Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Louise Michel

par Charactorium · Louise Michel (1830 — 1905) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans le salon de l'avenue d'Eylau, à Paris, que Victor Hugo reçoit Louise Michel en cet automne 1882, deux ans après l'amnistie qui l'a ramenée de Nouvelle-Calédonie. La lampe éclaire sa cape noire jetée sur un fauteuil ; sur la table, des feuillets couverts de notes sur des plantes lointaines. Le vieux poète et l'institutrice se connaissent depuis longtemps : jeune fille, elle lui adressait déjà de Haute-Marne des lettres enflammées. Il l'a suivie de loin, des barricades de Montmartre jusqu'au bagne, et il vient ce soir écouter, non la légende, mais la femme.

Louise, lorsque tu as comparu devant le conseil de guerre en décembre 1871, on m'a rapporté tes paroles. Les pensais-tu vraiment ?

Je les pensais, et je les pense encore. Quand le commissaire réclamait ma tête, je n'allais pas mendier ma vie à ceux qui avaient fusillé mes frères à Satory. Je leur ai jeté à la face : si vous n'êtes pas des lâches, tuez-moi. Et j'ai réclamé ma part du poteau, là où tant des nôtres étaient déjà tombés durant la Semaine sanglante. Voyez-vous, je ne voulais pas qu'on m'épargnât par galanterie, parce que j'étais femme — c'eût été trahir ceux qu'on couchait dans la fosse. Ils m'ont déportée plutôt que de me fusiller ; ils ont eu tort, car on ne tue pas une idée en l'exilant au bout du monde.

On ne tue pas une idée en l'exilant au bout du monde.

Beaucoup, à ta place, auraient imploré la clémence des juges. Pourquoi avoir réclamé la mort plutôt que la grâce, Louise ?

Demander grâce, c'eût été reconnaître que notre cause était un crime. Or je n'ai jamais eu honte de la Commune, pas une heure. Ceux qui imploraient les juges leur donnaient raison ; moi, je voulais leur ôter jusqu'au plaisir de ma frayeur. La mort ne m'effrayait pas — elle m'eût réunie aux camarades tombés sur les barricades de Montmartre. Ce qui m'était insupportable, c'était de survivre en faisant amende honorable. J'ai préféré le bagne au reniement. Et puis, voyez-vous, un mort qu'on ne peut faire taire devient une voix : ils l'ont compris trop tard, et c'est pourquoi ils n'ont pas osé me retrancher tout à fait.

Avant les barricades, tu étais maîtresse d'école. Je revois tes lettres de jeune fille, venues de Haute-Marne. Qu'enseignais-tu à tes enfants ?

Vous vous en souvenez donc, de ces lettres ! J'étais maîtresse à Audeloncourt, puis à Montmartre, et déjà je vous écrivais — vous étiez mon phare. Je vous confiais que depuis que je me connais, l'horizon m'a toujours semblé étroit ; que j'ai toujours eu le désir immense de la liberté. J'enseignais cela aux enfants des pauvres, dans des écoles libres où j'avais refusé de prêter serment à Napoléon III. Je leur apprenais à lire, mais aussi à regarder une feuille, un insecte, le ciel — à penser par eux-mêmes. Instruire un enfant du peuple, voyez-vous, c'était déjà faire la révolution, doucement, sans une goutte de sang.

Et tu bannissais les châtiments, dit-on. À ton époque, n'était-ce pas tenu pour une coupable faiblesse envers ces enfants ?

Jamais un coup, jamais une humiliation. On prétendait alors qu'on n'instruit l'enfant pauvre qu'à la baguette ; je tenais le contraire. La peur abrutit, elle n'élève pas. Je menais mes élèves observer les plantes, les bêtes, les saisons ; je voulais qu'ils apprennent par les yeux et par le cœur, non par la terreur du maître. Une école sans châtiment, c'était déjà une petite république. Voyez-vous, j'ai toujours cru que la douceur envers les faibles et l'intransigeance envers les puissants étaient une seule et même chose. Ceux qui me croient violente n'ont jamais vu comment je parlais à un enfant.

On t'a déportée si loin, à la presqu'île Ducos. Là-bas, m'a-t-on dit, tu as pris le parti des Canaques révoltés. Est-ce vrai ?

C'est vrai, et je n'en rougis pas. En 1878, quand les Canaques se sont soulevés contre ceux qui leur volaient leur terre, j'ai reconnu dans leur révolte la nôtre. La plupart des déportés les méprisaient, les traitaient de sauvages ; moi, j'ai vu des hommes qu'on opprimait comme on nous avait opprimés. Je leur ai donné mon écharpe rouge de la Commune, celle des barricades — le seul bien qui me restât. C'était leur dire : votre cause est la mienne. On m'a reproché cette fidélité ; elle est pourtant la seule chose dont je sois pleinement fière de tout mon exil.

