Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Vigdís Finnbogadóttir

par Charactorium · Vigdís Finnbogadóttir (1930 — ?) · Politique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Reykjavík, un matin de printemps. La lumière froide entre par les fenêtres du Vigdís International Centre, où les langues du monde sont rangées comme des trésors. Une femme de quatre-vingt-dix ans nous reçoit, le regard vif, et commence à parler — du théâtre, des urnes, et d'une nuit de Noël qui changea sa vie.

Comment avez-vous accepté de vous présenter à la présidence, vous qui n'aviez rien sollicité ?

Je dirigeais le Théâtre municipal de Reykjavík, je donnais des cours de français à la télévision, et la politique me semblait un autre métier que le mien. Et puis, au printemps 1980, des femmes que je connaissais à peine sont venues frapper à ma porte. Elles avaient des pétitions, des regards têtus, et cette idée folle qu'une comédienne pouvait incarner la République. J'ai refusé, longtemps. Mais lorsqu'on vous répète que vous représentez quelque chose de plus grand que vous, on finit par écouter. J'ai affronté trois hommes et je l'ai emporté avec 33,6 % des voix. Le soir de mon investiture, je me suis surprise à dire que je portais la responsabilité de représenter non seulement les Islandaises, mais tous les citoyens de notre petite République de roches et de vent.

On finit par écouter lorsqu'on vous répète que vous représentez quelque chose de plus grand que vous.

Que ressent-on en devenant la première femme au monde élue démocratiquement à la tête d'un État ?

On se sent regardée, croyez-moi. Pas seulement par les Islandais, mais par toutes celles qui, ailleurs, n'avaient jamais vu une femme tenir un insigne présidentiel sans être l'épouse, la fille ou la veuve de quelqu'un. J'étais une mère seule, professeure, directrice de théâtre — rien qui ressemblât à un destin de chef d'État. C'est précisément ce qui comptait. À Bessastaðir, dans cette vieille demeure battue par l'Atlantique, je recevais des lettres d'inconnues du monde entier qui me disaient : si elle l'a fait, alors c'est donc possible. Je n'ai pas conquis un pouvoir, j'ai entrouvert une porte. Et une porte entrouverte, voyez-vous, ne se referme jamais tout à fait.

Je n'ai pas conquis un pouvoir, j'ai entrouvert une porte.

Vous souvenez-vous du moment où vous avez décidé d'adopter une enfant, seule ?

C'était en 1972, bien avant que l'on parle de moi pour quoi que ce soit. J'étais une femme non mariée, et l'on n'accordait pas facilement un enfant à une femme non mariée en Islande à cette époque. J'ai insisté, j'ai patienté, et l'on m'a confié une petite fille. Je n'avais aucune idée que ce choix intime deviendrait un jour un symbole. Mais quand je me suis présentée, huit ans plus tard, certains chuchotaient que cela me disqualifiait. Le peuple a tranché autrement. Je crois qu'au fond, beaucoup ont compris qu'une femme capable d'élever un enfant seule, dans ce pays rude, était peut-être capable de tenir une nation. La modernité n'est pas une théorie : elle se joue dans une chambre d'enfant, un soir d'hiver.

La modernité n'est pas une théorie : elle se joue dans une chambre d'enfant, un soir d'hiver.

Pourquoi avoir fait de votre situation personnelle un message public plutôt qu'un secret à protéger ?

Parce que cacher, c'est avouer une honte que je n'éprouvais pas. J'aurais pu taire que ma fille était adoptée, que j'élevais seule mon foyer dans un appartement de Reykjavík, entre mes livres et mes notes de cours. Mais l'égalité des sexes dont je voulais parler aurait sonné creux si moi-même je dissimulais ma propre vie. Une présidente qui prêche l'indépendance des femmes le matin et rougit de la sienne le soir ne convainc personne. J'ai donc choisi la clarté. C'était, je crois, ma première décision véritablement politique, prise avant même de l'être : vivre au grand jour ce que je demandais aux autres d'oser.

Cacher, c'est avouer une honte que je n'éprouvais pas.

Comment le théâtre et la langue française vous ont-ils préparée à la présidence ?

Les gens sourient quand je dis qu'une scène de théâtre est une excellente école de la République. Pourtant c'est vrai. J'ai étudié le théâtre à Paris, j'ai dirigé le Théâtre municipal de Reykjavík, et là on apprend l'essentiel : qu'un mot juste, dit au bon moment, peut tenir une salle entière. La France m'a donné une langue de précision, une amitié pour les idées, le goût de la mesure. Quand je m'adressais aux Islandais à la télévision, je ne récitais pas un discours : je jouais, au sens noble, c'est-à-dire que j'habitais chaque phrase. Je reste, je crois, la seule directrice de théâtre à avoir gouverné un pays. Ce n'est pas une anomalie : la politique aussi est un art de la présence.

