Interview imaginaire avec Margaret Thatcher
par Charactorium · Margaret Thatcher (1925 — 2013) · Politique · 4 min de lecture
Deux élèves de douze ans, en classe découverte, ont été reçus par une vieille dame en tailleur bleu, un sac à main posé près d'elle. Margaret Thatcher leur sourit. Elle a accepté de répondre à toutes leurs questions, même les plus simples.
—Vous aviez quel âge quand vous viviez au-dessus de l'épicerie de votre papa ?
Toute mon enfance, mon enfant ! Je suis née à Grantham, une petite ville, et notre logement était juste au-dessus de la boutique de mon père, Alfred Roberts. Imagine une épicerie où l'on pèse le sucre, où l'on compte chaque pièce. Mon père me répétait qu'on ne dépense jamais plus que ce qu'on gagne. J'ai appris à tenir un cahier de comptes avant même d'apprendre la politique. Plus tard, quand je dirigeais le pays, je pensais à cette boutique. Un État, c'est comme un foyer : si tu dépenses l'argent que tu n'as pas, un jour tu pleures.
On gère un pays comme on tient une boutique : sans dépenser ce qu'on n'a pas.
—Ça sentait quoi, dans la boutique, le matin ?
Ah, quelle jolie question ! Ça sentait le café qu'on torréfiait, le pain, le savon en pain rangé sur les étagères. Le matin, je me levais très tôt. Cette habitude ne m'a jamais quittée : plus tard, je dormais à peine quatre heures par nuit. Chez nous, on ne gaspillait rien. Un œuf, une tranche de pain grillé, du thé : voilà mon petit-déjeuner, toute ma vie. Pas de luxe. Mon père disait que le confort rend paresseux. Je crois qu'il avait raison. Cette odeur de boutique honnête, je l'ai gardée dans le cœur jusqu'à Downing Street.
—Pourquoi vous vouliez vendre les grandes entreprises de l'État ?
Parce que je pensais que l'État était un très mauvais patron, tu sais. À mon époque, le téléphone, le gaz, l'acier appartenaient au gouvernement. C'était lent, c'était lourd. Alors entre 1979 et 1990, j'ai vendu ces entreprises aux gens : British Telecom, British Gas, et d'autres. On appelait ça la privatisation, c'est-à-dire faire passer du public au privé. J'étais persuadée qu'il n'existait pas d'autre chemin. Mes adversaires disaient : « tu vas trop loin ». Moi je répondais qu'on n'avait pas le choix.
Quand chacun possède un peu, chacun travaille mieux : voilà ce que je voulais.
—Un jour vous avez dit que vous vouliez changer l'âme des gens. C'est bizarre, non ?
Tu as raison, ça sonne étrange ! Mais écoute. Un journaliste m'a demandé un jour quel était mon vrai but. J'ai répondu que l'économie n'était que la méthode, et que mon objectif était de changer « le cœur et l'âme ». Qu'est-ce que je voulais dire ? Que des lois ne suffisent pas. Je voulais que chaque Britannique se sente responsable de lui-même, fier de travailler, de posséder sa maison. Pas d'attendre que l'État lui donne tout. On appelait mon courant d'idées le thatchérisme. Certains m'ont adorée pour ça, d'autres détestée. Je n'ai jamais cherché à plaire à tout le monde.
—Vous aviez peur d'envoyer des bateaux aussi loin, pour les Malouines ?
Bien sûr que j'avais peur, mon enfant. Celui qui n'a pas peur ne mesure pas le danger. En 1982, l'Argentine avait pris par la force de petites îles britanniques, les Malouines, perdues dans l'Atlantique Sud, à treize mille kilomètres de chez nous. Imagine une flotte qui part pour des semaines, vers un endroit glacé et lointain. Beaucoup me disaient : « c'est trop risqué, abandonne ». Mais on ne peut pas laisser quelqu'un voler une terre et ses habitants sans rien faire. Nos soldats ont repris les îles en soixante-quatorze jours. Chaque nuit, je pensais à ceux qui ne reviendraient pas.
