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La popote du quart
À bord d'un voilier de course en solitaire, il n'y a ni entrée, ni plat, ni dessert, ni horaire. On mange au rythme des quarts : un coup chaud quand la mer le permet, un en-cas qu'on attrape d'une main accroché de l'autre, une boisson qui réchauffe avant de remonter sur le pont dans la nuit. La structure du repas, c'est l'effort, le froid et la fatigue qui la commandent — pas la pendule. Tout doit tenir dans peu d'eau douce, se conserver des semaines, et se manger debout, calé contre le roof.
Signature : La conserve et le lyophilisé réhydratés à l'eau comptée
Le geste emblématique de l'âge d'or de la course au large : faire bouillir un fond d'eau douce — chaque litre est compté — pour réveiller un plat lyophilisé ou réchauffer une boîte. Cette technique de conservation, héritée des expéditions polaires et de la marine, est ce qui rend possible la traversée d'un océan seul à bord pendant des semaines.

Alain Colas à table

1943 — 1978

5 recettes d’époque