Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Mehmet II

par Charactorium · Mehmet II (1432 — 1481) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Deux jeunes visiteurs de douze ans poussent la lourde porte d'une tente de campagne ottomane. Devant eux, assis sur un tapis persan, un sultan au grand turban blanc les invite à s'asseoir. Il sourit : on l'interroge rarement sur autre chose que ses canons.

On dit que vous avez fait passer des bateaux par-dessus des collines. C'est vrai, ça ?

Oui, mon enfant, c'est tout à fait vrai. Imagine un port fermé par une énorme chaîne de fer tendue sur l'eau. Ce port, on l'appelait la Corne d'Or : un long bras de mer qui protégeait la ville. Mes bateaux ne pouvaient pas entrer. Alors j'ai eu une idée folle. Une nuit, j'ai fait poser des rondins de bois enduits de graisse sur la colline. Et nous avons tiré les navires par-dessus la terre, sur plusieurs kilomètres, à la force des hommes et des bœufs. Au matin, les défenseurs ont vu ma flotte là où il n'y avait jamais eu d'eau. Ils n'en croyaient pas leurs yeux.

On a fait naviguer mes bateaux sur la terre, par-dessus une colline.

Et les gens dans la ville, ils ont eu peur quand ils ont vu ça ?

Très peur, oui. Mets-toi à leur place. Tu te crois protégé par la mer et par ta grande chaîne. Tu dors tranquille. Et au réveil, l'ennemi est entré là où c'était impossible. Ça brise quelque chose dans le cœur, ce genre de surprise. C'est ça, la vraie arme : pas seulement la force, mais l'étonnement. À mon époque, on disait qu'une ville se prend autant par la tête que par les murs. Quand l'ennemi pense « il ne peut pas faire ça », et que tu le fais quand même, alors la moitié de la bataille est déjà gagnée. Constantinople était imprenable depuis mille ans. Plus pour longtemps.

Une ville se prend autant par la tête que par les murs.

Vous aviez quel âge quand vous avez fait fabriquer votre énorme canon ?

J'avais vingt et un ans, mon garçon. Un ingénieur venu de Hongrie, qu'on appelait Urbain, est venu me voir. Il savait fondre le bronze. Je lui ai demandé le plus gros canon jamais construit. Une bombarde — c'est une grosse machine qui lance des boulets de pierre. Mais des boulets énormes : plus de cinq cents kilos ! Imagine une grosse pierre lourde comme dix hommes, projetée contre un mur. Les murailles de la ville étaient réputées indestructibles depuis toujours. Pourtant, à chaque tir, des morceaux entiers tombaient. On disait que le grondement s'entendait à des heures de marche. C'est là que j'ai compris : le monde venait de changer.

Un seul boulet pesait plus lourd que dix hommes réunis.

Ça devait faire un bruit terrible. Comment c'était, pendant le siège ?

Terrible, oui. Un marin venu de Venise, Nicolo Barbaro, a raconté que mes canons tiraient nuit et jour, sans jamais s'arrêter. Imagine : tu ne dors plus, le sol tremble sous tes pieds, la poussière des pierres brisées flotte partout. Pour bien serrer la ville, j'avais aussi fait bâtir une forteresse sur le Bosphore, Roumélie Hisar, en seulement quatre mois. Elle coupait tout ravitaillement par la mer. Tu vois, je ne me suis pas contenté de frapper. J'ai d'abord étouffé la ville, lentement, comme on serre un nœud. Le canon n'était que la dernière étape d'une longue patience.

J'ai d'abord étouffé la ville, lentement, comme on serre un nœud.

On vous imagine seulement guerrier. Mais c'est vrai que vous lisiez dans plein de langues ?

Ça te surprend, hein ? Pourtant c'est vrai. Le matin, après ma prière, j'aimais lire. De l'histoire, de la géographie. Et je lisais le grec, le latin, l'arabe et le persan. Le soir, parfois, j'écrivais mes propres poèmes en persan, sous un autre nom : Avnî. Un conquérant qui écrit des vers, ça ne te paraît pas un peu étrange ? Pour moi, c'était naturel. Tenir une épée ne m'empêchait pas de tenir un livre. Je voulais comprendre les peuples que je gouvernais : leurs récits, leurs sages, leurs anciens. On ne règne pas bien sur ce qu'on ne cherche pas à connaître.

