Kids interview Annie Smith Peck
by Charactorium · Annie Smith Peck (1850 — 1935) · Exploration · Sports · 4 min read

Deux élèves de douze ans visitent une exposition sur les grandes exploratrices. Devant la photo d'une femme en pantalon, plantée sur un glacier, ils s'arrêtent, intrigués. Alors la vieille dame de l'image semble leur répondre, et raconte.
—Avant les montagnes, vous faisiez quoi ? Vous étiez déjà aventurière petite ?
Oh non, mon enfant, pas du tout ! Moi, j'étais d'abord une élève sérieuse, penchée sur mes livres. J'ai étudié le latin et le grec ancien — les langues des Romains et des Grecs d'autrefois. En 1878, j'ai obtenu mon diplôme à l'université du Michigan, à Ann Arbor. Imagine : à cette époque, on venait tout juste d'accepter des filles dans ces grandes écoles. J'ai même enseigné le latin à des étudiants, comme une vraie maîtresse. Tu vois, avant de grimper des sommets, j'ai d'abord grimpé l'échelle du savoir, marche après marche.
Avant de grimper des sommets, j'ai grimpé l'échelle du savoir.
—C'est bizarre, une prof de latin qui escalade des montagnes. On vous disait quoi ?
On me disait de choisir, figure-toi ! À mon époque, une femme devait être soit savante et sage, soit rien du tout. L'idée qu'elle puisse être professeure ET aventurière, cela dérangeait beaucoup de gens. Moi, je refusais ce choix. Le matin, je pouvais réciter un poème grec ; l'après-midi, rêver de glaciers. Un jour, j'ai vu une montagne d'Europe, immense et blanche, et mon cœur s'est mis à battre. J'avais déjà passé trente ans. Et je me suis dit : pourquoi une tête pleine ne pourrait-elle pas aussi porter un piolet ?
Pourquoi une tête pleine ne pourrait-elle pas porter un piolet ?
—Pourquoi votre pantalon a fait un scandale ? C'est juste un vêtement, non ?
Ah, tu ne peux pas imaginer ! En 1895, j'ai gravi le Cervin, une montagne pointue et terrible des Alpes. Et là, au lieu d'une longue jupe, j'ai mis des knickerbockers — un pantalon bouffant serré sous le genou. Pour une femme, c'était énorme ! Les journaux ont publié des dessins moqueurs de moi. Mais réfléchis : sur la glace, une jupe s'accroche, te fait tomber, peut te tuer. J'ai tenu bon. Comme je l'ai écrit alors : « la sécurité en montagne ne souffre aucune fausse pudeur ». On ne meurt pas pour faire joli.
On ne meurt pas pour faire joli.
—Et là-haut, il faisait comment ? Vous aviez froid habillée comme ça ?
Terriblement froid, mon enfant ! Imagine un vent qui coupe le visage comme une lame. Je portais une grosse chemise de laine, un manteau imperméable, des jambières de laine et de lourdes chaussures cloutées pour mordre la glace. À mes pieds, des crampons à vis ; dans ma main, un piolet — cette pioche qui sert d'appui et freine si tu glisses. Le matin, on se levait avant le jour, par des températures négatives. On mangeait de la viande séchée, des biscuits, du chocolat, un peu de thé chaud. Crois-moi, la montagne ne fait aucun cadeau à celui qui la sous-estime.
La montagne ne fait aucun cadeau à celui qui la sous-estime.
—Vous aviez quel âge sur votre plus haute montagne ? Ça devait être dur !
J'avais cinquante-huit ans, figure-toi ! Un âge où, à mon époque, la plupart des grimpeurs avaient depuis longtemps rangé leurs crampons. C'était le 2 septembre 1908, au sommet nord du Huascarán, au Pérou. Presque six mille sept cents mètres ! J'avais essayé, échoué, recommencé pendant plus de dix ans. Dix ans, imagine ta patience ! L'air y est si rare qu'on respire comme un poisson hors de l'eau. Mais j'avais mes guides péruviens, ma corde de chanvre, ma volonté. Et un vieux corps peut cacher un cœur têtu comme une mule.
Un vieux corps peut cacher un cœur têtu comme une mule.

