Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Imhotep

par Charactorium · Imhotep (2800 av. J.-C. — 2700 av. J.-C.) · Technologie · Sciences · Spiritualité · 7 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Imhotep
Wikimedia Commons, Public domain — Crouse, M. Elizabeth (Mary Elizabeth), b. 1873

Le soleil décline sur la nécropole de Saqqarah, et l'ombre de la pyramide à degrés s'allonge sur les cours désertes. Dans l'enceinte de pierre blanche qu'il a lui-même dressée, un homme au crâne rasé, un rouleau de papyrus déployé sur les genoux, accepte de répondre. Voici Imhotep, architecte du roi Djoser, bien avant que les siècles ne fassent de lui un dieu.

On vous connaît sous une avalanche de titres. Lequel dit vraiment qui vous êtes ?

On m'a donné bien des titres, et je les porte comme autant de pierres sur les épaules. Chancelier du roi de Basse-Égypte, celui qui vient juste après le trône, administrateur du Grand Palais, prêtre d'Héliopolis où l'on scrute la course de Rê. Mais aucun ne dit qui je suis vraiment : un homme né sans couronne, près de Memphis, que le roi Djoser a choisi de placer à sa droite. Le jour où le graveur a inscrit mon nom sur le socle de la statue du roi, tout contre le sien, j'ai compris que je ne serais plus jamais un simple scribe. Un enfant du peuple dont le nom voisine celui d'un dieu vivant : cela ne s'était guère vu avant moi, et je crains parfois de ne l'avoir pas mérité.

Comment est née l'idée de faire monter la pierre si haut, alors que personne ne l'avait tenté ?

Au commencement, nous savions bâtir des tombeaux bas, larges, à toit plat — le mastaba, ce banc de brique où le roi défunt reposait. Pour Djoser, cela ne suffisait pas : il fallait que sa demeure d'éternité perce le ciel. Alors j'ai fait ce que nul n'avait osé : j'ai posé un mastaba sur un mastaba, puis un autre, six en tout, chacun plus étroit que celui d'en dessous, jusqu'à s'élever de soixante coudées vers le soleil. Et j'ai renoncé à la brique crue pour la pierre de taille, dure, éternelle. Chaque bloc, je le voulais aligné au doigt près, contrôlé au cordeau et à l'équerre. Ce n'était pas seulement un tombeau qui montait à Saqqarah : c'était un escalier taillé pour que l'âme du roi gravisse la voûte étoilée.

Vos colonnes de Saqqarah ne ressemblent à rien de ce qui existait. Pourquoi leur avoir donné cette forme ?

Regarde bien les colonnes de Saqqarah : ce ne sont pas de simples piliers. J'ai voulu qu'elles se souviennent des roseaux liés en faisceaux et des troncs de palmier dont nos pères faisaient leurs abris, au bord du fleuve. La pierre y imite le végétal, le durable y garde la mémoire du fragile. Avant moi, on ne dressait pas la pierre ainsi, cannelée, taillée en fût, adossée au mur pour qu'elle ne rompe pas. Chaque assise, je la posais au niveau à fil de plomb, car une seule pierre de travers et l'édifice entier ment à la Maât. Bâtir n'est pas empiler : c'est écrire dans la matière un ordre qui doit tenir mille ans. Ceux qui viendront après moi tailleront encore leurs colonnes sur ce premier modèle.

Qu'est-ce que gouverner aux côtés d'un pharaon, au juste ?

Être tjaty, vizir, ce n'est pas commander : c'est répondre. Répondre des greniers quand le fleuve monte mal, des tribunaux quand deux hommes se disputent un champ, des chantiers quand le maçon réclame son pain. Tout, à la fin, se pèse à la même balance : la Maât, cet ordre juste sans lequel le pays retourne au chaos. Avant même que le disque ne se lève, je me purifie dans le temple de Ptah, le crâne rasé, vêtu du lin blanc, et j'ouvre la bouche de la statue divine pour que le dieu habite la pierre. Aux funérailles royales, je revêts la peau de léopard du prêtre sem. Je sers le roi le jour, le dieu à l'aube : un même homme, deux visages tournés vers le même ordre du monde.

Face à un homme blessé, beaucoup récitaient d'abord des incantations. Que faisiez-vous, vous ?

Beaucoup, quand la fièvre saisit un homme, appellent aussitôt l'incantation et l'amulette. Je ne les méprise pas — mais j'ai appris à d'abord regarder, toucher, écouter la blessure avant de m'adresser aux dieux. Un crâne fendu, une clavicule rompue, une plaie qui suppure : chacune raconte son histoire à qui sait l'observer. Je disais à mes élèves de décrire ce qu'ils voyaient, de nommer le mal, puis de juger s'il fallait le traiter, le combattre, ou reconnaître honnêtement qu'on ne pouvait rien. Panser, réduire l'os, coudre la chair : la main guérit autant que la prière. On raconte que ces leçons m'ont survécu, recopiées longtemps après moi sur des rouleaux qui décrivent quarante-huit cas sans jamais mentir sur ce qu'on ignore. C'est là, peut-être, mon vrai monument — plus fragile que la pierre, et pourtant plus tenace.

La main guérit autant que la prière.
Imhotep collection Caylus C des M
Imhotep collection Caylus C des MWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Siren-Com

Où se transmettait ce savoir, une fois le soleil couché ?