Tenir une épée ne m'a jamais empêché de tenir un livre.
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The Sultan Mehmet II title QS:P1476,en:"The Sultan Mehmet II "label QS:Len,"The Sultan Mehmet II "label QS:Lit,"Ritratto del sultano Mehmet II"label QS:Lfr,"Le Sultan Mehmet II"label QS:Lar,"بورتريهWikimedia Commons, Public domain — Gentile Bellini

Pourquoi vous avez fait venir un peintre depuis Venise pour vous dessiner ?

Parce que sa main était la meilleure, tout simplement. En 1479, j'ai fait venir un peintre vénitien, Gentile Bellini. Venise et moi, nous nous étions longtemps fait la guerre. Et voilà qu'à la paix, j'accueillais un de leurs artistes à ma cour ! J'aimais qu'on me montre tel que j'étais, sans flatterie. Ce portrait existe encore aujourd'hui, très loin d'ici. Tu sais, beaucoup pensent qu'un conquérant déteste l'étranger. C'est le contraire. J'invitais à ma table des savants grecs, italiens, persans. Une cour, c'est comme un grand banquet : plus les invités viennent de loin, plus la conversation est riche.

Plus les invités viennent de loin, plus la conversation est riche.

C'est vrai qu'il y avait une loi qui disait au sultan de tuer ses propres frères ?

Oui. Et je comprends que ça te glace le sang. Moi-même, ça n'a rien de joyeux. J'ai fait rédiger un grand recueil de lois, le Kanunname — un kanun, c'est une loi décidée par le souverain, à côté de la loi religieuse. Et j'y ai écrit une règle très dure : celui de mes fils qui monterait sur le trône pourrait faire mettre à mort ses frères. Pourquoi une chose aussi froide ? Parce que j'avais vu des empires se déchirer en guerres entre frères, des familles entières s'entretuer pour un trône. Je voulais épargner ça à mon peuple. Une douleur dans la famille, pour éviter le sang de milliers de gens.

Une douleur dans une seule famille, pour épargner le sang de milliers de gens.

Mais comment on peut écrire une loi aussi dure sans se sentir mal ?

Tu poses la vraie question, celle qui fait mal. Je ne te mentirai pas : régner, ce n'est pas toujours être un homme bon. C'est parfois choisir entre deux malheurs. Quand j'ai mis mon sceau, ma tuğra, au bas de ce texte, je savais que des familles pleureraient. Mais à mon époque, un trône mal défendu, c'était la guerre civile, des villages brûlés, des récoltes perdues, des enfants comme toi affamés. Un souverain doit porter ces choix-là, tout seul, sans les montrer. C'est le poids de la couronne. On voit le turban couvert de joyaux ; on ne voit jamais ce qu'il pèse sur la tête de celui qui le porte.

On voit le turban couvert de joyaux ; jamais ce qu'il pèse sur la tête.

Après avoir pris la ville, qu'est-ce que vous avez ressenti en entrant dedans ?

Un mélange étrange, mon enfant. De la fierté, mais aussi une tristesse soudaine. Je suis entré dans la grande église, Sainte-Sophie, et j'y ai prié. C'était la plus belle que j'aie jamais vue. Puis j'ai marché dans l'ancien palais des empereurs, vide, en ruine, plein de poussière. Et là, en voyant cette splendeur abandonnée, j'ai pensé que même les plus grands empires finissent par tomber. Une araignée tissait sa toile dans le palais des Césars. Tu vois, ce jour-là, je n'étais pas seulement un vainqueur. J'étais aussi un homme qui comprend que tout passe, même la gloire.

Même les plus grands empires finissent par tomber dans la poussière.

Et après, comment vous avez fait pour remplir une ville à moitié vide ?

Patiemment, rue par rue. La ville était presque vide, abîmée par le siège. Alors je l'ai rebâtie. J'y ai fait construire des mosquées, des marchés couverts, des écoles. Et surtout, j'ai fait revenir des habitants de partout : des musulmans, mais aussi des Grecs, des Arméniens, des juifs. Je leur ai permis de garder leur religion et leurs chefs, par un système qu'on appelait le millet. Chaque communauté vivait selon ses propres lois religieuses. Une ville, vois-tu, ce n'est pas que des pierres. C'est des gens, des langues, des marchés bruyants, des odeurs de pain. J'ai fait d'une cité morte une capitale qui respirait à nouveau.

Une ville, ce n'est pas que des pierres : c'est des gens, des langues, des marchés.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Mehmet II. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.