Imaginary interview

Imaginary interview with Sorghaghtani Beki

by Charactorium · Sorghaghtani Beki (1190 — 1252) · Politics · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Sorghaghtani Beki
Wikimedia Commons, Public domain — Rashid al-Din

Nous rencontrons Sorghaghtani Beki en 1251, sous la grande yourte de son campement, peu après que son fils Möngke eut été proclamé grand khan à Karakorum. Le koumis circule encore parmi les convives lorsqu'elle accepte, avant de retourner aux affaires de son apanage, de revenir sur le chemin qui l'a menée jusqu'à ce jour.

Vous êtes née dans la tribu kéraïte, avant même que Gengis Khan n'unifie les peuples de la steppe. Que retenez-vous de ce monde d'avant l'empire ?

Je suis née dans la tribu kéraïte, quand nos chefs suivaient encore la croix nestorienne sans savoir qu'un jeune homme du nom de Temüdjin allait bientôt réunir toutes les tentes de la steppe sous un seul étendard. Nos pères furent vaincus en 1203, et nos gens rattachés à son empire naissant. Beaucoup y virent une humiliation ; moi j'y vois la main de la Providence, car c'est par ce revers que je devins l'épouse de Tolui, quatrième fils de Gengis Khan. J'ai gardé de ce monde d'avant l'empire le goût du feutre et du koumis, et surtout ma foi : je porte encore, sous mon deel, la croix de mes ancêtres, et je ne l'ai jamais quittée, même à la cour du grand khan.

Beaucoup y virent une humiliation ; moi j'y vois la main de la Providence.

Vous êtes chrétienne nestorienne, et pourtant vous avez financé des mosquées et des écoles coraniques. Comment expliquez-vous ce choix ?

Un souverain qui ne protège qu'un seul dieu gouverne mal des peuples qui en révèrent cent. Moi qui prie sous la croix nestorienne, j'ai fait bâtir des mosquées et des écoles coraniques pour mes sujets musulmans, et j'ai laissé prospérer les moines bouddhistes sans jamais leur demander de renier leurs autels. Ce n'est pas faiblesse de ma foi, c'est fidélité à un ordre plus ancien que le mien : que chaque peuple honore le ciel à sa manière, et que la paix du royaume en dépende. Mes fils ont retenu la leçon mieux que je n'aurais osé l'espérer ; ils gouvernent des terres où se croisent croix, croissant et roue de la loi, sans qu'aucune n'y soit étouffée.

Un souverain qui ne protège qu'un seul dieu gouverne mal des peuples qui en révèrent cent.

À la mort de votre époux Tolui, le grand khan Ögödeï vous proposa d'épouser son fils Güyük. Pourquoi avez-vous refusé ?

Tolui mourut vers 1232, et je me retrouvai seule sous ma yourte avec quatre fils et un domaine à tenir. Le grand khan Ögödeï, par honneur autant que par calcul, m'offrit d'épouser son propre fils Güyük — refuser un tel homme pouvait passer pour une insulte à toute sa lignée. Je répondis, aussi humblement que je le pus, que mon devoir était désormais d'élever mes fils et non de me remarier. Ce n'était pas mensonge : c'était le seul devoir qui me restât, et le seul qui me permît de rester maîtresse de mes propres terres plutôt que de devenir l'ombre d'un autre foyer.

Ce refus était risqué. Qu'auriez-vous perdu si le grand khan s'était offensé ?

J'aurais pu perdre mon apanage tout entier, mes troupeaux, mes gens, et jusqu'au sceau qui validait mes propres décrets. Une veuve qui refuse le grand khan s'expose à la disgrâce, voire pire, dans une cour où l'on n'oublie jamais un affront. Mais Ögödeï, à sa manière, respecta ma parole — peut-être parce qu'il savait déjà que je gouvernais mieux mon domaine que bien des hommes ne gouvernent le leur. Ce fut un pari, je ne le nie pas ; mais un pari fondé sur ce que j'avais déjà prouvé, et non sur une simple faveur qu'on m'aurait accordée par pitié.

Comment gouverniez-vous un domaine qui s'étendait de la steppe jusqu'à la Chine du Nord ?

Chaque matin, sous ma tente, mes intendants venaient me rendre compte de l'état des troupeaux et des récoltes, depuis la steppe jusqu'aux terres de Chine du Nord que Tolui m'avait laissées en héritage. Gouverner un tel domaine, ce n'est pas seulement lever l'impôt : c'est savoir combien on peut prendre sans affamer celui qui laboure. J'ai choisi une fiscalité modérée, et fait sceller mes décrets du sceau de l'apanage plutôt que de laisser mes officiers agir à leur guise. On m'a dit, plus tard, que mes terres étaient parmi les plus prospères de tout l'empire ; si cela est vrai, ce n'est pas par indulgence, mais parce qu'un paysan protégé paie plus longtemps qu'un paysan ruiné.

