Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Vincent van Gogh

par Charactorium · Vincent van Gogh (1853 — 1890) · Arts visuels · 6 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Arles, automne 1888. La maison jaune sent l'huile de lin et la térébenthine ; des toiles à peine sèches s'alignent contre les murs, jaunes sur jaunes. Vincent van Gogh, le regard fiévreux sous un chapeau de paille, accepte de poser ses pinceaux le temps d'une conversation.

Avant le chevalet, vous avez été marchand, prédicateur, mineur. Comment vient-on à la peinture si tard, à vingt-sept ans ?

Avant la couleur, j'ai porté bien des habits. J'ai d'abord vendu les tableaux des autres pour la maison Goupil, là où mon oncle régnait, puis j'ai voulu sauver des âmes — prédicateur parmi les mineurs du Borinage, en Belgique, mangeant le même pain noir qu'eux au fond des corons. On m'a renvoyé : trop de zèle, paraît-il. C'est là, dans cette boue, vers 1880, que j'ai compris que mes mains ne savaient pas bénir mais qu'elles pouvaient dessiner. J'avais vingt-sept ans, l'âge où d'autres se rangent. Théo m'a écrit un seul mot : peins. J'ai pris le crayon comme on prend une décision qu'on aurait dû prendre dix ans plus tôt, et je ne l'ai plus lâché.

On dit que toute votre œuvre tient en dix années. Comment avez-vous tenu un tel rythme ?

On répète que j'ai tout fait en dix ans, et c'est vrai — entre 1880 et aujourd'hui, à peine une décennie. Mais ces dix années, je les ai vécues comme dix vies. À La Haye, vers 1882, j'apprenais encore à camper une figure, à creuser une perspective avec un cadre de fils tendus devant l'œil. Je travaillais du matin jusqu'à la nuit, à m'en rendre malade. « Le travail m'absorbe complètement. Je peins toute la journée et le soir je suis tellement fatigué que je m'endors presque en mangeant. » Voilà ma méthode, si c'en est une : l'acharnement. On ne rattrape pas le temps perdu, mais on peut le brûler par les deux bouts.

Pourquoi cette obsession du jaune, qui éclate dans vos Tournesols ?

Le Midi m'a appris le jaune. À Arles, la lumière n'est pas celle du Nord — elle cogne, elle dore les blés jusqu'à l'aveuglement. J'ai voulu enfermer ce soleil dans un vase. Mes Tournesols, je les ai peints comme on chante un hymne : du citron le plus pâle à l'ocre le plus brûlé, rien que des jaunes posés sur des jaunes. À Gauguin j'écrivais : « Je suis toujours en quête de la vraie couleur. Mes peintures ont une vie propre, elles respirent à travers la matière que je pose sur la toile avec frénésie. » Ce n'était pas une coquetterie de peintre. Je voulais que la fleur respire encore longtemps après que le modèle eut fané.

Vous avez peint votre propre chambre. Qu'y avait-il à dire d'un lit et de deux chaises ?

Ma chambre, à Arles, je l'ai peinte parce qu'elle était à moi — la première, peut-être, que j'aie jamais pu nommer ainsi. Le lit de bois, les chaises de paille, les murs d'un mauve pâle, le sol qui fuit de travers : tout y est un peu de guingois, je le sais. On m'a reproché cette perspective bancale. Mais je ne cherchais pas la règle du géomètre, je cherchais le repos. Je voulais que celui qui regarde La Chambre à Arles sente le sommeil, la paix d'un homme qui pose enfin son chapeau. Les couleurs chaudes devaient faire le travail du silence. Une chambre, voyez-vous, c'est déjà un autoportrait — sans le visage.

Que s'est-il passé, cette nuit d'hiver, entre Gauguin et vous ?

C'était l'hiver 1888, dans la maison jaune. Gauguin et moi vivions côte à côte comme deux fauves dans la même cage — lui si sûr de lui, moi si fiévreux. Nos querelles sur la peinture tournaient à l'orage. Un soir, quelque chose en moi a cédé ; j'ai pris un rasoir et je me suis tranché une partie de l'oreille gauche. Pourquoi ? Je ne saurais le dire avec exactitude, et les médecins eux-mêmes s'y perdent. Je me souviens du froid, du sang, du regard épouvanté des voisins. Gauguin est parti dès le lendemain et n'est jamais revenu. J'avais rêvé d'un atelier du Midi, d'une confrérie de peintres ; il m'est resté une cicatrice et un grand silence.

Vincent van Gogh's Bedroom in Arles
Vincent van Gogh's Bedroom in ArlesWikimedia Commons, Public domain — Vincent van Gogh

Comment en êtes-vous venu à demander vous-même l'internement ?

