Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Tarana Burke

par Charactorium · Tarana Burke (1973 — ?) · Société · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

C'est dans un café de Harlem, en cet automne 2021, qu'Anita Hill retrouve Tarana Burke, quelques semaines après la parution de ses mémoires Unbreakable. La lumière d'octobre tombe entre deux tasses qui refroidissent, tandis que le brouhaha de la 125e rue monte du trottoir. Trente ans après que Hill s'est assise seule devant le Sénat, en 1991, c'est Burke qui a donné un nom au silence qu'elle avait affronté. L'aînée vient sans dossier ni micro de juriste, en alliée qui veut simplement comprendre le chemin parcouru.

Tarana, quand j'ai témoigné seule devant le Sénat en 1991, toi, dès 2006, tu choisissais déjà deux mots pour ces filles. Pourquoi eux ?

Anita, toi qui as porté seule ce fardeau devant le pays, tu sais ce qu'est l'absence de mots. En 2006, je travaillais avec des gamines noires, pauvres, parfois mineures, dans des communautés qu'on regardait à peine. Une petite m'avait confié ce qu'elle subissait, et je n'avais rien su lui répondre. Ces deux mots — me too — sont nés de ce silence-là, de mon impuissance. Pas un slogan : une main tendue pour dire que je te crois, que ça m'est arrivé aussi. Je voulais que ces filles sachent qu'elles n'étaient pas seules, comme tu l'as été. Le reste, tout ce bruit, est venu bien plus tard.

Me too, ce n'était pas un slogan, mais une main tendue pour dire : je te crois, ça m'est arrivé aussi.

Avant que le monde s'en empare, il y avait Just Be Inc., ton association. Que faisais-tu, concrètement, pour ces jeunes filles, jour après jour ?

Au quotidien, c'était tout sauf glamour, Anita. Avec Just Be Inc., j'animais des ateliers pour des adolescentes de couleur, beaucoup victimes d'abus ou d'exploitation. On parlait estime de soi, identité, on les aidait à se reconstruire — ce que j'appelle la justice par la guérison. Pas de caméras, pas de hashtags : des cercles de parole dans des salles prêtées, des après-midi entiers à écouter. Je voulais qu'elles existent pour elles-mêmes, qu'elles redeviennent entières. C'est un travail lent, invisible, qui ne fait jamais la une. Mais c'est là, dans ces salles modestes, que tout ce qui a suivi a réellement commencé.

Toi et moi savons combien la parole d'une femme noire pèse peu dans la balance. Comment as-tu voulu rendre ces voix-là audibles ?

Tu le sais mieux que personne : quand une femme noire parle, on doute, on minimise, on oublie. Dans les grands mouvements féministes, nos voix passaient à la trappe — les survivantes blanches et célèbres occupaient toute la lumière. Moi, je voulais centrer celles qu'on n'écoutait jamais : les filles pauvres, racisées, abusées dans l'indifférence générale. C'est ce que d'autres nomment l'intersectionnalité — comprendre que le sexisme et le racisme frappent ensemble, et plus fort. Mon combat n'avait de sens que s'il partait d'elles, de tout en bas. Sinon, je n'aurais fait que répéter le silence que tu avais affronté.

On ne devient pas cette femme par hasard. Quelle enfance, quelle famille t'ont mise sur ce chemin du combat, si tôt ?

Je n'ai pas grandi dans le confort, Anita. Autour de moi, il y avait des activistes, des gens de foi, des adultes qui parlaient droits civiques à table comme d'autres parlent du temps qu'il fait. On m'a appris très tôt que l'injustice n'était pas une fatalité, qu'on pouvait s'organiser, résister. Adolescente, je participais déjà à des actions, je voyais ce que vivaient les filles autour de moi. Cette éducation m'a donné une boussole : être du côté de ceux qu'on piétine. Quand j'ai croisé ces gamines blessées, je n'ai pas eu besoin de réfléchir longtemps — je savais déjà que ma place était à leurs côtés.

En octobre 2017, une actrice a relancé tes deux mots après l'affaire Weinstein, et tout a basculé. Où étais-tu ce soir-là ?

Ce soir d'octobre 2017, j'étais chez moi, et mon téléphone est devenu fou. Une actrice, Alyssa Milano, avait lancé l'appel à dire me too après les révélations sur Harvey Weinstein, sans savoir que ces mots avaient déjà douze ans d'existence. En quelques heures, des millions de femmes témoignaient. J'ai d'abord cru qu'on m'avait volé mon travail, qu'on allait effacer ces filles pour qui je l'avais créé. La panique, puis la nausée. Je me suis demandé si tout ce que j'avais bâti allait disparaître dans un nuage venu de Hollywood. C'était vertigineux, et terriblement solitaire, ce soir-là.

