Interview imaginaire

Interview imaginaire avec Wolfgang Amadeus Mozart

par Charactorium · Wolfgang Amadeus Mozart (1756 — 1791) · Musique · 5 min de lecture

Interview imaginaire générée par IA à partir de sources documentées.

Vienne, un matin de l'automne 1791. Dans un appartement loué où traînent des feuilles de papier réglé et un encrier presque tari, un homme menu, déjà fatigué, repose sa plume près du pianoforte. Il accepte l'entretien à condition qu'on ne le retienne pas trop longtemps : il a, dit-il, une messe des morts à finir.

Quel est votre plus ancien souvenir de musicien ?

On me dit que j'avais cinq ans quand j'ai griffonné mon premier menuet, et je veux bien le croire, car je ne me souviens d'aucun temps où je n'écrivais pas. Mon père Léopold nous a très tôt jetés sur les routes, ma sœur Maria Anna et moi, entassés dans un carrosse de voyage qui sentait le cuir et la poussière, de cour en cour. À Versailles, devant Louis XV, on me regardait jouer du clavecin comme on regarde un petit singe savant qui aurait avalé un orchestre. J'aimais leurs applaudissements, je ne le cacherai pas. Mais déjà je sentais cette chose étrange : ils s'émerveillaient de mon âge, jamais tout à fait de ma musique. L'enfant amusait ; le compositeur, lui, devait encore naître à leurs yeux.

Ils s'émerveillaient de mon âge, jamais tout à fait de ma musique.

Que vous a coûté cette enfance exhibée ?

Avant mes dix ans, j'avais écrit des symphonies, et à quatorze, à Milan, mon Mitridate, re di Ponto tenait l'affiche comme l'ouvrage d'un homme fait. On croit que la précocité est un cadeau ; c'est aussi une dette. J'ai appris à plaire avant d'apprendre à vivre, à compter les bravos avant de compter mon argent. Mon père voyait dans chaque archevêque, chaque prince, un bienfaiteur ; moi, plus tard, j'y ai vu des maîtres. Toute mon enfance fut une longue audition. Quand on m'a applaudi enfant, on ne s'est pas demandé ce que cet enfant deviendrait une fois la nouveauté usée. J'ai passé le reste de ma vie à répondre à cette question que personne ne posait.

Toute mon enfance fut une longue audition.

Pourquoi avoir choisi de vous établir à Vienne ?

Parce qu'en 1781 j'ai compris qu'on ne sert bien que là où l'on peut respirer. Vienne est une ville de musiciens, pleine de salons, de théâtres, de mécènes qui se piquent de goût. J'y ai rompu avec la livrée de Salzbourg pour vivre de mes propres mains : leçons l'après-midi, concerts par souscription, partitions vendues. Mes journées y sont réglées comme une sonate. Je me lève vers six heures, je prends mon chocolat, et tant que la lumière du matin est claire, j'écris ; c'est l'heure où les idées viennent sans qu'on aille les chercher. L'après-midi appartient aux élèves et aux répétitions, le soir aux salons de l'aristocratie. Vienne m'a donné la liberté — et, comme toute liberté, la peur du lendemain.

Vienne m'a donné la liberté — et, comme toute liberté, la peur du lendemain.

Comment naît une œuvre comme votre Symphonie en sol mineur ?

Ma Symphonie n° 40 est sortie de moi en 1788 comme une chose qu'on n'a pas tout à fait décidée. On me croit le compositeur du sourire, du style galant, des mélodies qu'on retient à la première écoute ; on me dit aimable. Mais le sol mineur, c'est une tonalité où je laisse entrer ce que je tais ailleurs : une fébrilité, un pressentiment. La même année, mon Concerto pour piano n° 21 offrait au public sa douceur, son mouvement lent que chacun fredonne. Et pourtant les deux viennent du même atelier, de la même plume, du même homme penché sur son papier réglé au petit matin. La gaieté et l'inquiétude, voyez-vous, ne sont pas des contraires : elles partagent le même clavier.

La gaieté et l'inquiétude ne sont pas des contraires : elles partagent le même clavier.

Qu'est-ce qui vous attire tant vers l'opéra ?

Parce que dans l'opéra, la musique cesse d'être ornement pour devenir destinée. Avec Les Noces de Figaro, en 1786, j'ai pris une pièce de Beaumarchais qu'on jugeait trop hardie, où un valet l'emporte sur son maître, et j'ai laissé chaque voix dire ce que les mots seuls n'osaient pas. Un ensemble bien écrit, c'est trois ou quatre cœurs qui battent ensemble sans s'accorder, et l'orchestre qui sait, lui, ce qu'ils ignorent encore. Voilà mon vrai théâtre : non pas illustrer une histoire, mais faire entendre l'intérieur des êtres. Une symphonie émeut ; un opéra accuse, pardonne, séduit, condamne. C'est là que je me sens le plus libre, et le plus dangereux.