Un paysan protégé paie plus longtemps qu'un paysan ruiné.

Certains conseillers mongols voulaient transformer les terres chinoises conquises en pâturages. Comment vous y êtes-vous opposée ?

Certains de nos chefs, à peine la Chine du Nord conquise, voulaient raser les champs et les villages pour y faire paître nos chevaux, comme on le fait dans la steppe. Je m'y suis opposée de toutes mes forces : détruire des générations de labeur pour quelques saisons de pâture, c'est manger sa graine au lieu de la semer. J'ai maintenu les villes, protégé les paysans sédentaires, et laissé les champs de blé et de riz nourrir mon domaine année après année. Le grand khan lui-même finit par comprendre ce que je répétais : un peuple qui laboure enrichit son maître bien plus longtemps qu'un pâturage vide.

Vous avez élevé quatre fils qui domineront l'Eurasie. Quelle éducation leur avez-vous donnée ?

J'ai voulu que Möngke, Kubilai, Houlagou et Ariq Böke connaissent plus que la selle et l'arc. Je les ai fait instruire dans plusieurs langues, entourés de lettrés venus de Chine, de Perse et d'ailleurs, afin qu'aucun royaume conquis ne leur soit tout à fait étranger. L'après-midi, pendant que je rendais la justice sous ma tente, leurs précepteurs leur enseignaient l'art de gouverner autant que celui de combattre. Je savais qu'un empire aussi vaste que le nôtre ne se tiendrait pas longtemps par la seule force des armes ; il fallait des princes capables de parler aux peuples qu'ils soumettraient, et non seulement de les vaincre.

On dit que vous ne saviez ni lire ni écrire vous-même. Comment avez-vous pu guider leur instruction ?

Je ne sais, je crois, ni lire ni écrire — mes yeux n'ont jamais suivi les signes que tracent les scribes chinois ou persans. Mais un chef qui ne sait pas tout faire de ses mains sait choisir ceux qui savent, et c'est là tout mon art. J'ai entouré mes fils de conseillers savants, écouté leurs avis avant de trancher, et jamais laissé mon ignorance des lettres passer pour ignorance des affaires. Une khatun ne gouverne pas avec la plume, elle gouverne avec le jugement ; et le jugement, nul scribe ne peut l'enseigner à qui ne l'a pas déjà.

Une khatun ne gouverne pas avec la plume, elle gouverne avec le jugement.

Comment avez-vous noué l'alliance avec Batu et la Horde d'Or qui fit basculer la succession ?

L'alliance ne se scelle pas seulement par serment, elle se scelle aussi par la coupe qu'on partage. J'ai envoyé mes présents et mes messages à Batu, maître de la Horde d'Or, dont le mot pesait plus que celui de bien des princes réunis en quriltaï. Nous n'étions pas de la même lignée que la sienne, mais nous partagions le même souci : voir gouverner un homme juste plutôt qu'un homme faible. Ce fut un travail patient, fait de koumis partagé et de promesses tenues, bien avant que la question ne se posât ouvertement devant l'assemblée des chefs.

Racontez-nous le jour où votre fils Möngke fut élu grand khan à Karakorum.

Ce jour-là, à Karakorum, l'assemblée des chefs s'est réunie en quriltaï pour choisir celui qui porterait le titre de grand khan après la mort de Güyük. Le pouvoir, depuis Ögödeï, appartenait à sa lignée ; peu croyaient qu'il en irait autrement. Mais grâce aux alliances nouées avec Batu, et à des années passées à prouver que mes fils savaient gouverner, l'assemblée proclama Möngke. Je n'ai pas versé de larmes ce jour-là, bien que le cœur me manquât ; une mère qui a préparé un tel jour depuis vingt ans sait qu'il faut l'accueillir avec la même gravité qu'un décret du ciel.

Une mère qui a préparé un tel jour depuis vingt ans sait qu'il faut l'accueillir avec la même gravité qu'un décret du ciel.

Vous ne verrez jamais vos fils Kubilai et Houlagou fonder leurs propres royaumes en Chine et en Perse. Qu'espérez-vous qu'il reste de vous après votre mort ?

Je ne saurai jamais si Kubilai portera son règne jusqu'en Chine, ni si Houlagou ira planter son étendard jusqu'en Perse ; ces jours-là ne sont pas les miens à voir. J'ai demandé qu'on m'ensevelisse selon les rites de ma foi nestorienne, quelque part du côté du Gansu, loin de la steppe où je suis née. Ce que je souhaite qu'il reste de moi, ce n'est pas mon nom gravé sur une pierre, mais la manière dont mes fils tiendront leurs terres : avec la même patience envers le paysan, la même tolérance envers les autels des autres, que celles que je leur ai enseignées sous ma yourte. Si le ciel me prête cette grâce, cela vaudra mieux qu'un tombeau.

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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Sorghaghtani Beki's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.