Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Paul Éluard

par Charactorium · Paul Éluard (1895 — 1952) · Lettres · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Ce matin-là, deux jeunes visiteurs de douze ans entrent dans un appartement parisien aux murs couverts de tableaux. Un homme aux yeux doux les fait asseoir et leur sourit. Il s'appelle Paul Éluard, et il a accepté de tout leur raconter.

Vous aviez quel âge quand vous êtes tombé malade et parti à la montagne ?

J'avais dix-sept ans, mon enfant. Une vilaine toux, la tuberculose, m'a envoyé loin de Paris, à Davos, dans les montagnes suisses. Imagine un grand bâtiment blanc au milieu de la neige, où l'on reste allongé des heures à respirer l'air froid. C'était triste, et pourtant... c'est là que tout a commencé. Une jeune fille russe soignait ses poumons comme moi. Elle s'appelait Helena, mais je l'ai appelée Gala. On lisait des poèmes ensemble entre deux quintes de toux. Tu vois, parfois la vie te jette dans un endroit gris pour t'y offrir la plus belle rencontre. La maladie m'a donné l'amour avant de me donner les vers.

La maladie m'a donné l'amour avant de me donner les vers.

Ça vous a fait quoi quand Gala est partie avec le peintre Dalí ?

Ça m'a brisé, je ne vais pas te mentir. En 1929, Gala est partie vivre avec mon ami le peintre Salvador Dalí. J'avais cru qu'on resterait ensemble toute la vie. Imagine que tu prêtes ton trésor le plus précieux, et qu'il ne revient jamais. J'ai pleuré, beaucoup. Mais tu sais ce que fait un poète avec sa peine ? Il la transforme. Toute cette douleur, je l'ai versée dans mes poèmes sur l'amour et la perte. Je lui ai même écrit qu'elle restait la femme de ma vie. La tristesse, quand on la met en mots, arrête de te faire mal toute seule. Elle devient quelque chose de beau pour les autres.

La tristesse, quand on la met en mots, arrête de te faire mal.

Pourquoi vous avez écrit que la terre était bleue comme une orange ? C'est bizarre, non ?

Ha ! Tu as raison, c'est bizarre, et c'est fait exprès. La terre est bleue comme une orange — une orange n'est pas bleue, et la terre n'est pas une orange ! Mais quand tu colles ensemble deux choses qui n'ont rien à voir, ça réveille ta tête. Ça s'appelle une image surréaliste : on rapproche deux mots éloignés pour faire jaillir une surprise. Avec mes amis, on jouait à écrire sans réfléchir, en laissant les mots venir tout seuls. Imagine que tu fermes les yeux et que ta main écrit ce qu'elle veut. C'était notre jeu en 1929, dans le recueil L'Amour la Poésie. La poésie, ce n'est pas dire le vrai : c'est faire voir autrement.

Coller deux mots qui n'ont rien à voir, ça réveille ta tête.

C'est vrai que vous étiez ami avec Picasso ? Vous faisiez quoi ensemble ?

Oh oui, Pablo Picasso était un véritable ami. Mes après-midis, je les passais souvent dans les ateliers des peintres, à Montparnasse. Ça sentait la peinture et la térébenthine, le sol était couvert de toiles. On parlait d'art, on riait, on se disputait gentiment. Picasso a même illustré un de mes recueils, Les Yeux fertiles, en 1936. Et avec le photographe Man Ray, j'ai fait un livre où mes poèmes répondaient à ses images. Tu vois, j'écrivais souvent un poème en regardant un tableau, comme on répond à une lettre. Chez moi, les murs débordaient de toiles offertes par mes amis. Mon appartement, c'était presque un petit musée.

J'écrivais un poème en regardant un tableau, comme on répond à une lettre.

Comment vous faisiez pour écrire ? Vous aviez un carnet sur vous ?

Toujours, mon enfant ! Je gardais un petit carnet au chevet de mon lit. Le matin, à peine réveillé, je notais les images qui m'étaient venues pendant la nuit. Je croyais que mon esprit travaillait même quand je dormais. Imagine un pêcheur qui jette son filet dans le sommeil et remonte des mots au réveil. Plus tard, je recopiais tout proprement à la machine à écrire, avant de le donner à imprimer. Mais le vrai moment magique, c'était le crayon qui court sur le papier. Tracer les lettres à la main faisait partie du poème lui-même. Un poète, ça commence avec un carnet et un bout de crayon, rien de plus.

