Interview imaginaire

Dialogue imaginaire entre Djoser (Netjerikhet) et Imhotep

par Charactorium · Imhotep (2800 av. J.-C. — 2700 av. J.-C.) · Technologie · Sciences · Spiritualité · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Imhotep
Wikimedia Commons, Public domain — Crouse, M. Elizabeth (Mary Elizabeth), b. 1873

C'est à l'ombre de l'enceinte de calcaire blanc de Saqqarah, un soir de la vingtième année du règne, vers 2640 av. J.-C., que Djoser rejoint son vizir sur le chantier presque achevé. Les derniers tailleurs remballent cordeaux et maillets ; la lumière rasante fait rougeoyer les six degrés de la montagne de pierre. Le roi et Imhotep se connaissent depuis les débuts du règne — l'un a confié l'ouvrage, l'autre l'a rêvé et dressé. Djoser vient sans scribes ni gardes, comme un homme qui veut comprendre l'esprit de celui qu'il a fait premier après lui.

Imhotep, je t'ai fait chancelier, grand prêtre d'Héliopolis, sculpteur en chef, premier après moi. Toi qui portes tant de charges, laquelle t'a coûté le plus ?

Aucune ne m'a pesé, Majesté, car toutes servent la même chose : la Maat, l'ordre que tu incarnes et que je dois maintenir sur terre. Tu te souviens du jour où tu m'as ceint la fonction de tjaty : j'ai compris que juger un différend de bornage, aligner un bloc et rédiger une ordonnance pour un malade relèvent d'un seul devoir, tenir droit ce qui menace de pencher. Le fardeau n'est pas dans le nombre des titres, il est dans le regard : celui qui garde la Maat ne dort jamais tout à fait. À Héliopolis, au chantier, dans la Maison de Vie, je suis le même homme qui veille à ce que rien ne dévie de la mesure juste que tu attends de moi.

Celui qui garde la Maat ne dort jamais tout à fait.

Quand tu m'as parlé pour la première fois d'empiler des tombeaux de pierre, j'ai cru à une folie. Qu'as-tu vu que moi je ne voyais pas ?

J'ai vu, Majesté, que le mastaba de brique où l'on couche les rois n'atteint jamais le ciel, et que ta demeure d'éternité méritait mieux que la boue séchée. Alors j'ai posé un mastaba de pierre, puis un plus petit dessus, puis un autre, six en tout, chacun reculant sur le précédent comme un escalier tendu vers Rê. Tu te souviens de mon inquiétude : la pierre est lourde, elle veut s'écrouler. Il a fallu incliner chaque assise vers le cœur de l'ouvrage pour qu'elle se tienne d'elle-même. Ce que tu prenais pour une folie n'était que de la patience géométrique. Aujourd'hui ta montagne se dresse à plus de cent coudées, et pour la première fois un homme a bâti en pierre de taille ce qui durera plus que sa chair.

Ce que tu prenais pour une folie n'était que de la patience géométrique.

J'ai vu tes ouvriers passer des journées sur une seule assise, l'équerre à la main. Pourquoi cette rigueur qui les épuise ?

Parce qu'une pierre mal posée en appelle mille autres qui glissent, Majesté. Le cordeau tendu me donne la ligne droite, l'équerre l'angle parfait, et ce niveau à eau que j'ai fait tailler me dit si l'assise est horizontale au poil près : trois outils simples, mais sans eux la montagne se tord. J'ai voulu aussi que la pierre se souvienne des roseaux : ces colonnes que tu vois, engagées dans le mur, imitent les faisceaux de tiges liées de nos vieux sanctuaires de bois. Le peuple reconnaît ainsi le temple dans la nouveauté. La rigueur n'épuise pas les hommes pour rien — elle est le seul moyen que ce que nous bâtissons aujourd'hui tienne encore quand ni toi ni moi ne serons là pour le redresser.

J'ai voulu que la pierre se souvienne des roseaux.

On dit que le soir, au lieu de te reposer, tu reçois des blessés dans la Maison de Vie. Qu'y cherches-tu, mon vizir ?

J'y cherche ce que la plaie elle-même veut bien m'apprendre, Majesté. Quand un carrier m'arrive le crâne ouvert ou l'épaule démise, je ne commence pas par appeler les formules contre les démons : je regarde, je palpe, je note la couleur, la chaleur, si l'homme remue les doigts. Ensuite seulement je décide — un mal que je peux traiter, un mal que je peux seulement soulager, ou un mal contre lequel je ne peux rien, et il faut avoir le courage de le dire. Mes scribes consignent chaque cas sur le papyrus, avec le geste qui a réussi, pour que le prêtre-médecin de demain n'ait pas à tout réapprendre dans le sang. La magie a sa place, mais devant une blessure, c'est l'œil qui guérit d'abord.

Devant une blessure, c'est l'œil qui guérit d'abord.

Tu dictes tes cas un par un à tes scribes, dis-tu. Combien en faut-il pour prétendre connaître le corps d'un homme ?

On n'en aura jamais assez, Majesté, mais j'en ai déjà rassemblé bien des dizaines, rangés de la tête aux pieds comme on descend le long du Nil. Chaque cas porte le même ordre : ce que je vois, ce que j'en dis, ce que je fais. Ainsi celui qui ouvrira le rouleau après moi lira une blessure du front, puis du nez, puis de la gorge, sans se perdre. Tu te souviens du contremaître tombé de l'échafaudage, l'an dernier ? Son cas est écrit, et grâce à lui j'ai su la fois suivante ne pas presser une nuque brisée. Un homme seul oublie ; le papyrus, lui, retient. C'est pourquoi je tiens plus à mes rouleaux qu'à mes remèdes : le remède sauve un blessé, l'écrit en sauvera cent que je ne verrai jamais.

