Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Gorbatchev

par Charactorium · Gorbatchev (1931 — 2022) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Gorbatchev
Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Assenmacher

Décembre 2021. Dans un appartement feutré près de Moscou, un homme de quatre-vingt-dix ans nous reçoit, la voix posée, le regard encore vif sous la célèbre tache de naissance. Trente ans après avoir descendu le drapeau rouge, Mikhaïl Gorbatchev accepte de revenir sur les espoirs et les déchirures d'un empire qu'il a tenté de sauver en le transformant.

Que s'est-il passé en vous après la catastrophe de Tchernobyl, au printemps 1986 ?

Le 26 avril 1986, le réacteur a explosé, et nos propres services sont restés muets pendant des jours. Quand la vérité est remontée jusqu'à moi, j'ai compris que le mensonge d'État n'était pas une faiblesse de plus : c'était la maladie même du système. On m'a reproché ce silence, à juste titre. Mais ce nuage invisible m'a appris quelque chose qu'aucun rapport du Politburo n'aurait pu m'enseigner : un pays qui se cache sa propre réalité finit par s'empoisonner lui-même. C'est là, dans cette angoisse, que la Glasnost a cessé d'être un mot de discours pour devenir une nécessité de survie. J'ai voulu qu'un jour la Pravda ose imprimer ce que personne n'osait dire à voix haute.

Un pays qui se cache sa propre réalité finit par s'empoisonner lui-même.

Pourquoi la transparence vous semblait-elle inséparable des réformes économiques ?

Parce qu'on ne restructure pas une maison les volets fermés. La Perestroïka sans la Glasnost, c'était demander aux gens de réparer un mur sans leur permettre de voir les fissures. J'ai dit devant le congrès, en février 1986, que nous avions besoin de la démocratie comme nous avons besoin d'air, et que sans elle notre politique serait vouée à l'échec. Beaucoup d'apparatchiks ont blêmi en m'entendant. Mais comment voulez-vous qu'un ouvrier travaille mieux s'il ne peut pas dire que le plan du Gosplan est absurde ? La transparence n'était pas un luxe d'intellectuel ; c'était l'oxygène sans lequel toute réforme étouffe en trois mois.

On ne restructure pas une maison les volets fermés.

Vous souvenez-vous de ce sommet de Reykjavik, en octobre 1986, où tout a failli basculer ?

Reykjavik, cette petite ville battue par les vents de l'Atlantique. Reagan et moi étions assis face à face, et nous avons approché quelque chose d'inouï : l'élimination totale des armes nucléaires. Vous imaginez ? Deux hommes, dans une maison glacée d'Islande, à deux pas d'effacer la peur qui pesait sur l'humanité depuis quarante ans. Et tout s'est brisé sur son rêve de bouclier spatial, cette Initiative de défense stratégique à laquelle il s'accrochait comme un enfant. Nous sommes repartis les mains vides, le visage fermé. Pourtant je savais déjà que rien ne serait plus comme avant : nous avions osé penser l'impensable, et cette porte entrouverte mènerait, l'année suivante, au traité FNI.

Nous avions osé penser l'impensable, et cette porte entrouverte ne se refermerait plus.

Comment êtes-vous parvenus, en 1987, à signer ce traité que tout le monde croyait impossible ?

Le 8 décembre 1987, à Washington, j'ai pris ce stylo et j'ai signé avec Reagan l'élimination de toute une catégorie de missiles, ceux d'une portée de cinq cents à cinq mille cinq cents kilomètres, à détruire en trois ans. C'était la première fois dans l'histoire qu'on ne plafonnait pas l'arsenal : on le supprimait. Le téléphone rouge entre Moscou et Washington avait longtemps servi à gérer la terreur ; nous l'utilisions désormais à désamorcer les tensions plutôt qu'à les surveiller. Margaret Thatcher avait dit de moi que j'étais un homme avec qui l'on pouvait traiter. Eh bien, ce stylo en fut la preuve : on peut être adversaire et chercher ensemble à éloigner l'abîme.

Pour la première fois, on ne plafonnait pas l'arsenal : on le supprimait.

On vous dit fils de la terre. Qu'avez-vous gardé de votre village natal de Privolnoïe ?

À Privolnoïe, dans la région de Stavropol, j'ai grandi parmi les paysans, les mains dans la moisson, et cela ne s'efface pas. J'ai gardé une certaine sobriété : je n'ai jamais aimé l'ivresse des banquets du Kremlin, et dès 1985 j'ai mené une campagne contre l'alcoolisme qui m'a valu bien des sarcasmes. À table, le bortsch et les pirojki me suffisaient amplement. Quand vous avez vu, enfant, ce que coûte une mauvaise récolte, vous comprenez dans votre chair pourquoi un système qui ment sur ses propres chiffres condamne son peuple. Cette enfance de la steppe m'a appris à me méfier des dirigeants qui ne savent plus le prix du pain.

Quand on a vu, enfant, ce que coûte une mauvaise récolte, on se méfie de ceux qui ignorent le prix du pain.

Quelle place tenait votre épouse Raïssa dans cette vie de pouvoir si solitaire ?

