Imaginary interview

Imaginary interview with Wang Wei

by Charactorium · Wang Wei (699 — 759) · Literature · Visual Arts · 6 min read

Imaginary interview generated by AI from documented sources.
Portrait of Wang Wei
Wikimedia Commons, Public domain — Wang Wei

On dit qu'il faut gravir les monts Zhongnan par un sentier de pierre et de bambous pour trouver la retraite de Wangchuan, là où l'ancien vice-ministre a choisi de finir ses jours entre les vers et le pinceau. C'est dans ce pavillon ouvert sur l'eau, un soir où la brume commence à monter, que nous avons obtenu cet entretien.

Vous souvenez-vous du poème que vous avez écrit à dix-sept ans, loin de votre famille ?

Je venais de quitter Puzhou pour chercher ma place dans le monde des lettrés, et c'était la fête du Double Neuf, celle où l'on gravit les hauteurs en pensant aux absents. Mes frères devaient être à l'est des monts, la coupe à la main, la branche de cornouiller à l'oreille selon la coutume, et moi j'étais seul dans une chambre étrangère. J'ai pris le pinceau presque sans réfléchir, et j'ai dit qu'à chaque belle fête on songe deux fois plus aux siens. Je n'avais pas dix-huit ans et je ne savais pas encore qu'un jueju écrit dans la tristesse d'un soir pouvait voyager plus loin que moi-même, et se répéter dans la bouche de gens que je ne connaîtrais jamais.

À chaque belle fête, on songe deux fois plus aux siens.

Qu'est-ce qui, dans votre enfance à Puzhou, a préparé cette sensibilité à l'éloignement ?

Ma famille était de lettrés, et l'on m'enseignait tôt que l'ordre du monde repose sur des devoirs bien rangés : envers l'empereur, envers les ancêtres, envers les frères. Quitter la maison pour le keju, le concours qui seul ouvre une charge, c'était déjà rompre quelque chose, même si c'était pour l'honneur de la famille. Je pensais souvent aux monts qui bordent Puzhou, et à la façon dont ma mère, disciple d'un maître chan depuis des années, m'apprenait qu'un attachement trop vif aux lieux n'est pas toujours sage. Mais on n'empêche pas un cœur de dix-sept ans de se serrer. Cette tension entre le détachement qu'on m'enseignait et la tendresse que je ressentais reste, je crois, au fond de tous mes poèmes de paysage.

Comment décririez-vous le domaine de Wangchuan à qui ne l'a jamais vu ?

Imaginez un vallon au pied des monts Zhongnan, que j'ai acquis après qu'il eut appartenu au poète Song Zhiwen — la terre garde toujours la trace de ceux qui l'ont aimée avant nous. Il y a un clos où les cerfs se croient seuls, un embarcadère de bambous, des sentiers qui longent l'eau claire. Les jours de service à Chang'an, je portais la robe du fonctionnaire et j'obéissais aux rites de la cour ; ici, dès l'aube, je m'assois pour observer la brume se défaire sur les collines, et c'est une autre forme d'obéissance, celle qu'on doit au silence. Je ne sépare pas ce lieu de moi-même : le domaine et l'homme qui l'habite se sont peu à peu confondus, comme l'encre se confond avec l'eau du pinceau.

Que représente pour vous le recueil composé avec votre ami Pei Di sur ce domaine ?

Nous nous promenions, lui et moi, de site en site, et à chaque halte l'un de nous écrivait un quatrain, puis l'autre répondait par le sien sur le même lieu — vingt haltes en tout, vingt échos. C'est ainsi qu'est né le Wangchuan ji. Il y a dans cet exercice une politesse que j'aime : je ne cherche pas à dire le paysage tout seul, je le partage, et la voix de mon ami vient compléter la mienne comme une deuxième rive complète une rivière. Le Lu zhai, le Clos aux cerfs, en est la pièce la plus simple : montagne déserte, on ne voit personne, mais on entend l'écho des voix, et la lumière du couchant brille de nouveau sur la mousse verte. Rien n'est plus difficile à écrire qu'un lieu vide.

Montagne déserte, on ne voit personne ; mais on entend l'écho des voix.

Vous avez aussi peint ce même domaine sur un long rouleau. Pourquoi ne pas s'en tenir aux vers ?

Parce que le poème dit ce que l'œil ne peut pas fixer, et la peinture fixe ce que le poème doit abandonner en chemin — les deux se manquent et se cherchent sans cesse. J'ai donc pris pinceau, encre et papier, les trésors mêmes du lettré, pour tracer le Wangchuan tu, section après section, comme si l'on faisait voyager le regard le long de la rivière sans jamais bouger les pieds. Je n'ai pas cherché à copier ce que voyaient mes yeux, mais ce que mon esprit en gardait après que la brume eut tout recouvert. On dit que dans mes vers il y a une peinture, et que dans mes peintures il y a un poème ; je ne sais pas répondre autrement que par ce rouleau lui-même.

Wang Wei
Wang WeiWikimedia Commons, Public domain — Inconnu

On raconte une anecdote étonnante à propos d'une peinture d'orchestre que vous auriez su déchiffrer d'un regard. Qu'en est-il ?

