Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Golda Meir

par Charactorium · Golda Meir (1898 — 1978) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans le petit bureau encombré de Jérusalem, en cette fin d'année 1973, que Oriana Fallaci retrouve Golda Meir, quelques semaines après le cessez-le-feu de la guerre du Kippour. L'air est gris de fumée de cigarette, une cafetière refroidit sur un coin de table. La journaliste italienne, déjà venue l'interroger plus tôt cette année-là, connaît le franc-parler de la vieille dame et n'est pas venue chercher des formules diplomatiques. Elle veut le poids des nuits, le prix des décisions, et la femme derrière la grand-mère d'Israël.

Madame Meir, quand je vous ai interrogée plus tôt cette année, vous m'avez parlé de votre enfance. D'où vient cette conviction qu'il fallait un État ?

Elle vient d'un seuil de porte, Oriana, à Kiev, où je devais avoir cinq ou six ans. Mon père clouait des planches pour barricader notre maison, parce que la rumeur d'un pogrom courait dans le quartier. Je me souviens du bruit du marteau, et de ce sentiment d'être traquée sans avoir rien fait, sinon être née juive. Cette peur-là ne m'a jamais quittée. Toute ma vie, j'ai su qu'un peuple sans terre est un peuple à la merci du marteau des autres. Le sionisme, pour moi, n'a jamais été une théorie de salon : c'était la réponse d'une enfant qui ne voulait plus jamais entendre clouer une porte.

Un peuple sans terre est un peuple à la merci du marteau des autres.

Vous êtes partie d'une famille pauvre de Milwaukee. Comment cette gamine qui vendait des glaces a-t-elle pu rapporter cinquante millions de dollars en 1948 ?

En leur disant la vérité, tout simplement. Au début de 1948, on m'a envoyée aux États-Unis parce que les caisses étaient vides et que la guerre allait nous tomber dessus. Je me suis tenue devant des salles entières de Juifs américains, et je leur ai dit : vous n'avez pas à décider si nous nous battrons, cela nous le déciderons nous-mêmes ; vous devez seulement décider si nous gagnerons. Ils ont vidé leurs poches, leurs comptes, leurs bijoux. Je suis revenue avec cinquante millions de dollars. Ben Gourion m'a dit un jour que lorsqu'on écrirait l'histoire, on dirait qu'une femme juive avait réuni l'argent qui rendit l'État possible.

Vous devez seulement décider si nous gagnerons.

On raconte que vous vous êtes déguisée en femme arabe pour franchir la frontière. Pourquoi prendre un tel risque à la veille de la guerre ?

Parce que tant qu'il reste une chance d'éviter la guerre, on la prend, même habillée en paysanne. C'était en mai 1948, j'ai traversé la frontière vêtue d'une robe et d'un voile arabes pour rencontrer secrètement le roi Abdallah de Jordanie à Amman. Je le suppliais de ne pas se joindre à l'attaque, de laisser une porte ouverte. Il m'a répondu de ne pas presser les choses, de ne pas proclamer l'État. Je lui ai dit que nous attendions cela depuis deux mille ans, et que ce n'était guère se presser. La mission a échoué, et le 14 mai la guerre a éclaté. Mais je n'ai jamais regretté d'avoir essayé.

Nous attendions cela depuis deux mille ans : ce n'était guère se presser.

Vous et moi avons parlé du conflit en 1973. Parlons maintenant de cette nuit d'octobre, quand on vous a réveillée à deux heures du matin.

Cette nuit-là, Oriana, je n'ai pas dormi, et je crois que je n'ai jamais vraiment redormi depuis. On m'a prévenue que l'Égypte et la Syrie attaqueraient au crépuscule, le jour de Yom Kippour. Les militaires me pressaient de frapper les premiers. J'ai dit non. Si nous tirions la première balle, le monde entier nous désignerait comme les agresseurs, et nous serions seuls, sans une caisse de munitions venue d'ailleurs. J'ai choisi d'encaisser le premier coup pour garder le monde de notre côté. Des garçons sont morts dans les premières heures à cause de ce choix. Je le sais. Et ce poids, je le porterai jusqu'à ma mort.

J'ai choisi d'encaisser le premier coup pour garder le monde de notre côté.

Vous venez d'écrire à la Commission Agranat. Vous sentez-vous coupable de ce qui s'est passé sur le front ?

La commission examinera les généraux, les renseignements, les cartes. Mais moi, je n'ai pas besoin d'une commission pour me juger. Chaque nuit de cette guerre, j'ai étudié les cartes du front avec mes officiers, en suivant du doigt les lignes où mouraient nos enfants. La responsabilité ne se partage pas comme un gâteau : à la fin, c'est sur les épaules de celle qui décide qu'elle retombe. J'aurais pu écouter d'autres avis, douter davantage, poser une question de plus à trois heures du matin. Ce sont ces questions non posées qui me hantent, Oriana, pas les jugements des autres.

