Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Mehmet II

par Charactorium · Mehmet II (1432 — 1481) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Istanbul, fin de l'été 1480. Sur la terrasse haute du palais neuf de Topkapi, là où le Bosphore se confond avec la Corne d'Or, le Conquérant reçoit, drapé dans un caftan cramoisi, un livre grec ouvert sur les genoux. Il parle bas, en pesant chaque mot, comme un homme qui a appris que les murailles et les empires finissent toujours par céder.

Comment avez-vous résolu l'obstacle de la chaîne qui fermait la Corne d'Or pendant le siège de la ville ?

La Corne d'Or, ce Haliç que les Grecs croyaient infranchissable, était barrée d'une chaîne de fer tendue d'une rive à l'autre. Forcer le fer, c'était perdre mes hommes pour rien. Alors j'ai fait ce que nul n'attendait : par-dessus les collines, j'ai fait dresser un chemin de rondins enduits de graisse, et en une seule nuit mes galères ont glissé par la terre comme des bêtes qu'on mène à l'abreuvoir. Au matin, les défenseurs ont vu ma flotte flotter dans leurs eaux closes. Un homme avisé ne brise pas la serrure quand il peut passer par le toit. Ce n'est pas la chaîne que j'ai vaincue cette nuit-là, c'est la certitude des Romains d'être protégés par l'eau.

Un homme avisé ne brise pas la serrure quand il peut passer par le toit.

On parle d'une bombarde monstrueuse dans votre arsenal. Que représentait-elle pour vous ?

Les murs de Théodose avaient tenu mille ans ; nul bélier, nulle échelle ne les avait jamais pliés. J'avais vingt et un ans et je voulais une voix plus forte que la pierre. Le fondeur Urbain, venu de Hongrie, m'a coulé une bombarde de bronze capable de lancer un boulet de cinq cents livres. Jour et nuit, sans relâche, mes canons ont battu la muraille, et là où ils frappaient, la pierre s'ouvrait en brèches qu'aucune main d'homme ne pouvait refermer assez vite. Les chroniqueurs latins eux-mêmes, ceux qui campaient derrière les remparts, ont écrit que le sol tremblait à chaque coup. La poudre a fait ce que mille cavaliers n'auraient su faire : elle a rendu vieux ce qui paraissait éternel.

La poudre a fait ce que mille cavaliers n'auraient su faire : elle a rendu vieux ce qui paraissait éternel.

Que s'est-il passé en vous, le jour où vous êtes entré dans Sainte-Sophie ?

Le 29 mai 1453, quand la ville fut prise, j'ai ordonné qu'on cessât le pillage : une cité morte ne nourrit personne. Puis je suis monté seul vers la grande église de Sainte-Sophie, dont la coupole semblait suspendue par les anges. J'y ai prié selon la loi de l'islam, et sous mes paumes la basilique des Césars est devenue mosquée. Je me présentais en ghazi, combattant de la foi, et cette conquête, je la tenais pour un devoir saint. Mais entrer en vainqueur n'est rien ; régner est tout. En foulant les dalles usées d'un empire éteint, j'ai compris que la gloire des hommes se loge dans des murs que d'autres viendront prier autrement.

Entrer en vainqueur n'est rien ; régner est tout.

Vous aviez vaincu la chrétienté d'Orient. Pourquoi avoir laissé aux Grecs et aux Arméniens leurs propres institutions ?

Un empire ne se gouverne pas comme une razzia. J'avais conquis des Grecs, des Arméniens, des juifs par dizaines de milliers, et un souverain qui veut peupler sa capitale ne peut pas la vider de ses artisans et de ses marchands. J'ai donc institué le millet : que chaque communauté garde sa foi, son chef religieux, ses tribunaux, pourvu qu'elle reconnaisse mon autorité et acquitte son tribut. J'ai confirmé un patriarche grec dans sa charge, sous mon sceau. Beaucoup s'étonnent qu'un ghazi protège la croix qu'il vient d'abattre. Mais l'ordre du monde veut que le berger ne tonde pas le troupeau jusqu'au sang. La force prend une ville ; seule la justice la garde.

La force prend une ville ; seule la justice la garde.

Votre code de lois prévoit froidement la mise à mort des frères du sultan. Comment justifiez-vous une telle disposition ?

J'ai fait réunir mes lois dans le Kanunname, un kanun qui ne relève pas de la loi sacrée mais de la raison du trône. On me reproche surtout l'article qui permet à celui de mes fils qui régnera de faire mettre à mort ses frères. Que l'on me comprenne bien : j'ai vu de mes yeux ce que coûte une succession disputée. Mon propre père a dû reprendre le pouvoir des mains d'enfants et de janissaires révoltés. Une guerre entre frères ensanglante des provinces entières et livre l'empire à ses ennemis. La plupart des ulémas ont approuvé cette mesure. Une mort, si dure soit-elle, vaut mieux que mille morts dans la discorde. Je ne légifère pas pour mon repos, mais pour l'ordre du monde.

