Imaginary interview

Imaginary interview with Tamamo-no-Mae

by Charactorium · Tamamo-no-Mae · Mythology · 5 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Tamamo-no-Mae
Wikimedia Commons, Public domain — Toyohara Chikanobu (1838 - 1912)

On dit qu'il faut se rendre au crépuscule sur les hauteurs de Nasu-Yumoto, là où la vapeur monte du sol fissuré, pour espérer qu'elle consente à parler. Elle a accepté, à la condition qu'on ne cherche ni à la juger ni à la sauver — seulement à l'écouter, comme on écoute le vent tourner autour d'une pierre.

Comment avez-vous été accueillie lorsque vous êtes apparue à la cour de l'empereur Toba ?

On m'a d'abord regardée comme on regarde une fleur rare qu'on n'ose pas nommer. J'étais nouvelle à Heiankyō, sans lignage qu'on pût vérifier, et pourtant on m'a fait une place parmi les dames du palais dès le premier soir. Je portais le junihitoe avec le soin qu'exige chaque saison — j'avais choisi ce jour-là des teintes de chrysanthème, pour évoquer l'automne qui s'annonçait. Les hommes de cour s'inclinaient un peu plus bas devant moi qu'ils ne l'auraient fait devant une simple servante, et les dames chuchotaient sans savoir pourquoi elles se sentaient éclipsées. Je n'ai rien forcé. J'ai seulement laissé la beauté faire son office, pendant que le reste attendait son heure, comme dort la mélancolie sous les belles apparences — ce que les poètes appellent mono no aware.

On raconte qu'aucun lettré ne pouvait vous prendre en défaut. D'où vous venait un tel savoir ?

Lors des joutes d'uta-awase, on me donnait un thème — la neige tardive, l'amour déçu, le cri d'une grue au loin — et je répondais avant même que les moines les plus savants n'aient trouvé leur premier vers. Cela aurait dû les alerter plus tôt : nulle éducation de cour, si raffinée soit-elle, ne donne une science qui ne connaît jamais l'hésitation. Je noircissais mes dents comme il convient à une dame mariée, je tenais mon éventail devant mes lèvres au bon moment du rire — l'ohaguro et le geste juste étaient mon armure, plus sûre que n'importe quel rempart. Le savoir, lui, venait d'ailleurs, de très loin, d'un temps où j'observais déjà les hommes se perdre dans leurs propres questions.

Nulle éducation, si raffinée soit-elle, ne donne un savoir qui ne connaît jamais l'hésitation.

Avant le Japon, dit-on, vous auriez déjà hanté d'autres cours, sous d'autres cieux ?

Le Japon ne fut pas mon premier théâtre. On raconte, et je ne dément rien, que j'ai porté le trouble jusque dans la maison du roi Zhou de la dynastie Shang, en des terres que les Japonais situent du côté de la Chine ou de l'Inde, avant que je ne prenne la mer vers ces îles. Une renarde à neuf queues ne s'attache pas à un seul trône : elle suit les cours où l'on aime trop la beauté et pas assez la prudence. Je ne renie pas ce que j'étais avant Toba — une même faim, un même goût pour les palais somptueux, un même plaisir à voir vaciller ceux qui se croient inébranlables parce qu'ils portent une couronne.

Comment expliquez-vous que l'empereur soit tombé malade sans raison que ses médecins puissent nommer ?

Toba dépérissait, et aucun remède de la cour n'y pouvait rien — cela seul aurait dû suffire à faire naître le doute, dans un temps où l'insei venait à peine de placer le pouvoir entre les mains d'un souverain retiré, et où l'on croyait encore que la maladie d'un empereur regardait le ciel autant que le corps. On fit venir l'onmyōji Abe no Yasuchika, spécialiste du calendrier et des présages, celui-là même qu'on appelle quand les remèdes ordinaires échouent. Je savais, en le voyant entrer, que ma présence à la cour touchait à sa fin. Je n'ai pas fui ce jour-là — j'ai attendu, comme on attend l'orage qu'on a soi-même appelé sans le vouloir.

Racontez-nous l'instant précis où votre masque s'est craquelé devant la cour.

Yasuchika a mené sa cérémonie avec le hōki rituel, traçant ses incantations comme on trace un chemin qu'on refuse de laisser dévier. J'ai senti, avant que quiconque ne le voie, un frémissement sur mon visage — comme si le kagami de bronze que je consultais chaque matin me renvoyait soudain une image que je ne contrôlais plus. On dit qu'un instant, très bref, mon museau de renard perça sous les traits de la dame de cour. Un souffle suffit à faire tomber ce qu'on avait mis des années à construire. Je n'ai pas eu honte : j'ai seulement compris que le temps de la cour, des joutes poétiques et des soirées de koto, touchait à sa fin pour moi.

