Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jawaharlal Nehru

par Charactorium · Jawaharlal Nehru (1889 — 1964) · Politique · Société · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Jawaharlal Nehru
Wikimedia Commons, Public domain — Not known, Diefenbaker Centre credits British Government

New Delhi, un matin de la fin des années 1950. Dans le jardin de Teen Murti Bhavan, entre les rosiers qu'il soigne lui-même, l'homme au sherwani blanc accepte de poser sa correspondance et de se souvenir à voix haute. Une rose rouge, toujours, à la boutonnière ; et derrière lui, dix-sept années à porter l'Inde à bout de bras.

La nuit du 14 au 15 août 1947 reste dans toutes les mémoires. Que se passait-il en vous à l'instant où vous avez pris la parole à minuit ?

C'était la nuit du 14 au 15 août 1947. Au Parlement, à minuit précis, j'ai senti que le silence lui-même retenait son souffle. J'ai dit ce que je portais depuis des années de cachot : « At the stroke of the midnight hour, when the world sleeps, India will awake to life and freedom. » Sur All India Radio, des millions d'oreilles étaient collées aux postes, dans les villages sans électricité comme dans les palais. Nous avions pris rendez-vous avec le destin bien des années plus tôt, et l'heure venait de tenir notre serment. Mais je ne me berçais pas d'illusions : la liberté n'est pas un aboutissement, c'est une porte. Derrière, il y avait tout à construire, et déjà, aux frontières, le sang coulait pendant que nous célébrions.

La liberté n'est pas un aboutissement, c'est une porte.

Comment cette nuit de fête cohabitait-elle avec le drame de la Partition ?

On imagine cette nuit comme une pure allégresse. Elle le fut, et pourtant je n'ai jamais connu de joie aussi endeuillée. Pendant que la foule dansait devant le Parlement, des trains chargés de morts traversaient le Pendjab dans les deux sens ; des centaines de milliers d'êtres — hindous, musulmans, sikhs — périssaient sur les routes de l'exode. Gandhi, lui, n'était pas à Delhi : il jeûnait au Bengale pour arrêter les tueries, refusant de fêter une indépendance née d'une déchirure. J'ai compris cette nuit-là ce que gouverner voudrait dire : tenir ensemble un pays que tout menaçait de rompre. Une Inde laïque, où le temple et la mosquée auraient droit de cité sous le même ciel — voilà le serment silencieux que je me faisais, plus profond encore que les mots prononcés à minuit.

Comment écrit-on une histoire de l'Inde entière sans bibliothèque, du fond d'une cellule ?

Au fort d'Ahmadnagar, entre 1942 et 1945. Les Anglais nous avaient jetés là, tout le comité du Congrès, après l'appel à quitter l'Inde. Neuf fois ils m'ont emprisonné — près de neuf années de ma vie derrière les barreaux. Mais une cellule, voyez-vous, est un curieux maître d'école : privé du moindre livre, j'ai dû écrire The Discovery of India de mémoire, en interrogeant cinq mille ans de civilisation comme on questionne un vieil ami. J'y cherchais ce fil invisible qui fait tenir ensemble tant de langues, de dieux, de castes. L'Inde, notais-je sur mes cahiers de fortune, est « a bundle of contradictions held together by strong but invisible threads ». Ces pages noircies à la main furent ma véritable évasion.

Avant ce grand livre, il y eut des lettres. Pourquoi raconter le monde entier à votre fille depuis la prison ?

Bien avant La Découverte de l'Inde, il y eut l'encre et le papier de la prison de Naini, entre 1930 et 1933. J'écrivais à ma fille Indira, une enfant alors, non pour lui raconter l'Inde seule, mais l'histoire du monde entier : l'Égypte, la Grèce, la Chine, les révolutions des hommes. Cent quatre-vingt-seize lettres qui devinrent Glimpses of World History. Un père enfermé n'a que ses mots pour tenir la main de son enfant à distance. Je voulais qu'elle comprît que notre lutte n'était pas un accident local, mais un chapitre d'une immense aventure humaine. Je ne savais pas, en traçant ces pages, que je formais peut-être celle qui, un jour, porterait à son tour le fardeau de gouverner.

Vous parliez des barrages comme des « temples de l'Inde moderne ». Pourquoi ce vocabulaire sacré pour des ouvrages d'ingénierie ?

Quand j'ai inauguré nos premiers grands barrages, j'ai osé les nommer les temples de l'Inde moderne. On m'en a fait reproche, presque comme d'un blasphème. Mais un peuple qui a faim de pain et de lumière ne se nourrit pas seulement de prières. J'ai voulu doter l'Inde d'un cerveau scientifique : entre 1951 et 1959, nous avons fondé les IIT, ces instituts de technologie où se formeraient les ingénieurs d'une nation qui ne mendierait plus son acier ni son savoir. Mes plans quinquennaux, inspirés d'un socialisme fabien respiré à Cambridge, visaient une économie mixte, avec un secteur public assez fort pour bâtir ce que le marché seul n'aurait jamais bâti. Industrialiser, pour moi, c'était une autre manière de conquérir l'indépendance.

Un peuple qui a faim de pain et de lumière ne se nourrit pas seulement de prières.
Jawaharlal Nehru statue, Manali
Jawaharlal Nehru statue, ManaliWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Rohan Pinto

Sur quels points fondamentaux votre vision de l'Inde divergeait-elle de celle de Gandhi ?

