Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Jean Calvin

par Charactorium · Jean Calvin (1509 — 1564) · Spiritualité · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Genève, automne 1563. Dans une maison sobre de la haute ville, à deux pas de la cathédrale Saint-Pierre, un homme épuisé par la fièvre reçoit son visiteur sans cérémonie, une pile de manuscrits encore humides d'encre sur sa table de travail. Il tousse, s'excuse de sa voix faible, et accepte de revenir sur une vie qui n'aurait jamais dû s'attarder dans cette ville.

Comment un jeune homme promis au droit s'est-il retrouvé fugitif du royaume de France ?

Mon père m'avait d'abord destiné à l'Église, puis, calculant mieux, m'envoya étudier le droit à Orléans et Bourges. C'est là, parmi les humanistes évangéliques, que survint ce que j'appelle ma conversion soudaine, vers 1533 — Dieu dompta d'un coup mon cœur trop endurci. Puis vint octobre 1534 : ces placards contre la messe affichés jusqu'à la porte du roi François. La répression fut telle qu'il fallut fuir Paris en hâte. J'ai voyagé sous le nom de Charles d'Espeville, comme un homme qui n'a plus de nom propre. Quand on m'a accusé, moi et les miens, de sédition et de rébellion, j'ai répondu non par les armes mais par une lettre au roi, en tête de mon Institution : plusieurs gens de bien sont faussement accusés de crimes énormes.

J'ai voyagé sous le nom de Charles d'Espeville, comme un homme qui n'a plus de nom propre.

Vous souvenez-vous de cette fameuse nuit où vous ne deviez que passer par Genève ?

Je me rendais à Strasbourg, en 1536, et Genève n'était qu'une étape d'une seule nuit. Mais Guillaume Farel l'apprit. Cet homme vint me trouver et, voyant que je m'excusais sur mes études et mon désir de repos, il ne me supplia pas : il me menaça presque, criant que Dieu maudirait ma tranquillité si je refusais de tendre la main à son Église en péril. J'en fus si épouvanté que je n'osai poursuivre mon chemin. Je n'avais pas choisi cette ville ; j'avais le sentiment qu'une main plus forte que la mienne m'y clouait. Je croyais m'arrêter une nuit ; j'y suis encore, vingt-sept ans plus tard, et c'est ici que je mourrai.

Je croyais m'arrêter une nuit ; j'y suis encore, vingt-sept ans plus tard.

Pourtant cette ville vous a chassé une première fois. Que vous ont apporté ces années d'exil ?

En 1538, Farel et moi fûmes expulsés : la cité ne supportait pas encore qu'on touche à ses libertés et à ses tables de communion. Je partis pour Strasbourg, et j'y connus trois des années les plus heureuses de ma vie. J'y dirigeai une congrégation de réfugiés français, j'appris énormément auprès de Martin Bucer, et c'est là que j'épousai Idelette de Bure, veuve d'un anabaptiste que j'avais ramené à la vraie foi. Lorsque Genève me rappela en 1541, je n'y revins pas en triomphateur, mais comme on retourne à un fardeau qu'on s'était cru permis de poser. J'apportai dans mes bagages les Ordonnances ecclésiastiques, pour que cette fois l'Église y fût bâtie sur des fondements solides.

Vous avez prêché presque chaque jour. Comment décririez-vous ce labeur de la chaire ?

Dans nos temples, j'ai fait ôter l'autel pour mettre la chaire au centre : ce n'est plus le sacrifice qu'on regarde, c'est la Parole qu'on écoute. Je montais à Saint-Pierre plusieurs fois la semaine, et je ne choisissais pas mes textes au gré des fêtes du calendrier romain. Je pratique la lectio continua : on prend un livre de l'Écriture et on l'explique verset après verset, dans l'ordre, jusqu'au bout. Ainsi de mes cent cinquante-neuf sermons sur le livre de Job, où j'ai cherché, dimanche après dimanche, à faire entendre comment la Providence de Dieu gouverne jusqu'à nos misères. Prêcher n'est pas séduire ; c'est ouvrir le texte et s'effacer derrière lui.

Ce n'est plus le sacrifice qu'on regarde, c'est la Parole qu'on écoute.

Votre Institution de la religion chrétienne ne cesse de grossir d'édition en édition. Que cherchez-vous à y faire ?

J'ai publié la première Institution de la religion chrétienne à Bâle, en 1536, un petit livre d'abord, puis je l'ai reprise, augmentée, traduite en français, jusqu'à l'édition de 1560. Je voulais ordonner toute la doctrine — la connaissance de Dieu, la grâce, la prédestination, les sacrements — de manière qu'un homme simple pût y trouver un chemin sûr. Car j'y affirme une chose : nul n'est si grossier et si brutal qu'il ne soit touché de quelque sens de la divinité ; mais cette connaissance, notre ingratitude l'étouffe en nous. Avec ma plume et mon encrier, je n'ai cessé d'écrire — lettres, commentaires sur presque tous les livres de la Bible — pour que cette semence enfouie soit ranimée.

