Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Joseph Staline

par Charactorium · Joseph Staline (1878 — 1953) · Politique · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Mars 1949. La nuit tombe sur la datcha de Kountsevo, à la lisière de Moscou, derrière trois cercles de gardes du NKVD. Le Généralissime nous reçoit tard, comme toujours, une pipe éteinte à la main et une carafe de vin géorgien posée sur la table. Il parle lentement, l'accent du Caucase encore présent, le regard fixe.

Comment un fils de cordonnier de Gori s'est-il retrouvé sur les bancs d'un séminaire orthodoxe ?

Ma mère, Keke, voyait en moi un prêtre. C'était son rêve à elle, pas le mien — mais quand on naît dans une masure de Gori, en Géorgie, on ne refuse pas la seule porte qui mène ailleurs. Alors je suis monté au séminaire de Tiflis, j'ai appris le slavon, les psaumes, la discipline du silence. Et c'est là, précisément là, sous les voûtes qui devaient faire de moi un homme de Dieu, que j'ai lu Marx en cachette, à la chandelle, après l'extinction des lumières. On m'a renvoyé en 1899 pour cela. Les popes croyaient former un berger d'âmes ; ils ont formé un révolutionnaire. La discipline, voyez-vous, je ne l'ai pas désapprise — je l'ai seulement retournée contre eux.

Les popes croyaient former un berger d'âmes ; ils ont formé un révolutionnaire.

Que reste-t-il du jeune homme pieux dans l'homme que vous êtes devenu ?

On ne quitte jamais tout à fait le séminaire. La foi se déplace, voilà tout. J'ai écrit en 1913, à la demande de Lénine, Le Marxisme et la question nationale — et j'y cherchais, sans le savoir, une orthodoxie nouvelle, une doctrine assez ferme pour tenir des peuples ensemble. Plus tard, Les Questions du léninisme sont devenues une sorte d'Écriture. Les croyants ont besoin d'un livre, d'un dogme, d'un catéchisme ; je leur en ai donné un. La différence, c'est que mon paradis se construit ici, sur cette terre, à coups d'acier et de blé, et non dans un au-delà qu'aucun pope n'a jamais vu de ses yeux.

La foi se déplace, voilà tout.

Pourquoi avoir imposé à la paysannerie une collectivisation aussi brutale ?

Une nation arriérée est une nation battue d'avance. Regardez la carte : nous avions cent ans de retard sur l'Occident, et l'Occident ne pardonne pas le retard. Mon premier plan quinquennal, lancé en 1928, devait combler ce gouffre en dix ans. Pour cela il fallait du grain, et le grain dormait dans les mains des koulaks, ces paysans qui spéculaient pendant que les villes avaient faim. Alors nous avons regroupé les terres en kolkhozes. Ce fut dur, je ne le nie pas — on n'arrache pas un peuple à la charrue de bois sans cris. Mais quand l'acier coule des hauts-fourneaux de l'Oural, on ne demande plus à la charrue ce qu'elle a coûté.

Une nation arriérée est une nation battue d'avance.

Et la famine qui a ravagé l'Ukraine en ces années-là, comment la regardez-vous ?

Vous parlez des années 1932-1933. Je vous répondrai en bolchevik : l'histoire ne se fait pas dans les gants. Il y eut des réquisitions, il y eut des résistances, il y eut des morts — beaucoup. Les ennemis du Parti voudraient en faire un procès ; moi j'y vois le prix d'un saut que nul autre n'osait tenter. On a glorifié le mineur Stakhanov, ses records, son émulation socialiste, parce qu'il fallait des héros pour porter cette transformation. La paysannerie indépendante, elle, devait disparaître comme une classe ; c'était écrit dans la logique même de la révolution. Je sais ce qu'on murmurera. Mais celui qui veut une omelette ne pleure pas chaque œuf brisé sur la table.

L'histoire ne se fait pas dans les gants.

On dit que vous signiez vous-même des listes de condamnés. Que faisiez-vous, exactement, devant ces papiers ?

Je lisais. C'est tout, et c'est tout le pouvoir. Entre 1936 et 1938, pendant ce qu'on a nommé la Grande Terreur, on m'apportait des feuillets dactylographiés — des noms, par centaines. Je les parcourais le soir, ici, à la lueur d'une lampe, et j'apposais ma marque. Parfois j'écrivais un mot dans la marge. Un ennemi du peuple n'est pas un homme qu'on hait, c'est un homme qu'on retranche, froidement, comme on coupe une branche malade. Le NKVD faisait le reste. On me reprochera ces listes ; on oubliera que tout État qui se construit dresse d'abord la liste de ce qui le menace. J'ai seulement refusé de détourner les yeux pendant qu'on la dressait.

Un ennemi du peuple n'est pas un homme qu'on hait, c'est un homme qu'on retranche.
Filonov - portrait-of-joseph-stalin-iosif-vissarionovich-dzhugashvili-1936
Filonov - portrait-of-joseph-stalin-iosif-vissarionovich-dzhugashvili-1936Wikimedia Commons, Public domain — Pavel Filonov

N'avez-vous jamais craint que cette mécanique de la terreur finisse par se retourner contre vous ?