On m'a montré un jour une peinture de musiciens, sans me dire quel air ils jouaient, et j'ai regardé la position de leurs doigts sur les cordes. J'ai dit qu'ils en étaient à la première mesure de la troisième partie du Nishang yuyi, l'habit de plumes arc-en-ciel que l'on joue à la cour. Des gens sceptiques sont allés vérifier auprès de vrais musiciens : j'avais vu juste. Cela ne tient pas du prodige, mais de longues années passées à l'Office de la musique impériale, à observer le pipa et le guqin dans les mains des maîtres, jusqu'à ce que les doigts eux-mêmes deviennent une écriture que je sais lire, comme d'autres lisent les caractères sur le papier.

J'ai regardé la position de leurs doigts, et j'ai su l'air qu'ils jouaient.

La musique tient-elle une place aussi importante que la poésie ou la peinture dans votre vie ?

Je ne les sépare pas, en vérité. Le guqin, cette cithare à sept cordes qu'un homme cultivé se doit de savoir toucher, m'apprend la même patience que la calligraphie : il faut que la main obéisse à quelque chose de plus silencieux qu'elle-même. Le soir, dans le vallon de Wangchuan, je joue parfois seul parmi les bambous, sans autre auditeur que le vent. À la cour, c'était différent : le pipa servait aux banquets, à la gaieté qu'exige le rang. Mais qu'il s'agisse d'un vers, d'un trait d'encre ou d'une note tenue, c'est toujours la même chose que je cherche — que la forme s'efface pour laisser paraître ce qui ne se dit pas.

Depuis la mort de votre épouse, vous n'avez jamais souhaité vous remarier. Pourquoi ce choix ?

Cela remonte à l'année 730. Après son départ, j'ai senti qu'un remariage aurait été comme rebâtir une maison sur des fondations qu'on n'a pas laissé reposer. Je vis seul depuis, et je m'en suis remis davantage encore au chan, cette voie méditative que ma mère suivait déjà depuis trente ans avant moi. Mon nom même, Wei, uni à mon nom de courtoisie Mojie, forme Weimojie — le sage laïc Vimalakirti dans notre langue —, et je ne crois pas que ce soit un hasard si mes parents avaient choisi ce nom pour moi. Je ne suis pas moine, je n'en ai pas fait le vœu, mais je vis en jushi, en laïc qui pratique sans quitter le monde, entre les devoirs de charge et le silence du soir.

Hangzhou
HangzhouWikimedia Commons, CC BY 3.0 — Wang Wei

À quoi ressemble une de vos soirées, loin de la cour ?

Je m'assois, jambes croisées, pour le zuochan, la méditation immobile, à la lueur d'une lampe qui décline en même temps que mes pensées. J'ai lu les soutras avant cela, parfois celui de Vimalakirti dont je porte le nom en écho. Ma table est simple, riz, légumes, pousses de bambou et ce thé que l'on cultive de plus en plus sous notre dynastie ; je ne touche ni à la viande ni aux alcools forts. Un historien futur écrira peut-être, comme le veut la coutume des annales, qu'après mon veuvage j'ai vécu seul plus de trente ans, jeûnant et méditant à la façon bouddhique. Je ne dirais pas cela comme un exploit : c'est simplement la forme qu'a prise, chez moi, l'obéissance à ce qui est plus grand que soi.

En 756, la révolte d'An Lushan a bouleversé votre vie. Que s'est-il passé lorsque Chang'an est tombée ?

J'étais fonctionnaire de l'empereur Xuanzong, et quand les troupes du général rebelle An Lushan ont pris Chang'an, l'empereur a fui vers le Sichuan sans que je puisse le suivre. J'ai été capturé, et contraint, sous peine de mort, de servir la cour usurpée. Je portais toujours, je crois, ma robe de fonctionnaire, mais elle n'avait plus le même sens : elle était devenue un habit qu'on me forçait à revêtir plutôt qu'un rang que j'avais mérité. Autour de moi, dix mille foyers avaient le cœur brisé, des fumées sauvages s'élevaient sur la ville, et je me demandais quand les cent fonctionnaires reviendraient saluer le ciel impérial. Je n'ai jamais cessé, dans ce silence forcé, de rester fidèle par en dedans à celui que je servais.

Comment avez-vous échappé à la condamnation pour trahison, une fois les Tang revenus ?

J'ai composé, en secret, un poème sur l'étang Ningbi, où l'on jouait de la flûte et des cordes dans le palais désert pendant que les feuilles de sophora tombaient sans personne pour les voir — c'était ma façon de dire que mon cœur n'avait pas suivi les rebelles, même si mon corps avait dû rester. Quand les armées loyales ont repris la ville, ce poème a circulé, et mon frère Wang Jin, qui servait fidèlement, a offert de sacrifier son propre rang pour racheter le mien. Entre le poème et le frère, on a jugé que je n'avais pas trahi. On m'a plus tard nommé vice-ministre de droite, youcheng, d'où le nom qu'on me donne à présent. Je pense souvent que j'ai dû ma vie autant à l'encre qu'au sang d'une famille.

J'ai dû ma vie autant à l'encre qu'au sang d'une famille.
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This imaginary interview was generated by artificial intelligence from sources documented in Wang Wei's profile. It dramatises what the figure might have said based on what we know about them, but does not constitute attested historical testimony. For primary sources and factual documentation, refer to the full profile.