Shinran est un moine bouddhiste japonais de l'époque de Kamakura, disciple de Hōnen. Il fonde le Jōdo Shinshū, l'« École véritable de la Terre pure », qui prône le salut par la seule foi en le Bouddha Amida.
Shinran(1173 — 1263)
Shinran
Japon
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Questions fréquentes
Faits marquants
- Né en 1173 près de Kyoto, il entre très jeune au monastère du mont Hiei
- Vers 1201, il devient disciple de Hōnen, maître de l'école de la Terre pure
- En 1207, il est exilé à la suite de la répression du mouvement amidiste
- Il rédige le Kyōgyōshinshō, œuvre majeure exposant sa doctrine du salut par la foi
- Mort en 1263, il est considéré comme le fondateur du Jōdo Shinshū, courant bouddhiste encore très répandu au Japon
Œuvres & réalisations
Œuvre maîtresse de Shinran, vaste anthologie commentée qui fonde doctrinalement le Jōdo Shinshū sur l'enseignement, la pratique, la foi et la réalisation.
Naissance de l'« École véritable de la Terre pure », devenue l'une des plus grandes branches du bouddhisme japonais.
Recueil d'hymnes en japonais sur les trois âges du Dharma, rendant la doctrine accessible aux gens ordinaires.
Séries d'hymnes en langue vernaculaire louant la Terre pure et les grands maîtres de la tradition.
Commentaire explicatif où Shinran clarifie le sens de la foi unique en Amida pour ses disciples.
Recueil de ses paroles rédigé après sa mort par le disciple Yuien, devenu un classique spirituel du Japon.
Anecdotes
Vers 1201, alors qu'il doute de sa voie, Shinran se serait retiré cent jours au temple Rokkaku-dō de Kyoto. Une vision du bodhisattva Kannon l'aurait poussé à devenir disciple du maître Hōnen, fondateur du bouddhisme de la Terre pure au Japon.
En 1207, le pouvoir impérial interdit l'enseignement de Hōnen. Shinran est défroqué de force et exilé dans la lointaine province d'Echigo, au bord de la mer du Japon. Il prend alors le nom de « Gutoku », c'est-à-dire « l'ignorant au crâne rasé », pour signifier qu'il n'est ni vraiment moine ni vraiment laïc.
Shinran fait scandale en se mariant ouvertement avec Eshinni et en fondant une famille, alors que les moines bouddhistes japonais devaient rester célibataires. Pour lui, le salut par la foi en Amida ne dépend ni des règles monastiques ni des mérites personnels.
Pendant une vingtaine d'années, Shinran prêche auprès des paysans, pêcheurs et chasseurs des campagnes de l'est du Japon, des gens méprisés que l'on jugeait incapables de salut. Il affirme au contraire que ce sont précisément ces « pécheurs » qu'Amida veut sauver en premier.
Une de ses formules les plus célèbres, rapportée dans le Tannishō, renverse le bon sens : « Même un homme bon renaît dans la Terre pure, à plus forte raison un homme mauvais. » Selon lui, l'homme qui se croit vertueux compte trop sur ses propres forces.
Sources primaires
En méditant respectueusement sur l'établissement de la Terre pure véritable, je vois que la cause en est le pouvoir originel du Bouddha Amida, et que l'accomplissement en revient à sa grande compassion.
Même un homme bon renaît dans la Terre pure, à plus forte raison un homme mauvais.
Il enferma son cœur dans la pratique au Rokkaku-dō pendant cent jours, priant pour la vie future, et il alla écouter Hōnen Shōnin durant cent jours également.
Bien que je prenne refuge dans la véritable Terre pure, il m'est difficile d'avoir un cœur véritable ; ce moi est faux et insincère, et je n'ai pas le moindre esprit de pureté.
Lieux clés
Lieu traditionnel de naissance de Shinran, dans une famille de petite noblesse liée aux Fujiwara.
Grand monastère Tendai surplombant Kyoto, où Shinran étudie et pratique pendant une vingtaine d'années avant de le quitter, déçu.
Temple où Shinran fait une retraite de cent jours en 1201 et reçoit la vision qui le mène à Hōnen.
Région côtière reculée où Shinran est exilé en 1207 ; il y vit, se marie et commence à prêcher aux gens du peuple.
Campagnes de l'est du Japon où Shinran prêche une vingtaine d'années et compose le Kyōgyōshinshō.
Capitale impériale où Shinran revient vers 1234 et meurt en 1263 ; son mausolée deviendra le grand temple Hongan-ji.
Objets typiques

Collier de perles utilisé pour compter les invocations du nom d'Amida. Dans le Jōdo Shinshū, il devient surtout un signe de respect et de gratitude plus qu'un outil de comptage.

Formule du nenbutsu, « Hommage au Bouddha Amida », calligraphiée et vénérée comme objet de culte central. Shinran en fait le cœur absolu de la pratique.

Texte sacré (comme le Grand Soutra de la Vie infinie) décrivant les vœux d'Amida et sa Terre pure de l'Ouest. Shinran y puise les fondements de sa doctrine.

Représentation d'Amida, souvent debout accueillant les fidèles, placée au centre des sanctuaires de la Terre pure. Elle figure le Bouddha qui vient chercher l'âme du croyant.

Habit du moine bouddhiste, fait de bandes de tissu cousues. Shinran le porte mais se définit comme « ni moine ni laïc », brouillant le sens habituel de ce vêtement.

Instruments de calligraphie avec lesquels Shinran rédige ses grands traités et ses hymnes (wasan) en japonais. Ils servent à diffuser sa pensée au-delà des lettrés en chinois.
Programmes scolaires
Vocabulaire & tags
Vocabulaire clé
Vie quotidienne
Matin
Après son réveil, Shinran se tourne vers l'image d'Amida et récite le nenbutsu, non pour gagner des mérites mais par gratitude. Pendant ses années d'exil et de campagne, la matinée mêle dévotion et travaux ordinaires de la vie villageoise.
Après-midi
L'après-midi est consacré à l'étude des soutras et à la rédaction de ses traités et hymnes, souvent en japonais simple pour être compris du peuple. Il reçoit aussi les paysans et pêcheurs venus l'écouter ou poser des questions sur le salut.
Soir
Le soir, Shinran enseigne en petits cercles, expliquant que la foi est un don d'Amida et non un effort humain. Il prend ses repas avec sa femme Eshinni et ses enfants, menant une vie de famille rare pour un religieux.
Alimentation
Comme les moines, il privilégie une nourriture frugale et largement végétarienne : riz, légumes, soupe miso, légumes saumurés. Mais, vivant parmi chasseurs et pêcheurs, il refuse de condamner ceux qui mangent viande et poisson pour survivre.
Vêtements
Il porte la robe sombre et le kesa du moine bouddhiste, mais se présente comme « Gutoku », ni moine ni laïc. Sa tenue dépouillée reflète son refus du prestige religieux et sa proximité avec les gens simples.
Habitat
Loin des riches monastères, Shinran vit dans des habitations modestes : maison d'exil en Echigo, demeures de campagne dans le Kantō, logis simple à Kyoto. Les premiers lieux de culte de son école sont de simples salles de réunion (dōjō) chez les fidèles.
Frise contextuelle
Vocabulaire d'époque
Liens externes & ressources
Références
Œuvres
Kyōgyōshinshō
vers 1224-1247
Fondation du Jōdo Shinshū
vers 1224
Shōzōmatsu wasan
1257
Jōdo wasan et Kōsō wasan
vers 1248
Yuishinshō mon'i
1250 et révisions
Tannishō (transmission posthume)
vers 1290




