Imaginary interview

Imaginary interview with Bodhidharma

by Charactorium · Bodhidharma (440 — 540) · Spirituality · Philosophy · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Bodhidharma
Wikimedia Commons, Public domain — Dai Jin

On dit qu'il faut gravir longtemps le mont Song avant d'atteindre la grotte où le moine venu d'Occident se tient immobile, face à la paroi de pierre. Un voyageur lettré, envoyé par la cour, a fini par obtenir de lui qu'il tourne le visage et réponde à quelques questions. Ce qui suit est la transcription, dit-on fidèle, de cet entretien resté sans écho pendant des siècles.

On raconte que l'empereur Wu des Liang vous a reçu à Jiankang et vous a demandé quel mérite il avait gagné en bâtissant tant de temples. Que lui avez-vous répondu ?

J'ai répondu : « Aucun mérite. » L'empereur avait fait élever des monastères, copier des soutras, nourrir des milliers de moines — il attendait qu'on pèse ces actes comme on pèse le riz. Mais le Dharma ne se compte pas en briques ni en aumônes ; c'est une pratique intérieure, pas une monnaie qu'on accumule pour l'autre monde. Je l'ai vu se troubler, lui qui gouvernait depuis Jiankang comme un fervent protecteur du bouddhisme. Un homme peut faire construire cent pagodes et n'avoir rien vu de sa propre nature. Je ne suis pas venu de si loin pour flatter les rois.

Le Dharma ne se compte pas en briques ni en aumônes.

L'empereur ne s'est pas arrêté là. Que s'est-il passé ensuite ?

Il a insisté : « Quel est le sens premier de la vérité sacrée ? » Je lui ai dit : « Vide, sans rien de sacré. » Un silence est tombé sur la salle, puis il a demandé, presque irrité : « Qui est devant moi ? » Je lui ai dit la seule chose vraie que je pouvais dire : « Je ne sais pas. » Ce n'était pas une insolence. Vouloir nommer ce qui se tient devant soi, c'est déjà le figer, comme on fige une statue au lieu de laisser couler l'eau. Après cela, j'ai quitté la cour des Liang sans me retourner.

La légende dit que vous avez traversé le fleuve Yangzi debout sur un simple roseau. Qu'y a-t-il de vrai derrière cette image ?

Je laisse les peintres se disputer sur le roseau — ce qui compte, c'est que je n'avais rien d'autre pour passer, et que je suis passé. J'avais quitté Jiankang, où l'empereur cherchait encore une réponse que je ne pouvais lui donner, et le nord m'attendait. Un homme qui a traversé la mer depuis les rives de Kanchipuram ne s'arrête pas devant un fleuve. Ce que les peintres ont retenu de mon passage, ce brin fragile sous les pieds, n'est peut-être qu'une image pour dire une chose plus simple : on avance sans appui garanti, ou on n'avance pas du tout.

Vous auriez ensuite passé neuf années face à un mur, dans une grotte près de Shaolin. Que cherchiez-vous dans cette immobilité ?

Je ne cherchais rien devant moi — c'est justement là l'erreur qu'on me prête souvent. La pierre de cette grotte, au-dessus du monastère fondé sur le mont Song, ne m'enseignait rien ; elle m'empêchait seulement de fuir vers l'extérieur. On appelle cela biguan, la contemplation du mur, mais le mur n'est qu'un prétexte pour ne plus regarder ailleurs qu'en soi. Mes jambes ont fini par s'engourdir de tant d'immobilité, on m'a rapporté depuis qu'on en fait des images étranges. Peu importe ce que devient le corps assis quand l'esprit, lui, cesse enfin de courir.

Le mur n'est qu'un prétexte pour ne plus regarder ailleurs qu'en soi.

Comment décririez-vous la transmission que vous avez faite à votre disciple Huike ?

Je lui ai remis ma robe rapiécée, le kasaya, et mon bol à aumônes, le même avec lequel j'ai mendié ma nourriture depuis que j'ai quitté l'Inde. Ce ne sont que des étoffes et une écuelle de terre — mais entre un maître et celui qui a vraiment compris, ils deviennent la preuve visible d'une chose invisible : que le Dharma est passé d'un esprit à un autre sans qu'un seul mot suffise à le contenir. Après moi, on dira que Huike est le deuxième patriarche. Ce titre ne m'importe guère ; ce qui m'importe, c'est qu'il ait cessé de chercher au dehors ce qu'il portait déjà.

