Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Shinran

par Charactorium · Shinran (1173 — 1263) · Spiritualité · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.
Portrait de Shinran
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Nous rencontrons Shinran dans les dernières années de sa vie, revenu à Kyoto après deux décennies passées à prêcher dans les campagnes de l'Est. Il reçoit, un pinceau encore à la main, dans une pièce modeste où s'entassent rouleaux de soutras et pages d'hymnes inachevés. Il accepte de revenir, une dernière fois, sur le chemin qui l'a mené du mont Hiei à la Terre pure.

Qu'est-ce qui vous a poussé à quitter le mont Hiei après tant d'années d'étude ?

J'avais neuf ans à peine quand on m'a confié au mont Hiei, dans les grandes salles de l'Enryaku-ji, pour y étudier la doctrine Tendai. J'y suis resté vingt ans, dans les rites, les textes, la discipline — et pourtant je sentais grandir en moi une inquiétude que ni les études ni les austérités ne calmaient. Comment un être aussi englué dans ses passions que moi pourrait-il se purifier par ses propres forces, dans cet âge que l'on nomme mappō, l'âge final du Dharma ? À la fin, j'ai quitté la montagne sans bruit, comme on quitte une maison qui ne nous abrite plus, pour me retirer au Rokkaku-dō, à Kyoto, où j'espérais trouver une réponse que vingt années de pratique ne m'avaient pas donnée.

Que vous est-il apparu durant ces cent jours de retraite au Rokkaku-dō ?

Cent jours, jour après jour, à prier pour ma vie future, sans savoir ce que je cherchais vraiment. Vers la fin, dans une vision, le bodhisattva Kannon m'est apparu et m'a montré, je crois, que ma voie n'était pas de gravir seul la montagne de la sagesse, mais de me tourner vers un maître capable de m'ouvrir un chemin plus sûr. Je suis descendu du Rokkaku-dō avec la certitude qu'il me fallait chercher Hōnen Shōnin, dont on disait qu'il enseignait le nenbutsu aux pauvres comme aux grands. Je suis allé l'écouter cent jours encore, sous la pluie comme au beau temps, et à la fin de ces cent jours j'ai su que je ne repartirais plus : ma vie entière basculait vers la Terre pure.

Ma voie n'était pas de gravir seul la montagne de la sagesse.

Comment avez-vous vécu votre exil forcé en Echigo ?

En 1207, la cour a interdit l'enseignement de mon maître ; certains de nos frères ont été mis à mort, et moi-même, défroqué de force, j'ai été envoyé loin, dans la province d'Echigo, au bord d'une mer que je ne connaissais pas. On m'avait ôté ma robe et mon nom de moine, alors j'ai pris celui de Gutoku, l'ignorant au crâne rasé, pour dire que je n'étais plus vraiment religieux ni tout à fait laïc. Ce nom n'était pas une plainte : c'était la vérité de ma condition, un homme ordinaire, un bonbu, comme tous ceux que j'allais bientôt côtoyer sur ces rivages. J'ai appris là-bas, dans le froid et l'éloignement, que la Terre pure n'a que faire des titres qu'on nous retire ou qu'on nous donne.

Pourquoi avoir choisi de vous marier avec Eshinni, au mépris des règles monastiques ?

On exigeait des moines qu'ils restent célibataires, comme si la pureté se mesurait à l'absence de femme et d'enfants. Mais j'avais compris, depuis le Rokkaku-dō, que le salut ne dépend d'aucune de nos observances : il vient tout entier du vœu originel d'Amida, ce que nous appelons le tariki, le pouvoir de l'autre, et non le jiriki, le pouvoir que je croirais tirer de moi-même. Épouser Eshinni ouvertement, fonder une famille, ce n'était pas braver l'ordre religieux pour le plaisir du scandale : c'était vivre selon ce que j'enseignais. Un homme marié, avec ses enfants, ses soucis, ses manques, reste aussi digne d'être accueilli dans la Terre pure qu'un moine cloîtré au sommet du mont Hiei. Je ne voyais pas pourquoi j'aurais dû mentir par mon habit ce que ma doctrine proclamait.

Qu'avez-vous appris en prêchant vingt ans auprès des paysans et pêcheurs du Kantō ?

Dans les campagnes d'Inada et de Hitachi, j'ai passé mes journées parmi des gens que les grands monastères de la capitale auraient jugés indignes du Dharma : des pêcheurs qui tuaient pour vivre, des chasseurs, des paysans trop pauvres pour offrir quoi que ce soit aux temples. On me disait que ces vies-là ne pouvaient prétendre à la Terre pure. Je crois au contraire que ce sont ces gens-là qu'Amida attend le plus impatiemment, eux dont la vie ne laisse aucune place à l'illusion de leurs propres mérites. Le matin, je récitais le nenbutsu devant son image, non pour accumuler des mérites mais par gratitude ; le soir, je m'asseyais avec eux, parfois autour d'un simple riz et d'une soupe miso, et j'écrivais, à la lueur d'une lampe, ce que je venais de leur enseigner.

ShinranShonin
ShinranShoninWikimedia Commons, Public domain — Kosigrim at English Wikipedia

Vous avez dit qu'un homme mauvais renaît plus sûrement qu'un homme bon dans la Terre pure. Beaucoup y voient un renversement du bon sens. Que répondez-vous ?

