Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Ludwig van Beethoven

par Charactorium · Ludwig van Beethoven (1770 — 1827) · Musique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Vienne, un soir de l'hiver 1826. Dans un appartement encombré de partitions, de tasses sales et d'un piano aux pieds sciés, un homme aux cheveux gris en bataille nous fait signe d'écrire nos questions sur un carnet. Il ne nous entendra pas, mais il répondra à voix haute, parfois trop fort, comme on parle quand on a oublié le son de sa propre voix.

Comment décririez-vous une matinée ordinaire chez vous, à Vienne ?

Je me lève avec le jour, souvent après une nuit où la musique m'a tenu éveillé plus que je ne le souhaitais. La première chose que je fais, c'est mon café — et là, je ne tolère aucune approximation : soixante grains, comptés un à un, pas un de plus. Ensuite je travaille debout à mon pupitre, en chemise, à griffonner dans mes Skizzenbücher avant même de songer à m'habiller. On dit que mes logements sont un champ de bataille, et c'est vrai : partitions par terre, assiettes oubliées, encriers renversés. J'ai déménagé tant de fois dans cette ville que mes propriétaires ne se souviennent plus de mon visage. Mais dans ce désordre, croyez-moi, je sais exactement où se trouve chaque idée.

Soixante grains, comptés un à un, pas un de plus.

On vous dit excentrique, négligé. Que répondez-vous à ceux que votre allure choque dans les salons élégants ?

Que les salons aillent retrouver leur miroir, je m'en passerai. Oui, ma cravate pend de travers, mon habit semble enfilé à la hâte — parce qu'il l'est. L'après-midi, je pars marcher seul dans la campagne autour de Vienne, le carnet en poche, et je reviens trempé, crotté, parfois riant tout seul d'une mélodie qui m'est venue entre deux arbres. Les belles gens du Congrès trouvent cela inconvenant. Mais c'est dehors, dans le vent, que la musique m'arrive ; jamais dans un salon parfumé. Un habit froissé n'a jamais empêché une symphonie de naître. Je préfère qu'on me reproche mes bas mal tirés plutôt que mes silences en société.

Un habit froissé n'a jamais empêché une symphonie de naître.

Pourquoi avoir toujours refusé un poste de Kapellmeister, le plus prestigieux qu'un musicien pouvait espérer ?

Parce qu'un Kapellmeister sert un maître, et moi je ne sers que l'œuvre. À Vienne, j'ai eu la chance d'avoir des mécènes — le prince Lichnowsky, l'archiduc Rodolphe, les Lobkowitz — qui m'ont versé des rentes pour que je compose à ma guise. C'est un arrangement étrange, je l'admets : je dîne à leur table, je dédie mes opus à leurs noms, et pourtant je reste libre. Le jour où Lichnowsky a voulu me faire jouer devant des officiers français, j'ai claqué la porte. Un prince se fait par hasard de naissance ; un Beethoven, il n'y en a qu'un. Je préfère la pauvreté qui pense à l'aisance qui obéit.

Un prince se fait par hasard de naissance ; un Beethoven, il n'y en a qu'un.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez appris que Napoléon s'était proclamé Empereur ?

Je le vois encore. Ma grande symphonie — la troisième, la plus longue, la plus ambitieuse que j'eusse osée — portait son nom sur la page de titre. Bonaparte, l'homme qui devait incarner la liberté des peuples, le consul du peuple. Et puis on m'a dit, en 1804, qu'il s'était couronné de ses propres mains. J'ai saisi la partition, j'ai raturé son nom avec une telle rage que j'ai déchiré le papier. Ce n'était donc qu'un homme ordinaire, qui foulerait à son tour les droits des hommes pour servir son ambition. Je l'ai rebaptisée Symphonie héroïque — pour célébrer non plus un tyran, mais le héros que chacun porte en soi.

Ce n'était donc qu'un homme ordinaire, qui foulerait à son tour les droits des hommes.

Que diriez-vous des idéaux qui traversent votre œuvre, de la Symphonie héroïque à Fidelio ?

Que la musique n'est pas faite pour bercer les puissants. Quand j'ai composé Fidelio, mon seul opéra, j'ai voulu une femme qui se déguise en homme pour arracher son mari aux geôles d'un tyran. Léonore descend au cachot une lampe à la main — et au fond, c'est la liberté qui descend chercher l'innocent. La Révolution française a éclaté quand j'avais dix-neuf ans, à Bonn, et ces mots — liberté, fraternité — ne m'ont plus jamais quitté. Même mon Concerto l'Empereur, je l'ai écrit en 1809 tandis que les canons de Napoléon pilonnaient Vienne et que je me cachais à la cave, un oreiller sur la tête pour sauver le peu d'ouïe qui me restait.