Je leur ai donné mon écharpe rouge de la Commune : c'était leur dire, votre cause est la mienne.
Portrait de Louise Michel (1830-1905), à la tribune
Portrait de Louise Michel (1830-1905), à la tribuneWikimedia Commons, Public domain — Louis Tinayre

Et ces peuples qu'on nous dépeint comme sauvages — qu'as-tu appris d'eux, durant ces longues années au bout du monde ?

On me les dépeignait comme des brutes ; j'ai trouvé un peuple de poètes. Le soir, ils me contaient leurs légendes, leurs chants de gestes, toute une mémoire que nul n'avait jamais recueillie. Je les ai notés, traduits de mon mieux ; j'en ferai un livre, car cela ne doit pas se perdre. Ils m'ont appris leur langue, leurs herbes, leurs astres. Voyez-vous, c'est là-bas, parmi ceux qu'on nomme les sauvages, que j'ai le mieux compris ce que vaut une civilisation : non à ses canons, mais à la façon dont elle traite les plus humbles. J'ai quitté la Nouvelle-Calédonie plus riche que je n'y étais venue.

Ces feuillets, sur ma table, couverts de plantes étranges — tu me dis les avoir rapportés du bagne. Toi, naturaliste, Louise ?

Oui, je les ai rapportés du bagne. L'exil m'a faite naturaliste, presque malgré moi. Privée de tout, j'avais la mer, les forêts, des fleurs que l'Europe ignore. J'ai herborisé, recueilli des plantes, des insectes, des oiseaux ; j'en ai envoyé des caisses au Muséum d'histoire naturelle de Paris, et l'on m'a dit que des espèces inconnues y furent décrites grâce à mes envois. Mes carnets ne me quittaient pas. Étudier la nature, voyez-vous, c'était encore une manière de ne pas désespérer, de garder l'esprit libre quand le corps était captif. La science et la révolution procèdent du même appétit : comprendre pour affranchir.

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French: Portrait de Louise Michel (1830-1905), à la tribune title QS:P1476,fr:"Portrait de Louise Michel (1830-1905), à la tribune "label QS:Lfr,"Portrait de Louise Michel (1830-1905), à la tribuneWikimedia Commons, Public domain — Louis Tinayre

N'est-il pas étrange qu'une femme qu'on dit assoiffée de combat ait passé ses jours d'exil à herboriser ?

Cela n'a rien d'étrange, croyez-moi. On veut faire de moi une furie qui ne songe qu'à la poudre ; c'est tout le contraire. J'aime la vie sous toutes ses formes — une fleur, un enfant, un peuple. Si je me bats, c'est précisément parce que j'aime trop ce que les puissants piétinent. Au bagne, voir une graine germer me rendait l'espérance que les hommes me refusaient. Le savant et l'insurgée habitent en moi la même maison. Ceux qui ne voient en moi que la barricade n'ont rien compris : je me suis battue pour qu'un jour chacun ait le loisir de regarder pousser les fleurs.

La presse de Versailles t'a nommée la pétroleuse, l'incendiaire. Comment vis-tu, Louise, avec cette légende noire qu'on t'a faite ?

La pétroleuse ! Ils ont inventé ce mot pour nous salir, nous les femmes de la Commune. Ne pouvant nous accuser d'avoir eu peur, ils nous ont accusées d'avoir mis le feu à Paris avec des bidons de pétrole. Mensonge des Versaillais, forgé pour justifier qu'on fusillât des ouvrières contre les murs. Oui, j'ai pris un fusil à Montmartre ; oui, j'ai combattu sur les barricades. Mais l'incendiaire au pétrole n'a jamais existé que dans leurs gazettes. Notre seul crime fut de vouloir la justice pour les pauvres. On nous a calomniées parce qu'une femme libre leur fait plus peur encore qu'un homme en armes.

Tu m'as écrit jadis ton désir immense de la liberté. Dis-moi, Louise : qu'était, au fond, la Commune pour toi ?

Vous l'avez donc gardée, cette phrase de mes vingt ans... Oui, l'horizon m'a toujours semblé trop étroit. La Commune, ce ne fut pas une émeute, ce fut une espérance : Paris essayant de vivre enfin selon la justice. Quarante jours où le peuple se gouverna lui-même, où l'on parlait d'écoles, de pain, de dignité. On l'a noyée dans le sang, mais elle a semé quelque chose qui repoussera. Ce que je veux, au fond, le voici : je suis ambitieuse pour l'humanité ; je voudrais que tout le monde fût artiste, assez poète pour que la vanité humaine disparût. Voilà la vraie Commune — celle qui n'a pas encore eu lieu.

Je suis ambitieuse pour l'humanité ; je voudrais que tout le monde fût artiste.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Louise Michel. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.