Le soir venu, quand les chantiers se taisent, je me retire dans la Maison de Vie, le Per-Ankh, ce lieu accolé au temple où l'on garde les rouleaux. C'est tout à la fois bibliothèque, école et salle des malades. Là, à la lueur des lampes, mes scribes déroulent le papyrus sur leurs genoux, taillent le calame, préparent l'encre noire et l'encre rouge. On m'amène les cas difficiles, et je dicte : voici le mal, voici ce que ma main fera. Le savoir ne vaut que s'il se transmet ; un remède qui meurt avec le médecin n'a jamais existé. Voilà pourquoi on m'a toujours représenté un rouleau ouvert sur les genoux — non une couronne, non un sceptre, mais le papyrus, parce que c'est par lui seul que le savoir échappe à la mort.

Un simple mortel changé en dieu guérisseur : comment un tel destin est-il possible ?

On me dit que, longtemps après que mon eut quitté le corps, les hommes ont cessé de me voir comme un vizir pour m'appeler neter — dieu. Cela ne s'était presque jamais vu : un enfant du peuple élevé au rang des puissances divines. Dans les galeries souterraines de Saqqarah, près des taureaux Apis, les malades viennent dormir sur la pierre, la nuit entière, espérant que je descende dans leur sommeil leur souffler le remède. Ils nomment cela l'incubatio. Je ne sais si mon souffle traverse vraiment leurs paupières closes ; mais qu'un homme s'endorme dans la confiance et se réveille apaisé, n'est-ce pas déjà une part de guérison ? Moi qui de mon vivant scrutais les plaies à la lumière du jour, me voici devenu le rêve qu'on vient chercher dans le noir.

Me voici devenu le rêve qu'on vient chercher dans le noir.

Que reste-t-il, dans vos sanctuaires, de tous ceux qui viennent vous implorer ?

Va dans mes sanctuaires et tu les verras par milliers : de petites statuettes de bronze qui me figurent assis, le rouleau déployé sur les genoux, déposées là par des malades, des femmes sans enfant, des jeunes gens qui apprennent la médecine. À Philae, cette île du sud aux confins de la Nubie, on m'a bâti un temple et l'on m'y nomme fils de Ptah, comme si le dieu artisan de Memphis m'avait engendré. Les Grecs, plus tard, m'ont appelé Imouthès et confondu avec leur propre guérisseur, celui qu'ils nomment Asclépios. Étrange sort qu'un homme dont nul ne sait même aujourd'hui où repose le tombeau, et dont le nom voyage pourtant d'une rive à l'autre de la grande mer. On m'a cherché sous terre, et l'on m'a trouvé dans le ciel.

Arte egizia, imhotep, V-I sec. ac.
Arte egizia, imhotep, V-I sec. ac.Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — sailko

On raconte que vous auriez conseillé Djoser lors d'une terrible famine de sept ans. Cette histoire vous appartient-elle ?

Il court un récit gravé sur un rocher de l'île de Séhel — bien plus tardif que mes jours, je le sais. On y raconte que le Nil avait refusé de croître sept années durant, que la famine rongeait le Double Pays, et que Djoser, désemparé, se tourna vers moi pour savoir d'où jaillit le fleuve et quel dieu apaiser. Que des scribes de siècles lointains aient mis mes paroles dans cette bouche me trouble et m'honore : ils cherchaient un sage à placer aux côtés du roi, et c'est mon nom qui leur est venu. Ai-je vraiment conseillé Djoser contre la faim ? La mémoire enfle avec le temps comme le fleuve à la crue. Mais qu'on ait voulu, deux mille ans après, que ce soit moi — voilà qui pèse plus lourd encore que la vérité des faits.

La mémoire enfle avec le temps comme le fleuve à la crue.

Architecte, médecin, sage, dieu... Vous reconnaissez-vous dans ce portrait qui n'a cessé de grandir ?

On m'attribue aussi des maximes, des Sagesses que je n'ai peut-être jamais tracées de ma main, et que l'on récitait encore dans les écoles de scribes bien après moi. Cela m'enseigne une chose : un nom, à force d'être respecté, devient un coffre où chaque génération dépose ce qu'elle admire. On y a rangé l'architecte, puis le médecin, puis le sage, puis le dieu. Je ne me reconnais pas toujours dans ce portrait qui grandit sans moi. De mon vivant, je n'étais qu'un homme méticuleux qui vérifiait ses alignements au cordeau et redoutait de mentir à la Maât. Si quelque chose de moi doit durer, que ce soit cela : le soin, l'exactitude, le refus de bâtir de travers. Le reste, les hommes l'ajouteront bien sans moi.

Au terme de tout, si l'on vous demandait ce que vous avez réellement accompli, que répondriez-vous ?

Quand je marche encore en pensée dans l'enceinte de Saqqarah, le long de ces murs où j'ai fait tailler la fausse façade de palais, le serekh gravé dans la pierre, je ne songe pas à la gloire. Je songe aux carriers qui se sont saigné les mains sur ces blocs, aux équipes que j'inspectais dès l'aube, corrigeant d'un doigt un rang mal posé. Nous fûmes les premiers à confier à la pierre ce que l'on confiait jadis à la brique périssable — et la pierre, elle, ne ment pas au temps. Si l'on me demande ce que j'ai vraiment fait, je ne réponds ni pyramide ni temple : j'ai appris aux hommes que le durable se mérite, assise après assise, dans la patience et la droiture. Le ciel ne se touche pas d'un bond. On y monte par degrés.

Le ciel ne se touche pas d'un bond. On y monte par degrés.
Voir la fiche complète de Imhotep

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Imhotep. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.