J'aimais Gandhi comme un fils aime son père, et pourtant nous ne rêvions pas de la même Inde. Lui voyait le salut dans le village, dans le charkha — le rouet — et l'artisanat ; il se méfiait de la machine comme d'une idole venue d'Occident. Moi, formé en Angleterre, je ne concevais pas d'arracher trois cents millions d'hommes à la misère sans usines, sans science, sans grands ouvrages. J'ai gardé un rouet près de moi, par fidélité et par tendresse, mais mon cœur battait pour les turbines. Nos querelles ne furent jamais des ruptures : c'était le dialogue de deux amours de l'Inde, l'un penché sur son âme ancienne, l'autre tendu vers son avenir. Je crois qu'il faut les deux pour faire une nation.

Que représentait pour vous la conférence de Bandung, en 1955 ?

Avril 1955, Bandung, en Indonésie. Vingt-neuf nations d'Asie et d'Afrique réunies pour la première fois — des peuples qui, la veille encore, n'existaient sur les cartes que comme des couleurs d'empires. Il y avait Nasser, Sukarno, Zhou Enlai. Nous affirmions une chose simple et immense : les anciens colonisés n'avaient pas brisé une chaîne pour en enfiler aussitôt une autre. Refuser de choisir entre Washington et Moscou, ce n'était pas une neutralité tiède — c'était revendiquer le droit de penser par nous-mêmes. Ce jour-là, ce que l'on nommerait le Tiers-Monde cessait d'être un objet de l'histoire pour en devenir un acteur. J'en revins convaincu que l'Asie éveillée pèserait bientôt de tout son poids sur la balance du monde.

Les anciens colonisés n'avaient pas brisé une chaîne pour en enfiler aussitôt une autre.

Comment défendiez-vous le non-alignement face à ceux qui y voyaient une dérobade ?

En 1954, j'ai signé avec la Chine les cinq principes — le Panchsheel : respect mutuel de la souveraineté, non-agression, non-ingérence, égalité, coexistence pacifique. Je croyais fermement qu'entre deux civilisations millénaires enfin libres, la raison l'emporterait sur la force. Le non-alignement n'avait rien d'une lâcheté diplomatique : dans un monde coupé en deux blocs armés jusqu'aux dents, refuser les deux camps était l'acte le plus courageux qui soit. Nous avons même choisi de demeurer dans le Commonwealth tout en devenant une république, en 1950 — preuve qu'on peut garder des liens sans porter de chaînes. Je ne vous cacherai pas que la confiance placée en mon voisin du Nord m'aura coûté cher ; l'histoire des nations est plus âpre que celle des principes.

Pandit jawaharlal nehru statue at RK Beach Visakhapatnam 04
Pandit jawaharlal nehru statue at RK Beach Visakhapatnam 04Wikimedia Commons, CC0 — Kasyap

On vous a toujours vu une rose rouge à la boutonnière. Que signifiait ce geste quotidien ?

Ah, la rose. Chaque matin, à Teen Murti Bhavan, j'en glisse une, rouge et fraîche, dans la boutonnière de mon sherwani. C'est une habitude que je tiens de mon père, Motilal, homme raffiné jusqu'au bout des ongles. Les enfants massés le long des routes y voient parfois un signe magique ; les diplomates, à New York comme à Moscou, une coquetterie. Pour moi, c'est autre chose : au milieu des plans quinquennaux, des télégrammes et des crises de frontière, cette fleur me rappelle qu'on ne gouverne pas seulement avec de l'acier et des statistiques. Le soir, lorsque je m'occupe de mes rosiers dans le jardin au soleil couchant, il me semble retrouver la part de moi que la politique n'aura jamais tout à fait dévorée.

On ne gouverne pas seulement avec de l'acier et des statistiques.

Votre sherwani et le bonnet blanc du Congrès sont devenus des symboles. Quel message portaient ces vêtements ?

Ce long manteau blanc boutonné jusqu'au col, mon sherwani, et le topi blanc — ce bonnet que nous portions, nous les hommes du Congrès, comme un uniforme de la désobéissance. Sous les Anglais, cette coiffure était un défi visible : la porter, c'était déjà refuser. On me dit qu'à l'étranger on nomme désormais « col Nehru » cette encolure droite qui n'est pourtant que celle de mon pays. Cela me fait sourire : je n'ai jamais cherché à lancer une mode, seulement à m'habiller en Indien parmi les Indiens. Un vêtement n'est jamais innocent ; il dit à quel monde l'on appartient. Le mien affirmait, sans un mot, que l'Inde n'avait plus à emprunter ses habits à personne.

Après tant d'années au pouvoir, comment définiriez-vous l'homme que vous êtes devenu, entre l'Orient et l'Occident ?

On me croit tout d'une pièce ; je suis un homme fêlé. J'ai écrit un jour, dans mon Autobiography, une phrase que je n'ai jamais reniée : « I have become a queer mixture of the East and the West, out of place everywhere, at home nowhere. » Cambridge m'a donné la raison, les livres anglais, le goût du doute ; l'Inde m'a légué son âme immémoriale, ses fleuves, ses foules. J'ai gouverné avec ce partage logé au-dedans de moi. Mais peut-être fallait-il précisément un tel homme, ni tout à fait d'ici ni tout à fait d'ailleurs, pour bâtir une nation fidèle à ses cinq mille ans et pourtant résolument tournée vers la science. Ma contradiction fut peut-être ma seule vertu d'homme d'État.

On me croit tout d'une pièce ; je suis un homme fêlé.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jawaharlal Nehru. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.