Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Sardanapale

par Charactorium · Sardanapale · Mythologie · Politique · Militaire · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Sardanapale
Wikimedia Commons, Public domain — Galerie Durand-Ruel

Le vent chaud du soir souffle sur les hauteurs du Tigre, à Ninive, dans les derniers jours du siège. Nous avons obtenu, par une licence que seule la légende autorise, de nous entretenir avec Sardanapale lui-même, retiré derrière les rideaux de lin de son palais, avant que les flammes ne referment son histoire. Les torches ne sont pas encore allumées ; le roi, dit-on, prend encore le temps de répondre.

Comment se passait, pour vous, une journée ordinaire derrière les murs de votre palais ?

Une journée ordinaire ? Je ne me levais pas avec le soleil comme le faisaient, dit-on, Assurnasirpal ou Sennachérib avant moi. Mes eunuques m'apportaient les parfums d'Orient dès l'aube, et je recevais, quand il le fallait, derrière des rideaux de lin brodé — on ne regarde pas un roi comme on regarde un marchand sur la place. L'après-midi appartenait aux banquets et à la musique des cithares ; le soir, aux lampes à huile qui se reflétaient dans les bassins du palais. Mon harem vivait à mes côtés, mes eunuques veillaient sur le silence de mes appartements. On m'a reproché cette vie recluse — mais quel roi guerrier a jamais connu pareille lenteur du plaisir ?

On raconte que vos propres généraux ne vous avaient jamais vu en personne. Est-ce vrai ?

C'est la vérité, et je n'en éprouve nulle honte. Un général qui voit son roi tous les jours finit par croire qu'il peut le remplacer. Les miens me devinaient derrière les tentures, entendaient ma voix, recevaient mes ordres par mes eunuques — jamais mon visage. Ctésias, le médecin grec de la cour perse, a consigné cela comme un scandale ; moi j'y voyais la dignité même du trône. Un roi n'est pas un soldat qu'on inspecte au campement. Je gouvernais depuis mes appartements intérieurs, au milieu de mes concubines, et l'empire tournait sans que j'aie à brandir une épée. C'est peut-être cela, au fond, qui a le plus indigné les Grecs : un pouvoir qui se passe si bien de la guerre.

Que faisiez-vous exactement lorsque les révoltés d'Arbacès sont parvenus jusqu'à vos appartements ?

Je filais la laine, au milieu de mes femmes, vêtu d'une robe de lin aux couleurs vives, brodée de fils d'or. Le fuseau tournait entre mes doigts comme il tournait entre les leurs ; je ne voyais pas pourquoi cet art, que les femmes pratiquent avec tant de grâce, serait indigne d'un roi. Arbacès et ses hommes, en franchissant le seuil, s'attendaient sans doute à trouver un guerrier en cuirasse. Ils ont trouvé un homme fardé, une quenouille à la main, et j'ai vu dans leurs yeux ce mélange de dégoût et de stupeur qui, depuis, n'a plus quitté mon nom. Qu'ils s'étonnent : la vertu guerrière n'a jamais nourri un banquet ni adouci une nuit.

Pourquoi choisir ces vêtements et ces manières que les Grecs jugeaient si scandaleuses pour un roi ?

Parce que la vertu qu'on m'opposait ne m'a jamais semblé grand-chose de plus qu'une fatigue qu'on impose aux autres pour se donner l'air noble. Mes ancêtres ont conquis des provinces entières à la pointe de l'épée ; moi j'ai préféré remplir des coupes d'or de vins de Phénicie et de Chypre, et regarder mes convives sourire plutôt que trembler. Une robe de femme, un diadème de lapis-lazuli, qu'importe le tissu si le plaisir qu'il procure est réel ? On m'a peint en roi dégénéré parce que je n'ai pas cherché la gloire des batailles. Mais la gloire des batailles finit toujours en cendres — la mienne, du moins, aura eu le mérite d'être choisie, et non subie sur un champ que je n'aurais pas voulu.

Ninive a tenu deux années entières face au siège. Comment expliquez-vous une telle résistance ?

Mon palais n'était pas une simple demeure, c'était une ville dans la ville, avec des greniers capables de nourrir une armée pendant des années. Ceux qui m'imaginaient faible n'avaient jamais compté mes réserves. Les Mèdes et leurs alliés ont campé sous nos murailles deux hivers durant, et chaque matin je faisais servir mes banquets comme si de rien n'était — on m'a dit que cela rendait mes ennemis plus furieux encore que ne l'aurait fait une sortie armée. Je n'ai jamais eu le goût du combat, mais j'avais celui de la patience dans le luxe, ce qui revient peut-être au même face à un siège. Quand la muraille a fini par céder, sous le poids d'une crue qu'aucun de mes devins n'avait annoncée, j'ai su que le temps des provisions était clos.

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French: La Mort de Sardanapale Death of Sardanapalustitle QS:P1476,fr:"La Mort de Sardanapale "label QS:Lfr,"La Mort de Sardanapale "label QS:Les,"La muerte de Sardanápalo"label QS:Lca,"La mort de SWikimedia Commons, Public domain — Eugène Delacroix

À quel moment avez-vous su que la reddition n'était pas une option pour vous ?

