la solitude. Or c'est précisément la solitude qui m'attirait : un lieu où personne n'était venu vous expliquer ce que vous deviez y voir. Je dormais sous la tente ou chez l'habitant, selon l'hospitalité bédouine, je mangeais des dattes et du riz, je notais tout. A Winter in Arabia est né de ce second séjour. Je crois que je suis née, comme je l'ai écrit, avec une passion incurable pour les lieux lointains — ma mère appelait cela une maladie ; j'y ai toujours vu la seule réponse convenable à un monde si vaste.

Une passion incurable pour les lieux lointains — la seule réponse convenable à un monde si vaste.
Villa Freya Stark (6072921364)
Villa Freya Stark (6072921364)Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Rino Porrovecchio from Palermo, Italy

La guerre vous a transformée en agent de propagande. Comment êtes-vous passée de l'exploration au renseignement ?

Quand la guerre est venue, on ne marche plus pour soi. Dès 1939, les services britanniques m'ont appelée au Caire : je parlais arabe, je connaissais les notables d'Irak et d'Égypte, j'avais l'oreille des salons comme celle des bazars. À Bagdad, en 1941, j'ai fondé la Brotherhood of Freedom — un réseau de persuasion pro-alliée pour endiguer la propagande nazie, qui flattait alors bien des esprits dans le monde arabe. Nous réunissions des milliers de membres locaux, des intellectuels, des notables, autour de l'idée toute simple que la liberté valait mieux que l'ordre des dictateurs. Ce n'était pas de l'espionnage de roman : c'était des conversations, du thé, de la patience. Mes armes furent celles de toujours — la langue et l'amitié.

Mes armes furent celles de toujours — la langue et l'amitié.

Après la guerre, vous avez pris publiquement parti pour les peuples arabes. Qu'est-ce qui vous a poussée à écrire au Times ?

Parce que je voyais mon pays trahir sa parole, et qu'un peuple ne pardonne jamais cela. En 1947, à la veille des grands bouleversements de Palestine, j'ai écrit au Times de Londres ce que je tenais pour une évidence : « We cannot hope to hold the friendship of the Arab world if we continue to disregard the promises made to its peoples. Honesty in diplomacy is not weakness — it is the only lasting foundation. » On m'a trouvée imprudente, partiale peut-être. Mais j'avais dormi sous leurs tentes, mangé leur pain, appris leur langue ; je savais le prix d'une promesse rompue en terre d'Orient. La diplomatie qui ment se paie toujours, et plus tard qu'on ne croit.

La diplomatie qui ment se paie toujours, et plus tard qu'on ne croit.

Vos derniers grands livres remontent à l'Antiquité, sur les traces d'Alexandre puis de Rome. Pourquoi ce retour aux anciens ?

Parce que la terre se lit en couches, comme un palimpseste, et qu'on ne comprend rien au présent d'un sol sans son passé. Pour Alexander's Path, en 1958, j'ai suivi en Asie Mineure, en Turquie, le chemin du conquérant macédonien, carte topographique annotée à la main, corrigeant au passage les relevés erronés des cartographes de cabinet. Puis, avec Rome on the Euphrates, j'ai arpenté l'ancienne frontière orientale de l'Empire. Je n'étais plus seulement une marcheuse : j'avais lu mes classiques, et je voulais voir si les textes tenaient face au terrain. Souvent, ils tenaient. Voyager sur les pas des morts illustres, c'est leur rendre la parole en marchant là où ils ont marché.

La terre se lit en couches, comme un palimpseste.

Que diriez-vous de ces longues lettres que vous écriviez chaque soir, sous la tente ou au caravansérail ?

Le soir, quand le déplacement s'achevait, je m'installais dans un caravansérail ou chez un hôte, et j'écrivais. À ma mère, surtout — de longues lettres détaillées où je déversais tout : les paysages, les visages, l'odeur du café à la cardamome, mes humeurs aussi. C'était à la fois mon réconfort et mon atelier secret, car ces pages, relues plus tard, devenaient la matière vivante de mes livres. Mon carnet de cuir recevait les faits ; les lettres, elles, recevaient l'âme du jour. Je crois qu'on n'écrit jamais mieux que pour une seule personne aimée, à la lueur d'une lampe, quand le silence du désert pèse autour de la tente comme une présence.

On n'écrit jamais mieux que pour une seule personne aimée, à la lueur d'une lampe.

Comment avez-vous vécu de marcher encore, à dos d'âne en Afghanistan passé soixante-dix ans, puis honorée par votre reine ?

Mal vieillir, c'est cesser de partir — alors je ne cessais pas. Passé soixante-dix ans, je suis allée en Afghanistan à dos d'âne, et plus tard encore parcourir l'intérieur de la Turquie. Les jeunes gens s'en étonnaient ; moi, je trouvais cela parfaitement naturel : le corps suit l'appétit de l'esprit tant qu'on ne le décourage pas. En 1972, la reine Élisabeth II m'a faite Dame Commander of the British Empire. J'en fus touchée, je l'avoue, non pour le titre — les titres sont des breloques — mais parce qu'on reconnaissait enfin qu'une vie de femme passée sur les routes du Levant avait servi à quelque chose. Ma seule véritable médaille, ce sont les chemins que j'ai ouverts.

Mal vieillir, c'est cesser de partir — alors je ne cessais pas.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Freya Stark. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.