Un poète, ça commence avec un carnet et un bout de crayon.
Portrait de Paul Éluard - Fernand Léger
Portrait de Paul Éluard - Fernand LégerWikimedia Commons, Public domain — Fernand Léger

C'est vrai que votre poème « Liberté » était d'abord un poème d'amour ?

C'est tout à fait vrai, et j'aime cette histoire. À l'origine, j'écrivais ce poème pour la femme que j'aimais, ma chère Nusch. À la fin, je voulais écrire son prénom. Et puis, au dernier moment, j'ai changé d'avis. À la place du prénom, j'ai écrit un seul mot : Liberté. Et par le pouvoir d'un mot, je recommence ma vie. Tu te rends compte ? Un poème d'amour pour une seule personne est devenu un cri pour tout un pays. C'était en 1942, la France était occupée par l'armée allemande. Ce petit changement a tout transformé. Un mot, parfois, peut ouvrir une porte que mille soldats ne peuvent pas fermer.

Un mot peut ouvrir une porte que mille soldats ne peuvent pas fermer.

On m'a dit que des avions ont lâché votre poème du ciel. C'est une blague ?

Non, ce n'est pas une blague, et moi-même j'ai eu du mal à le croire ! Pendant l'Occupation, mon poème Liberté a été imprimé sur des tracts, de petites feuilles de papier. Et les avions anglais, la RAF, les ont parachutés au-dessus de la France. Imagine des milliers de feuilles qui tombent du ciel comme une neige de mots, sur des gens qui avaient peur et faim. Un poème, ça ne tire pas de balle. Mais ça redonne du courage, et le courage, c'était l'arme la plus précieuse. Diffuser ces textes était dangereux : on risquait la prison. Voilà pourquoi je dis qu'un poème peut être plus fort qu'un fusil.

Des milliers de feuilles qui tombent du ciel comme une neige de mots.
Paul Éluard
Paul ÉluardWikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Groume

Pendant la guerre, vous mangiez quoi ? Vous aviez froid ?

On avait froid, et on avait faim, mon enfant. J'ai écrit ces mots : Paris a froid Paris a faim. Ce n'était pas une image, c'était vrai. La nourriture était rationnée : un peu de pain, parfois un peu de fromage, et chacun avait droit à une toute petite part. Plus de marrons chauds vendus dans la rue l'hiver. Les gens dormaient debout dans le métro pour avoir un peu moins froid. Imagine une grande ville fatiguée, qui met de vieux vêtements pour se tenir chaud. C'est cette ville-là que j'ai mise dans mes poèmes de résistance. Écrire la faim et le froid, c'était une façon de dire : on est toujours là, on tient debout.

Écrire la faim et le froid, c'était dire : on tient debout.

Vous aviez peur d'être arrêté à cause de vos poèmes ?

Oui, j'avais peur, et c'était normal d'avoir peur. Sous l'Occupation, écrire contre l'occupant pouvait te conduire en prison, ou pire. Alors je publiais en cachette, dans la clandestinité : on imprimait les poèmes en secret, on les passait de main en main. Nos réunions entre amis, autrefois joyeuses et bruyantes, étaient devenues silencieuses et discrètes. Imagine que tu écris une lettre importante en sachant qu'on ne doit jamais te voir la donner. Mon recueil Au rendez-vous allemand est sorti à la Libération, en 1944, quand on a enfin pu respirer. Avoir peur n'empêche pas d'agir. Le courage, ce n'est pas ne pas trembler ; c'est écrire quand même.

Le courage, ce n'est pas ne pas trembler ; c'est écrire quand même.

Si on retient une seule chose de vous, ce serait quoi ?

Quelle belle question pour finir. Si tu ne dois retenir qu'une chose, retiens ceci : les mots ont un pouvoir énorme. J'ai été un poète de l'amour, avec Capitale de la douleur en 1926, et un poète de la liberté, avec Liberté en 1942. Pour moi, c'était le même combat. Aimer quelqu'un et aimer la liberté, ça vient du même endroit dans le cœur. Quand tu écris un mot vrai, il sort de toi et il va vivre dans la tête des autres, parfois pendant des siècles. Toi aussi, mon enfant, tu as ce pouvoir au bout de ton crayon. Ne l'oublie jamais. Un mot bien choisi peut changer une vie, et même un peu le monde.

Un mot bien choisi peut changer une vie, et même un peu le monde.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Paul Éluard. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.