Raïssa était mon contraire de la solitude. Le soir, quand les portes du Kremlin se refermaient et que les dépêches diplomatiques retombaient en silence, nous parlions politique, philosophie, histoire, parfois jusque tard dans la nuit. Cela scandalisait certains : un dirigeant soviétique ne montrait pas sa femme, ne l'écoutait pas, ne marchait pas à son bras. Moi, je ne concevais pas de décider seul. Je lisais des heures, des ouvrages de philosophie, et elle était la première à qui je soumettais mes doutes. Dans un monde d'hommes gris et fermés, cette tendresse partagée était presque un acte politique : la preuve qu'un chef pouvait rester un être humain.

Dans un monde d'hommes gris, cette tendresse partagée était presque un acte politique.

Comment avez-vous vécu ce paradoxe : célébré par le prix Nobel en 1990, mais rejeté chez vous ?

En 1990, on m'a remis le prix Nobel de la paix pour avoir contribué à éteindre la Guerre froide. Le monde applaudissait. Et au même moment, dans mes propres rues, on me reprochait l'effondrement des magasins, la perte de l'empire, l'humiliation d'une grande puissance. Le réformateur est un homme seul : trop rapide pour les conservateurs de la nomenklatura, trop lent pour les impatients. J'avais ouvert les fenêtres, et le vent qui entrait renversait aussi les meubles. Recevoir cet honneur à l'étranger pendant qu'on me huait au pays, c'était sentir dans ma propre vie la déchirure de tout un peuple, partagé entre la liberté nouvelle et la peur du lendemain.

J'avais ouvert les fenêtres, et le vent qui entrait renversait aussi les meubles.

Que reste-t-il de ces trois jours d'août 1991, retenu prisonnier dans votre datcha de Foros ?

En août 1991, mes propres ministres ont tenté de me renverser et m'ont assigné à résidence dans la datcha de Foros, en Crimée. Trois jours coupé du monde, les lignes coupées, ne sachant pas si je sortirais vivant de ce cap battu par la mer Noire. Les conjurés voulaient arrêter la Perestroïka, revenir en arrière, remettre le couvercle sur la marmite. Ils ont échoué en trois jours, mais ils m'ont aussi tué politiquement : quand je suis revenu à Moscou, le pays n'était déjà plus le mien. Ce putsch raté fut le coup de grâce porté à l'Union ; ceux qui voulaient la sauver par la force l'ont précipitée dans la tombe.

Ceux qui voulaient sauver l'Union par la force l'ont précipitée dans la tombe.

Le 25 décembre 1991, vous avez annoncé votre démission à la télévision. Que ressentiez-vous ce soir-là ?

Douze minutes. Mon discours a duré douze minutes, devant une caméra, dans un bureau du Kremlin que je quittais pour toujours. J'ai dit que je mettais fin à mes fonctions de Président de l'URSS en raison de la situation créée par la formation de la Communauté des États indépendants. Le destin avait voulu qu'au moment où j'accédais aux plus hautes fonctions, il était déjà clair que le pays allait mal. Le soir même, on a descendu le drapeau rouge au-dessus du Kremlin, et le tricolore russe a pris sa place dans le ciel d'hiver. J'ai regardé cela en silence. Un empire de soixante-dix ans s'éteignait sans une goutte de sang, et c'était peut-être, malgré tout, ma plus étrange victoire.

Un empire de soixante-dix ans s'éteignait sans une goutte de sang.

Aviez-vous voulu cette dissolution de l'Union, ou l'avez-vous subie ?

Je n'ai jamais voulu détruire l'Union. J'ai voulu la sauver en la transformant, lui donner les formes les plus modernes d'organisation, comme je l'ai écrit dans mon livre sur la Perestroïka. Mais l'histoire est un cheval qui s'emballe : on croit le guider, et il vous emporte. Une fois la peur tombée, une fois la Glasnost entrée dans les esprits, les républiques ont voulu leur liberté, et le Pacte de Varsovie s'est effacé de la carte comme une encre sous la pluie. La dissolution officielle, le 26 décembre 1991, je l'ai vécue comme un échec personnel et un acquis pour l'humanité. Les deux à la fois. C'est le sort de ceux qui ouvrent des portes qu'ils ne peuvent plus refermer.

L'histoire est un cheval qui s'emballe : on croit le guider, et il vous emporte.

Vous avez proclamé devant l'ONU, en 1988, la fin de la force comme instrument politique. Y croyiez-vous vraiment ?

Le 7 décembre 1988, à la tribune de l'ONU, j'ai déclaré que l'usage de la force ou la menace de la force ne pouvaient plus être des instruments de politique étrangère, et que le principe de la liberté de choix était obligatoire. Ce n'étaient pas de belles phrases : c'était l'annonce que nous ne tiendrions plus l'Europe de l'Est par les chars. J'avais déjà décidé le retrait d'Afghanistan, après neuf ans d'une guerre coûteuse qui saignait notre jeunesse. Quand on renonce à imposer son ordre par la peur, on doit l'assumer jusqu'au bout : c'est pourquoi, l'année suivante, je n'ai pas envoyé un seul soldat empêcher la chute du mur de Berlin.

Nous ne tiendrions plus l'Europe de l'Est par les chars.
Voir la fiche complète de Gorbatchev

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Gorbatchev. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.