Dutch:  Portret van Johannes Calvijn (1509-1564) Portrait of John Calvinlabel QS:Lit,"Ritratto di Giovanni Calvino"label QS:Lfr,"Portrait de Jean Calvin"label QS:Lnl,"Portret van Johannes Calvijn"lab
Dutch: Portret van Johannes Calvijn (1509-1564) Portrait of John Calvinlabel QS:Lit,"Ritratto di Giovanni Calvino"label QS:Lfr,"Portrait de Jean Calvin"label QS:Lnl,"Portret van Johannes Calvijn"labWikimedia Commons, Public domain — Anonymous (France)Unknown author

Le consistoire que vous avez fondé surveillait jusqu'aux mœurs des habitants. Pourquoi une telle discipline ?

Quand je revins en 1541, j'imposai les Ordonnances ecclésiastiques et j'instituai le consistoire : des pasteurs et des anciens laïcs chargés de veiller sur la vie de la cité. On m'a reproché cette rigueur. Mais une Église sans discipline est un corps sans nerfs. J'ai distingué quatre ordres que notre Seigneur a institués pour le gouvernement de son Église : les pasteurs, les docteurs, les anciens, les diacres. Les jeux de cartes, les danses, l'ivrognerie, je les ai combattus non par haine de la joie, mais parce qu'une communauté qui se prétend réformée et se vautre dans le désordre ment à sa profession. La sainteté n'est pas un ornement ; elle est la marque des élus.

L'exécution de Michel Servet, en 1553, pèse encore sur votre réputation. Comment la justifiez-vous ?

Michel Servet vint à Genève en 1553, lui qui niait la sainte Trinité et le baptême des enfants, lui que les catholiques eux-mêmes voulaient brûler. Il fut jugé par le Conseil de la ville, non par moi seul, et condamné pour hérésie. J'ai donné mon accord à sa condamnation — j'eusse souhaité une mort moins cruelle que le bûcher, et je le dis. Je sais qu'on m'en fait grief, et que certains commencent à parler de tolérance comme d'une vertu. Mais laisser un homme empoisonner les âmes de tout un peuple, n'est-ce pas une cruauté plus grande encore ? Ces années-là, j'avais aussi à combattre les Libertins de la ville, qui ne furent vaincus qu'en 1555. La cité tenait à un fil.

Plaque sur la tombe de Jean Calvin. Cimetière des Rois, Genève
Plaque sur la tombe de Jean Calvin. Cimetière des Rois, GenèveWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Yann Forget

On vous décrit comme un homme d'une grande austérité. Que mettiez-vous dans votre assiette, comment viviez-vous ?

Je vis dans une maison modeste que la ville m'a prêtée : quelques meubles, une table de travail, et surtout des livres. Je porte la robe noire du pasteur, sans broderie ni faste — ce sombre n'est pas tristesse, c'est refus de l'ostentation où le clergé de Rome se complaît. Ma table est frugale : du pain, des légumes, parfois un peu de poisson. Dans ces dernières années, mon estomac ruiné ne supporte souvent qu'un seul repas par jour. Ce n'est pas seulement vertu ; c'est nécessité. Je ne goûte pas aux divertissements que le consistoire condamne, et mes soirées se passent à relire mes manuscrits avec Théodore de Bèze. Une vie retirée, en accord avec ce que je prêche.

Votre santé vous a longtemps tourmenté. Comment avez-vous tenu une telle charge dans un corps si malade ?

Mon corps est un champ de bataille : migraines qui ne me lâchent point, la goutte, les maux d'entrailles, et cette toux qui désormais ramène le sang. J'ai cinquante-quatre ans et j'en parais bien davantage. Et pourtant je n'ai jamais autant écrit, prêché, répondu aux lettres qui m'arrivent de toute l'Europe. Comment ? Parce que ce n'est pas ma force qui œuvre. Je confesse avoir vécu en beaucoup de misères, et que tous mes vices ont toujours déplu à Dieu ; mais par sa grâce il m'a pardonné, et j'ai enseigné fidèlement sa Parole. Quand on me mettra en terre, je veux une fosse anonyme, sans croix ni épitaphe. Qu'on n'adore point l'homme : ce serait retomber dans le culte des reliques que j'ai dénoncé.

Qu'on n'adore point l'homme : ce serait retomber dans le culte des reliques que j'ai dénoncé.

Que souhaitez-vous laisser à ceux qui viendront après vous, dans cette Académie que vous avez fondée ?

En 1559, j'ai fondé l'Académie de Genève, pour y former les pasteurs qu'on envoie ensuite dans toute la France et au-delà. C'est là, peut-être, mon ouvrage le plus durable : non un livre, mais des hommes. Le Catéchisme que j'ai rédigé en 1542, sous forme de questions et de réponses, instruit déjà les enfants dans toutes nos Églises ; le psautier que chantent les fidèles met la Parole dans leur bouche. Si je pouvais imaginer qu'on me lirait dans un siècle, je ne voudrais pas qu'on retienne mon nom, mais la doctrine : que l'Écriture seule fasse autorité, et que la gloire en revienne à Dieu, non au pauvre serviteur de Noyon que je suis.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Jean Calvin. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.