Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Joseph Staline

par Charactorium · Joseph Staline (1878 — 1953) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans, en classe découverte, poussent la porte d'un bureau aux murs sombres. Face à eux, Joseph Staline les attend, sa pipe à la main. Intimidés mais curieux, ils ont préparé leurs questions sur ce dirigeant qui a marqué, et endeuillé, tout le XXe siècle.

Vous aviez quel âge quand on vous a envoyé au séminaire pour devenir prêtre ?

Tu sais, mon enfant, je suis né à Gori, une petite ville de Géorgie. Mon père était cordonnier, très pauvre. Ma mère, elle, rêvait de me voir devenir prêtre. Alors on m'a envoyé au séminaire orthodoxe de Tiflis — imagine un grand bâtiment sévère, des murs froids, des prières du matin au soir. Mais le soir, en cachette, je lisais d'autres livres. Des livres interdits, qui parlaient des ouvriers et des pauvres. On m'a surpris. En 1899, on m'a renvoyé. Le garçon qu'on destinait à l'église est devenu un révolutionnaire. La vie change parfois sur un seul livre caché.

La vie change parfois sur un seul livre caché.

C'était comment de lire des livres interdits en cachette ?

Imagine une grande salle d'étude, silencieuse, où chaque page que tu tournes peut te trahir. Les surveillants passaient sans bruit dans les couloirs. Moi, je glissais les pages de Marx sous mes livres de prières. Mon cœur battait fort. C'était dangereux, et c'est justement ça qui me plaisait. Je découvrais une idée simple et brûlante : le monde des riches et celui des pauvres ne devraient pas rester séparés. À Tiflis, j'ai appris à me méfier, à parler bas, à ne faire confiance à personne. Cette prudence-là, mon enfant, ne m'a plus jamais quitté de toute ma vie.

Pourquoi vous avez forcé les paysans à tout mettre en commun ?

Tu vois, quand j'ai pris le pouvoir, mon pays était immense mais pauvre, encore tiré par des chevaux et des charrues de bois. Je voulais le transformer en quelques années seulement. Pour ça, j'ai lancé les plans quinquennaux — des programmes qui fixaient à chacun ce qu'il devait produire en cinq ans. Et j'ai obligé les paysans à réunir leurs terres dans des fermes communes, les kolkhozes. Ceux qui refusaient, les paysans un peu plus aisés qu'on nommait les koulaks, je les ai brisés. Je croyais bâtir l'avenir. Mais je dois te le dire franchement : derrière ces grands mots, il y a eu d'immenses souffrances.

Il y a vraiment eu une famine à cause de ça ?

Oui. Et c'est l'une des pages les plus terribles de mon histoire. Entre 1932 et 1933, en Ukraine surtout, des millions de gens sont morts de faim. On a appelé cela plus tard l'Holodomor. Les récoltes étaient prises de force pour nourrir les villes et les usines, et on laissait des familles entières sans un seul morceau de pain. Des enfants comme toi sont morts dans des villages devenus vides. Je te raconte cela sans le cacher, parce qu'un peuple qui apprend l'Histoire doit aussi en regarder les heures les plus noires. La grandeur d'un pays ne devrait jamais se payer avec la faim de ses enfants.

La grandeur d'un pays ne devrait jamais se payer avec la faim de ses enfants.

C'est vrai que vous signiez des listes de gens à tuer ?

Oui, c'est vrai, et je ne vais pas te mentir. On les appelait les listes de Staline. C'étaient des feuilles couvertes de noms, des centaines de noms de gens condamnés. Je les lisais, et de ma plume je notais dans la marge deux petits mots : 'à fusiller'. Plus de trois cents listes sont passées sous mes yeux entre 1936 et 1938. Derrière ma police, le NKVD, et ses gros dossiers, il y avait des êtres humains, avec des familles. Je me disais que je protégeais la révolution contre ses ennemis. Mais condamner un homme d'un simple trait de plume, c'est une chose qu'aucun enfant ne devrait jamais apprendre à faire.

