Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Pablo Neruda

par Charactorium · Pablo Neruda (1904 — 1973) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Septembre 1973. Dans sa maison d'Isla Negra, où l'océan Pacifique cogne sous les fenêtres encombrées de coquillages et de proues de navire, Pablo Neruda reçoit, affaibli mais lucide, enveloppé dans son poncho. La mer est grise ce matin-là ; le poète accepte de revenir sur une vie où la poésie et le combat n'ont jamais cessé de se confondre.

Comment se déroule, concrètement, votre matin d'écriture ?

Chaque matin, avant que le monde ne réclame quoi que ce soit de moi, je m'assois face au Pacifique, à Isla Negra, et j'écris à la main, toujours à l'encre verte. Le vert, pour moi, c'est la couleur de l'espérance — encrer un poème d'une autre teinte me semblerait un mauvais présage. La mer cogne sous la fenêtre, les coquillages dorment sur les étagères, et les vers montent comme la marée, sans qu'on les commande. Je ne crois pas à l'inspiration qui frappe le soir, dans la fièvre ; je crois à la discipline patiente de l'aube. Un carnet, une plume, et cette eau verte qui coule des deux côtés : de l'encrier et de l'océan.

Vous souvenez-vous du garçon de vingt ans qui a publié son premier grand recueil ?

J'avais vingt ans, ou guère plus, quand Veinte poemas de amor y una canción desesperada est sorti en 1924. Je ne soupçonnais pas qu'un garçon mélancolique de Parral, couchant ses tristesses sur le papier, serait lu jusque dans des chambres d'amants qu'il ne connaîtrait jamais. Puedo escribir los versos más tristes esta noche — cette nuit-là, oui, j'ai écrit les vers les plus tristes, et c'est étrange, ce sont eux qu'on a le plus aimés. Le pseudonyme aussi datait de ces années : Neftalí Reyes cachait sa poésie à son père cheminot sous un nom emprunté à un poète tchèque entrevu au hasard d'une revue. On se choisit un masque pour pouvoir, dessous, dire la vérité.

Que représentait pour vous l'amitié de Federico García Lorca, à Madrid ?

À Madrid, dans les années trente, j'étais consul, mais surtout j'étais l'ami de Federico García Lorca et de toute cette Generación del 27 qui chantait, buvait et inventait des images jusqu'à l'aube. Federico avait le rire le plus vivant que j'aie jamais connu. Puis la guerre civile a éclaté, et un matin on m'a appris qu'on l'avait fusillé près de Grenade, jeté dans un fossé par les hommes de Franco. Quelque chose s'est cassé en moi qui ne s'est jamais réparé. Jusque-là j'avais écrit l'amour et l'angoisse ; à partir de ce mort-là, j'ai compris qu'un poète ne pouvait pas se taire pendant qu'on assassinait ses frères.

À partir de ce mort-là, j'ai compris qu'un poète ne pouvait pas se taire pendant qu'on assassinait ses frères.

Dans quelles conditions est né España en el corazón ?

De cette colère est né España en el corazón, en 1937. Ce n'est pas un livre écrit dans le calme d'un bureau : les soldats de la République l'ont imprimé sur le front même, avec un papier fabriqué, dit-on, de chemises et de bandages, de tout ce qui restait. Imaginez un recueil de poèmes naissant au milieu des tranchées, puis transporté à travers les Pyrénées par des hommes en déroute. Mon lyrisme sensuel d'autrefois cédait la place à un chant pour un peuple en armes. C'est là, je crois, que ma poésie a cessé d'être un miroir pour devenir une main tendue.

Pourquoi avoir attaqué frontalement, à la tribune, un président que vous aviez soutenu ?

En janvier 1948, du haut de la tribune du Sénat du Chili, j'ai prononcé le discours qu'on a appelé Yo acuso. J'avais soutenu le président González Videla, et il avait trahi ceux qui l'avaient porté au pouvoir, jeté en prison les mineurs grévistes, livré le pays aux intérêts du Nord. Devant mes pairs, j'ai dit : Yo acuso al Presidente de la República de haber traicionado al pueblo que lo llevó al poder. On n'accuse pas impunément un homme qui tient l'armée. Quelques jours plus tard, mon arrestation était décidée, et il m'a fallu disparaître. Un sénateur devenu, du jour au lendemain, un fugitif dans son propre pays.

