Interview imaginaire avec Romulus et Rémus
par Charactorium · Romulus et Rémus · Mythologie · 5 min de lecture
Deux jeunes visiteurs, douze ans chacun, ont quitté leur car ce matin pour grimper sur une colline de Rome. Au sommet, près d'une vieille grotte, un homme en cape rouge les attend. C'est Romulus, le fondateur — il sourit, content qu'on s'intéresse encore à lui.
—C'est vrai qu'une louve vous a nourris quand vous étiez bébés ?
Oui, mon enfant, et c'est le plus beau de mon histoire. Tu sais, mon frère Rémus et moi, on nous avait abandonnés tout petits, posés près du fleuve, le Tibre. Imagine deux nourrissons seuls dans les roseaux, la nuit qui tombe, le froid. Et là, une louve sauvage est venue. Une bête qui aurait dû nous dévorer ! Mais elle s'est couchée et nous a donné son lait, là, dans une grotte sous cette colline — on l'appelle le Lupercal. Des bergers nous ont trouvés après et nous ont élevés. C'est pour ça que la louve est partout à Rome aujourd'hui.
Une bête qui aurait dû nous dévorer nous a donné son lait.
—Vous vous souvenez de cette grotte ? Elle était comment ?
J'étais trop bébé pour m'en souvenir vraiment, mais les bergers me l'ont racontée si souvent ! Le Lupercal, c'était un trou sombre et humide creusé sous le Palatin, la colline où tu te tiens. Imagine une caverne qui sent la terre mouillée et le pelage de bête. Dehors, le Tibre coulait, large et boueux. Plus tard, quand je suis devenu roi, ce lieu est devenu sacré. Les Romains y faisaient des fêtes chaque année pour ne jamais oublier la louve. Un endroit minuscule, et pourtant tout Rome est née là-dedans.
Un endroit minuscule, et pourtant tout Rome est née là-dedans.
—Pourquoi vous avez décidé de construire une ville à cet endroit ?
Parce que le Palatin était parfait, mon enfant ! Une colline haute, facile à défendre, avec le fleuve juste en bas pour le commerce et l'eau. À mon époque, vers 753 avant notre ère, il n'y avait pas de grande cité ici — juste des cabanes de bois et de chaume éparpillées, des bergers comme ceux qui m'avaient élevé. Moi, je voulais une vraie ville fortifiée, une cité avec ses murs et ses lois. Alors j'ai tracé ses limites et j'ai dit : ici sera Rome. Imagine planter un drapeau sur une colline vide et promettre qu'un jour, le monde entier en parlera.
Ici sera Rome — j'ai planté ce nom sur une colline vide.
—On nous a dit que vous avez tué votre frère. C'est vrai ?
Oui... et ça me pèse encore, mon enfant. Je ne vais pas te mentir. Quand j'ai fondé la ville, j'ai tracé une limite sacrée tout autour — on l'appelle le pomerium, un sillon creusé dans la terre avec une charrue, l'araire. Ce sillon, c'était comme un mur invisible : personne n'avait le droit de le franchir. Mon frère Rémus, pour se moquer, a sauté par-dessus. Sous la colère, je l'ai frappé. On raconte que j'ai crié : « Ainsi périsse quiconque franchira mes murs. » Un fratricide — tuer son propre frère. C'est le prix terrible de cette frontière.
Le sillon que j'avais tracé est devenu la tombe de mon frère.
—Pourquoi un simple trait par terre était si important pour vous ?
Parce que ce trait n'était pas qu'un dessin, mon enfant. Le pomerium, c'était la limite sacrée de la cité, bénie par les dieux. Imagine que tu traces un cercle et que tu dis : à l'intérieur, c'est protégé, c'est saint ; à l'extérieur, c'est le danger. Si n'importe qui pouvait sauter par-dessus en riant, alors la ville ne valait plus rien, elle n'était plus sacrée. J'avais creusé ce sillon avec l'araire, deux bœufs tirant la charrue. Quand Rémus l'a méprisé, il a méprisé Rome elle-même. C'était terrible, mais une cité sans limite respectée, c'est une cité déjà morte.