Je sais que cela heurte. On me demande souvent comment un pêcheur qui a pris la vie de tant de créatures pourrait renaître plus sûrement qu'un homme vertueux. Mais celui qui se croit bon compte encore sur ses propres forces, sur son propre mérite — c'est le jiriki déguisé en piété. Celui qui sait qu'il ne peut rien par lui-même, lui, s'abandonne entièrement au vœu d'Amida. Mes disciples m'ont souvent entendu dire, et l'un d'eux, Yuien, l'a consigné fidèlement : « Même un homme bon renaît dans la Terre pure, à plus forte raison un homme mauvais. » Ce n'est pas un encouragement à mal agir, c'est la reconnaissance que nul, bon ou mauvais, ne se sauve par ses propres œuvres.

Même un homme bon renaît dans la Terre pure, à plus forte raison un homme mauvais.

Pourquoi avoir choisi d'écrire vos hymnes en japonais plutôt qu'en chinois savant ?

Les lettrés de mon temps écrivaient en chinois classique, une langue que seuls les moines et les nobles maîtrisaient vraiment. Mais ceux à qui je m'adressais — pêcheurs, paysans, femmes sans instruction — n'avaient aucun accès à ces textes. J'ai donc pris mon pinceau et mon encre pour composer des wasan, des hymnes en japonais courant, comme le Shōzōmatsu wasan que j'ai achevé en 1257 sur les trois âges du Dharma. Je voulais que la vérité du vœu originel puisse être chantée, répétée, retenue par cœur, même par ceux qui ne savaient pas lire un seul caractère chinois. Ce n'était pas abaisser la doctrine : c'était refuser qu'elle reste prisonnière d'une élite, alors qu'Amida, dans son vœu, ne fait aucune différence entre le lettré et l'illettré.

Quelle place occupe le Kyōgyōshinshō dans votre pensée ?

C'est le Kyōgyōshinshō, l'œuvre à laquelle j'ai donné le plus de mes années, commencée vers 1224 et sans cesse reprise, corrigée, approfondie jusque tard dans ma vie. J'y rassemble ce que j'ai compris de l'enseignement, de la pratique, de la foi et de la réalisation, en m'appuyant sur les soutras de la Terre pure et sur les maîtres qui m'ont précédé. J'y écris, et je le pense encore aujourd'hui : « En méditant respectueusement sur l'établissement de la Terre pure véritable, je vois que la cause en est le pouvoir originel du Bouddha Amida, et que l'accomplissement en revient à sa grande compassion. » Ce livre n'est pas mon invention : c'est le fil que je tire depuis les vœux d'Amida jusqu'à la vie la plus humble, pour montrer que rien, dans ce salut, ne vient de moi.

Sculpture of Shinran in Shitennoji Temple
Sculpture of Shinran in Shitennoji TempleWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — そらみみ

En 1256, vous avez publiquement renié votre propre fils Zenran. Que s'est-il passé ?

Zenran était venu porter la parole dans le Kantō en mon nom, dans les communautés que j'avais mis si longtemps à réunir autour du nenbutsu. On m'a rapporté qu'il enseignait des choses que je n'avais jamais dites, prétendant détenir une transmission secrète que je lui aurais confiée à lui seul. Cela semait la confusion et la division parmi des disciples qui avaient déjà tant sacrifié pour cette foi. En 1256, j'ai dû écrire que je ne le reconnaissais plus comme mon fils. Ce n'est pas une décision que j'ai prise avec légèreté : j'étais alors un vieil homme, revenu vivre à Kyoto, et rompre ce lien m'a coûté plus que je ne saurais le dire à un étranger.

Comment avez-vous concilié ce déchirement avec votre enseignement d'une compassion sans limite ?

Je ne l'ai pas concilié, si vous entendez par là que j'aurais trouvé une paix facile. J'ai écrit, dans ces mêmes années, que même moi, qui prends refuge dans la véritable Terre pure, j'ai peine à avoir un cœur véritable, que mon moi reste faux et insincère, sans le moindre esprit de pureté — ce sont presque mes mots dans le Shōzōmatsu wasan. Renier Zenran n'a rien changé à ma conviction que la compassion d'Amida s'étend à lui comme à moi, mais protéger la communauté du Kantō de la confusion était un devoir que je ne pouvais fuir. Un père reste un père devant Amida, même quand un maître doit fermer une porte devant son disciple.

Un père reste un père devant Amida, même quand un maître doit fermer une porte devant son disciple.

Si vous deviez résumer, en une image, ce que vous espérez laisser derrière vous ?

Je n'ai jamais voulu fonder une école à mon nom, seulement transmettre ce que j'ai reçu de Hōnen et, avant lui, des maîtres de la Terre pure. Si mes hymnes en wasan continuent d'être chantés par des gens qui ne savent pas lire le chinois, si le nom d'Amida en six caractères continue d'être prononcé par des pêcheurs et des paysans qui se croyaient indignes du Dharma, alors ce que j'ai commencé au Rokkaku-dō et poursuivi dans l'exil d'Echigo n'aura pas été vain. Je repars vers la Terre pure comme je suis venu : un bonbu ordinaire, sans mérite propre, confiant simplement dans le vœu originel plus grand que moi.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Shinran. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.