Gedenktafel Pablo-Neruda-Str 18 (Köpe) Pablo Neruda2
Gedenktafel Pablo-Neruda-Str 18 (Köpe) Pablo Neruda2Wikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — OTFW, Berlin

Comment avez-vous réellement quitté le Chili, cette année-là ?

On m'a caché de maison en maison pendant des mois, puis vint l'unique issue : franchir la cordillère des Andes à cheval, en plein hiver, vers l'Argentine. Imaginez un homme de lettres, pas un cavalier, gravissant des sentiers de neige et de boue, à travers des forêts du sud où nul panneau n'indique la frontière. Nous avons traversé des rivières glacées et dormi dans des cabanes où ils partageaient leur feu et leur pain sans savoir qui j'étais. C'est cet exilio — ce mot dur que tant des miens ont connu — qui m'a conduit en Europe. De ces montagnes, je garde non la peur, mais la fraternité muette de ces hommes qui m'ont fait passer.

Ils partageaient leur feu et leur pain sans savoir qui j'étais.

On vous dit collectionneur insatiable. Que cherchez-vous dans tous ces objets ?

On me dit collectionneur ; je me dis plutôt amoureux des choses que la mer et les hommes abandonnent. Dans mes demeures s'entassent des coquillages par milliers, des proues de navire arrachées à de vieux bateaux, des bouteilles de toutes les couleurs, des masques, et même une petite locomotive — mon père était cheminot, et le train siffle encore dans ma mémoire d'enfant. À Isla Negra, face au Pacifique, tout cela monte du sol au plafond comme un musée que personne n'a ordonné. Je ne possède pas ces objets ; ils me tiennent compagnie. Chaque coquillage est un poème que l'océan a écrit avant moi, et que je n'ai qu'à ramasser sur le sable.

BNCL - Salón Pablo Neruda
BNCL - Salón Pablo NerudaWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — Eduardo Testart

Vos trois maisons, vous les avez voulues comme des œuvres à part entière ?

J'ai eu trois maisons, et chacune est un autoportrait. Isla Negra, face à l'océan ; La Chascona, à Santiago — que j'ai bâtie pour Matilde, cachée dans un repli de la colline comme notre amour l'était d'abord ; et La Sebastiana, perchée sur les toits de Valparaíso. Je les ai dessinées moi-même, avec des escaliers qui ne mènent nulle part, des fenêtres comme des hublots, des pièces où l'on se croit embarqué. Une maison, pour moi, n'est pas un abri : c'est un poème qu'on habite. On y reçoit ses amis, on débouche le vin chilien, on récite à voix haute jusqu'au cœur de la nuit. Bâtir une maison et écrire un livre, au fond, c'est le même geste.

Qu'avez-vous voulu dire au monde en recevant le prix Nobel ?

Quand le prix Nobel m'est parvenu, en 1971, j'étais déjà rongé par la maladie, et je le savais. À Stockholm, devant ces messieurs en habit, j'ai voulu dire que le poète n'est pas un être au-dessus des autres. Le poète n'est pas un petit dieu — il est l'artisan d'un pain que tous doivent pouvoir rompre. La poésie, je l'ai toujours tenue pour une tentative de réconciliation de l'homme avec la nature et avec ses semblables, non pour un trône. Recevoir cet honneur si tard, et malade, m'a empli d'une joie grave : celle d'un homme qui voit sa longue route reconnue à l'instant précis où il sent qu'elle s'achève.

Le poète n'est pas un petit dieu ; il est l'artisan d'un pain que tous doivent pouvoir rompre.

Que vivez-vous, ces jours-ci, depuis le coup d'État qui a renversé Salvador Allende ?

Le 11 septembre 1973, l'armée a renversé mon ami Salvador Allende, et avec lui tout ce que nous avions rêvé pour le Chili. Le golpe de Estado a éteint en un matin l'espérance d'un peuple entier. Je suis à Isla Negra, très faible, et les nouvelles qui me parviennent sont chaque jour plus noires : des amis arrêtés, disparus, des livres brûlés. On me rapporte que des soldats fouillent déjà mes demeures. Je n'ai plus la force de fuir une seconde cordillère. Si la poésie est un acte de paix, comme je l'ai écrit, alors je m'éteins au milieu du fracas — mais avec la certitude têtue que la paix, un jour, rebâtira ce que ces fusils ont détruit.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Pablo Neruda. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.