Tarana Burke 2018 Disobedience Awards at the MIT Media Lab
Tarana Burke 2018 Disobedience Awards at the MIT Media LabWikimedia Commons, CC BY 2.0 — MIT Media Lab

Voir une cause née dans tes quartiers devenir un cri mondial du jour au lendemain — qu'as-tu ressenti, vraiment, derrière la fierté ?

Derrière la fierté, Anita, il y avait la peur. La peur qu'on transforme un travail né dans mes quartiers, avec des filles noires et pauvres, en affaire de stars et de tapis rouges. Pendant des jours, j'ai hésité à parler. Puis j'ai compris que si je me taisais, on écrirait cette histoire sans elles. Alors j'ai repris ma place, doucement, pour rappeler d'où venaient ces deux mots et pour qui. Ce mouvement n'était pas né en 2017 : il avait dix ans de terrain derrière lui. Voir le monde s'en emparer fut une victoire empoisonnée — un cri enfin entendu, mais qu'il fallait sans cesse ramener à sa source.

Ce mouvement n'était pas né dans la lumière de Hollywood : il avait dix ans de terrain et de filles oubliées derrière lui.

Moi, j'ai connu le tribunal de l'opinion et sa cruauté. Toi, tu parles de guérison plutôt que de punition. Que veux-tu dire ?

Tu as connu ça, Anita : la cruauté de l'opinion, le procès permanent. Moi, je ne crois pas qu'on guérisse une société à coups de punition seule. Ce que j'ai voulu bâtir, c'est un mouvement qui parle du traumatisme des violences sexuelles et de la façon dont on s'en relève. Les survivantes n'ont pas seulement besoin que le coupable tombe ; elles ont besoin d'être crues, accompagnées, reconstruites. La punition referme un dossier ; elle ne répare pas une vie. Mon obsession, ce sont les vivantes, pas seulement les condamnations. Guérir, ensemble, est un acte politique autant qu'intime.

La punition referme un dossier ; elle ne répare pas une vie.
Tarana Burke 2018 Disobedience Awards at the MIT Media Lab (cropped)
Tarana Burke 2018 Disobedience Awards at the MIT Media Lab (cropped)Wikimedia Commons, CC BY 2.0 — MIT Media Lab

Beaucoup voudraient que les coupables brûlent. Pourquoi refuses-tu de réduire ton mouvement à la seule vengeance ?

Parce que la vengeance ne rend personne entier, Anita. Bien sûr, je veux que les agresseurs répondent de leurs actes — mais si tout s'arrête à la sanction, les survivantes restent seules avec leurs blessures. Je défends une justice qui transforme : qui répare le lien, qui change les conditions mêmes rendant ces violences possibles. Réduire mon mouvement à une chasse aux coupables, ce serait le trahir. Ce que je cherche, c'est un monde où il y aurait moins de survivantes à consoler, pas seulement plus de coupables à punir. C'est plus exigeant, plus lent, mais c'est le seul chemin que je connaisse.

Tu viens d'écrire Unbreakable, ta propre histoire. Après des années à porter celle des autres, qu'est-ce qui t'a décidée à te raconter, toi ?

Toute ma vie, j'ai porté l'histoire des autres, Anita. Écrire Unbreakable, c'était enfin m'autoriser à être, moi aussi, une survivante qui se raconte. Longtemps, je me suis cachée derrière le mouvement, derrière les filles que j'aidais. Mais comment leur demander de parler si je gardais mon propre silence ? Ce livre, c'est ma façon de descendre de l'estrade et de me mettre à nu, avec mes failles, mes peurs, mes années de doute. Ce fut le texte le plus difficile de ma vie. Et le plus libérateur : on ne peut pas guider les autres vers la guérison sans accepter la sienne.

En 2018, le Time t'a placée parmi les cent plus influents. L'organisatrice de terrain est devenue une icône. Te reconnais-tu là-dedans ?

Honnêtement ? Cette reconnaissance du Time, en 2018, m'a autant effrayée que touchée. Je suis une organisatrice de terrain, pas une icône — ma place est dans les salles prêtées, pas sur les tapis rouges. Le danger, quand on devient un symbole, c'est d'oublier celles au nom de qui on parle. Alors je me répète chaque jour la même chose : les survivantes au centre, toujours, et moi à leur service. La gloire n'est utile que si elle ouvre des portes pour elles. Sinon, elle ne vaut rien. Je préfère qu'on retienne le mouvement plutôt que mon visage.

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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Tarana Burke. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.