—Qu'est-ce que vous avez ressenti tout en haut, quand vous avez réussi ?
Un bonheur immense, mon enfant, presque trop grand pour des mots. Dans mon livre A Search for the Apex of America, publié en 1911, j'ai essayé de le dire. J'ai écrit : « Nous avions vaincu le Huascarán. Après des années d'efforts, d'échecs et d'épreuves, le sommet était nôtre. » Autour de moi, imagine une mer de pics et de glaciers qui s'étendait jusqu'au bout du monde. Le silence, le blanc, le ciel si proche. Après tant de tentatives, ce moment valait chaque chute, chaque doigt gelé. Certaines joies ne se gagnent qu'au prix de mille échecs.
Certaines joies ne se gagnent qu'au prix de mille échecs.
—Quelqu'un a dit que vous aviez menti sur la hauteur ? Ça vous a énervée ?
Oh, cela m'a bien contrariée ! Une autre grande alpiniste, Fanny Bullock Workman, voulait le même record que moi. Elle a payé toute une expédition de savants français pour venir remesurer mon Huascarán ! Tu imagines la dépense, juste pour vérifier mes chiffres. Nous mesurions l'altitude avec un baromètre altimétrique — un instrument qui calcule la hauteur d'après la pression de l'air. Ce n'est pas parfait, alors on se disputait. Mais au fond, c'était un signe magnifique : pour la première fois, deux femmes se battaient pour un record sportif, comme les hommes le faisaient déjà.
Pour la première fois, deux femmes se disputaient un record.

—C'est vrai que vous avez planté un drapeau spécial en haut d'une montagne ?
C'est bien vrai ! En 1911, j'ai gravi le Coropuna, un volcan péruvien de plus de six mille mètres. Arrivée au sommet, j'ai sorti un petit fanion et je l'ai planté dans la neige. Dessus, quelques mots en anglais : « Votes for Women » — « le vote pour les femmes ». Car à cette époque, mon enfant, les femmes n'avaient pas le droit de voter, de choisir ceux qui gouvernent. J'avais soixante et un ans, et je grimpais autant pour mes idées que pour les records. Un drapeau tout en haut, cela se voit de très, très loin.
Un drapeau tout en haut, cela se voit de très loin.
—Pourquoi mélanger la montagne et le droit de voter ? C'est pas pareil, si ?
Tu poses là une belle question ! Pour moi, c'était pareil, justement. Chaque sommet que je gagnais prouvait qu'une femme pouvait faire ce qu'on lui interdisait. À une association de femmes, j'ai un jour écrit : « Ce que j'ai accompli sur les hauteurs des Andes, je l'ai fait en tant que femme. Je plante ce drapeau pour toutes celles qui viendront après moi. » Tu comprends ? Je ne grimpais pas seulement pour moi. Je grimpais pour montrer un chemin. Chaque pas que j'osais, une autre pourrait l'oser après moi.
Chaque pas que j'osais, une autre pourrait l'oser après moi.
—Vous vous êtes arrêtée quand ? On ne grimpe pas toute sa vie, quand même ?
Détrompe-toi, mon enfant ! Je n'ai jamais vraiment cessé d'explorer. À quatre-vingt-deux ans, j'ai survolé l'Amérique du Sud pour écrire mon dernier livre, Flying Over South America, en 1932. Vue d'en haut, la cordillère des Andes ressemblait à l'épine dorsale ridée du continent, toute blanche contre le ciel bleu. Je donnais encore des conférences, j'écrivais encore, même quand mon corps fatiguait. Je me suis éteinte à New York en 1935. Si je te laisse une chose, c'est celle-ci : on n'est jamais trop vieux pour lever les yeux vers un nouveau sommet.
On n'est jamais trop vieux pour viser un nouveau sommet.
This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Annie Smith Peck's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.