Un ensemble bien écrit, c'est trois ou quatre cœurs qui battent ensemble sans s'accorder.

On dit que Prague vous a mieux compris que Vienne. Est-ce vrai ?

Prague m'a aimé d'un amour que je n'attendais plus. Quand le directeur Guardasoni m'a commandé un opéra pour son théâtre, je me suis attelé à Don Giovanni, en 1787, et j'écrivais à ma famille que c'était une grande entreprise, mais que j'étais confiant de produire quelque chose de remarquable. Là-bas, on sifflait mes airs dans les rues, les cochers les fredonnaient ; à Vienne, on m'écoutait poliment puis l'on m'oubliait jusqu'à la saison suivante. Mon séducteur damné, qui défie le ciel jusque dans les flammes, a trouvé chez les Praguois un public qui n'avait pas peur du soufre. Une ville qui aime votre œuvre noire vaut dix cours qui n'aiment que votre nom.

Une ville qui aime votre œuvre noire vaut dix cours qui n'aiment que votre nom.

Qu'êtes-vous allé chercher en entrant dans la franc-maçonnerie ?

En 1785, je suis entré dans une loge viennoise, et j'y ai trouvé ce que les antichambres des princes ne m'avaient jamais donné : des hommes qui me parlaient en frère et non en domestique. La franc-maçonnerie portait l'air du temps, ces idées de tolérance et de fraternité qui montaient partout en Europe comme une marée douce. J'en ai mis quelque chose dans La Flûte enchantée, cette année 1791 : les épreuves, la lumière qu'on gagne en traversant la nuit, ces accords solennels qui frappent trois fois comme on frappe à une porte. On y voit une féerie pour le peuple, et c'en est une ; mais sous la magie, j'ai caché ma foi en un homme qui s'élève par sa propre droiture.

Sous la magie, j'ai caché ma foi en un homme qui s'élève par sa propre droiture.

Pourquoi cacher des idées si sérieuses dans un conte pour le peuple ?

Parce que le peuple est le meilleur des juges quand on cesse de le mépriser. La Flûte enchantée se joue dans un théâtre populaire, avec des dragons de carton et des sifflets d'oiseleur, et j'en suis fier. On peut y rire de Papageno qui ne pense qu'à manger et à se marier, et pleurer à l'épreuve du silence et du feu. Je crois, comme tant d'esprits de mon siècle, qu'on n'instruit pas les hommes en les sermonnant mais en les charmant. Le classicisme qu'on me prête n'est pas une froide géométrie : c'est l'art de dire les choses graves avec clarté, pour que le savant et l'apprenti y trouvent chacun leur compte. La vérité passe mieux quand elle chante.

On n'instruit pas les hommes en les sermonnant mais en les charmant.

Vous travaillez en ce moment à un Requiem. Dans quelles circonstances cette commande vous est-elle parvenue ?

Un messager est venu, pour un commanditaire qui ne s'est pas nommé, me demander une messe des morts. J'y travaille depuis, et je vous avoue que les mots du Dies irae — ce jour de colère qui réduira le monde en cendres — ne me quittent plus. Je porte ces lignes en moi : Kyrie eleison, prends pitié, et ce solvet saeclum in favilla qui sonne comme un avertissement. Mon corps me trahit, mes forces baissent, et il m'arrive de croire, dans mes heures sombres, que cette messe, je l'écris pour moi-même. Si je ne devais pas l'achever, mon élève Süssmayr connaît mes intentions et saura porter l'ouvrage où je voulais le conduire. On ne laisse pas une prière inachevée orpheline.

Il m'arrive de croire que cette messe, je l'écris pour moi-même.

Comment vivez-vous le contraste entre votre renommée et vos difficultés présentes ?

Voilà l'ironie de ma vie : mon nom court l'Europe, on me joue de Prague à Vienne, et pourtant je compte mes florins. La célébrité ne paie ni le loyer ni le médecin. J'ai connu les soupers de l'aristocratie, le vin et le café des salons, les habits brodés qu'un musicien de cour se doit de porter — et je connais aussi l'angoisse de la lettre qu'on écrit pour emprunter quelques ducats. Plus de six cents ouvrages sortis de cette plume, et je ne sais pas si je laisserai de quoi vivre à ma Constance. Si quelque chose de moi survit, ce ne sera pas une fortune ; ce sera, je l'espère, une poignée de mélodies qu'on continuera de fredonner sans savoir qui les a écrites.

La célébrité ne paie ni le loyer ni le médecin.
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Cette interview imaginaire a été générée par intelligence artificielle à partir des sources documentées dans la fiche de Wolfgang Amadeus Mozart. Elle met en scène ce que la figure aurait pu dire à partir de ce que nous savons d'elle, mais ne constitue pas un propos historique attesté. Pour les sources primaires et la documentation factuelle, consultez la fiche complète.