Après cette nuit, les crises sont venues comme des marées dont j'ignorais l'heure. Les gens d'Arles ont pris peur — on a fait circuler une pétition pour qu'on m'éloigne, et je comprends leur effroi, car je m'effrayais moi-même. Alors, au printemps 1889, j'ai demandé qu'on m'enferme. De mon plein gré, je suis entré à Saint-Paul-de-Mausole, ce vieux cloître devenu asile, près de Saint-Rémy. On me croit sans doute brisé pour de bon. Mais entre deux accès, j'avais des semaines de lucidité parfaite, et dans ces semaines-là je n'ai jamais cessé de peindre. Le mal, si c'en est un, m'a pris la paix — il ne m'a pas pris la main.

Cette Nuit étoilée que le monde connaît, l'avez-vous peinte le ciel sous les yeux ?

De ma fenêtre grillée, à Saint-Paul-de-Mausole, je voyais le jour se lever sur les collines, et la nuit, des étoiles plus grosses qu'ailleurs. La Nuit étoilée, pourtant, je ne l'ai pas peinte sur le motif — je l'ai composée de mémoire, au matin, dans ma cellule, le ciel encore battant derrière mes paupières. Ce tourbillon d'astres, ce cyprès noir qui monte comme une flamme, ce n'est pas le ciel que j'ai vu : c'est le ciel que j'ai senti. On me dit que c'est étrange. Mais que vaut un astre qu'on aurait recopié sagement ? Je voulais une nuit qui remue, où l'infini ne soit pas froid, mais vivant.

Ce n'est pas le ciel que j'ai vu, c'est le ciel que j'ai senti.

Comment un homme qu'on dit malade a-t-il pu produire autant en si peu de temps ?

En une seule année d'enfermement, près de cent cinquante toiles sont sorties de cette main. On s'étonne qu'un homme qu'on déclare malade ait tant peint ; moi, je peignais pour ne pas sombrer. Les Iris du jardin, par exemple — je me suis penché des heures sur ces fleurs violettes, chacune pliée à sa façon, et j'oubliais tout le reste du monde. L'asile avait son jardin clos, ses oliviers, ses cyprès : c'était mon univers entier. Le travail était ma seule digue contre le vide. Quand la main tient le pinceau, la tête tient debout — voilà ce que Saint-Rémy m'a appris mieux que n'importe quel médecin.

Harvest in Provence.
Harvest in Provence.Wikimedia Commons, Public domain — Vincent van Gogh

Vous n'avez vendu qu'une seule toile de votre vivant. Comment a-t-on survécu à cela ?

De mon vivant, je n'aurai vendu qu'une toile — La Vigne rouge. Une seule, vous entendez bien, après des centaines. Tout le reste s'entasse contre les murs de mes chambres, à Arles, à Auvers. Sans Théo, mon frère, marchand chez Goupil, je serais mort de faim bien avant l'heure : il m'envoie son argent, mes couleurs, son courage par lettres entières. Je vis de pain, de fromage et de café noir, sacrifiant souvent le repas pour un tube de bleu. On dira que c'est là une vie de raté. Je préfère croire que je peins pour des yeux qui ne sont pas encore nés.

Je peins pour des yeux qui ne sont pas encore nés.

Vous avez écrit des centaines de lettres à votre frère. Qu'alliez-vous chercher dans ce papier ?

Plus de huit cents lettres, oui, et la plupart pour Théo. Le soir, après la peinture, quand la fatigue me cloue, j'écris encore — c'est ma façon de penser tout haut, de me tenir à un autre par-dessus la distance. Je lui dis mes doutes, mes couleurs, mes dettes. Je lui ai écrit un jour : « Je rêve ma peinture et je peins mon rêve. Je veux peindre des hommes et des femmes avec je ne sais quoi d'éternel, dont le nimbe était autrefois symbolisé par l'auréole. » Ces pages n'étaient pas faites pour qu'on les conserve. Mais si l'on devait me lire un jour, dans cent ans, j'aimerais qu'on y entende non pas un fou, mais un homme qui cherchait.

Au fond, par-delà la couleur, que cherchiez-vous à saisir ?

Toujours la même chose : comprendre. « On ne peint bien que ce qu'on comprend », ai-je écrit depuis Saint-Rémy, et j'y crois plus que jamais. La couleur n'est pas un ornement, c'est une langue — le jaune pour la tendresse du soleil, le bleu pour l'infini, le vert pour l'espérance ou le désespoir des hommes. Je n'ai pas peint des choses, j'ai peint ce qu'elles me faisaient éprouver. Un champ de blé sous un ciel d'orage, à Auvers, en dira plus long sur ma vie que mon visage dans la glace. Si mes toiles respirent encore quand je ne serai plus là, alors je n'aurai pas vécu pour rien.

Je n'ai pas peint des choses, j'ai peint ce qu'elles me faisaient éprouver.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Vincent van Gogh. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.