La responsabilité ne se partage pas comme un gâteau.
The Knesset held a session with the presence of PM Golda Meir
The Knesset held a session with the presence of PM Golda MeirWikimedia Commons, CC BY 4.0 — IPPA photographer

Vous m'avez reçue chez vous, dans votre cuisine, autour d'un café. Pourquoi gouverner depuis une table de cuisine plutôt qu'une salle de conseil ?

Parce qu'on dit la vérité plus volontiers une tasse à la main qu'un micro devant soi. Tu te souviens de cette cuisine, Oriana : la cafetière qui chauffe, les gâteaux que je sors moi-même du four, mes ministres qui ôtent leur veste. Là, personne ne fait de discours pour la postérité. On se regarde, on se contredit, on tranche. On m'a surnommée la grand-mère d'Israël, et certains croient se moquer. Moi, je le prends comme un honneur : une grand-mère ne se paie pas de mots, elle nourrit les siens et veille à ce que la maison tienne debout. Mon sac noir et mes cigarettes m'ont suivie de cette cuisine jusqu'au front.

On dit la vérité plus volontiers une tasse à la main qu'un micro devant soi.

On vous a toujours vue avec le même tailleur sombre, le même sac noir. Ce dépouillement, est-ce un calcul ou une nature ?

Ni l'un ni l'autre : c'est une fidélité. Quand je suis arrivée au kibboutz de Merhavia en 1921, nous partagions tout, jusqu'aux vêtements de travail, et nous avions honte du superflu. Je n'ai jamais réussi à me défaire de cela. Une femme qui a vu des pionniers assécher des marais à la pioche ne va pas s'extasier devant une robe de couturier. Mon tailleur gris, mes chaussures plates, mon chignon : voilà mon uniforme, et il me convient. Je laisse l'élégance aux ambassadrices. Moi, j'ai un État à faire tenir debout, et cela ne se fait pas en talons hauts.

Je laisse l'élégance aux ambassadrices ; moi, j'ai un État à faire tenir debout.
The Knesset held a session with the presence of PM Golda Meir
The Knesset held a session with the presence of PM Golda MeirWikimedia Commons, CC BY 4.0 — IPPA photographer

Avant d'être ministre, vous avez sillonné l'Amérique et New York. Que doit l'État d'Israël à cette diaspora que vous connaissez si bien ?

Il lui doit d'exister, tout simplement. La diaspora juive, je l'ai parcourue de Milwaukee à New York, et j'ai appris une chose : un Juif de Brooklyn pleure quand on lui parle de Jérusalem, même s'il n'y mettra jamais les pieds. C'est cette fidélité-là que j'ai mobilisée, dollar après dollar, en 1948 comme plus tard. Mais je leur ai toujours dit la même chose : votre argent nous aide, votre prière nous touche, mais c'est nous, ici, qui portons les fusils et enterrons nos morts. L'État ne se bâtit pas par procuration. Il se bâtit par ceux qui font leur alya et restent.

Votre argent nous aide, mais l'État ne se bâtit pas par procuration.

Vous avez connu les pogroms, puis la Shoah à distance. Comment ces blessures pèsent-elles dans vos décisions de chef de gouvernement ?

Elles pèsent à chaque instant, comme une voix qui murmure : plus jamais sans défense. J'ai grandi avec la peur des pogroms, et j'ai vu, adulte, l'Europe laisser six millions des nôtres partir en fumée pendant que les portes du monde restaient closes. Personne n'est venu. Voilà la leçon que je n'oublie pas quand je siège à la Knesset : un Juif sans État est un Juif que personne ne viendra sauver. C'est pourquoi je ne demande pardon à personne de vouloir une armée, des frontières, un drapeau. On nous reproche d'être durs ; mais c'est la douceur des autres envers nos bourreaux qui nous a appris la dureté.

Un Juif sans État est un Juif que personne ne viendra sauver.

Vous m'aviez confié, lors de notre entretien, votre peur pour les enfants. Croyez-vous encore que la paix soit possible avec vos voisins ?

Je dois y croire, sinon à quoi bon tout ce sang versé ? Je te l'ai dit, Oriana, et je le répète : nous pouvons pardonner aux Arabes de tuer nos fils, mais nous ne leur pardonnerons jamais de nous forcer à tuer les leurs. La paix viendra le jour où ils aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent. Je ne verrai peut-être pas ce jour. Mais une vieille femme fatiguée comme moi continue de tendre la main, même quand on la repousse. La guerre, je l'ai faite parce qu'on me l'a imposée ; la paix, je la veux parce que c'est la seule victoire qui ne se paie pas en cercueils.

La paix viendra le jour où ils aimeront leurs enfants plus qu'ils ne nous haïssent.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Golda Meir. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.