Une cité sans limite respectée est une cité déjà morte.

—Au début, il n'y avait presque personne à Rome. Comment vous avez fait ?
Ah, c'était mon grand problème, mon enfant ! Une ville sans habitants, c'est juste des murs vides. J'avais surtout des hommes — des bergers, des guerriers, des aventuriers venus me rejoindre. Mais sans femmes ni familles, ma cité s'éteindrait en une génération. Alors j'ai organisé une fête et j'ai invité nos voisins, les Sabins, avec leurs filles. Et là, on a enlevé les jeunes femmes pour qu'elles deviennent nos épouses. Oui, je sais, ça paraît brutal — et ça a déclenché une guerre. Mais Rome avait besoin de familles pour vivre. Les débuts d'une cité, ce n'est jamais doux.
Une ville sans habitants, c'est juste des murs vides.
—Quand vous êtes devenu roi, qu'est-ce que vous avez fait en premier ?
J'ai compris une chose, mon enfant : un roi seul ne peut pas tout décider. Alors j'ai choisi les hommes les plus sages et les plus âgés, et j'en ai fait un conseil. On les appelait les patres, les « pères ». Ce conseil, c'était le Sénat — un mot qui vient de senex, le vieillard. Imagine une centaine de barbes grises réunies pour me conseiller avant chaque grande décision. J'ai aussi partagé le peuple en trois groupes, trois tribus, pour mieux l'organiser. Tu vois, fonder une ville, ce n'est pas que des murs. C'est inventer des règles pour faire vivre les gens ensemble.
Fonder une ville, ce n'est pas que des murs — c'est faire vivre les gens ensemble.

—C'est quoi cette histoire de bouclier tombé du ciel ?
Ah, tu connais déjà ça ! Oui, on raconte qu'un jour un bouclier est tombé du ciel, droit dans mes mains. On l'appelait l'ancile. Pour les Romains, c'était un signe : tant que ce bouclier resterait à Rome, la cité serait protégée par les dieux. Mais j'avais peur qu'on me le vole ! Alors, ruse de roi : j'ai fait fabriquer plein de copies identiques, pour qu'un voleur ne sache jamais lequel était le vrai. Ces boucliers sacrés, on les gardait précieusement. Tu vois, à mon époque, un objet pouvait valoir plus que toute une armée.
Tant que ce bouclier resterait à Rome, la cité serait protégée.
—Vous portiez quoi comme habits, quand vous étiez roi ?
Pas grand-chose de doré, mon enfant, tu serais déçu ! À mon époque, on était des guerriers rudes. Je portais une tunique de laine tissée, simple, et par-dessus une grande cape rouge attachée à l'épaule par une broche en bronze — on l'appelait le paludamentum, le manteau du chef de guerre. Sur la tête, parfois, un signe de mon pouvoir de roi. Mais ne t'imagine pas un palais brillant ! Je vivais dans une hutte de bois et de terre, avec un toit de paille. Le roi de Rome dormait dans une cabane. C'est par cette pauvreté que tout a commencé.
Le roi de Rome dormait dans une cabane de bois et de paille.
—On dit que vous n'êtes pas mort comme tout le monde. Qu'est-ce qui s'est passé ?
Une histoire étrange, mon enfant... Un jour, vers la fin de ma vie, le ciel s'est couvert. Une tempête énorme s'est levée, avec des éclairs et un nuage si épais qu'on ne voyait plus rien. Et quand le ciel s'est dégagé, j'avais disparu. Envolé ! Les Romains ont dit que les dieux m'avaient emporté pour faire de moi l'un des leurs. Ils m'ont vénéré sous un nouveau nom, Quirinus, un dieu protecteur de Rome. Après moi, un roi sage, Numa Pompilius, a continué mon œuvre. Imagine : on m'avait abandonné bébé, et je suis reparti vers le ciel comme un dieu.
On m'avait abandonné bébé, je suis reparti vers le ciel comme un dieu.
Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Romulus et Rémus. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.


