Imaginary interview

Imaginary interview with Harriet Tubman

by Charactorium · Harriet Tubman (1820 — 1913) · Politics · Society · Military · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Harriet Tubman
Wikimedia Commons, Public domain — U.S. Govt. Print. Off.

Auburn, État de New York, un soir d'automne 1911. Dans la petite maison de bois qu'elle a ouverte aux vieillards sans ressources, une femme minuscule et voûtée, le châle serré sur les épaules, s'assied près du poêle. Elle a plus de quatre-vingt-dix ans, la voix éraillée, et quand elle parle des marches de nuit, ses mains se remettent à bouger comme si elles cherchaient encore un chemin dans le noir.

Comment avez-vous trouvé le courage de repartir vers le Sud, alors que vous veniez à peine de gagner votre propre liberté ?

Quand j'ai franchi la ligne de la Pennsylvanie en 1849, après cent cinquante kilomètres marchés de nuit, j'ai regardé mes mains au soleil pour voir si j'étais toujours la même personne. Et je me suis dit qu'une liberté qu'on garde pour soi ne vaut rien tant que votre mère, vos frères, vos sœurs dorment encore sous le fouet du comté de Dorchester. J'avais tranché la question depuis longtemps : « Quand je me suis évadée, j'avais droit à deux choses : la liberté ou la mort. Si on m'avait rattrapée et ramenée en esclavage, ils auraient pu prendre l'une ou l'autre, pas moi. » Alors je suis redescendue. Une dizaine de fois. On m'a mise à prix, on a promis des dollars pour ma tête, mais un chasseur d'esclaves ne connaît pas les marécages comme une femme qui y a grandi.

Une liberté qu'on garde pour soi ne vaut rien tant que les vôtres dorment sous le fouet.

On raconte que vous portiez un revolver et que vous ne laissiez jamais personne rebrousser chemin. Pourquoi une telle dureté envers vos propres passagers ?

Ce revolver, je le gardais dans les plis de ma jupe, et il n'était pas là pour le décor. Comprenez bien : un homme qui prend peur au milieu du chemin et veut retourner à la plantation, ce n'est pas seulement lui qu'il condamne. Repris, battu, il finit toujours par lâcher un nom, une grange, une station où on nous avait cachés. Une seule bouche qui parle, et c'est tout le réseau qui tombe, et vingt autres qui remontent en chaîne vers le Sud. Alors je le disais tout net à chaque départ : on avance ou on meurt, mais on ne recule pas. Je me suis vantée toute ma vie de n'avoir jamais laissé un seul de mes voyageurs entre les mains du maître. Ce n'est pas de la dureté. C'est le prix pour que la peur d'un seul ne tue pas l'espoir de tous.

On avance ou on meurt, mais on ne recule pas.

Que ressent-on, concrètement, pendant ces longues nuits de fuite à travers les bois et les marais ?

On apprend à aimer le noir. Le jour, le soleil ne fait que vous trahir : on se terre dans une cave, une grange, sous un tas de feuilles, immobiles, à guetter le pas des chevaux. C'est la nuit qui travaille pour nous. Je levais les yeux vers l'étoile polaire, toujours au Nord, fidèle comme une lanterne accrochée au ciel, et je lisais les mousses au pied des arbres. Quand un enfant menaçait de pleurer, une goutte de laudanum sur la langue, et il dormait contre la poitrine de sa mère. Et pour parler au groupe sans qu'un passant comprenne, je chantais. Go Down Moses voulait dire une chose, Wade in the Water — entrez dans la rivière pour que les chiens perdent votre trace — en voulait une autre. Ma voix était ma carte.

Le jour, le soleil ne fait que vous trahir. C'est la nuit qui travaille pour nous.

Vous avez souvent dû vous rendre invisible en plein pays esclavagiste. Comment passiez-vous inaperçue là où l'on vous recherchait ?

Une femme recherchée n'a qu'une arme sûre : ne ressembler à personne d'intéressant. Je me courbais comme une vieille, je nouais un large châle sur mon visage, parfois j'endossais des habits d'homme, un chapeau enfoncé jusqu'aux yeux. On cherchait une meneuse, on croisait une pauvresse. Il m'est arrivé de porter deux poules vivantes et de les lâcher devant un ancien maître qui me dévisageait : le temps qu'il me voie courir après mes volailles en caquetant, il avait oublié mon visage. Et quand il fallait franchir un poste de contrôle, nous avions des freedom papers, ces attestations d'affranchissement fabriquées de toutes pièces par nos amis du Nord. Un bout de papier bien imité, un dos courbé, une prière murmurée — et l'on passait sous le nez de ceux qui vous auraient pendue.

Vous dites entendre des avertissements, pressentir le danger avant qu'il ne survienne. D'où vous viennent ces intuitions ?

Enfant, sur la plantation, un contremaître a lancé un lingot de fer pour arrêter un fuyard, et c'est mon crâne qu'il a fracassé. Depuis, il m'arrive de tomber d'un coup dans le sommeil, en plein jour, en pleine marche — et dans ce sommeil, je vois. Des chemins, des rivières, des visages, des dangers avant qu'ils n'arrivent. Les médecins d'aujourd'hui appelleraient peut-être cela un mal ; moi, j'ai appris à y entendre la voix de Dieu. Je porte ma Bible contre moi, et quand une route me « parle », je la suis sans discuter, même si tout le monde autour de moi la croit folle. On m'a surnommée Moïse, comme celui qui fit sortir son peuple d'Égypte. Je n'ai jamais réclamé ce nom. Mais si le Seigneur veut se servir d'une pauvre femme épileptique pour ouvrir les eaux, qui suis-je pour refuser ?

