Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Hermès

par Charactorium · Hermès · Mythologie · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Nous l'avons attendu à un carrefour de l'Arcadie, là où une borne de pierre porte son visage. Il est arrivé sans bruit, sandales à peine posées sur la poussière du chemin, un sourire de garçon qui vient de faire un mauvais coup. Hermès, messager des dieux et guide des âmes, a accepté de s'arrêter le temps d'une conversation — lui qui ne s'arrête jamais.

On raconte que vous avez agi dès le matin de votre naissance. Comment cela s'est-il passé ?

Je suis né dans une grotte du mont Cyllène, en Arcadie, de Zeus et de ma mère Maïa, la plus discrète des Pléiades. Le matin m'a vu naître ; à midi, j'avais déjà tendu sept cordes sur une carapace de tortue et j'en tirais des sons que nul n'avait entendus. Et le soir venu, le berceau m'ennuyait. Alors je suis sorti, j'ai trouvé le troupeau de mon frère Apollon, et je l'ai emmené. On ne se refait pas : la ruse me tenait lieu de premiers pas. L'Hymne que l'on chante à mon sujet le dit sans détour : né le matin, joueur de lyre à midi, voleur le soir. Une journée de dieu vaut bien une vie d'homme.

Le matin m'a vu naître ; à midi je jouais de la lyre ; le soir, le troupeau d'Apollon était à moi.

Votre frère Apollon n'a tout de même pas accepté ce vol sans colère. Comment l'avez-vous apaisé ?

Apollon est lumineux mais prompt à la fureur, et il avait toutes les raisons du monde de me chercher. J'avais pourtant pris mes précautions : j'avais fait marcher ses bœufs à reculons, pour que leurs empreintes mentent et désignent une direction fausse. Quand il m'a enfin démasqué — un dieu ne trompe pas longtemps un autre dieu —, je n'ai pas plaidé. J'ai posé entre nous la lyre née de ma tortue, et j'en ai joué. La colère d'Apollon a fondu comme neige au premier soleil ; lui qui préside aux Muses ne pouvait résister à pareil instrument. Il m'a laissé le troupeau, j'ai gardé sa tendresse. Voilà comment un larcin devient le premier traité de paix entre deux frères.

Parlons de vos attributs. Que représentent pour vous ces objets que les mortels reconnaissent au premier coup d'œil ?

Mon père Zeus m'a doté de ce qu'il fallait pour ma charge. Aux pieds, les talaria, ces sandales aux ailes d'or qui me portent par-dessus les mers et les montagnes plus vite que la pensée. Sur la tête, le pétase, ce chapeau rond aux larges bords où battent aussi deux ailes. Et dans la main, le caducée : un bâton autour duquel deux serpents s'enlacent. Ce n'est pas un simple ornement — d'un geste j'endors les mortels, d'un autre je les réveille, et je touche du même bois les paupières des vivants et celles des morts. Ces trois objets disent ma fonction tout entière : passer, relier, franchir. Là où d'autres dieux trônent, moi je circule.

Là où d'autres dieux trônent, moi je circule.

On vous voit souvent une bourse à la main. Qu'est-ce que cela ajoute à votre figure ?

La bourse ! C'est qu'on m'a confié bien plus que les messages des dieux. Je veille sur les marchands, sur ceux qui troquent l'huile contre le blé à l'ombre de l'agora, sur la balance honnête comme sur le marché conclu d'une poignée de main. Le commerce, voyez-vous, est une autre manière de relier les hommes entre eux : on échange des biens comme j'échange des paroles entre l'Olympe et la terre. Alors je tiens la bourse comme je tiens le caducée — l'un pour la richesse qui circule, l'autre pour la parole qui passe. Et si l'on me prête aussi les voleurs parmi mes protégés, ne vous en étonnez pas : qui mieux que moi connaît les deux côtés d'un échange ?

Vous êtes aussi celui qui accompagne les morts. Comment vivez-vous cette fonction si particulière ?

Je suis le seul des Olympiens à pouvoir descendre où les autres ne vont pas. Le ciel, la terre, et plus bas encore : jusqu'aux rives du Styx, ce fleuve sombre que nul vivant ne franchit sans trembler. Les Grecs m'appellent alors Psychopompe, le conducteur d'âmes. Quand un souffle quitte un corps, c'est moi qui le prends par la main — car une âme égarée fait peine à voir — et je la mène jusqu'au passage. On dépose des offrandes en mon nom lors des funérailles, et c'est justice : il faut bien quelqu'un pour faire le dernier voyage avec les défunts. Je touche les morts du même caducée qui endort les vivants. Entre les deux mondes, je suis la seule porte qui s'ouvre dans les deux sens.

