Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Harriet Beecher Stowe

par Charactorium · Harriet Beecher Stowe (1811 — 1896) · Lettres · Société · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Harriet Beecher Stowe
Wikimedia Commons, Public domain — Billy Hathorn

Hartford, Connecticut, un après-midi d'automne à Nook Farm. Dans le salon de sa maison victorienne, une femme menue aux yeux vifs pose sa plume et accepte de revenir sur une vie passée à écrire entre deux corvées, du Kentucky esclavagiste aux salons de la Nouvelle-Angleterre. Elle parle bas, mais chaque mot pèse.

Où et dans quelles conditions avez-vous écrit le roman qui allait vous rendre célèbre ?

À Brunswick, dans le Maine, l'hiver 1851. Mon mari enseignait à Bowdoin College, nous étions sept enfants autour de moi, et je n'avais ni cabinet ni loisir. J'écrivais sur la table de la cuisine, la plume dans une main, l'autre remuant parfois une casserole, les pages s'accumulant entre le pain à pétrir et les couches à changer. On me demande souvent comment une femme si occupée trouvait le temps. Je réponds que je ne le trouvais pas : je le volais. Les scènes me venaient comme des visions, il fallait les jeter sur le papier avant qu'elles ne s'effacent. Je ne composais pas un livre à froid ; je transcrivais ce que je voyais et ce que je ressentais, parce que je ne pouvais faire autrement.

Je n'avais pas le temps d'écrire : je le volais entre le pain à pétrir et les couches à changer.

Comment décririez-vous une journée ordinaire de cette période à Brunswick ?

Elle commençait par la prière familiale et les tâches du matin, héritage de mon éducation de fille de pasteur. Les enfants réclamaient, le feu réclamait, le potager réclamait. L'après-midi seulement, quand un peu de silence tombait sur la maison, je m'installais avec ma plume et mon encrier et je laissais courir les phrases. Le soir, on se réunissait pour lire, discuter théologie et débattre des grandes questions morales du temps, l'esclavage au premier rang. Je n'écrivais pas dans une tour d'ivoire ; j'écrivais au milieu du monde domestique, et c'est peut-être pour cela que mes personnages sentent la cuisine, la maladie, la séparation d'une mère et de son enfant. Ces choses-là, je ne les inventais pas : je les vivais autrement chaque jour.

Vous souvenez-vous du moment où l'esclavage a cessé d'être une idée pour devenir une réalité sous vos yeux ?

Cincinnati, dans l'Ohio, où nous avons vécu de 1832 à 1850. La ville était posée sur la frontière : de l'autre côté du fleuve commençait le Kentucky, et avec lui l'esclavage. On y voyait passer des fugitifs, on entendait parler du réseau clandestin, l'Underground Railroad, qui les menait vers le Nord. J'ai connu des servantes noires qui tremblaient qu'on vînt les reprendre, j'ai vu de mes yeux ce que le Fugitive Slave Act signifiait dans une famille. C'est là qu'est née, bien avant que je l'écrive, la scène d'Eliza fuyant avec son enfant sur les glaces flottantes du fleuve. Cette femme qui saute de bloc en bloc plutôt que de livrer son fils, je ne l'ai pas imaginée ; je l'ai assemblée avec tout ce que la frontière de l'Ohio m'avait montré.

Eliza fuyant sur les glaces, je ne l'ai pas imaginée ; je l'ai assemblée avec ce que la frontière m'avait montré.

Pourquoi la loi de 1850 sur les esclaves fugitifs a-t-elle été si décisive pour vous ?

Parce qu'elle a fait de chacun de nous un complice. Le Fugitive Slave Act de 1850 obligeait les citoyens des États libres eux-mêmes à livrer les fuyards, à aider le chasseur d'esclaves dans sa traque. On ne pouvait plus se dire que l'esclavage était l'affaire du Sud ; il frappait à ma porte, dans le Nord, et me demandait de trahir un homme au nom de la loi. J'ai senti que se taire, désormais, c'était consentir. Ma belle-sœur m'a écrit qu'à ma place, si elle savait manier la plume comme moi, elle écrirait quelque chose qui ferait sentir à toute la nation quelle chose maudite était l'esclavage. Cette phrase ne m'a plus quittée. La Case de l'oncle Tom est née de cette loi autant que de ma colère.

On vous a accusée d'avoir inventé les horreurs que décrit votre roman. Comment avez-vous répondu ?

Cela m'a blessée plus que les insultes. Prétendre que j'avais menti, c'était laver l'esclavage de ses crimes. Alors, en 1853, j'ai fait ce qu'une fille de pasteur sait faire : j'ai apporté des preuves. J'ai publié A Key to Uncle Tom's Cabin, un recueil de documents originaux, de témoignages, de comptes rendus de procès et d'articles de loi, montrant que derrière chaque épisode de mon roman se tenait un fait attesté. Si l'on trouvait mon Simon Legree trop noir, je pouvais citer pire dans les gazettes du Sud. Ce livre-là ne fut pas écrit avec le cœur mais avec l'archive : je voulais qu'on ne pût plus dire que la romancière avait rêvé. La fiction avait ému ; les documents, eux, fermaient la bouche.

