Imaginary interview

Kids interview Koken

by Charactorium · Koken (718 — 770) · Politics · Spirituality · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Koken
Wikimedia Commons, Public domain — Unknown authorUnknown author

Deux élèves de douze ans visitent un vieux temple de Nara avec leur classe. Dans la pénombre parfumée d'encens, une impératrice en robe de soie pourpre les accueille en souriant. Elle s'assoit près d'eux, comme une grand-mère prête à raconter.

C'était comment, votre enfance, quand vous étiez petite fille au palais ?

Tu sais, mon enfant, je suis née princesse Abe, en 718, dans la grande capitale de Nara. Mon père était l'empereur Shōmu, un homme au cœur rempli de prières. Il voulait offrir au Japon un Bouddha si grand qu'on le verrait de loin. Imagine une statue de bronze haute comme quinze hommes debout l'un sur l'autre ! On l'appelait le Daibutsu. J'ai grandi au milieu de moines qui récitaient, d'artisans qui fondaient le métal. On m'apprenait les textes sacrés le matin, les manières de cour le soir. J'étais une enfant sérieuse, un peu solitaire. Mais je savais déjà une chose : je porterais un jour un très lourd fardeau.

Mon père voulait un Bouddha si grand qu'on le verrait de loin.

Vous aviez quel âge le jour où on a « ouvert les yeux » du Grand Bouddha ?

J'avais trente-quatre ans, en 752. Ce jour-là fut l'un des plus beaux de ma vie. On appelle cette cérémonie le kaigen : un moine grimpe sur un échafaudage et peint les yeux de la statue. On croit qu'à ce moment, la vie divine entre dans le Bouddha. Imagine la scène ! Des moines venus de Chine, d'Inde, de Corée, des tambours, des soies de mille couleurs. Un long cordon partait du pinceau du moine, et des centaines de mains le tenaient pour participer au miracle. J'ai pleuré, je crois. C'était comme voir mon père rêver tout haut, devant le pays entier réuni au Tōdai-ji.

On peint les yeux du Bouddha, et la vie divine entre en lui.

Ça faisait quoi, de devenir impératrice ? Vous aviez peur ?

Oui, un peu peur, je te l'avoue. En 749, je suis montée sur le trône. On m'a nommée impératrice Kōken. C'était rare, tu sais : depuis très longtemps, aucune femme n'avait régné. Certains à la cour chuchotaient qu'une femme ne saurait pas gouverner. Alors j'ai porté la haute coiffe des souverains, le kanmuri, et j'ai reçu la garde des trésors sacrés, comme le miroir divin. On m'appelait Tennō, ce qui veut dire « souverain céleste » — car on croyait les empereurs descendants de la déesse du soleil. Devant tout ce poids, j'ai décidé une chose : je ne régnerais jamais seule, mais avec le Bouddha à mes côtés.

Je ne régnerais jamais seule, mais avec le Bouddha à mes côtés.

Vous mangiez quoi le matin, et c'était comment, une de vos journées ?

Le matin, je me levais avant le soleil pour prier. Je brûlais de l'encens, je récitais des sutras, ces longs textes sacrés qu'on copiait à la main sur des rouleaux. Ensuite, un repas simple : du riz blanc, des légumes, des algues, un peu de poisson. Nous mangions peu de viande, car le Bouddha nous enseigne le respect du vivant. L'après-midi, je recevais mes ministres. Je lisais leurs rapports, parfois écrits sur de petites planchettes de bois qu'on appelait mokkan. Le soir, il y avait de la musique de cour, la gagaku, avec des flûtes et des tambours. Puis une dernière prière, et le silence de la nuit.

Je récitais des sutras avant même que le soleil ne se lève.

C'est vrai que vous avez été impératrice deux fois ? Comment c'est possible ?

C'est vrai, et c'est une histoire triste. En 758, fatiguée, j'ai laissé le trône à un jeune homme, l'empereur Junnin. Je pensais me reposer dans un monastère. On m'appelait alors Jōkō, une souveraine qui a abdiqué mais garde son autorité. Mais Junnin s'est mis à me critiquer devant tout le monde. Cela m'a blessée. Puis, en 764, un puissant général, Fujiwara no Nakamaro, s'est révolté contre moi. Nous l'avons écrasé. Alors j'ai repris le trône et j'ai éloigné Junnin. Je suis redevenue souveraine, sous le nom de Shōtoku. Peu de femmes au monde ont régné deux fois. Ce ne fut pas une joie, crois-moi, mais un devoir.

Régner deux fois ne fut pas une joie, mais un devoir.
Portrait of the Empress Shōtoku (or Kōken)
Portrait of the Empress Shōtoku (or Kōken)Wikimedia Commons, Public domain — Sumiyoshi Hiroyasu

Après avoir gagné cette guerre, qu'est-ce que vous avez fait pour remercier le Bouddha ?