Une âme égarée fait peine à voir ; je la prends par la main jusqu'au passage.

Cette fonction de passeur ne vous pèse-t-elle jamais, vous que l'on dit si léger ?

Léger, oui, mais pas insouciant. Songez à ce que cela demande : guider sans faillir des âmes qui ne comprennent pas encore qu'elles ont quitté la lumière. Certaines s'accrochent, d'autres ne veulent pas voir le Styx ; il faut de la patience, et une certaine douceur que les mortels ne soupçonnent pas chez le rusé que je suis. C'est pourquoi on m'honore aux carrefours autant qu'aux tombeaux : tout passage est une petite mort et une petite naissance. Je suis le dieu des seuils. Le marchand qui part en voyage, le défunt qui descend aux Enfers, l'orateur qui cherche ses mots — tous franchissent une frontière, et tous me trouvent là, debout, à la lisière. Ma légèreté n'est pas de l'indifférence : c'est la seule façon de ne pas se perdre soi-même en franchissant tant de mondes.

Vous êtes intervenu auprès d'Ulysse face à la magicienne Circé. Vous souvenez-vous de cette rencontre ?

Comment l'oublier ? Ses compagnons venaient d'être changés en pourceaux par les philtres de Circé, et lui-même marchait droit vers le même sort, tête baissée, comme les hommes qui croient pouvoir tout affronter. Je me suis tenu sur son chemin, sous les traits d'un jeune homme, et je lui ai mis dans la main une herbe que les dieux nomment môly : fleur de lait, racine noire, qu'aucune main mortelle ne peut arracher seule. Avec elle, les sortilèges de la magicienne glissaient sur lui sans prise. Je protège les voyageurs, voyez-vous, et Ulysse était de cette race d'hommes endurants que j'aime aider. Sans cette herbe tendue au bon moment, le plus rusé des Grecs grognait encore dans une porcherie. Parfois un dieu se contente d'arriver à l'heure.

Sans cette herbe tendue au bon moment, le plus rusé des Grecs grognait encore dans une porcherie.

Pourquoi vous mêler ainsi du sort d'un simple mortel comme Ulysse ?

Parce que les routes sont mon domaine, et que nul n'est plus exposé qu'un homme loin de chez lui. Le voyageur qui dort à la belle étoile, le marchand qui s'aventure sur des chemins inconnus, le naufragé jeté sur une côte étrangère — tous sont sous ma garde. Ulysse était tout cela à la fois : un errant, un homme de ruse qui me ressemblait un peu. J'aime aider ceux qui s'aident eux-mêmes, ceux dont l'esprit travaille. Lui ne pleurnichait pas, il cherchait une issue ; il me suffisait de lui en montrer une. Les mortels croient que nous, les dieux, jouons avec eux comme avec des osselets. Il en est parmi nous qui le font. Moi, je préfère tendre la main au carrefour et regarder l'homme choisir son chemin.

Partout en Grèce, on dresse des bornes de pierre à votre effigie. À quoi servent-elles ?

Ce sont les hermai, mes bornes — des piliers de pierre coiffés de mon visage, que l'on plante aux carrefours, devant les maisons, le long des routes. À Athènes, il y en a à presque chaque porte. Elles font deux choses à la fois : elles guident le voyageur qui ne sait plus quelle direction prendre, et elles écartent les mauvaises rencontres, car ma présence de pierre protège le seuil comme ma présence vivante protège le chemin. Le voyageur les salue, dépose parfois un caillou à leur pied en passant. C'est une dévotion humble, sans temple ni grande pompe, à ma mesure : je ne suis pas un dieu de sanctuaire mais un dieu de bord de route, qui veille là où les chemins se croisent et où les hommes hésitent.

Je ne suis pas un dieu de sanctuaire mais un dieu de bord de route.

Ces bornes ont pourtant été au cœur d'un grand scandale à Athènes. Qu'en gardez-vous ?

Une nuit, à Athènes, des mains que l'obscurité protégeait sont allées mutiler mes hermai — visages brisés, pierres profanées, dans toute la cité. La ville s'est réveillée glacée d'effroi, car frapper mes bornes, c'était frapper la protection même des seuils, juste au moment où la flotte allait partir pour une grande expédition. On a cherché des coupables, on a accusé, et le soupçon a éclaboussé jusqu'au général Alcibiade, qu'on a rappelé pour le juger. Voyez l'ironie : moi, dieu des voleurs et des coups joués dans l'ombre, me voilà au centre d'une affaire d'ombre que personne n'a jamais tout à fait éclaircie. Les hommes ont compris ce jour-là qu'on ne touche pas impunément aux gardiens des passages. Même de pierre, je veille.

Voir la fiche complète de Hermès

Pour aller plus loin

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Hermès. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.