Filonov - portrait-of-joseph-stalin-iosif-vissarionovich-dzhugashvili-1936
Filonov - portrait-of-joseph-stalin-iosif-vissarionovich-dzhugashvili-1936Wikimedia Commons, Public domain — Pavel Filonov

Vous n'aviez pas peur que ça arrive à vos propres amis ?

C'est une question juste, mon enfant. La vérité, c'est que beaucoup de mes propres camarades y sont passés. Pendant ce qu'on a nommé la Grande Terreur, vers 1936-1938, on faisait des procès truqués à Moscou : on accusait des hommes de trahison, on leur faisait avouer des crimes qu'ils n'avaient pas commis, puis on les fusillait. Il suffisait d'être désigné comme ennemi du peuple. Personne n'était vraiment à l'abri, pas même mes proches. C'est ainsi que régnait la peur : quand chacun se méfie de chacun, plus personne n'ose résister. Une peur partagée, vois-tu, est l'outil le plus froid d'un homme au pouvoir.

Quand chacun se méfie de chacun, plus personne n'ose résister.

C'est vrai que vous dormiez le jour et travailliez la nuit ?

Ha, tu es bien renseigné ! Oui, je me levais rarement avant midi. Je vivais surtout dans ma maison de campagne, la datcha de Kountsevo, près de Moscou, gardée par des soldats à chaque grille. Je travaillais la nuit, le téléphone à la main, appelant mes généraux à trois heures du matin. Je lisais des montagnes de rapports et j'écrivais des notes dans les marges, parfois moqueuses. Et le soir, j'invitais mes ministres à de longs dîners. Imagine des repas qui n'en finissent pas, où il fallait boire et rire quand moi je le décidais. Gouverner la nuit, c'était ma façon de rester le maître de tous.

Joseph Stalin, Franklin D Roosevelt and Winston Churchill, in Teheran, 1943, edit
Joseph Stalin, Franklin D Roosevelt and Winston Churchill, in Teheran, 1943, editWikimedia Commons, Public domain — Dennis Charles Oulds

Qu'est-ce que vous aimiez faire pour vous détendre ?

Le cinéma, mon enfant ! Peu de gens le savent. Dans une salle privée du Kremlin, je regardais des films jusqu'à trois ou quatre heures du matin, mes collaborateurs assis autour de moi. J'adorais ça. Mais attention : je ne faisais pas que regarder. Je décidais quels films tout le pays avait le droit de voir. Je pouvais en interdire un d'un seul mot, ou en couvrir un autre d'éloges. Pour moi, une histoire bien racontée pouvait convaincre un peuple entier. J'avais d'ailleurs écrit un jour que les écrivains sont « les ingénieurs des âmes humaines ». Une belle image, vois-tu, peut être plus forte qu'un long discours.

C'était comment de rencontrer les chefs américains et anglais ?

En février 1945, la guerre contre Hitler touchait à sa fin. J'ai reçu le président américain Roosevelt et le Britannique Churchill à Yalta, au bord de la mer Noire. Imagine trois hommes qui décident, autour d'une seule table, du sort de pays entiers. Moi, je restais calme, très calme. Je parlais peu, je laissais les autres s'agiter. Et pendant ce temps, j'obtenais ce que je voulais : une grande partie de l'Europe de l'Est passait sous mon influence. Je portais alors mon uniforme blanc de Généralissime, un grade créé exprès pour moi. Dans une négociation, mon enfant, celui qui parle le moins est souvent le plus fort.

Aujourd'hui, comment vous voulez qu'on se souvienne de vous ?

Voilà une question difficile. De mon vivant, mes portraits étaient partout : dans les écoles, les usines, les rues. On avait même donné mon nom à une ville, Stalingrad, où mon armée Rouge a vaincu les nazis en 1943. J'aimais cette gloire, je ne vais pas le cacher. Mais je veux être honnête avec toi. J'ai transformé un pays pauvre en grande puissance, c'est vrai. Et en même temps, des millions de personnes en sont mortes. Quand tu apprendras mon histoire, ne retiens pas seulement les statues. Demande-toi toujours ce que coûte, en vies humaines, la grandeur d'un seul homme au pouvoir.

Demande-toi toujours ce que coûte la grandeur d'un seul homme au pouvoir.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Joseph Staline. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.