Au moment précis où l'eau du fleuve a rongé la pierre de mes murs, j'ai compris qu'aucune provision, aucun trésor, ne me sauverait plus. Me rendre aurait signifié marcher enchaîné devant Arbacès, servir de trophée à un satrape rebelle — et cela, aucune part de moi ne pouvait l'accepter. Je n'ai jamais été un guerrier, on me l'a assez reproché, mais je savais ce qu'était un roi : un homme qui choisit sa fin plutôt que de la recevoir d'un autre. Strabon a écrit que je préférais périr dans les flammes avec tout ce que je possédais plutôt que de tomber aux mains des Mèdes — il ne s'est pas trompé. J'ai fait dresser le bûcher le soir même, dans la plus grande salle du palais, et j'ai su, en le regardant s'élever, que c'était là ma dernière et plus vraie couronne.

Un roi est un homme qui choisit sa fin plutôt que de la recevoir d'un autre.

Qu'avez-vous fait jeter dans les flammes, cette nuit-là ?

Tout. L'or et l'argent amassés par des générations de rois avant moi, mes bijoux, mes parures d'ambre et d'ivoire, les tapis les plus fins de mes salles — je ne voulais rien laisser à mes ennemis qu'ils puissent exhiber comme butin. J'y ai fait porter aussi mes concubines et mes eunuques, ceux qui avaient partagé mes jours derrière les rideaux de lin : je ne pouvais pas les imaginer captifs, humiliés, vendus sur une place étrangère. Les torches du bûcher se sont élevées d'un coup, dévorant en une nuit ce que des siècles d'empire avaient accumulé. Je m'y suis jeté le dernier, quand les flammes avaient déjà tout pris — mon trône, mes richesses, mes femmes. On dira que c'est de la démesure. Je dis que c'est la seule couronne qu'aucun vainqueur ne pourra jamais porter à ma place.

C'est la seule couronne qu'aucun vainqueur ne pourra jamais porter à ma place.

Une épitaphe légendaire aurait été gravée sur votre tombeau. Que disait-elle vraiment ?

Athénée, bien après moi, rapporte qu'on pouvait y lire : « J'ai tout ce que j'ai mangé et tout ce dont j'ai joui en amour ; quant aux trésors que j'ai possédés, je les ai laissés derrière moi. » Je ne sais si la main qui a gravé ces mots était la mienne ou celle d'un scribe inspiré par ma légende, mais je les reconnais comme miens dans l'esprit. Un homme n'emporte avec lui que ce qu'il a réellement vécu — ses repas, ses plaisirs, ses nuits. Tout le reste, l'or, les terres, les titres, appartient déjà à ceux qui viendront après. Je n'ai jamais compris pourquoi on m'a fait passer pour un fou pour avoir dit cela tout haut, quand tant de rois le pensent tout bas en mourant.

Regrettez-vous de n'avoir pas suivi la voie guerrière de vos ancêtres, Assurnasirpal ou Sargon ?

Pas un instant. Ces rois ont conquis des provinces, déporté des peuples, empli les tablettes de leurs scribes de listes de victoires — et où sont-ils, sinon dans quelques lignes gravées que peu savent encore lire ? J'ai préféré l'hédonisme qu'on m'a tant reproché à cette gloire de conquérant, parce qu'un empire, même immense, finit toujours par retourner à la poussière, comme le mien l'a fait à Ninive. Ce que j'ai mangé, ce dont j'ai joui, les nuits passées entouré de mes concubines — cela au moins, aucune coalition mède ne pouvait me le reprendre. On peut vaincre un roi guerrier en abattant son armée. On ne vainc jamais tout à fait un homme qui a déjà eu tout ce qu'il désirait.

Si l'on vous disait qu'un jour, bien après votre temps, des poètes et des peintres feraient de votre bûcher une légende éternelle, que répondriez-vous ?

Je ne peux qu'imaginer une chose pareille, comme on imagine un songe après le vin. Si des conteurs de contrées que je n'ai jamais foulées devaient un jour rejouer ma dernière nuit — mes trésors, mes femmes, mes flammes — je ne m'en offusquerais pas. Un roi qui choisit sa mort plutôt que la chaîne mérite bien qu'on s'en souvienne, même déformé, même changé en fable. Peu m'importe qu'on me peigne plus tendre ou plus cruel que je ne fus : ce qui compte, c'est que le bûcher de Ninive continue de brûler dans la mémoire des hommes, bien après que ses cendres froides se sont dispersées dans le vent du Tigre. Voilà, je crois, la seule immortalité qu'un roi comme moi pouvait espérer — non celle des dieux, mais celle des récits qu'on se raconte encore.

La seule immortalité qu'un roi comme moi pouvait espérer, non celle des dieux, mais celle des récits qu'on se raconte encore.

Si vous deviez résumer votre vie en une seule image, laquelle choisiriez-vous ?

Un homme couché parmi ses trésors, regardant sans un geste ses richesses se consumer et ses femmes disparaître dans le feu — voilà l'image que je choisirais, puisque c'est celle que la légende elle-même a retenue de moi. Non pas un roi debout, une épée levée sur un champ de bataille, mais un roi immobile, presque indifférent, au milieu du désastre qu'il a lui-même choisi. On y verra de la démesure, de la cruauté peut-être ; moi j'y vois la seule scène qui dise vraiment qui j'étais — un homme pour qui le plaisir et la mort n'étaient, au fond, que les deux faces d'une même flamme. Que Ninive ait brûlé avec moi ne me trouble pas : une capitale sans son roi n'est plus qu'un tas de pierres, et j'ai préféré partir avec elle plutôt que de lui survivre en captif.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Sardanapale. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.