On m'accusait d'avoir rêvé les horreurs : j'ai répondu par l'archive, document contre calomnie.
Harriet Beecher Stowe title QS:P1476,en:"Harriet Beecher Stowe "label QS:Len,"Harriet Beecher Stowe "
Harriet Beecher Stowe title QS:P1476,en:"Harriet Beecher Stowe "label QS:Len,"Harriet Beecher Stowe "Wikimedia Commons, Public domain — Alanson Fisher

Que répondez-vous à ceux qui jugent votre roman trop sentimental pour être sérieux ?

Que le sentiment était mon arme, et qu'elle a mieux tiré que bien des traités. Les hommes de loi et les orateurs discutaient l'esclavage comme une question de comptabilité ou de droit constitutionnel ; moi, j'ai voulu qu'on sentît ce que sent une mère à qui l'on vend son enfant. L'objet de mes pages, je l'ai écrit dès la préface, était d'éveiller la sympathie et le sentiment en faveur d'une race qui vivait parmi nous enchaînée. On me reproche mes larmes ? Ces larmes ont fait lire l'esclavage à des gens qui n'auraient jamais ouvert un pamphlet. Une Bible ouverte et un cœur remué feront toujours plus qu'un syllogisme. Je ne rougis pas d'avoir écrit pour émouvoir : c'est par là que la conscience s'éveille.

Est-il vrai que le président Lincoln vous aurait saluée comme la femme à l'origine de la guerre ?

On le raconte, et je laisse à d'autres le soin de jurer des mots exacts. Lors de notre rencontre, en 1862, à Washington, on rapporte qu'il m'aurait accueillie en disant que voilà donc la petite dame qui avait écrit le livre ayant déclenché cette grande guerre. La formule est trop belle pour être tout à fait sûre, et trop flatteuse pour que je m'en pare. Un livre ne fait pas la guerre ; les canons de 1861 avaient d'autres pères que ma plume. Mais je veux bien croire qu'un roman ait pu faire sentir à des milliers de lecteurs, dans leur foyer, ce que les chiffres et les discours laissaient froids. Si j'ai versé une goutte dans le torrent qui a mené à l'émancipation, cela suffit à ma vie.

Un livre ne fait pas la guerre ; mais il peut faire sentir dans un foyer ce que les chiffres laissent froid.
Harriet Beecher Stowe
Harriet Beecher StoweWikimedia Commons, Public domain — Alanson Fisher

Comment expliquez-vous l'ampleur du succès de votre roman ?

Il a d'abord paru en feuilleton dans un journal abolitionniste, le National Era, en 1851 et 1852, chapitre après chapitre, si bien que les lecteurs attendaient la suite comme on attend des nouvelles d'un ami. Quand il sortit en volume, on m'a dit qu'il s'était vendu à 300 000 exemplaires en une année, chose inouïe alors. Puis vinrent les théâtres : d'innombrables Tom shows ont porté l'histoire à des foules qui n'avaient jamais tenu le livre, tant qu'il y eut plus de gens pour voir la pièce que pour lire la page. Je n'ai pas maîtrisé cela ; l'histoire a échappé à mes mains comme un enfant qui grandit. Parfois je m'en effrayais, tant on la déformait ; mais qu'elle circulât, c'était l'essentiel.

D'où vous vient cette conviction morale si ferme ? Parlez-nous de votre famille.

Je suis née à Litchfield, dans le Connecticut, en 1811, dans une maison de pasteurs congrégationalistes où l'on respirait la Bible comme l'air. Mon père prêchait, et nous étions une tribu de croyants et de réformateurs. Mon frère Henry Ward Beecher est devenu l'un des prédicateurs les plus écoutés d'Amérique ; ma sœur Catharine s'est faite pionnière de l'éducation des filles quand on pensait encore qu'une femme n'avait pas besoin d'instruction. Chez nous, la foi n'était pas un ornement du dimanche : c'était une exigence de tous les jours, un compte à rendre. Le congrégationalisme nous apprenait que chaque conscience répond directement de ses actes devant Dieu. Comment, dans une telle maison, aurais-je pu regarder l'esclavage et me taire ? On m'avait élevée pour ne pas le pouvoir.

En quoi cette foi a-t-elle façonné votre manière d'écrire contre l'esclavage ?

Elle est le sol même de mon livre. Je n'attaquais pas l'esclavage au nom d'une doctrine politique, mais au nom d'une âme qui vaut autant qu'une autre devant le Créateur. Le soir, dans notre famille, on ne se contentait pas de lire l'Écriture : on débattait de ce qu'elle exigeait de nous ici et maintenant. C'est de ces soirées que vient mon oncle Tom, cet homme dont on possède le corps mais jamais la foi. Quand on m'a demandé où j'avais trouvé une telle histoire, j'ai dit, et je le pense encore, que c'est Dieu qui me l'a montrée. Je ne prétends pas au génie ; je prétends seulement avoir écrit ce que ma conscience de chrétienne ne me permettait plus de garder pour moi.

Je n'attaquais pas l'esclavage au nom d'une doctrine, mais au nom d'une âme qui vaut autant qu'une autre.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Harriet Beecher Stowe. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.