Ah, voilà mon plus grand projet ! Après la victoire de 764, j'ai voulu remercier le Bouddha d'une manière immense. J'ai fait fabriquer un million de petites pagodes en bois. Oui, un million ! Chacune ne mesurait que la longueur de ton avant-bras. Dedans, on glissait une prière sacrée, une darani. On voulait purifier les fautes de tous les êtres vivants. Sur ce texte, il était écrit que par la grâce du Bouddha, nous avions été victorieux. Des centaines d'artisans y ont travaillé des années. Imagine des ateliers entiers de gens qui découpent le bois, encrent le papier, plient les prières. C'était un océan de petites tours de prière.

Un million de petites pagodes, chacune gardant une prière au creux du bois.

Comment on faisait un million de prières à la main ? Ça devait être trop long !

Justement, mon enfant, on ne les a pas toutes écrites à la main ! Pour aller plus vite, on a gravé les prières sur des plaques, puis on les a pressées encore et encore sur le papier. C'est ce qu'on appelle imprimer. Ces darani placées dans mes pagodes, les hyakumantō, sont parmi les tout premiers textes imprimés que le monde ait connus. Imagine : bien avant que d'autres peuples n'y pensent, des artisans de Nara répétaient le même geste, des milliers de fois. Chaque prière était identique, parfaite. Je ne savais pas alors que je léguais un tel trésor. Je voulais seulement protéger mon pays et remercier le ciel.

Presser la même prière, mille fois : voilà comment on imprime un million de fois.

Comment on fait pour diriger tout un pays ? Vous suiviez quelles règles ?

Bonne question ! Je m'appuyais sur deux choses. D'abord la loi des hommes : un grand système de règles venu de Chine, le ritsuryo, qui disait comment juger, taxer, gouverner chaque province. Ensuite la loi du Bouddha. Le jour de mon couronnement, j'ai proclamé que je gouvernerais le royaume en m'appuyant sur la Loi du Bouddha et sur la loi des hommes, pour que tous vivent en paix. J'ai fait bâtir un temple dans chacune des soixante-six provinces, les kokubunji. Comme ça, partout dans le pays, quelqu'un priait pour la protection du peuple. Diriger, pour moi, ce n'était pas seulement commander. C'était veiller, comme une mère veille la nuit.

Gouverner, ce n'est pas commander : c'est veiller comme une mère veille la nuit.
Empress Kōken
Empress KōkenWikimedia Commons, Public domain — 三宅幸太郎 (Miyake Kōtarō)

On dit qu'un moine était votre ami et que ça a fait un scandale. C'est vrai ?

C'est vrai, et cela reste douloureux à raconter. Ce moine s'appelait Dōkyō. Il m'avait soignée quand j'étais malade, et je lui faisais confiance. Je l'ai élevé très haut, jusqu'à lui donner le titre de Hōō, « roi du Dharma », un rang presque égal au mien. Les seigneurs de la cour ont eu peur. Ils murmuraient que je voulais lui offrir le trône lui-même ! Tu sais, c'est difficile d'être proche d'une souveraine : les gens imaginent aussitôt le pire. Moi, je voyais un homme de foi. Eux voyaient un ambitieux. Qui avait raison ? Je te laisse deviner. La vérité d'une amitié, souvent, personne d'autre ne la connaît vraiment.

La vérité d'une amitié, souvent, personne d'autre ne la connaît vraiment.

Et comment on a décidé s'il pouvait devenir empereur ou pas ?

On a fait quelque chose de très ancien : consulter un oracle. Au sud du pays, en Kyushu, se dresse le grand sanctuaire d'Usa Hachiman. On y interrogeait les dieux pour les grandes décisions. La question était grave : un homme qui n'est pas du sang impérial peut-il monter sur le trône ? La réponse rapportée fut claire : non, seul un membre de la famille impériale le peut. Cela ferma la porte à Dōkyō. Quand je suis morte, en 770, on l'a éloigné de la cour. Tu vois, même une impératrice ne décide pas de tout. Il y avait des lois plus vieilles que moi, que même mon amour ne pouvait défaire.

Même une impératrice ne décide pas de tout.

Si on se souvenait d'une seule chose de vous, vous voudriez que ce soit quoi ?

Que de belles questions vous posez, tous les deux ! Si l'on ne retient qu'une chose, j'aimerais que ce soit ceci : une femme a régné, deux fois, dans un temps où l'on en doutait. J'ai laissé des temples debout, un immense Tōdai-ji, un réseau de sanctuaires d'un bout à l'autre du pays. Et ce million de petites pagodes, ces hyakumantō, qui gardent encore leurs prières au creux du bois. Je n'ai pas toujours eu raison, mon enfant. J'ai aimé, je me suis trompée, j'ai combattu. Mais j'ai essayé de tenir mon pays comme on tient une lampe dans le vent : des deux mains, pour que la flamme ne s'éteigne pas.

J'ai tenu mon pays comme une lampe dans le vent : des deux mains.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Koken's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.