La peur ? Elle est l'huile de la machine, pas son grain de sable. Les procès de Moscou ont décimé l'état-major, le vieux Parti, les compagnons de Lénine eux-mêmes — Zinoviev, Boukharine, tous ceux qui se croyaient irremplaçables. Justement : personne n'est irremplaçable, et c'est ce que ces procès devaient graver dans chaque esprit. Les dossiers du NKVD s'empilaient, gonflés d'aveux et de dénonciations, et chacun savait qu'un feuillet portait peut-être son nom. Un homme qui dort tranquille est un homme qui complote. Moi, je dormais peu — non par crainte, mais parce que la nuit est le seul moment où l'on voit clair dans les hommes qui vous entourent en souriant le jour.

La peur est l'huile de la machine, pas son grain de sable.

Vos nuits sont légendaires. À quoi ressemble une soirée ordinaire dans cette datcha ?

Ordinaire ? Rien n'est ordinaire quand on gouverne un sixième des terres émergées. Je me lève rarement avant midi, je travaille quand les autres dorment. Le soir, ici à Kountsevo, je réunis le Politburo autour d'une longue table : du khinkali, du shashlyk, des vins que je fais venir du Caucase, et l'on boit — beaucoup, car celui qui refuse de boire avec moi a quelque chose à cacher. Puis nous descendons voir des films, parfois jusqu'à quatre heures du matin. J'aime le cinéma comme on aime une arme bien huilée : j'approuve, je coupe, je réécris. Les hommes croient gouverner par les discours ; moi je gouverne aussi par ce qui passe sur l'écran, et par ce téléphone qui sonne chez mes généraux à trois heures de la nuit.

J'aime le cinéma comme on aime une arme bien huilée.

Vous mêlez à ces dîners les plaisanteries et les humiliations. Pourquoi ce théâtre nocturne ?

Parce qu'un chef doit voir ses hommes sans masque, et le vin arrache les masques mieux que la torture. Autour de ma table, je plaisante, je raille, je force l'un à danser, l'autre à boire jusqu'à la honte — et pendant qu'ils rient de peur, je lis dans leurs yeux qui flanchera demain. Ce ne sont pas des dîners, ce sont des examens. Le matin venu, je relis les rapports du NKVD en robe de chambre, et je compare ce que les visages avaient avoué la veille avec ce que les délateurs écrivent. La table et le dossier se répondent. On me croit cinéphile, bon vivant, oncle Joé ; on oublie que le culte de la personnalité lui-même est une mise en scène que je dirige, image après image.

Ce ne sont pas des dîners, ce sont des examens.
Joseph Stalin, Franklin D Roosevelt and Winston Churchill, in Teheran, 1943, edit
Joseph Stalin, Franklin D Roosevelt and Winston Churchill, in Teheran, 1943, editWikimedia Commons, Public domain — Dennis Charles Oulds

En juin 1941, l'Allemagne envahit l'URSS malgré le pacte. Comment vivez-vous cette trahison ?

Le 22 juin 1941, le sol s'est ouvert sous nos pieds. J'avais signé en 1939 un pacte avec Hitler — non par confiance, jamais par confiance, mais pour acheter du temps, et le temps nous a manqué de quelques mois. Le premier choc passé, je suis monté au micro le 3 juillet, et j'ai dit ce que je n'avais jamais dit : « Camarades, citoyens, frères et sœurs, combattants de notre armée et de notre marine ! Je m'adresse à vous, mes amis ! » Ces mots-là n'étaient pas du marxisme, ils étaient de la chair. Il fallait que chaque moujik sente qu'on défendait sa terre, ses morts, son église même. Puis vint Stalingrad, et le fleuve gelé a renvoyé la Wehrmacht d'où elle venait.

J'avais signé un pacte avec Hitler non par confiance, jamais par confiance, mais pour acheter du temps.

À Yalta, en 1945, on vous décrit d'un calme imperturbable face à Roosevelt et Churchill. Quel était votre jeu ?

À Yalta, en février 1945, je suis arrivé à l'heure, toujours à l'heure, en uniforme de Généralissime, et j'ai laissé les autres parler. Roosevelt était malade, Churchill bavard ; moi j'avais l'Armée rouge à mille kilomètres de Berlin, et une carte vaut tous les discours. Ils négociaient des principes ; je négociais des frontières. L'Europe de l'Est, je ne l'ai pas demandée — je l'ai constatée, sous mes bottes. Les diplomates anglais se disaient déconcertés par mon silence ; le silence est la plus haute des rhétoriques quand on tient le terrain. De cette table est sorti le monde d'après, partagé en deux moitiés. Ils croyaient gagner la paix. Ils gagnaient surtout le droit de me voir m'installer.

Ils négociaient des principes ; je négociais des frontières.

Si vous deviez nommer ce que l'Histoire devrait retenir de votre œuvre, que diriez-vous ?

Qu'on m'a remis un pays de charrues de bois et que j'ai laissé une superpuissance armée de l'atome. Voilà ce qui pèse, quand on enlève le sentiment de la balance. En 1928 nous labourions comme au temps des tsars ; vingt ans plus tard nos hauts-fourneaux, nos kolkhozes, nos plans quinquennaux avaient hissé l'URSS au rang des deux maîtres du monde. J'ai dit un jour aux écrivains qu'ils étaient les ingénieurs des âmes humaines — car l'acier ne suffit pas, il faut aussi forger les hommes qui le porteront. On retiendra le sang, je le sais ; on l'inscrira en marge, comme j'inscrivais mes mentions. Mais qu'on n'oublie pas l'usine derrière le sang. L'une n'allait pas sans l'autre.

On m'a remis un pays de charrues de bois ; j'ai laissé une superpuissance armée de l'atome.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Joseph Staline. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.