Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Golda Meir

par Charactorium · Golda Meir (1898 — 1978) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Jérusalem, fin de l'hiver 1974. Dans une cuisine modeste où la cafetière ne refroidit jamais, une femme de soixante-quinze ans, sac à main noir posé près de la chaise, allume une cigarette et s'assoit. Golda Meir vient de quitter le pouvoir ; elle accepte de revenir, à voix basse, sur le chemin qui l'a menée de Kiev à la Knesset.

Quel est votre plus ancien souvenir d'enfance, là-bas, en Ukraine ?

Mon père clouant des planches contre la porte. C'est l'image qui me reste de Kiev. J'avais peut-être quatre ans, et on murmurait qu'un pogrom approchait, que des hommes viendraient briser les vitres et davantage encore. Je ne comprenais pas les mots, mais je comprenais la peur dans le dos de mon père, lui qui clouait du bois comme si du bois pouvait arrêter la haine. On grandit vite quand on apprend, tout petit, qu'on peut être tué pour ce qu'on est et non pour ce qu'on a fait. Plus tard, quand on m'a demandé pourquoi je croyais si farouchement qu'il nous fallait une terre à nous, je n'ai jamais eu besoin de longues théories. Il me suffisait de me souvenir de ces planches.

Mon père clouait du bois comme si du bois pouvait arrêter la haine.

Comment cette petite fille de Kiev est-elle devenue militante de l'autre côté de l'océan ?

À huit ans, on m'a embarquée vers l'Amérique, vers Milwaukee. Ma sœur et moi vendions des glaces pour grappiller de quoi acheter nos livres de classe. L'Amérique m'a donné l'école, la liberté de parler fort dans une salle pleine — et j'ai appris à parler fort. Je suis devenue institutrice, puis je n'ai plus pensé qu'à une chose : la Palestine. Mes camarades trouvaient cela romanesque, une jeune fille du Wisconsin qui rêvait d'un désert. Mais le sionisme n'était pas pour moi un rêve, c'était une réponse. La réponse aux planches clouées sur la porte. En 1921, j'ai fait mon alya, et je suis partie pour de bon vivre au kibboutz de Merhavia, parce qu'on ne défend pas une idée depuis un fauteuil confortable.

Au début de l'année 1948, on vous envoie aux États-Unis avec une mission presque impossible. Racontez-nous.

Nous n'avions presque rien : ni argent, ni fusils suffisants, et les armées arabes s'apprêtaient à nous tomber dessus dès la déclaration. Notre trésorier disait qu'on pourrait peut-être réunir cinq millions de dollars. Je suis partie pour l'Amérique sans même un manteau d'hiver convenable, et j'ai parlé, ville après ville, devant les communautés juives. Je ne leur promettais pas la victoire — je leur disais que nous nous battrions de toute façon, et qu'ils avaient le choix d'armer des vivants ou de pleurer des morts. Je suis revenue avec cinquante millions de dollars. Ben Gourion m'a dit un jour que lorsqu'on écrirait l'histoire de l'État, on dirait qu'une femme avait trouvé l'argent qui le rendit possible. Je n'ai jamais cessé d'en être fière.

Ils avaient le choix d'armer des vivants ou de pleurer des morts.

Quelques jours avant l'indépendance, vous avez tenté une démarche secrète et périlleuse. Pourquoi avoir pris un tel risque ?

Parce qu'avant de signer pour la guerre, je voulais avoir tout tenté pour la paix. En mai 1948, je me suis enveloppée dans des vêtements de femme arabe et j'ai traversé clandestinement jusqu'à Amman pour rencontrer le roi Abdallah de Jordanie. Je lui ai demandé de ne pas se joindre à l'attaque. Il m'a répondu, courtois, qu'il n'était plus seul à décider, qu'il était pris dans un courant trop fort. Je suis rentrée les mains vides, et le 14 mai, j'ai signé la Déclaration d'indépendance dans cette salle de Tel-Aviv. J'ai pleuré en posant mon nom — de joie pour l'État qui naissait, et déjà de chagrin pour les garçons que cette signature allait envoyer mourir.

Avant de signer pour la guerre, je voulais avoir tout tenté pour la paix.

On vous a surnommée "la grand-mère d'Israël". Que faisiez-vous donc dans cette fameuse cuisine ?

J'y faisais ce que je sais faire le mieux : du café, des gâteaux, et de la politique. On m'avait nommée Premier ministre en 1969, à soixante et onze ans, et je n'avais aucune intention de devenir solennelle pour autant. Mes ministres venaient le soir s'asseoir à ma table de cuisine, je servais moi-même la cafetière, je coupais le strudel, et c'est là, entre deux tasses, que se prenaient parfois les décisions que les conseils officiels n'osaient pas trancher. On riait de ma "cuisine de cabinet". Mais je vous le dis : un homme qui a bu votre café et mangé votre gâteau ment plus difficilement. La table m'en apprenait plus sur mes ministres que tous les rapports du monde.

Un homme qui a bu votre café ment plus difficilement.
The Knesset held a session with the presence of PM Golda Meir
The Knesset held a session with the presence of PM Golda MeirWikimedia Commons, CC BY 4.0 — IPPA photographer

Cette simplicité revendiquée, n'était-ce pas aussi une façon de gouverner ?