Une mort, si dure soit-elle, vaut mieux que mille morts dans la discorde.
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The Sultan Mehmet II title QS:P1476,en:"The Sultan Mehmet II "label QS:Len,"The Sultan Mehmet II "label QS:Lit,"Ritratto del sultano Mehmet II"label QS:Lfr,"Le Sultan Mehmet II"label QS:Lar,"بورتريهWikimedia Commons, Public domain — Gentile Bellini

Pourquoi avoir voulu mettre par écrit la hiérarchie de l'État et les règles de la cour ?

Un empire qui repose sur la seule volonté d'un homme meurt avec cet homme. Vers 1477, j'ai fait coucher dans le Kanunname le rang de chaque vizir, la place de chacun à mon Divan, les usages de ma cour et les règles de la succession. Le firman scellé de ma tuğra porte ma parole jusqu'aux confins, mais le kanun la rend durable au-delà de moi. La loi sacrée règle l'âme et la prière ; il fallait une loi du prince pour régler l'impôt, l'armée, la hiérarchie. Mon grand vizir lui-même tient son autorité de ce texte. J'ai bâti des murailles de pierre à Roumélie ; le Kanunname est une muraille de mots, et elle protégera mes héritiers quand je ne serai plus là pour la tenir.

Le Kanunname est une muraille de mots, et elle protégera mes héritiers.

Avant même d'assiéger la ville, vous avez bâti une forteresse sur le Bosphore. Quelle était votre intention ?

En 1452, sur la rive d'Europe, à l'endroit le plus étroit du Bosphore, j'ai fait élever la forteresse de Roumélie Hisar. En quatre mois, pas davantage, mes maçons l'ont dressée, chaque tour confiée à un de mes vizirs qui rivalisaient de zèle. Avec le château bâti naguère sur l'autre rive, je tenais le détroit dans ma main comme on serre une gorge. Plus un navire de blé ou de soldats ne descendait vers Constantinople sans mon congé. La ville était déjà à demi prise avant que la première bombarde n'ait tonné. Bâtir vite et bâtir au bon endroit : voilà parfois une arme plus sûre que l'épée. La pierre, quand on la pose là où il faut, vaut une armée entière.

La pierre, quand on la pose là où il faut, vaut une armée entière.

Vous avez fait construire un nouveau palais dominant la mer. Quelle vision portiez-vous en élevant Topkapi ?

L'ancien palais des empereurs grecs tombait en ruine, et un sultan ne loge pas dans les décombres d'un autre. Dès 1459, sur le promontoire qui domine le Bosphore et la Corne d'Or, j'ai fait dessiner les plans de Topkapi : des cours, des pavillons, des jardins étagés vers la mer. J'ai voulu que mes appartements fussent revêtus de faïences d'Iznik, de tapis de Perse, de bois incrusté de nacre — non par vanité, mais parce qu'une capitale doit déclarer sa grandeur à qui s'en approche. Autour, j'ai semé mosquées, bazars et medersas pour repeupler une ville à demi vide. Constantinople était une coquille ; j'en ai refait un cœur. Un souverain se juge moins à ce qu'il abat qu'à ce qu'il relève.

Constantinople était une coquille ; j'en ai refait un cœur.

On vous dit lecteur et poète autant que conquérant. Comment vivez-vous ce goût des lettres ?

Avant le conseil et les armes, dès l'aube, après la prière du fajr, je consacre mes premières heures aux livres : histoires anciennes, géographies, récits des philosophes, que je lis en grec, en arabe, en persan, en latin selon ce qui me tombe sous la main. Le soir venu, quand les savants et les poètes que j'invite à ma table se sont retirés, il m'arrive de composer moi-même des vers en persan, que je signe du nom d'Avnî. On s'étonne qu'un ghazi tienne la plume. Mais celui qui veut commander aux hommes doit d'abord connaître leur âme, et les anciens en ont laissé plus que tout vizir ne saurait m'en dire. Une langue de plus, c'est une porte de plus dans l'esprit d'autrui.

Une langue de plus, c'est une porte de plus dans l'esprit d'autrui.

Vous avez fait venir un peintre de Venise pour fixer vos traits. Qu'attendiez-vous d'un artiste de vos ennemis d'hier ?

En 1479, la paix conclue avec Venise, j'ai prié la Sérénissime de m'envoyer son meilleur peintre. Gentile Bellini est venu jusqu'à Istanbul et a fixé mon visage sur la toile, à la manière des Latins, qui rendent la chair et le regard comme aucun de nos enlumineurs. Beaucoup parmi les miens trouvent étrange qu'un sultan se fasse portraiturer par un Franc. Mais la curiosité n'a pas de patrie, et l'art de l'ennemi reste un art. Un jour, parcourant un palais grec en ruine, j'ai songé à ce vers où l'araignée tisse sa toile dans la demeure des Césars : les empires passent, les visages s'effacent, et il n'est pas vain de confier les siens à une main habile avant que l'oubli ne fasse son ouvrage.

La curiosité n'a pas de patrie, et l'art de l'ennemi reste un art.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Mehmet II. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.