Interview imaginaire

Les enfants interrogent Joni Mitchell

par Charactorium · Joni Mitchell (1943 — ?) · Musique · Arts visuels · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Joni Mitchell
Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — Capannelle

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs d'une classe découverte poussent la porte d'un atelier qui sent la peinture à l'huile et le café. Une dame aux longs cheveux, une guitare posée près d'un chevalet, les accueille avec un sourire. Ils ont mille questions ; elle a tout son temps.

Vous aviez quel âge quand vous êtes tombée gravement malade ?

J'avais neuf ans, mon enfant. C'était en 1952, à Saskatoon, une ville des grandes plaines du Canada. Une épidémie de poliomyélite a frappé la région — une maladie qui attaque les muscles et peut empêcher de marcher. Les médecins m'ont dit que je ne remarcherais peut-être jamais normalement. Imagine : une petite fille couchée dans un lit d'hôpital tout l'hiver, loin de sa maman. Alors, pour ne pas pleurer, je me suis mise à chanter. Toute seule, dans la chambre. C'est là, dans cette solitude, que la musique est entrée dans ma vie. La maladie m'a pris mes jambes un moment, mais elle m'a donné une voix.

La maladie m'a pris mes jambes un moment, mais elle m'a donné une voix.

C'est vrai que vous accordez votre guitare tout bizarrement ?

Oui ! Et c'est encore la polio, figure-toi. La maladie a laissé une petite faiblesse dans les doigts de ma main gauche. Les positions normales sur le manche me faisaient mal, je n'y arrivais pas. Alors j'ai triché : j'ai changé l'accord des cordes elles-mêmes, pour trouver des positions faciles pour ma main. Tu sais combien j'en ai inventé, de ces accordages personnels ? Plus de cinquante ! Chaque chanson a presque le sien. Les autres guitaristes n'y comprenaient rien quand ils prenaient ma guitare. C'est ma petite forêt secrète à moi. Une gêne dans mes doigts est devenue ma signature — le son qu'on reconnaît entre mille.

Une gêne dans mes doigts est devenue ma signature.

Pourquoi vous n'êtes pas allée à Woodstock si vous avez écrit la chanson ?

Ah, ça me pince encore le cœur ! En 1969, tous mes amis musiciens partaient pour ce grand festival de Woodstock — trois jours de musique, de paix, dans un champ boueux avec une foule immense. J'avais très envie d'y aller. Mais mon manager m'a conseillé de ne pas manquer un passage à la télévision, à une émission importante. Alors je suis restée. Mon ami Graham Nash est revenu, les yeux brillants, et m'a tout raconté : la pluie, la foule, cette fraternité. En l'écoutant, j'ai écrit la chanson Woodstock. Elle est devenue l'hymne du festival. C'est drôle, non ? J'ai chanté le plus beau des jours sans jamais l'avoir vu de mes yeux.

J'ai chanté le plus beau des jours sans jamais l'avoir vu de mes yeux.

C'était comment de faire un disque aussi triste que Blue ?

C'était comme ouvrir la porte de ma chambre à des inconnus. En 1971, avec l'album Blue, j'ai décidé de ne plus rien cacher : mes chagrins d'amour, ma solitude, mes peurs. Tout, sans maquillage. Mon ami Neil Young m'a même dit que j'étais 'trop sans défenses'. Il avait un peu raison — j'étais nue, comme quand on n'a plus rien pour se protéger. Mais tu sais quoi ? C'est justement ça qui a touché les gens. Avant, dans les chansons, on cachait ses vraies larmes derrière de jolies histoires. Moi, j'ai montré les vraies. Ça fait un peu peur de se montrer entier. Mais c'est comme ça qu'on touche vraiment un cœur.

Il faut être un peu sans défenses pour toucher vraiment un cœur.

Ça vous faisait pas peur que tout le monde connaisse vos secrets ?

Si, terriblement. Chaque fois que je chantais Blue sur scène, je revivais tout : la rupture, le manque, la tristesse. Ce n'était pas du théâtre. Il n'y avait aucune distance entre moi et la chanson — quand je la chantais, je la vivais à nouveau. C'est un cadeau et c'est un prix à payer en même temps. Imagine que tu lises ton journal intime à voix haute devant toute ta classe, tous les soirs. Voilà ce que c'était. Mais je crois qu'un artiste doit être honnête, sinon à quoi bon ? Les gens sentent tout de suite quand on ment. Alors j'ai choisi la vérité, même quand elle faisait mal.