Une scène de théâtre est une excellente école de la République.
Aug1 Woman of the Day
Aug1 Woman of the DayWikimedia Commons, CC BY-SA 3.0 — Victuallers, Rob C. Croes / Anefo, and the authors of en:Vigdís Finnbogadóttir

Que représente la France dans votre parcours d'Islandaise ?

La France a été ma seconde patrie intellectuelle. À Paris, jeune femme, j'ai découvert que l'on pouvait aimer passionnément les mots et en faire un métier. J'y ai appris cette langue que j'enseignais ensuite à mes compatriotes, persuadée qu'un petit peuple grandit en s'ouvrant aux grandes cultures. Plus tard, présidente, j'ai entretenu ces liens avec un soin presque tendre, car la diplomatie n'est pas seulement affaire de traités : elle se nourrit de littérature, de théâtre, de conversations. L'Islande n'a ni armée ni grande puissance économique. Sa force, c'est sa voix culturelle. Et cette voix, je l'ai en partie accordée auprès des bibliothèques parisiennes.

Un petit peuple grandit en s'ouvrant aux grandes cultures.

Que s'est-il passé cette nuit de Noël 1985 dont on parle encore ?

Noël 1985. On m'a présenté un texte que ma fonction m'invitait à signer, et qui, en l'état, aurait porté atteinte au droit des femmes à disposer d'elles-mêmes. La présidence islandaise est largement symbolique, mais le symbole, parfois, c'est tout ce qui reste. J'ai refusé d'apposer ma signature cette nuit-là. Le débat fut vif, certains crièrent au scandale institutionnel. Mais je m'étais juré, dès Nairobi où j'avais dit devant le monde que sans égalité entre les sexes aucune nation ne progresse véritablement, de ne jamais trahir cette conviction par confort. Une signature, voyez-vous, n'est jamais qu'un geste de la main — sauf quand elle engage l'âme d'un pays.

Une signature n'est jamais qu'un geste de la main — sauf quand elle engage l'âme d'un pays.
Vigdís Finnbogadóttir President of Iceland and Steingrímur Hermannsson Prime Minister of Iceland 1985
Vigdís Finnbogadóttir President of Iceland and Steingrímur Hermannsson Prime Minister of Iceland 1985Wikimedia Commons, CC BY-SA 2.0 — Sten-Åke Stenberg

Pourquoi avoir fait de l'égalité des genres le fil rouge de vos seize années de mandat ?

Parce que je l'avais vue manquer, partout, toute ma vie. Quand j'ai grandi, une femme islandaise pouvait travailler dur sans jamais voir son nom inscrit nulle part. J'ai connu la grande grève des femmes de 1975, où le pays s'est arrêté parce qu'elles avaient croisé les bras un seul jour — et l'on a compris, soudain, qui faisait tourner la maison. À Nairobi, en 1985, j'ai répété que l'éducation des femmes est la clé du développement durable. Ce n'était pas une formule : c'était l'expérience d'un peuple. Pendant mes mandats, je n'ai pas légiféré, ce n'était pas mon rôle, mais j'ai veillé à ce que cette question ne quitte jamais la table.

Le pays s'est arrêté parce que les femmes avaient croisé les bras un seul jour.

Pourquoi défendre l'islandais, langue de quelques centaines de milliers de personnes seulement ?

Parce qu'une langue n'est pas grande par le nombre de ses bouches, mais par la profondeur de sa mémoire. L'islandais porte des sagas vieilles de huit siècles que nous lisons encore presque sans effort — quel autre peuple peut en dire autant ? Quand on m'a nommée ambassadrice de bonne volonté de l'UNESCO pour les langues, en 1998, j'ai accepté avec joie cette mission. Chaque langue qui s'éteint, c'est une fenêtre sur le monde qui se ferme à jamais. Un petit peuple qui renonce à sa parole renonce à lui-même. Voilà pourquoi je me bats pour que la voix d'un pêcheur de l'Atlantique Nord vaille autant que celle d'un empire.

Une langue n'est pas grande par le nombre de ses bouches, mais par la profondeur de sa mémoire.

Quel sens donnez-vous au centre que vous avez fondé à Reykjavík pour les langues du monde ?

C'est, en quelque sorte, le prolongement naturel de toute ma vie. J'ai été professeure de français, directrice de théâtre, puis présidente : trois manières de servir la parole. Le Vigdís International Centre for Multilingualism que j'ai voulu à Reykjavík rassemble cette conviction en un lieu : que comprendre la langue de l'autre, c'est déjà refuser de le craindre. La diplomatie culturelle que j'ai pratiquée seize ans durant n'avait pas d'autre but. Dans un monde tenté par les blocs et les murs, je crois que l'on désarme mieux par un dictionnaire que par un traité. C'est mon dernier théâtre, et le plus vaste : la scène y tient le monde entier.

On désarme mieux par un dictionnaire que par un traité.
Voir la fiche complète de Vigdís Finnbogadóttir

Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Vigdís Finnbogadóttir. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.