La musique n'est pas faite pour bercer les puissants.
Ludwig van Beethoven (nach Waldmüller)
Ludwig van Beethoven (nach Waldmüller)Wikimedia Commons, Public domain — Carl Wagner

À quel moment avez-vous compris que vous perdiez l'ouïe, vous, un musicien ?

Vers 1798, d'abord un bourdonnement, un sifflement qui ne cessait plus. J'ai tout fait pour le cacher — par honte, par terreur. En 1800, j'écrivais à mon vieil ami Wegeler ces mots que je n'oublierai jamais : « Je mène une vie misérable. Depuis deux ans j'évite toute société parce qu'il m'est impossible de dire aux gens : je suis sourd. » Imaginez l'absurdité : l'homme dont le métier est d'entendre, condamné au silence. J'évitais les dîners de peur qu'on ne devine, je faisais répéter sans avoir entendu, je riais à contretemps. Le pire n'était pas de ne plus percevoir un orchestre — c'était de ne plus oser regarder un visage qui me parlait.

L'homme dont le métier est d'entendre, condamné au silence.

En 1802, à Heiligenstadt, vous avez frôlé le pire. Qu'est-ce qui vous a retenu ?

L'art. Rien d'autre. J'étais parti dans ce village au bord de Vienne pour soigner mes oreilles dans le calme, et je n'y ai trouvé que mon propre désespoir. J'ai pris la plume pour écrire à mes frères ce que vous appelez aujourd'hui le Testament de Heiligenstadt. J'y avouais tout, et même cette tentation de quitter le monde. Mais une idée m'a arrêté la main : comment partir alors que je sentais en moi tant d'œuvres encore muettes ? Il m'a semblé indigne de mourir avant d'avoir donné ce que je portais. Pour continuer, j'ai sié les pieds de mon piano afin de poser l'instrument à même le plancher, et je serrais une baguette entre mes dents contre le bois — pour sentir, par les os, ce que je n'entendais plus.

Comment partir alors que je sentais en moi tant d'œuvres encore muettes ?
Park of Roadside Station "Town of Symphony No. 9" and Sculpture of Ludwig van Beethoven
Park of Roadside Station "Town of Symphony No. 9" and Sculpture of Ludwig van BeethovenWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — そらみみ (Soramimi)

Comment compose-t-on une symphonie entière sans entendre une seule note jouée ?

On entend autrement. Depuis 1818, je suis tout à fait sourd, et mes visiteurs m'écrivent leurs paroles dans des carnets que je garde précieusement — des centaines de petits cahiers où s'inscrit toute ma vie viennoise. Mais la musique, elle, ne passe plus par mon oreille : elle vit dans ma tête, complète, architecturée, avant qu'une plume ne la fixe. Je vois la partition comme on voit un paysage. Quand on me demande comment je sais qu'un accord sonnera juste, je réponds que je l'entends là où aucun bruit du monde ne peut l'atteindre. La surdité m'a pris la rumeur des hommes ; elle ne m'a jamais pris la musique. Peut-être même me l'a-t-elle rendue plus pure.

Je l'entends là où aucun bruit du monde ne peut l'atteindre.

Vous avez voulu, dans votre Neuvième, faire chanter un chœur sur l'Ode à la joie de Schiller. Pourquoi cette audace ?

Parce qu'il vient un moment où les instruments seuls ne suffisent plus, où il faut que des voix humaines prononcent les mots. Le poème de Schiller, An die Freude, je le portais en moi depuis ma jeunesse à Bonn. La joie comme étincelle divine, tous les hommes devenus frères — voilà ce que je rêvais de faire monter d'un orchestre. On m'a dit que c'était impossible, qu'on ne mêlait pas le chant à une symphonie. Mais qui décide de l'impossible ? J'ai voulu que ma Neuvième s'ouvre comme une nuit et s'achève en embrasement, des milliers de gorges criant une fraternité que je ne pouvais plus entendre, mais que je pouvais encore espérer pour le monde.

La joie comme étincelle divine, tous les hommes devenus frères.

Racontez-nous la création de cette Neuvième, en 1824. Que s'est-il passé à la fin du concert ?

On m'avait placé sur la scène du Kärntnertortheater, près du pupitre, comme pour diriger — mais en vérité c'est un autre qui menait les musiciens, car je ne pouvais plus suivre la mesure du monde. Je battais le temps de ma musique intérieure, parfois en avance, parfois en retard sur la leur. Quand le dernier accord est tombé, je suis resté tourné vers l'orchestre, le dos au public, sans rien savoir. Une des chanteuses s'est approchée, m'a pris doucement par le bras et m'a retourné vers la salle. Alors j'ai vu : des mains qui battaient, des mouchoirs agités, des bouches ouvertes sur des cris que je n'entendrais jamais. 1824. Je voyais le triomphe sans en percevoir le moindre son. C'était à la fois le plus beau et le plus cruel des spectacles.

Je voyais le triomphe sans en percevoir le moindre son.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Ludwig van Beethoven. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.