Un souffle suffit à faire tomber ce qu'on avait mis des années à construire.
Tamamo no Mae and the Archer Miura Kuranosuke
Tamamo no Mae and the Archer Miura KuranosukeWikimedia Commons, CC0 — Yashima Gakutei

Qu'avez-vous ressenti en fuyant vers les plaines de Nasuno ?

J'ai quitté Heiankyō de nuit, sans les couches de soie du junihitoe qui m'alourdissaient tant, reprenant ma forme véritable pour courir plus vite que les hommes ne pouvaient galoper. Les plaines de Nasuno, dans la province de Shimotsuke, ne ressemblent en rien aux jardins du palais : c'est une lande volcanique, âpre, où la terre elle-même semble déjà porter un poison. Je m'y suis enfoncée en sachant que je ne reviendrais pas dame de cour. Ce n'était pas la peur qui me menait, mais une sorte de certitude ancienne — celle qu'une renarde à neuf queues finit toujours par retrouver une terre qui lui ressemble, avant que les hommes ne la rattrapent.

Comment s'est achevée la grande chasse lancée à vos trousses ?

L'empereur a envoyé ses meilleurs guerriers, Miura no Suke et Kazusa no Suke, avec leurs troupes et leurs yumi tendus. La traque a duré des semaines dans ces plaines sans abri, et je dois reconnaître qu'ils ont montré une patience que je n'attendais pas d'hommes de cour habitués aux estampes et aux poèmes. Ils ont fini par m'acculer lors d'une grande battue, et la flèche qui m'a atteinte portait tout le poids de leur arc noble, celui-là même qui affirme le pouvoir des guerriers face aux clans de la capitale. Je suis tombée sous ma forme de renarde, mais je savais déjà, dans cet instant, que mourir ainsi n'était pas la fin de mon histoire.

Tamamo no Mae en Miura Kuranosuke
Tamamo no Mae en Miura KuranosukeWikimedia Commons, Public domain — Yashima Gakutei; Yashima Gakutei died 1868; Bentandai Gobôshi; Benbendai Kazumasa; Bensûsha Masago

Que devient votre esprit après la mort de votre corps de renarde ?

Mon esprit n'a pas suivi le chemin des morts ordinaires. Il s'est enfoncé dans la roche même de Nasuno, et c'est ainsi qu'est né le Sesshō-seki, la Pierre Tueuse, sur les sources chaudes de Nasu-Yumoto. Depuis, on dit que nul être vivant — homme, bête ou plante — ne peut s'en approcher sans en périr, à cause des vapeurs que la pierre exhale sans relâche. Les gens du pays y voient ma malédiction ; moi, j'y vois simplement le prolongement de ce que j'étais déjà à la cour de Toba, une beauté qu'on ne peut approcher sans risque. Je n'ai pas quitté ce monde, je me suis seulement changée en un lieu qu'on redoute.

On raconte qu'un moine a tenté de briser votre malédiction. Qu'en dites-vous ?

Le moine Gennō Shinshō, venu du temple de Yōgō-ji, s'est approché de moi sans la peur que montraient les autres. Il m'a écoutée raconter mon histoire, depuis la dame de cour jusqu'à la pierre, et il a accompli le rituel qui devait libérer mon esprit du rocher. Je ne sais pas s'il m'a vraiment délivrée ou s'il a seulement apaisé, pour un temps, la colère qui s'échappait de moi avec les vapeurs de soufre. Ce que je sais, c'est que cette rencontre est devenue un conte que l'on joue encore sur les scènes de nō, où l'on me voit apparaître au moine avant d'accepter, peut-être, de me taire.

Si l'on devait raconter votre histoire dans un siècle, que souhaiteriez-vous qu'on en retienne ?

Je n'ai pas la prétention de savoir ce que les générations futures diront d'une renarde qui trompa un empereur. Mais s'il fallait imaginer qu'on me raconte encore, dans un siècle, aux veillées ou sur les tréteaux, je voudrais qu'on se souvienne que la beauté trop parfaite doit toujours éveiller le doute, et que le savoir sans limite n'appartient jamais tout à fait aux hommes. Je fus dame de cour à Heiankyō, renarde dans les plaines de Nasuno, je suis pierre aujourd'hui — et si la pierre elle-même venait un jour à se fendre, je ne serais pas surprise qu'on y voie encore le signe que mon histoire n'est jamais tout à fait terminée.

See the full profile of Tamamo-no-Mae

This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Tamamo-no-Mae's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.