Le remède sauve un blessé, l'écrit en sauvera cent que je ne verrai jamais.
Imhotep collection Caylus C des M
Imhotep collection Caylus C des MWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Siren-Com

Tu te souviens des sept années où le Nil n'a pas monté, où le grain manquait et où le peuple murmurait ? Que m'avais-tu conseillé, cette fois-là ?

Je m'en souviens comme d'une plaie au ventre du royaume, Majesté. Le fleuve refusait de gonfler, les greniers se vidaient, et tu es venu me demander pourquoi Hâpy, le flot nourricier, se détournait de nous. Je t'ai conseillé de chercher du côté de la source, à Éléphantine, où Khnoum tient les portes de la crue, et d'honorer le dieu qui décide des eaux plutôt que d'accabler les hommes qui n'y peuvent rien. Un vizir n'est pas seulement celui qui bâtit dans la pierre ; il est aussi celui qui lit le ciel et le fleuve pour son roi. Ce fut, je crois, mon plus dur ouvrage — non pas dresser un mur, mais tenir droit le courage d'un peuple affamé jusqu'à ce que le Nil consente enfin à revenir.

Un vizir n'est pas seulement celui qui bâtit dans la pierre.

Les sculpteurs qui font ton effigie te montrent toujours un rouleau ouvert sur les genoux, jamais l'épée ni le sceptre du guerrier. Pourquoi ce choix ?

Parce que ce que je suis tient dans ce rouleau déroulé, Majesté, non dans une arme. D'autres se font tailler debout, la massue levée ; moi, je veux qu'on me voie assis, le papyrus ouvert comme un homme surpris en pleine lecture, car c'est ainsi que je sers le mieux ta maison. Le calame et la palette du scribe, ces godets d'encre noire et rouge, valent pour moi plus que l'or : ils sont les outils par lesquels le savoir ne meurt pas. J'accepte le sceptre ouas et l'ânkh de la vie que porte le prêtre, car ils disent ma fonction sacrée. Mais si l'on doit ne garder qu'un signe de moi, que ce soit l'écrit ouvert sur les genoux : je préfère qu'on se souvienne d'un homme qui savait, plutôt que d'un homme qui commandait.

Je préfère qu'on se souvienne d'un homme qui savait, plutôt que d'un homme qui commandait.
Arte egizia, imhotep, V-I sec. ac.
Arte egizia, imhotep, V-I sec. ac.Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — sailko

Les malades commencent à venir dormir près du sanctuaire en espérant que tu leur apparaisses en rêve. Que penses-tu, toi, de cette ferveur naissante ?

Elle m'émeut et m'inquiète à la fois, Majesté. Que des infirmes viennent passer la nuit dans l'enceinte, espérant qu'un songe leur montre le remède, c'est le signe qu'ils ont foi dans la Maison de Vie et dans Ptah qui l'inspire. Je ne suis qu'un homme, un serviteur de ton trône et du dieu de Memphis ; ce n'est pas moi qu'ils viennent chercher, mais l'espoir que le savoir consolé vaut mieux que la douleur muette. S'il faut qu'on dorme près du sanctuaire pour que le courage revienne au corps, alors laissons faire, car parfois l'apaisement de l'âme guérit ce que ma main ne peut atteindre. Mais je veille à ce qu'on n'y remplace jamais le soin réel par la seule attente d'un songe : le rêve prépare, il ne recoud pas la chair.

Le rêve prépare, il ne recoud pas la chair.

Tu n'es pas de sang royal, Imhotep, et pourtant le peuple prononce déjà ton nom avec un respect qu'il réserve aux dieux. Cela ne te trouble-t-il pas ?

Cela devrait me troubler, Majesté, et c'est pourquoi je m'en garde chaque jour. Un homme né loin du palais, à Ânkhtaoué, qui se voit honoré presque comme une divinité, risque d'oublier d'où il vient et à qui il doit tout. Je me rappelle sans cesse que je ne suis grand que parce que tu m'as élevé, et que ma sagesse n'est qu'un prêt de Ptah, l'artisan qui façonne le monde. Si mon nom se répète après moi, je souhaite qu'il serve à soigner et à bâtir, non à me faire adorer. Le savoir qu'on transmet est une offrande ; l'orgueil qu'on garde est un poison. Que l'on retienne mes rouleaux et ma montagne de pierre — pour le reste, je remets ma mémoire entre les mains du dieu.

Le savoir qu'on transmet est une offrande ; l'orgueil qu'on garde est un poison.

Quand je serai couché sous ces degrés de pierre, mon vizir, que veux-tu que ce monument dise aux hommes qui le regarderont ?

Qu'il leur dise, Majesté, qu'un roi et son serviteur ont osé ce que nul n'avait tenté avant eux, et que la pierre bien assemblée peut vaincre le temps mieux que la brique. Je n'ai pas dressé cette montagne pour ta seule dépouille, mais pour l'idée qu'un homme peut ordonner le chaos des blocs en une forme qui monte vers le ciel. Ceux qui viendront verront l'escalier de tes six degrés et comprendront qu'on peut s'élever par la mesure, le cordeau et la patience, non par la seule force. Tu te souviens de ma promesse, au premier jour du chantier : je t'ai dit que je te bâtirais une demeure que la crue ne dissoudrait pas. Elle est là. Que les vivants y lisent qu'aucun mur ne tient sans un homme qui veille sur chaque assise.

On peut s'élever par la mesure, le cordeau et la patience, non par la seule force.
Voir la fiche complète de Imhotep

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Imhotep. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.