Bien sûr. Je viens du kibboutz, de Merhavia, où l'on partage la soupe et la sueur. Je n'ai jamais cru qu'on dirige mieux en s'entourant de dorures. Je me levais à cinq heures et demie, je lisais les rapports de sécurité ma première cigarette aux lèvres, et le soir je recevais les gens dans ma cuisine plutôt que dans un salon d'apparat. Certains y voyaient une coquetterie de vieille dame. C'était l'inverse : c'était une conviction de pionnière. Un dirigeant qui oublie l'odeur de la terre et le prix d'un kilo de pain finit par décider pour un peuple qu'il ne connaît plus. Je voulais rester une femme à qui l'on pouvait parler par-dessus une nappe, pas une statue derrière un bureau.

Vos photographies vous montrent presque toujours avec le même sac à main noir et une cigarette. Que disent ces objets de vous ?

Qu'on ne m'a jamais prise pour une élégante, et que cela m'allait très bien. Mon sac à main noir, je le posais partout, à la tribune comme à la table de négociation, comme une ménagère revenue du marché — et quelque part, c'est ce que j'étais. Mes tailleurs sombres, mon chignon strict, mes chaussures plates : pas de fioritures, pas de bijoux. Quant à la cigarette, je l'avais aux lèvres même en plein conseil, et les médecins me grondaient déjà. Les dirigeantes d'Occident soignaient leurs toilettes ; moi, je n'avais ni le temps ni le goût de cela. On me jugeait sur mes décisions, pas sur ma coiffure, et c'est exactement le marché que je voulais.

Je posais mon sac partout, comme une ménagère revenue du marché.

Octobre 1973. On vous réveille en pleine nuit. Que se passe-t-il dans votre tête à cet instant ?

Il est deux heures du matin, le jour de Yom Kippour, le grand jeûne. On me prévient que l'Égypte et la Syrie s'apprêtent à attaquer dans les heures qui viennent. Mes généraux me pressent de frapper les premiers, comme en 1967. Et je refuse. Je refuse parce que je sais qu'un Israël qui tire le premier coup perd quelque chose de plus précieux qu'une bataille : il perd le monde, il perd l'Amérique, il perd le droit de dire qu'on l'a agressé. Cette nuit-là, j'ai choisi d'encaisser le premier coup pour ne pas perdre le second combat, celui des consciences. Aucune décision ne m'a jamais autant coûté. Elle a sauvé notre crédit auprès des nations — et elle m'a hantée pour le sang qu'elle a peut-être laissé couler.

J'ai choisi d'encaisser le premier coup pour ne pas perdre le combat des consciences.
The Knesset held a session with the presence of PM Golda Meir
The Knesset held a session with the presence of PM Golda MeirWikimedia Commons, CC BY 4.0 — IPPA photographer

Après cette guerre, comment avez-vous porté la responsabilité de ce qui s'était passé ?

Comme un poids qui ne m'a plus quittée. Devant la Commission Agranat, je n'ai pas cherché à me cacher derrière mes généraux : la responsabilité d'un Premier ministre ne se délègue pas. Je passais mes nuits penchée sur les cartes du front, à suivre nom par nom les positions, sachant que derrière chaque flèche sur le papier il y avait des garçons de vingt ans. Nous avons fini par repousser l'ennemi, mais le prix fut terrible, et le pays ne me l'a pas pardonné. En 1974, j'ai démissionné. Non parce qu'on m'y forçait tout à fait, mais parce que je sentais que je n'avais plus la force de porter à la fois le deuil des familles et le fardeau de l'État.

On vous a souvent reproché votre dureté envers les Arabes. Comment recevez-vous ce reproche ?

Je ne suis pas dure, je suis lucide, et la lucidité passe parfois pour de la dureté chez ceux qui voudraient que je rêve. J'ai dit un jour à la journaliste Oriana Fallaci une phrase qu'on m'a beaucoup reprochée : « Nous pouvons pardonner aux Arabes de nous tuer. Mais nous ne pouvons pas leur pardonner de nous forcer à tuer leurs enfants. La paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent. » On y a vu de l'arrogance. J'y mettais, moi, tout le chagrin d'une femme qui a enterré trop de fils, les siens et ceux d'en face. Je n'ai jamais haï une mère arabe pleurant son enfant. J'ai seulement refusé qu'on nous oblige à la faire pleurer.

La paix viendra quand les Arabes aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent.

Aujourd'hui retirée, que diriez-vous à ceux qui liront un jour votre histoire ?

Je viens justement d'achever mon livre, Ma vie, où j'ai voulu tout dire, de l'enfant de Kiev à la vieille dame de Jérusalem. Si l'on me lit dans un siècle, j'aimerais qu'on n'y cherche pas une sainte ni une statue. Qu'on y voie une femme ordinaire, fille d'immigrés, qui vendait des glaces à Milwaukee et qui a fini par signer la naissance d'un État. Je n'ai pas eu de génie particulier — j'ai eu de l'obstination, et la conviction, née devant la porte clouée de mon père, qu'un peuple sans terre est un peuple à la merci de tous. Si l'on retient une seule chose de moi, que ce soit celle-là : on ne survit pas en attendant la pitié des autres.

On ne survit pas en attendant la pitié des autres.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Golda Meir. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.