Si le Seigneur veut se servir d'une pauvre femme épileptique pour ouvrir les eaux, qui suis-je pour refuser ?
Harriet Tubman late in life3
Harriet Tubman late in life3Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Ce surnom de Moïse, mis à prix jusqu'à quarante mille dollars par les planteurs, comment le portiez-vous ?

Quarante mille dollars pour la tête d'une femme qui ne savait ni lire ni écrire — voilà qui vous dit combien ma seule existence les effrayait. Mais je ne me suis jamais sentie une hors-la-loi ; je me sentais un instrument. Les esclaves chantaient Go Down Moses dans les champs bien avant qu'on m'accole ce nom : Moïse va-t'en dire à Pharaon de laisser partir mon peuple. Quand j'ai commencé à ramener les miens du Maryland, ils ont vu dans cette pauvre femme la vieille prophétie qui marchait. Cela m'obligeait. On ne peut pas être la Moïse de son peuple et flancher au premier chien qui aboie. Frederick Douglass lui-même m'a écrit que l'obscurité, ce handicap pour les autres, était pour moi une aide, et que la nuit était mon bouclier. Un homme si savant qui reconnaissait cela à une femme illettrée — cela valait tout l'or du Sud.

En juin 1863, vous n'êtes plus seulement guide, mais à la tête d'une opération militaire. Vous souvenez-vous de cette nuit sur la rivière Combahee ?

Je m'en souviens comme d'un rêve qui aurait pris feu. Depuis des semaines, mes éclaireurs — des Noirs du pays, qui connaissaient chaque méandre — m'avaient rapporté où les Confédérés avaient coulé leurs torpilles dans la rivière Combahee, en Caroline du Sud. J'ai porté ces cartes vivantes aux officiers de l'Union, et les canonnières ont remonté le courant entre les mines sans en toucher une. Puis les sifflets à vapeur ont hurlé, et le long des rives j'ai vu ce que je n'oublierai jamais : des centaines d'êtres jaillissant des champs de riz, un enfant sur la hanche, une marmite fumante encore à la main, courant vers les barques. Plus de sept cents en une seule nuit. Jamais, dans ce pays, une femme n'avait conduit des soldats au combat. Cette nuit-là, la Moïse des marais avait ouvert la mer Rouge une dernière fois.

Des centaines d'êtres jaillissant des champs de riz, un enfant sur la hanche, courant vers la liberté.
Statue of Harriet Tubman Ypsilanti Michigan
Statue of Harriet Tubman Ypsilanti MichiganWikimedia Commons, CC BY 3.0 — Jane DeDecker! :)

Cette guerre de Sécession, l'avez-vous vécue comme l'aboutissement de tout votre combat clandestin ?

Longtemps, j'ai fait le travail seule, dans le silence, avec ma lanterne à volet et ma prière. Puis la guerre est venue, et voilà que l'armée d'un président me demandait de faire au grand jour, en uniforme, ce que je faisais dans l'ombre depuis dix ans : espionner, éclairer, guider. La Proclamation d'émancipation de Lincoln, au début de 1863, a déclaré libres les esclaves des États rebelles — mais un décret sur du papier ne défait pas les chaînes tout seul. Il fallait des jambes, des barques, des fusils pour aller les chercher. Combahee, ce fut cela : l'ombre et le jour réunis. J'ai vu de mes yeux le réseau clandestin d'une vie devenir une colonne de l'armée. On m'a enterrée depuis avec les honneurs militaires, moi qui avais commencé comme fugitive à prix.

La guerre finie, l'esclavage aboli, pourquoi ne vous êtes-vous pas retirée pour goûter enfin le repos ?

Le repos ? J'ai ouvert ma porte, oui, mais pour les autres. Ici, à Auburn, sur la terre que le sénateur Seward m'avait aidée à acheter, j'ai fondé en 1896 une maison pour les vieux et les indigents — beaucoup d'anciens esclaves comme moi, que la liberté avait trouvés trop tard, sans force et sans famille. Une liberté qui laisse un vieillard mourir de faim au bord du chemin n'est qu'une demi-liberté. Le treizième amendement, en 1865, a brisé les fers ; il n'a pas rempli les marmites. J'avais passé ma jeunesse à arracher des corps à l'esclavage ; je passerais ma vieillesse à leur donner un toit et un lit. On ne cesse pas d'être conductrice parce que la nuit s'achève : il y a toujours quelqu'un à mener vers un endroit plus sûr.

Une liberté qui laisse un vieillard mourir au bord du chemin n'est qu'une demi-liberté.

À plus de quatre-vingts ans, vous montez encore à la tribune des suffragistes. Que venez-vous dire à ces femmes qui réclament le droit de vote ?

Elles me demandent parfois, ces jeunes dames instruites, si une femme mérite vraiment de voter. Alors je me lève, cette carcasse toute cassée, et je réponds ce que j'ai vécu dans ma chair : « J'ai souffert assez pour croire que les femmes méritent le droit de vote. » J'ai porté un fusil dans les marais, j'ai conduit des soldats, j'ai vu le quatorzième amendement, en 1868, donner la citoyenneté aux hommes affranchis et laisser toutes les femmes — les noires et les blanches — dehors, sur le seuil. On m'a arraché à ma mère par la vente, on m'a fendu le crâne, on m'a mise à prix : après cela, qu'on ne vienne pas me dire qu'une femme n'a pas gagné le droit de glisser un bulletin dans une urne. Je ne verrai pas ce jour. Mais il viendra, aussi sûr que l'étoile du Nord.

Après tout cela, qu'on ne vienne pas me dire qu'une femme n'a pas gagné le droit de voter.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Harriet Tubman's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.