Half-length Portrait of Bodhidharma title QS:P1476,en:"Half-length Portrait of Bodhidharma "label QS:Len,"Half-length Portrait of Bodhidharma "
Half-length Portrait of Bodhidharma title QS:P1476,en:"Half-length Portrait of Bodhidharma "label QS:Len,"Half-length Portrait of Bodhidharma "Wikimedia Commons, Public domain — Hakuin Ekaku

Aviez-vous d'autres disciples que Huike, et comment jugiez-vous leur préparation à recevoir cet enseignement ?

D'autres sont venus, oui, certains restant debout dans la neige devant la grotte à espérer un mot de moi. Je ne cédais pas facilement — un bâton de pèlerin comme celui que je porte encore ne s'use pas en un jour, et la compréhension véritable ne s'obtient pas plus vite. J'observais qui, parmi eux, suivait les circonstances sans se plaindre, qui acceptait l'épreuve sans la fuir, qui ne convoitait rien : ce sont les quatre pratiques que j'enseignais, plus que des paroles savantes. Beaucoup repartaient avec des soutras appris par cœur et rien de changé en eux. Un seul avait cessé de chercher ailleurs qu'en lui-même.

On raconte une histoire étrange à votre sujet : que vous vous seriez coupé les paupières pour ne plus vous endormir en méditation. Qu'en dites-vous ?

C'est une image qu'on m'a rapportée, née bien après mes années de grotte — je ne saurais dire si elle décrit un fait ou une leçon déguisée en fait. Ce qu'elle raconte de juste, c'est la lutte réelle contre le sommeil quand on reste assis nuit après nuit face au mur : le corps réclame le repos, et l'esprit doit apprendre à rester éveillé sans lui. Qu'on dise que des plants de thé aient poussé là où seraient tombées mes paupières, et que ce thé garde depuis les moines en éveil, cela m'amuse plus que cela ne m'étonne. Les légendes trouvent toujours un jardin où planter leurs images.

Bodhidharma, Porcelain, Ming Dynasty
Bodhidharma, Porcelain, Ming DynastyWikimedia Commons, CC BY-SA 4.0 — User:PericlesofAthens

Au Japon, dit-on, on fabrique de petites figures rondes à votre image, sans bras ni jambes, qui se redressent toujours. Que pensez-vous qu'on ait voulu représenter ainsi ?

Je ne connais pas ce pays ni ces figures dont vous me parlez — si elles existent, elles sont nées longtemps après mon passage sur cette montagne. Mais je devine ce qu'on a voulu fixer dans l'argile ou le bois : mes jambes engourdies par neuf années sans bouger, et peut-être quelque chose de plus vrai encore, la persévérance qui ne cède pas même quand on la renverse. Une pratique qui se relève toujours, voilà qui ne me déplairait pas comme portrait, même sans bras pour le peindre et sans jambes pour le porter.

Les moines de Shaolin vous doivent, dit-on, l'origine de leurs exercices physiques, ancêtres des arts martiaux. Reconnaissez-vous cet enseignement comme le vôtre ?

Je ne me souviens pas d'avoir enseigné des postures de combat sous ce mont où l'empereur Xiaowen a fait bâtir le monastère avant même mon arrivée. Ce dont je me souviens, c'est d'avoir vu des corps épuisés par de trop longues heures immobiles, incapables de porter l'eau ou de tenir debout pour chanter les soutras à l'aube. Si j'ai montré quelque mouvement pour fortifier ces corps fatigués, ce n'était qu'un soutien à la pratique assise, non une science de la guerre. Que les générations suivantes en aient fait la source du kung-fu, c'est leur récit, tissé bien après le mien, et je ne peux ni le confirmer ni m'en défendre depuis cette grotte.

Cela vous contrarie-t-il qu'on retienne peut-être davantage cette légende martiale que votre enseignement sur la méditation ?

Contrarié n'est pas le mot juste — un homme assis neuf ans face à un mur a depuis longtemps renoncé à décider ce que les autres retiendront de lui. Ce que j'ai voulu transmettre tient dans peu de choses : une entrée par le principe, où l'on s'éveille aux écritures à la nature véritable partagée par tous les êtres, et une entrée par la pratique, où l'on vit chaque jour selon ce qu'on a compris. Si les récits futurs préfèrent parler de poings et de muscles plutôt que de cette double entrée, le Dharma n'en est pas changé pour autant ; il attend simplement, patient comme la pierre de ma grotte, celui qui saura le reconnaître sous les histoires.

See the full profile of Bodhidharma

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Bodhidharma's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.