Avoir peur n'est pas grave : céder à la peur, voilà le vrai danger.

—Après la victoire, vous étiez fière de votre pays ?
Profondément fière, oui. Tu sais, avant cette guerre, beaucoup pensaient que mon pays était fatigué, en train de reculer petit à petit. J'ai dit aux députés que nous avions cessé d'être « une nation qui recule ». Nous avions retrouvé confiance, une confiance née d'abord dans nos batailles économiques à la maison, puis prouvée très loin de nos côtes. Ce n'était pas seulement une victoire de soldats. C'était le moral de tout un peuple qui se redressait. Pour moi, ce moment-là a tout changé. On a recommencé à croire en nous-mêmes, et ça, aucune armée ne peut te le donner de force.
—Pourquoi vous n'avez pas cédé aux mineurs qui faisaient grève ?
Ah, voilà une dure année, 1984. Les mineurs, conduits par un homme nommé Arthur Scargill, ont fait grève pour empêcher la fermeture des mines. Une grève longue, douloureuse, des familles entières dans la peine. Je comprenais leur colère, crois-moi. Mais je pensais que ces mines coûtaient bien trop cher et n'avaient plus d'avenir. Quatre ans plus tôt, j'avais déjà prévenu : certains attendaient que je fasse demi-tour. J'avais répondu, en jouant sur les mots, que « la dame ne fait pas demi-tour ». Je n'ai pas cédé. C'était terriblement dur, et je n'ai jamais pris ça à la légère.
Diriger, c'est parfois tenir bon même quand tout le monde te crie d'abandonner.

—C'était quoi, ces gens postés devant les mines pendant la grève ?
On appelait ça le picketing. Des grévistes se plaçaient en groupe devant l'entrée d'une mine pour empêcher les autres ouvriers d'aller travailler. Imagine une porte d'usine bloquée par une foule en colère, parfois des centaines de personnes. Cela tournait souvent à l'affrontement, et ça me peinait de voir des Britanniques se dresser les uns contre les autres. Alors j'ai fait voter des lois, les Employment Acts, pour encadrer tout cela très strictement. Je voulais qu'on ait le droit de faire grève, oui, mais sans empêcher par la force ceux qui voulaient gagner leur pain. C'était une question de liberté, des deux côtés.
—Vous avez eu peur, la nuit où une bombe a explosé dans votre hôtel ?
Oui. En octobre 1984, je dormais à peine quand une bombe a déchiré le Grand Hôtel de Brighton, où mon parti tenait sa réunion. Cinq personnes sont mortes. Des hommes de l'IRA voulaient nous tuer. J'aurais pu disparaître cette nuit-là. Mais le lendemain matin, à l'heure prévue, je suis montée à la tribune et j'ai prononcé mon discours. J'ai dit que ceux qui attaquaient n'avaient besoin de réussir qu'une seule fois, alors que nous, nous devions avoir de la chance toujours. Montrer la moindre faiblesse, c'était leur donner raison. Ça, je ne le pouvais pas.
Le lendemain d'une bombe, j'ai parlé à l'heure prévue : on ne plie pas devant la peur.
—Si on vous croisait dans la rue, qu'est-ce qu'on remarquerait en premier ?
Mon sac à main noir, sans aucun doute ! Je ne le quittais jamais. Les gens en avaient même fait une plaisanterie : quand je discutais avec fermeté, on disait que je « frappais » avec mon sac à main. Tu verrais aussi mon tailleur bleu marine, toujours strict, et mon rang de perles. Dans un monde de politiques en costume gris, tous des hommes, je voulais qu'on me reconnaisse au premier regard. On m'avait surnommée la Dame de fer, d'abord pour se moquer de moi. J'en ai fait une fierté. Une petite fille d'épicier peut tenir tête au monde entier : voilà ce que je voulais qu'on retienne.
Pour aller plus loin
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Margaret Thatcher. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.