Quand je chantais Blue, je la vivais à nouveau — c'est le cadeau et le prix.
Joni Mitchell 2021 Kennedy Center Honors (cropped)
Joni Mitchell 2021 Kennedy Center Honors (cropped)Wikimedia Commons, CC0 — Library of Congress Life

Pourquoi vous vouliez tout le temps voyager quand vous écriviez ?

Parce que bouger me soignait, mon enfant. Quand un gros chagrin me pesait, rester enfermée le rendait plus lourd. Alors je prenais la route. En 1976, j'ai fait tout un album sur la route, Hejira — un mot qui veut dire 'le voyage', 'le départ'. J'écrivais mes chansons en roulant, en regardant défiler les grands paysages. Le mouvement, c'est le seul remède que je connaisse à certains chagrins. Vraiment. Ce n'était pas fuir : c'était laisser la peine glisser derrière moi, kilomètre après kilomètre. Quand tu es triste et que tu marches longtemps, tu sens que ça va un peu mieux, non ? C'est exactement ça.

Le mouvement, c'est le seul remède que je connaisse à certains chagrins.

Qui c'est ce Jaco qui jouait avec vous, et pourquoi il était spécial ?

Jaco Pastorius ! Un jeune homme, un génie de la basse. Tu sais, la basse, c'est ce gros instrument à quatre cordes qui donne les notes graves, tout en bas de la musique. D'habitude elle reste bien sage dans le fond. Mais Jaco, lui, jouait sur une basse fretless — sans les petites barres de métal sur le manche. Ça lui permettait de faire glisser les notes, comme une voix qui chante et qui pleure. Sur Hejira, sa basse ne se contentait pas de m'accompagner : elle me répondait, elle dialoguait avec moi. C'était nouveau, ça n'existait pas avant. Il a changé le son de ma musique pour toujours.

Sa basse ne m'accompagnait pas : elle me répondait.
Joni Mitchell 2023
Joni Mitchell 2023Wikimedia Commons, CC0 — Library of Congress Life

C'est vrai que vous faisiez de la peinture aussi, pas que de la musique ?

Oh, mais la peinture, c'est ma première maison ! Bien avant les chansons, petite fille, je dessinais déjà. J'ai toujours dit que j'étais peintre d'abord, musicienne ensuite. Regarde autour de toi : chevalet, toiles, pinceaux. Le matin, avant tout, je peins — des portraits, des paysages, parfois des formes qui ne représentent rien de précis. Ça libère ma tête avant d'écrire mes chansons. Et tu vois les pochettes de mes disques ? Ces images sur la couverture ? C'est moi qui les ai peintes, presque toutes. Pour moi, peindre et composer, c'est la même chose : chercher à dire ce qui ne se dit pas avec des mots ordinaires.

Je suis peintre d'abord, musicienne ensuite.

Vous préfériez quoi, alors, chanter ou peindre ?

Quelle question difficile ! C'est comme demander à quelqu'un s'il préfère respirer ou marcher. J'ai souvent dit, en riant à moitié, que je me sentais comme une peintre poussée par le hasard dans le métier de la musique. La musique, elle, payait le loyer, tu comprends ? Elle m'a rendue célèbre. Mais la peinture, personne ne me la demandait — je la faisais juste pour moi, dans le silence. Les deux se nourrissent l'une l'autre. Quand j'ai fini de peindre, une chanson arrive. Quand la chanson est finie, l'envie de peindre revient. Je ne choisis pas, mon enfant. Un artiste n'a pas qu'une seule voix pour parler au monde.

Un artiste n'a pas qu'une seule voix pour parler au monde.

Si on écoutait vos chansons aujourd'hui, qu'est-ce que vous voudriez qu'on ressente ?

J'aimerais que tu te sentes moins seul. Voilà, c'est tout. Quand j'ai écrit Blue, ou Court and Spark, je parlais de mes propres peines. Mais si tu écoutes et que tu penses 'tiens, moi aussi j'ai ressenti ça', alors on est reliés, toi et moi, par-delà le temps. C'est le pouvoir d'une chanson honnête. Elle te prend par la main et te dit : tu n'es pas seul à avoir peur, à aimer, à être triste. Ne te ferme jamais, mon enfant. Ni dans la musique, ni dans la peinture, ni dans la vie. Ce que tu caches ne touche personne. Ce que tu oses montrer peut consoler quelqu'un que tu ne connaîtras jamais.

Ce que tu caches ne touche personne ; ce que tu oses montrer peut consoler quelqu'un.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Joni Mitchell. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.